Félix Roussel

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Félix Roussel
Autres noms Arosa Sun (1955 - 1960)
Type Paquebot
Histoire
Lancement
Mise en service
Statut Converti en hôtel flottant en 1960 puis démoli en 1974
Caractéristiques techniques
Longueur 171,25 m (182,25 m)
Maître-bau 20,8 m
Déplacement 21 014 tonnes (21 115 tonnes après 1935)
Port en lourd 8 130 tonnes (10 200 tonnes après 1935)
Tonnage 16 774 tjb, puis 17 084 après 1935
Propulsion 2 moteurs diesel Sulzer
Puissance 14 700 CV (16 000 CV après 1935)
Vitesse 16 nœuds (17,5 nœuds)
Autres caractéristiques
Passagers 196 premières, 110 secondes, 90 troisièmes, 1183 à 1502 rationnaires
Équipage 258
Chantier naval Chantiers de l'Atlantique, Saint-Nazaire
Armateur Compagnie des messageries maritimes(1931 - 1955)
Arosa Lines (1955 - 1960)
Pavillon Drapeau de la France France (1931 - 1955)
Panama Panama (1955 - 1960)

Le Félix Roussel est un paquebot français de la Compagnie des messageries maritimes, lancé le à Saint-Nazaire. Revendu en 1955 à la compagnie Arosa Lines, il est renommé Arosa-Sun. À partir de 1960, il sert d'hôtel flottant pour les ouvriers d'une société hollandaise à IJmuiden. Il est le sister-ship du Georges Philippar et de l’Aramis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et débuts[modifier | modifier le code]

Le Félix Roussel est construit dans les Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire. Lancé le , il porte le nom d'un ancien président de la Compagnie des messageries maritimes, Félix Roussel, qui fut à la tête de la compagnie du 1914 à 1925. Il appartient à la série des « nautonaphtes »[1]. Il est entre autres le sister-ship du Georges Philippar, qui sombre au retour de sa première traversée, emportant avec lui le journaliste Albert Londres. Ces navires, conçus comme des paquebots mixtes sont conçus pour effectuer de longues traversées (environ un mois et demi) dans l'océan Indien et le Pacifique et de nombreuses escales. Ils se distinguent par leurs deux cheminées carrées et très courtes.

Il effectue son premier voyage au départ de Marseille le à destination du Japon. En 1932, il transporte les hommes et le matériel de la Croisière jaune de Citroën. En 1935, il est transformé (allongement, modification de l'étrave, augmentation de puissance des moteurs). Il continue sur la ligne de l'Extrême-Orient jusqu'en mars 1940.

Le navire se distingue par des installations très raffinées en première classe, de style Art déco, et certaines installations comme la salle à manger, les salons et la salle de musique s'inspirent de l'art khmer. Comme dans de nombreux paquebots de la compagnie construits sous la direction de Georges Philippar, la décoration s'inspire également de l'œuvre d'Alexandre Dumas, en particulier des Trois Mousquetaires[2]. Le navire dispose également d'un très grand nombre de places destinés aux permissionnaires et Français d'Indochine. La décoration d'une des cabines fut confiée à Yvonne Jean-Haffen.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est réquisitionné par le Royaume-Uni à Suez. Il est réarmé par un équipage mixte de français volontaires et de britanniques mais sous pavillon britannique. Son premier transport de troupes se déroule en octobre 1940 lorsqu'il amène au sein d'un convoi des troupes australiennes et néo-zélandaises de l'ANZAC en Égypte et doit affronter en mer Rouge la marine italienne.

Il effectue de nombreux voyages de transport de troupes entre Bombay et l'Égypte. En février 1942, il participe héroïquement à l'évacuation de Singapour sous le feu de l'armée japonaise. Il est à cette occasion cité à l'ordre de l'armée. Il passe ensuite sous pavillon des Forces navales françaises libres. Jusqu'en 1945, il effectue de nombreux voyages comme transport de troupes.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le Felix Roussel reprend son service civil en 1946 sur la ligne de l'Extrême-Orient, puis subit une refonte importante à Dunkerque. Ses deux cheminées petites et carrées sont remplacées par une seule cheminée plus haute et ovale. Après cette refonte, il reprend son service le et reste sur cette ligne jusqu'en 1955. À cette date, il est revendu à la compagnie suisse Arosa Lines qui l'exploite sous le pavillon de Panama sur la ligne Bremerhaven - Québec (la compagnie rachète deux ans plus tard un autre prestigieux navire de la Compagnie des messageries maritimes, La Marseillaise). En 1960 la compagnie fait faillite, et le Félix Roussel, renommé Arosa-Sun, est vendu à une société hollandaise qui l'utilise comme hôtel flottant pour ses ouvriers à IJmuiden.

Le navire est finalement démoli à Bilbao.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un néologisme inventé par le président de la compagnie, Georges Philippar, pour désigner les navires à moteur sans avoir à utiliser le terme anglais motorship.
  2. Gorges Philippar était en effet un grand admirateur de cette œuvre et donna le nom des mousquetaires à plusieurs navires de la compagnie, dont un des sister-ships du Félix Roussel : l’Aramis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier le Goff, Les Plus Beaux Paquebots du monde, Solar, 1998
  • Jean-Yves Brouard, Paquebots de chez nous, MDM, 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]