Félicien Champsaur

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Félicien Champsaur est un écrivain et journaliste français (1858-1934).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Joseph Louis Champsaur, gendarme, et de Marie Magdeleine Joséphine Arnaud, il est né le 10 janvier 1858 à Turriers dans les Basses-Alpes près de Digne, et mort à Paris le 22 décembre 1934 dans son appartement 82, avenue Foch. Il a été incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise[1].

Aujourd’hui oublié, il fut pourtant l’un des écrivains les plus productifs de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe. Il laisse à la postérité une importante production journalistique et romanesque (Dinah Samuel, Lulu…).

Jeune provincial en quête de succès, Félicien Champsaur s’illustre tout d’abord à Paris par son activité journalistique prolixe. Il collabore à divers journaux (Le Figaro, Le Gaulois, L'Événement…) et participe à quelques revues qui fleurissent sur la rive gauche (Revue moderne et naturaliste…). Il fonde également Les Hommes d'aujourd'hui (en collaboration avec André Gill), il collabore au journal L'Hydropathe (d'Émile Goudeau), Les Contemporains (avec Alfred Le Petit) et diverses autres revues qui connaîtront un succès relativement éphémère (Le Panurge, Les Écoles…).

Émile Schuffenecker : Portrait de Madame Champsaur (1890, musée des beaux-arts de Pont-Aven)

Coutumier des cercles littéraires et des brasseries montmartroises où s’édifie une conception moderne de la littérature et des arts (Le club des Hydropathes, Le Chat noir…), il s’enivre de tous les plaisirs qu’offre l’espace de la création artistique parisienne où il entrevoit les fondements de son entreprise artistique. Il fréquente alors certaines figures illustres du Paris artistique et littéraire (Hugo, Verlaine, Rops, Grévin, Rodin…). En 1899, le guide Paris-Parisien le considère comme une « notoriété des lettres », en soulignant son « parisianisme raffiné » et son « féminisme aigu »[2].

Du journalisme au roman en passant par l’écriture poétique, dramaturgique ou pantomimique, Félicien Champsaur laisse à la postérité une œuvre artistique bigarrée et éclectique. Entremêlant au roman diverses pièces rapportées (articles, poèmes, pantomimes, ballets, partitions musicales…), une dimension plastique diffusée par la prolifération d’illustrations et de mises en pages audacieuses, il incarne aujourd’hui encore une liberté romanesque inédite. Artiste se nourrissant de la diversité artistique parisienne, il rêva et défendît une liberté d’expression formelle résolument moderne :

« Je crois que le roman doit être multiforme, d’une originalité toujours renouvelée et de profonde vie, artiste, paré de toutes les richesses littéraires. Il doit, véridique, peuplé de types réels, choisis dans l’existence, s’inspirer des caractères observés d’hommes et de femmes, mais ne point se borner à les figer en des photographies quelconques, même retouchées par un artisan soigneux. La littérature contient, résume et diffuse tous les arts : elle doit les mêler en ses artifices » (Lulu, roman clownesque).

Ami du peintre Émile Schuffenecker, le portrait de son épouse a été peint par ce dernier.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Illustration
  • Dinah Samuel, Ollendorff, 1882, roman à clef ; réédition Séguier, « Bibliothèque Décadente », 1999 (ISBN 2-84049-134-6)
  • Miss América, Ollendorff, 1885, roman.
  • Entrée de clowns, Lévy, 1886, recueil de nouvelles.
  • Parisiennes, Lemerre, 1887, recueil de poèmes.
  • Les Bohémiens, Dentu, 1887, Ballet lyrique en 4 actes et 9 tableaux, illustré par Jules Chéret.
  • Lulu, Dentu, 1888, pantomime en un acte illustrée par Chéret, Gerbault, Morin.
  • L’Amant des danseuses, Dentu, 1888, roman, illustré par Jaquelux.
  • Les Éreintés de la vie, Dentu, 1888, pantomime en un acte illustrée par Gerbault.
  • La Gomme, Dentu, 1889, Pièces en trois actes illustrée par Chéret, Caran d’Ache, Gerbault.
  • Le Mandarin, Ollendorff, 1895-1896, trilogie romanesque (I : Marquisette - II : Un maître - III : L'Épouvante)
  • Régina Sandri, Ollendorff, 1898, roman.
  • La Faute des roses, Fasquelle, 1899, roman.
  • Nuit de fête, Offenstadt Frères, S.d., roman.
  • Poupée japonaise, Fasquelle, 1900, roman.
  • Lulu, Fasquelle, 1900, roman clownesque illustré par (entre autres) Bac, Bourdelle, Bottini, Cappiello, Chalon, Chéret, Gerbault, Rops, Van Beers, Willette…
  • Le semeur d’amour, Fasquelle, 1902, roman Hindou.
  • L’Orgie latine, Fasquelle, 1903, roman antique illustré par Auguste Leroux; réédité en février 2013 chez Le Vampire Actif.
  • L’Ingénue, Douville, 1905, roman illustré par Maurice de Lambert.
  • La Caravane en folie, Fasquelle, 1912, roman « colonial »
  • Le Bandeau, Renaissance du livre, 1916, roman illustré par Raphaël Kirchner.
  • Les Ailes de l'homme, Renaissance du livre, 1917.
  • Ouha roi des singes, Fasquelle, 1922, roman
  • Homo Deus, Ferenczi, 1923, roman.
  • Tuer les vieux. Jouir !, Ferenczi, 1925, roman « vache ».
  • Le Bandeau d'Eros, Ferenczi, 1925, roman, illustré par Jaquelux.
  • Le Chemin du désir, Ferenczi, 1926, premier volet d’une trilogie romanesque.
  • Le combat des sexes, Ferenczi, 1927, second volet de la même trilogie.
  • Les ordures ménagères, Ferenczi, 1927, dernier volet.
  • Jeunesse, Ferenczi, 1927, illustré par Léonnec.
  • Le Jazz des masques, Ferenczi, 1928, roman.
  • La Pharaonne, Ferenczi, 1929, roman, illustré par Jaquelux.
  • Nora, la guenon devenue femme, Ferenczi, 1929, illustré par Endré, Jaquelux et Naillod.
  • Le Crucifié, Ferenczi, 1930, roman biblique.
  • L'empereur des Pauvres, épopée spéciale en 6 volumes (1.Le Pauvre 2.Les Millions 3.Les Flambeaux 4.Les Crassiers 5.L'orage 6. Floreal)

Quelques ouvrages journalistiques[modifier | modifier le code]

  • Le massacre, Dentu, 1885, recueil d’articles parus au Figaro.
  • Le cerveau de Paris, Dentu, 1886, articles, chroniques et critiques de la vie artistique parisienne.
  • Le Défilé, Havard, 1887, recueil d’articles.
  • Masques modernes, Dentu, 1889, recueil d’articles et de chroniques.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Un incident aux obsèques de Félicien Champsaur », L'Archer,‎ mai 1935, p. IX (lire en ligne)
  2. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 45