Félix de Valois

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Saint Félix de Valois
Image illustrative de l'article Félix de Valois
Félix de Valois
Naissance 9 avril 1127
Décès 4 novembre 1212 
Nationalité française
Canonisation 1677
par Innocent XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 4 et 20 novembre
Sujets controversés personnage probablement fictif
Suppression du culte 1970

Félix de Valois, né le 9 avril 1127 et mort au couvent de Cerfroid à Brumetz (Aisne) le 4 novembre 1212, serait un moine et un ermite français, fondateur avec saint Jean de Matha de l’Ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs (les Trinitaires). Longtemps vénéré comme saint par l'Église catholique, il est aujourd'hui considéré comme fictif par la plupart des historiens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Félix de Valois (Homole, Bohême orientale)

Parent de Louis VII, il est élevé près de l’abbaye de Clairvaux et devient moine cistercien, en remplaçant son prénom 'Hugues' pour celui de Félix[1]. Il se fait ermite, d'abord dans les Alpes, puis à Cerfroid, dans le diocèse de Meaux, où il accueille Jean de Matha dont il appuie le projet de fonder un ordre destiné au rachat des chrétiens, enlevés ou tombés prisonniers aux mains des Maures. En 1198 ils obtiennent l'approbation du pape Innocent III.

Le culte liturgique des deux fondateurs des Trinitaires est approuvé par Alexandre VII en 1666. D'après les membres de l'ordre trinitaire cependant, les deux ont déjà été canonisés en 1262 (par Urbain IV).

Félix de Valois est commémoré le 4 novembre (selon le martyrologe romain)[2] et le 20 novembre (fête locale)[3].

Controverse[modifier | modifier le code]

Selon les historiens anciens, il serait un prince du sang[4]qui, après avoir suivi son cousin le roi Louis VII à la croisade, vivait en ermite dans la forêt. Selon les historiens modernes, son nom viendrait simplement de sa région d'origine.

Les historiens s'accordent aujourd'hui à reconnaître que Félix de Valois est un personnage fictif, inventé par les Mathurins au XVIIe siècle[5],[6]. Désireux de dire que leurs deux fondateurs, Jean de Matha et Félix de Valois, avaient été tous les deux canonisés, et que l'un d'eux était d'ascendance royale, ils racontèrent que la bulle d'Urbain IV (mort en 1264) qui canonisait Félix avait été perdue. Louis XIV intervint à Rome en faveur de son parent – une des preuves avancées par les historiens anciens pour présumer l'ascendance royale de Félix de Valois ; la Congrégation des rites approuva le culte des deux fondateurs le 14 août 1666. Innocent XI fixa sa fête au 20 novembre et Innocent XII l'étendit le 19 mai 1694 à l'Église universelle, procédant ainsi à une canonisation équipollente[6]. Il entra dès lors au Martyrologe romain et y resta jusqu'à ce que Paul VI l'en retire en 1970.[réf. nécessaire] Un ermite vivait bien à Cerfroid et c'est manifestement lui qui accompagna Jean de Matha à Rome, mais ni son ascendance royale, ni sa canonisation n'ont jamais été prouvées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des sources plus précises l'identifient comme Hugues II comte de Vermandois et de Valois, fils du comte Raoul Ier de Vermandois et d'Éléonore de Blois (comme celles à l'origine du site genealogy.eu, de Miroslav Marek). Mais ce comte ne figure plus sur des généalogies plus récentes comme celle de la Foundation for Medieval Genealogy
  2. (it)Santi, Beati
  3. Voir saint Félix de Valois sur Nominis
  4. Volume 3 de Les genealogies historiques des rois, empereurs, &c. et de toutes les maisons souveraines qui ont subsisté jusqu'à présent; exposées dans des cartes genealogiques tirées des meilleurs auteurs: avec des explications historiques et chronologiques, dans lesquelles l'on trouvera, l'établissement, les révolutions, & la durée des diférens états du monde, l'origine des maisons souveraines, leurs progrès, alliances, droits, titres, prétentions, & armoiries, avec figures Louis Chasot de Nantigny, Johann Hübner; Éditeur: Chez P.-F. Giffart, 1738, p. 523 et 534
  5. Éric Suire, La sainteté française de la Réforme catholique (XVIe-XVIIIe siècles), Presses Universitaires de Bordeaux, 2001, p. 350.
  6. a et b Pierre Delooz, « Pour une étude sociologique de la sainteté canonisée dans l'Eglise catholique », Archives des sciences sociales des religions, vol. 13, no 13 (1962), p. 29, note 2 [17-43].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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