Fête des Lumières (Lyon)

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Panorama de Lyon depuis Fourvière, une nuit de la Fête des Lumières de 2008.
Jeux de lumières à la basilique Notre-Dame de Fourvière (2011)

La Fête des Lumières, traditionnellement appelée fête du 8 décembre ou Illuminations, est une manifestation populaire qui se tient chaque année quatre jours autour du 8 décembre, date traditionnelle de l'évènement, à Lyon (France).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines de la vénération à Marie[modifier | modifier le code]

La ville de Lyon vénère la Vierge Marie depuis le Moyen Âge et s'est mise sous sa protection en 1643, année où le sud de la France était touché par la peste : les échevins de Lyon, le prévôt des marchands et les notables firent alors vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l'épidémie de peste cessait. Comme l'épidémie cessa, le peuple tint sa promesse et rendit hommage à la Vierge, chaque an.

Depuis[Quand ?], un cortège solennel municipal se rend à la basilique Notre-Dame de Fourvière depuis la Cathédrale Saint-Jean chaque 8 septembre (et non le 8 décembre), jour de consécration de la ville à la Vierge, le jour de la fête de sa Nativité, pour lui offrir cierges et écus d'or : il s'agit du Vœu des Échevins.

Le 8 décembre, jour de la fête de l'Immaculée Conception, fut choisi, en 1852, pour inaugurer la statue de la Sainte-Vierge posée sur le clocher de l'ancienne chapelle de Fourvière, inauguration qui aurait dû avoir lieu, le 8 septembre précédant, mais qui fut reportée pour des raisons météorologiques. La pluie intervient une nouvelle fois ; cependant, les Lyonnais, ayant attendu trois mois, ne voulurent pas annuler la fête et allumèrent les lumignons qu'ils avaient préparés.

Premières illuminations du 8 décembre[modifier | modifier le code]

En 1852, est inaugurée la statue de la Vierge Marie érigée sur la chapelle de la colline de Fourvière. Réalisée par le sculpteur Joseph-Hugues Fabisch, elle a été proposée par quelques notables lyonnais et fervents catholiques puis acceptée par le cardinal de Bonald en 1850. L'inauguration de la statue aurait dû avoir lieu le 8 septembre 1852, jour de la fête de la Nativité de la Vierge et date anniversaire du vœu des échevins de 1643. Mais une crue de la Saône aurait empêché qu'elle fût prête ce jour-là et que la cérémonie s'effectuât. L'archevêché, en accord avec la commission des laïcs, choisit alors de reporter l'inauguration à la date du 8 décembre.

Or, le 8 décembre est la date de la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge, fête célébrée depuis le IXe siècle, même si la proclamation du dogme ne date que de 1854. Les jours qui précèdent l'inauguration, tout est en place pour les festivités : la statue doit être illuminée par des feux de Bengale, on prévoit des feux d'artifices depuis le haut de la colline et des fanfares vont jouer dans les rues. Les notables catholiques lyonnais proposent d'illuminer les façades de leurs maisons comme cela se fait traditionnellement pour les grands évènements (entrées royales, victoires militaires...).

Mais le 8 décembre au matin, un violent orage s'abat sur Lyon. Le maître des cérémonies décide aussitôt de tout annuler et de reporter les réjouissances nocturnes au dimanche suivant. Puis, finalement, le ciel se dégage, et la population lyonnaise qui avait tant attendu cette cérémonie, d'un geste spontané, illumine ses fenêtres, descend dans les rues et quelques feux de bengale allumés à la hâte éclairent la statue et la chapelle de Notre-Dame-de-Fourvière (la basilique n'existe pas encore). Les Lyonnais chantent des cantiques et crient « Vive Marie ! » jusque tard dans la nuit.

Poursuite de la tradition[modifier | modifier le code]

Lumignons sur le bord d'une fenêtre

Depuis 1852, la fête a été reconduite chaque année. La tradition veut que chaque famille lyonnaise conserve désormais avec ses décorations de Noël, son assortiment de verres du 8 décembre, épais et parfois colorés. On appelle ces verres garnis d'une bougie des « lumignons ». Dès le mois de novembre, on trouve dans les magasins des sacs de ces fameuses bougies courtes et cannelées comme des gâteaux, ainsi que des assortiments de verres. Le soir du 8 décembre, les bougies sont allumées et placées dans les verres déposés sur le bord des fenêtres.

Depuis la municipalité de Michel Noir en 1989, la fête spontanée est accompagnée par des animations proposées par la municipalité et les professionnels du spectacle. Ces animations ont fait que cette fête a revêtu un caractère également touristique, attirant plusieurs millions de visiteurs chaque année. La participation populaire demeure néanmoins très présente du fait des façades illuminées et des déambulations le soir du 8 décembre.

Affluence exceptionnelle dans le métro lors de la Fête des lumières (ici à Bellecour en 2006)

Toutefois, et malgré un attachement de la population lyonnaise à la tradition, les fenêtres pourvues de lumignons demeurent minoritaires aujourd'hui. Ceci s'explique notamment parce que la fête commerciale a fait de l'ombre à la tradition[1].

La fête ne cesse cependant de prendre de l’ampleur et la présence, ces dernières années, de concepteurs nationaux et internationaux de renom illustre bien le rayonnement international grandissant de cette manifestation. Étendue sur 4 jours depuis 1999[2], Lyon 8 décembre – Fête des Lumières anime tous les quartiers et offre dans toute la ville des scénographies et des spectacles de lumière innovants et surprenants, sur des sites traditionnels ou insolites.

Heavent Sud, le salon des professionnels de l’évènement, organisait, le 29 mars 2007 au Palais des Festivals de Cannes, la première édition des trophées de l’évènement. La Fête des Lumières s’est vu décerner le trophée du « meilleur évènement Grand Public 2006 ».

En 2010, 3 millions de personnes ont déambulé dans les rues de Lyon pour la Fête des Lumières[1]. En 2012, 4 millions de visiteurs admiraient la Fête des Lumières.
De plus en plus populaire, la Fête des Lumières draine désormais chaque année 3 à 4 millions de visiteurs, ce qui en fait vraisemblablement l'un des 4 plus grands rassemblements festifs au monde, en termes de fréquentation (après le Kumbh Mela, le Carnaval de Rio et l'Oktoberfest de Munich).

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire du 8 décembre, des origines à la séparation de l'Église et de l'État, Jérôme Caviglia, La Taillanderie, 2004
  • La merveilleuse histoire du 8 décembre à Lyon, Gérald Gambier, La Taillanderie, 2006
  • L'ombre du 8 décembre, roman noir, Christophe Cornillon, La Taillanderie, 2007
  • Des coutumes populaires aux illuminations lyonnaises du 8 décembre, Maurice Chambost, 1986
  • Lumières sur le huit décembre, Philippe Dujardin et Pierre-Yves Saunier, Ville de Lyon, 2002
  • Si Les Lumières m'étaient contées, Philippe Chabbouh, Édition Bellier, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

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