Félix Gras

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Statue de Félix Gras élevée sur le Rocher des Doms d'Avignon

Félix Gras né à Malemort-du-Comtat le 3 mai 1844[1] et décédé à Avignon le 4 mars 1901, juriste et poète de langue provençale, fut Capoulié du Félibrige à la suite de son beau-frère Joseph Roumanille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de Marie-Rose Bouscarle et de Jean-Pierre Gras, agriculteur aisé[2], il commença ses études au petit séminaire de Sainte-Garde, à Saint-Didier[1] et les acheva à Béziers au Pensionnat tenu par les Frères des écoles chrétiennes jusqu'en 1860[2]. Il découvrit la poésie à travers Homère et Mirèio (Mireille) paru en 1859. De retour dans le Vaucluse, il assista aux triomphes des félibres de la première génération et décida de suivre leurs traces[1]. Cette voie lui fut facilitée par le mariage de sa sœur, en 1863, la félibresse Rose-Anaïs (1841-1920) avec Joseph Roumanille qui s'étaient connus aux « Jeux Floraux » d'Apt. Son talent et son enthousiasme conquirent immédiatement Frédéric Mistral[1].

Poète et républicain[modifier | modifier le code]

D'abord clerc, chez Jules Giéra, frère de Paul Giéra[1] il s'installa ensuite comme notaire à Villeneuve-lès-Avignon. Ce fut là que ses convictions républicaines s'affirmèrent. Sa première pièce, La Carmagnole fut interdite et il cacha chez lui, en 1871, Peloux, un des dirigeants de la Commune de Marseille recherché par la police. Il réussit à faire publier, en 1876, son premier poème Li Carbonnié dans lequel il évoque le vin de 1792, qui fermente dans les cœurs pour chasser les princes du pouvoir. Ce fut en 1878 qu'il épousa la nièce de Roumanille et il se fit nommer juge de paix à Avignon, en avril 1879[2].

D'autres œuvres suivirent dont Toloza, en 1881, et Lou Romencero Provençau en 1887. Alors qu'il rencontre Alphonse Daudet et Bonaparte Wyse, descendant irlandais de l'empereur, et éminent provençaliste, il fait publier Lou catechisme dou bon félibre qui parut ensuite dans le journal l'Aïoli. S'étant lié d'amitié avec Paul Saïn qui fit de lui plusieurs portraits[2].

Il profita de la célébration du premier centenaire de la Révolution pour balayer les ultimes tentatives de dénigrements de celle-ci y compris chez les félibres tenants de la restauration monarchique[2]. Ce qui lui valut de faire, en 1891, le discours d'inauguration du Monument du centenaire du rattachement d'Avignon à la France, en 1890 en présence de Sadi Carnot, président de la République. Puis, un an plus tard, alors qu'il venait d'être nommé Capoulié du Félibrige, de prononcer un fervent discours républicain à Carpentras. En cette même année 1891, parait son recueil Li Papalino[2].

Le Félibre rouge[modifier | modifier le code]

Il se consacra dès lors à son œuvre majeure, Li Rouge dóu Miejour (Les Rouges du Midi), qui lui valut une réputation nationale et internationale. Publiée d'abord en feuilleton dans la journal Le Temps, son épopée révolutionnaire parue conjointement à New York et en Angleterre où elle fit l'admiration du premier ministre Gladstone en 1896[2].

Traduit ensuite en suédois, son ouvrage fut publié en 1900 en français par l'éditeur de Victor Hugo. À côté du succès de librairie qu'elle provoqua, cette édition lui valut les foudres de Charles Maurras et les réserves de Frédéric Mistral qui dénonça « un carnaval et un bourbier politicien extraordinaires »[2]. Le poète décéda en 1901 et sur sa tombe à Malemort, il avait voulu que fut gravé :

« Ame moun vilage mai que toun vilage, ame ma Prouvènço mai que ta prouvinço, ame la Franço mai que tout[2]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'œuvre poétique de ce fervent républicain tranche par le choix de ses thèmes avec celle des autres poètes de langue provençale de son époque[3]. Il écrivit deux épopées Li Carbounié et Tolosa ainsi que des romances réunies dans Lou Ramancero prouvençau[3]. Ses deux œuvres les plus connues sont Li Papalino, où il décrit Avignon au temps des papes à la manière de Boccace et son chef-d'œuvre Li Rouge dóu Miejour. Ce grandiose récit épique, relate la montée du « bataillon des Marseillais » et des Provençaux à Paris pour aller défendre la Révolution en chantant la Marseillaise[3].

  • Li Carbounié (Les Charbonniers), 1876
  • Toloza (Toulouse), 1882
  • Lou Romancero prouvençau (Le Romancero provençal), 1887
  • Li Papalino (Les Papalines), 1891
  • Li Rouge dóu Miejour (Les Rouges du Midi), 1896

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Anthologie du Félibrige provençal, Félix Gras (1844-1901)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Daniel Pleindoux, Biographie de Félix Gras
  3. a, b et c Dictionnaire de la Provence, op. cit., p. 163.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Marseille (sous la direction de), Dictionnaire de la Provence et de la Côte d'Azur, Éd. Larousse, Paris, 2002. (ISBN 2035751055)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]