Fête des 15 ans

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La fête des quinze ans est une fête traditionnelle dans le monde latino-hispanique, en particulier au Mexique, elle est communément appelée Quinceañera, ou Quince Años. Cette fête correspond à la fête du quinzième anniversaire, mais la cérémonie est différente. On donne aussi le nom de quinceañera à la jeune fille qui célèbre cette fête.

Célébration[modifier | modifier le code]

La fête représente le passage de l'enfance à la femme pour la jeune fille qui fête ses quinze ans. Elle sert de voie d'apprentissage pour la jeune fille qui découvre ainsi ce qui est bien et comment devenir une bonne épouse. La cérémonie, de rite catholique, commence par une messe d'actions de grâce (Misa de Acción de Gracias). La quinceañera arrive dans son habit de fête, souvent dans les tons roses, accompagnée de ses parents, de ses grands parents, de sept demoiselles d'honneur et d'autant de prétendants qu'elle le désire. Après la messe, les sœurs cadettes, les cousins et les amis de la quinceañera sortent en premier pour se diriger vers la fête pendant que la jeune fille dépose son bouquet sur un autel dressé à la gloire de la vierge Marie.

La messe est suivie d'une fête donnée au domicile ou dans une salle de réception par la famille de la jeune fille. Un certain nombre de danses doivent être dansées par la jeune fille avec son père ou son petit ami. En Colombie, par exemple, la quinceañera doit danser une valse avec son père et quinze cavaliers sélectionnés par celui-ci parmi les amis de la jeune fille.

Tandis que cette célébration traditionnelle est toujours pratiquée de nos jours en Amérique latine et des communautés hispaniques en Amérique du Nord, on rencontre des variantes qui se concentrent plus sur les désirs de la jeune fille à célébrer et moins sur la partie religieuse. Dans un certain nombre de villes, la cérémonie n'est qu'un bal.

Aujourd'hui, nombre de familles s'endettent afin de réaliser la meilleure fête possible, tant son aspect traditionnel est important, selon les communautés qui pratiquent ce rite. Pour ces familles, le passage des 15 ans est si important qu'il leur est nécessaire de marquer l'événement ; Ainsi, si les familles les plus riches parviennent sans mal à organiser de grandes fêtes, les plus modestes se voient contraints de puiser dans le peu de moyens qu'ils possèdent, allant jusqu'à leur propre ruine, d'autant plus que cette cérémonie est principalement pratiquée au Mexique et à Cuba, deux pays dont la pauvreté est encore très importante de nos jours.

Cérémonie au Nicaragua

Dans la société cubaine[modifier | modifier le code]

À Cuba, cette fête a pris une importance très particulière car tandis que des familles riches ont célébré cet événement dans des salles de danse luxueuses, les moins bien lotis, particulièrement les jeunes observaient ces fêtes défendues et ont désiré imiter les classes supérieures. Les domestiques et d'autres employés des familles riches, qui ont été impliquées dans l'approvisionnement de ces festins, ont probablement été les premiers à importer cette tradition dans le reste des couches de la population.

Parfois, des familles entières se privent afin de pouvoir célébrer cet événement. Il a pris une telle ampleur que l'on déclare régulièrement que les deux dates les plus importantes dans la vie d'une femme sont ses quinze ans et son mariage. Luis Carbonell, une figure de la nation qui a décrit le mode de vie des cubains moyens appelle cet héritage culturel Los quince de Florita.

Origines[modifier | modifier le code]

Selon toute vraisemblance, la fête des 15 ans a été introduite au Mexique et sur le reste du continent latino-américain (y compris dans les Caraïbes), par les Espagnoles, bien que certains soutiennent qu’il s’agirait en réalité des Français. D’autres versions affirment que cette fête s’inspire d’une ancienne tradition aztèque, ce qui semble fort peu vraisemblable, car il serait difficile d’expliquer pourquoi cette fête est si populaire en Argentine, ou à Porto Rico, pays très peu influencés par les traditions mésoaméricaines en général, et aztèques en particulier, mais qui ont au contraire été fortement marqués par l’influence européenne. Cette fête est un tel phénomène de société au niveau du continent latino-américain, que même MTV latino y a consacré une émission de télé-réalité. Il est également intéressant de relever qu’aux États-Unis, il existe aussi une fête similaire, appelée sweet sixteen, qui a été popularisée par les familles juives, puis reprise par l’ensemble des communautés composant la population américaine.

Dans sa version traditionnelle, la fête des 15 ans est une sorte de bal des débutantes, organisé pour chaque quinceañera (jeune fille de 15 ans), à l’occasion de son quinzième anniversaire. À l’origine, cette fête était organisée dans les familles aisées, pour présenter les jeunes filles en âge d’être mariées au monde. Elle s’est ensuite démocratisée, et bien que de plus en plus de jeunes filles choisissent une autre manière célébrer leurs 15 printemps, elle reste une institution dans de nombreuses familles, quelle que soit leur origine sociale. Dans les familles mexicaines qui ont émigré aux États-Unis, la tradition reste également vivace. Au Canada aussi, la tradition se perpétue dans les familles hispano-américaines qui ont émigré. D'ailleurs, sur la rue Saint-Hubert, à Montréal, beaucoup de commerçants annoncent des robes pour la fête des 15 ans en plus des robes de bals des finissants et de mariages.

Autrefois, la jeune fille de quinze ans portait une longue robe blanche semblable à une robe de mariée, accompagnée d’un traditionnel bouquet de roses blanches. Aujourd’hui, la tenue a quelque peu évolué, pour s’orienter vers les robes de princesses de contes de fées aux couleurs chatoyantes, avec leur diadème de brillants et le bouquet assorti à la couleur de la robe, qui peut désormais se permettre toutes les extravagances.

Les différentes étapes de la célébration[modifier | modifier le code]

La messe : Dans les familles catholiques, il est de tradition, avant la grande réception et la fête, de célébrer une messe en l’honneur de la vierge Marie, pour permettre à la jeune fille de «prendre conscience» du pas qu’elle est en train de franchir en devenant une femme. Seuls la famille et les amis proches participent à cette messe.

Les chambelanes (cavaliers) : La quinceañera n’a pas un, mais plusieurs cavaliers, qui peuvent aller de 2 à 15 (comme 15 ans), en fonction de l’importance de la fête et du budget alloué par la famille. La plupart du temps, ils sont entre 5 et 7. Les chambelanes accompagnent la jeune fille dans les multiples chorégraphies qu’elle réalise durant son « show » et la servent comme une reine (ou une princesse de contes de fées). Ils représentent sa «cour d’honneur» et il est usuel (mais pas obligatoire) qu’il y ait également un «garçon d’honneur». Autrefois, les chambelanes étaient choisis parmi les frères ou les cousins de la jeune fille. Aujourd’hui, il s’agit plutôt de bons amis (et quelquefois du petit-ami), même si parfois certaines jeunes filles choisissent d’embaucher des danseurs professionnels, pour être sures que leur fête soit réussie.

L'entrée : Généralement, 5 damoiseaux en tenues de valets se sont placés sur la scène. La quinceañera se fait attendre, parce qu’elle ménage son effet. Soudain les lumières se tamisent, les voix se taisent, les yeux se tournent vers la scène, et la quinceañera surgit de la pénombre, un masque vénitien lui cachant tout d'abord le visage[1].

Le bouquet : Traditionnellement, lorsqu’il y a eu une messe avant la grande célébration, le bouquet de la jeune fille doit être offert à la vierge. Cependant, de plus en plus de jeunes filles ne l’offrent plus et le gardent soigneusement en souvenir, avec les autres accessoires de la fête et la robe. Il est toujours assorti à la robe de la jeune fille.

Le couronnement : Lorsque la jeune fille entre dans la salle des fêtes accompagnée de ses cavaliers, elle exécute une première chorégraphie qui représente une sorte de présentation au monde, puis elle est couronnée au sens propre du terme, telle une reine, avec un diadème de brillants[2].

La poupée : Pour symboliser la sortie de l’enfance et la métamorphose en femme de la jeune fille, une fillette de sa famille ou de ses amis proches lui remet son dernier jouet (une poupée). Cette sorte de « passage de relais » est en général un des plus jolis et attendrissants moments de la fête. Selon la jeune fille, celle-ci choisira uniquement de recevoir cette poupée, mais elle pourra également jouer avec elle, la caresser, la bercer ou la promener, face à ses convives, comme partie du « show », qu’elle leur offre.

Le gâteau : Le gâteau, tout comme la décoration de la salle et le bouquet, reprend les couleurs de la robe de la jeune fille. Il est un peu le symbole de la personnalité de la jeune fille. Au moment de le partager, entourée de toutes les petites filles de la fête, elle le goûtera en y donnant une mordida, et le partagera entre tous ses invités, en servant en premier les petites filles qui l’entourent.

Les verres enflammés : La tradition veut que la quinceañera porte un plateau avec des coupes dans lesquelles est flambé de l'alcool. C'est sa façon à elle de devenir une femme[3].

Les chaussures : Pour symboliser le passage au statut de femme, la jeune fille change de chaussures, et passe des talons plats aux talons hauts, en chaussant des escarpins ou des sandales à talons. C’est généralement un membre proche de sa famille qui lui offre et lui chausse sa première paire de chaussures à hauts talons, mais ce peut être également un de ses chambelanes[4].

Toast : Lorsque toute la cérémonie proprement dite est achevée, et avant que ne commence la valse, on porte un toast en l’honneur de la jeune fille devenue femme. L’anecdote amusante est que très souvent la couleur de la boisson qui sert de toast est assortie à la robe de la jeune fille[5].

La valse : L’un des moments phares de la fête est la valse. La quinceañera danse tout d’abord avec ses chambellans, puis avec son père, et ensuite, avec toutes les personnes importantes de son entourage (famille, amis proches et parrains), appelées une à une par la personne chargée de l’animation de la fête (maître de cérémonie). Les chambellans se chargent quant à eux de danser avec les femmes présentes à la fête et appelées également à danser[6],[7],[8].

La chorégraphie (show) : Après la valse, vient l’heure du « show ». La quinceañera se change pour aller revêtir des tenues en adéquation avec les chorégraphies qu’elle a préparées avec ses chambellans. Il s’agit en général de rythmes plus modernes comme le reggeaton, le rap, la cumbia ou des rythmes traditionnels mexicains comme le pasito duranguense.

La pantomime : La quinceañera danse seule une pantomime, des variations de danse terminant le "bal" de la fête[9].

La musique, groupe ou mariachis : Comme dans toute fête au Mexique, la musique joue un rôle très important. Il est donc de coutume, en fonction des moyens dont dispose la famille, de faire appel à un groupe de mariachis, un groupe de cumbia ou de musiciens plus traditionnels, ou à une simple sono, si les moyens de la famille sont plus limités.

Références[modifier | modifier le code]