Férule commune

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Ferula communis - Muséum de Toulouse

La Férule commune (Ferula communis) est une plante méditerranéenne du genre Ferula et de la famille des apiacées. Son « latex » contient des composés toxiques pour les animaux herbivores.


Elle fleurit en mai-juin, se présentant sous forme d'un arbrisseau aux ombelles spectaculaires par leur taille.

Ferule commune, floraison en avril, sur des sols dégradés en Sicile centrale (Ponte Cinque Archi)

Description[modifier | modifier le code]

Arbrisseau vivace pouvant atteindre deux mètres de haut, à croissance très rapide (quelques semaines).
Tige érigée, cylindrique et creuse.
Feuilles souples pennées et linéaires apparaissant après la floraison ; Longues feuilles engainantes au moment de la floraison.
Grandes ombelles de fleurs jaune d'or à étamines saillantes.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Nom catalan : canyaferla.

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

La férule contient des composés toxiques. Les premiers identifiés ont été des Phénylpropanoïde et plus précisément des coumarines prénylées[1]).
En plus des complexes sesquiterpène-coumarine déjà connus, d'autres composés ont été plus récemment identifiés dans les racines ; deux molécules cycliques de coumarines farnésylées et deux nouveaux dérivés cycliques de chromones farnésylées[2].

Les (sesquiterpènes) synthétisés par cette plante pourraient peut-être servir à produire des médicament (Ex : anti-mycobactérien[3]), dont dans les rhizomes[4], mais son ingestion peut poser des problèmes toxicologiques et écotoxicologiques ;

En France, une cartographie de cette espèce est en cours (en 2012 - 2014) par le laboratoire des xénobiotiques de Vet agro sup Lyon (ex école nationale vétérinaire de LYON), en raison des risques inhérents à la consommation de férules (Ferula communis ou F. glauca) par des herbivores.
Cette étude se fait avec une dynamique de sciences participatives ; les botanistes (de Tela botanica notamment) étant invité à signaler des gisements de férules potentiellement accessibles à des mammifères herbivores (domestiques et/ou sauvages) et - dans la mesure du possible - à envoyer 10 à 50 grammes de feuilles sèches basales, avec leur géolocalisation[5].
Ceci permettra également une étude génomique, intégrée à un projet européen d'analyse du risque pour les herbivores domestiques et sauvages dans le bassin méditerranéen.

Ethnologie[modifier | modifier le code]

On a souvent répété que dans l'Antiquité les tiges de férule étaient utilisées pour transporter le feu. Prométhée aurait dérobé le feu sacré en le transportant dans une tige de férule. Cette assertion est douteuse, car la tige de férule n'est pas creuse, mais remplie de moelle. Des essais récents ne sont pas concluants[6].

Dans le culte de Dionysos, la tige de férule était un attribut analogue au thyrse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mahmut Miski, Jasmin Jakupovic, Cyclic farnesyl-coumarin and farnesyl-chromone derivatives from Ferulacommunis subsp. Communis (reçu le 8 novembre 1989 et mis en ligne le 9 mars 2001). ; Phytochemistry ; Volume 29, Issue 6, 1990, Pages 1995–1998

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maria Grazia Valle, Giovanni Appending, Gian Mario Nano, Vincenzo Picci Prenylated coumarins and sesquiterpenoids from Ferulacommunis ; Phytochemistry Volume 26, Issue 1, 23 December 1986, Pages 253–256 résumé
  2. Jasmin Jakupovic & Mahmut Miski, Cyclic farnesyl-coumarin and farnesyl-chromone derivatives from Ferulacommunis subsp. Communis ; Phytochemistry Volume 29, Issue 6, 1990, Pages 1995–1998 ([Résumé])
  3. Jaber S. Mossa, Farouk S. El-Feraly et Ilias Muhammad, Antimycobacterial Constituents from Juniperus procera, Ferula communis and Plumbago zeylanica and their In Vitro Synergistic Activity with Isonicotinic Acid Hydrazide ; Phytotherapy research Phytother. Res. 18, 934–937 (2004) ; mis en ligne par Wiley InterScience (www.interscience.wiley.com). DOI:10.1002/ptr.1420
  4. Al-Yahya MA, Muhammad I, Mirza HH, El-Feraly FS. 1998. Antibacterial constituents from the rhizomes of Ferula communis. Phytother Res 12: 335–339. (résumé)
  5. G. Gault (Vétérinaire toxicologue spécialisé en plantes toxiques), FERULAGO étude de la chémotaxonomie des férules françaises, 30 mai 2012 prolongé 1er janvier 2014
  6. Daniel Mathieu (Tela botanica), [Le transport du feu au creux d’une férule (Claude Marco)] 9 mai 2012 ; et sur Pl@ntUse