Fédération d'action nationale et européenne

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La Fédération d'action nationale et européenne (FANE) est un groupuscule d'extrême droite français ouvertement néo-nazi. Fondé le 8 avril 1966 et dissout définitivement en 1987, le groupe était dirigé par Mark Fredriksen, « employé de banque converti à l'activisme Algérie française après son service militaire effectué dans les paras[1]. »

Historique[modifier | modifier le code]

La Fédération regroupait trois mouvements[2] : Action-Occident, créée par Mark Fredriksen, très liée à Pierre Sidos et à Occident avant de rompre avec les nationalistes et qui ne comptait que cinq ou six militants ; les Cercles Charlemagne, formés par deux ou trois exclus d'Occident ; le Comité de soutien à l'Europe réelle — section française du Mouvement social belge de l'ancien rexiste et Waffen-SS Jean-Robert Debbaudt (adhérent du Nouvel ordre européen du Suisse Gaston-Armand Amaudruz) —, animé par Hubert Kohler, dit Roland Dursanne, et Didier Renaud (ancien membre d'Occident), orienté vers l'entrisme des organisations nationalistes et comptant une dizaine de membres[3].

En 1976, François Duprat rallie la FANE à ses Groupes nationalistes révolutionnaires (GNR), faisant fusionner Notre Europe — organe de la FANE — avec les Cahiers européens, et la fait entrer au sein du Front national[4].

Après un bref passage au Front national[5], Fredriksen va créer les Faisceaux nationalistes européens le 11 juillet 1980. Ceux-ci fusionnent ensuite avec le Mouvement national et social ethniste en 1987, puis avec le Parti nationaliste français et européen (PNFE) en janvier 1994.

Ce groupe néonazi violemment antisémite comptait quelques centaines de militants tout au plus. Outre la revue Notre Europe, dans laquelle il exalte une Europe « socialiste et blanche[6] », le « fascisme immense et rouge[6] » et proclame la « lutte à mort contre l'hydre judéo-matérialiste[7] », il publie un bulletin polycopié, L'Immonde.

La FANE contribue par ailleurs à la diffusion des thèses négationnistes[8].

La FANE est dissoute par décret du Conseil des ministres du 3 septembre 1980, puis à nouveau le 23 janvier 1985 (après l'annulation, le 31 octobre 1984, du précédent décret par le Conseil d'État pour vice de forme), et une troisième fois le 16 septembre 1987 (après l'annulation du deuxième décret pour un nouveau vice de forme), au motif de « manifestations violentes organisées par ce mouvement dont l’un des buts exprimés est l’installation d’un nouveau régime nazi, l’organisation paramilitaire de cette association et ses incitations à la discrimination raciale ».

Parmi les personnes ayant fait partie de la FANE, on peut citer Luc Michel, actuel dirigeant du Parti communautaire national-européen, Georges-Alain Gateau[9], Jacques Bastide, Philippe Pontigny[10], Minh Tran Long (qui réapparaît notamment dans les années 2010 dans l'entourage de campagne de Marine Le Pen) et son frère Yann[11],[12],[13],[14],[15], Michel Faci (par la suite membre du PNFE)[16],[17],[18],[19],[20], Michel Caignet (traducteur des textes néo-nazis en allemand), Philippe Baillet (traducteur des textes néo-nazis en italien) et Henri-Robert Petit (journaliste qui avait dirigé durant l'Occupation le journal Le Pilori).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Milza, L'Europe en chemise noire : les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Fayard, 2002, 480 p. (ISBN 978-2213613437) [EPUB] emplacement 2987 sur 10314.
  2. Ariane Chebel d'Appollonia, L'extrême-droite en France. De Maurras à Le Pen, éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », Bruxelles, 1996, p. 352, note 176.
  3. François Duprat, Les mouvements d'extrême-droite depuis 1944, Éditions Albatros, 1972, p. 174.
  4. Joseph Algazy, L'extrême-droite en France de 1965 à 1984, Éditions L'Harmattan, 1989, p. 174.
  5. Il est ainsi candidat Front national aux législatives de 1978 dans la deuxième circonscription de la Seine-Saint-Denis, où il obtient 494 voix (1,42 % des voix).
  6. a et b Notre Europe, no 3, août 1978.
  7. Notre Europe, n°20, février 1980.
  8. Joseph Algazy, op. cit., p. 180-181.
  9. « Ex-Yougoslavie : les phalanges », REFLEXes, no 40, octobre 1993.
  10. Revue mensuelle du MRAP Droit et Liberté, no 395, octobre 1980, p. 13
  11. Ciaran O Maolain, The Radical Right, Keesing's reference publications, 1987, 516 p. (ISBN 978-0582902701) p. 92.
  12. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde Éditions, 1992, 339 p. (ISBN 9782878990409) p. 103.
  13. Stephen Smith, « Patassé, main basse sur les diamants. Le président centrafricain a accaparé l'exploitation des pierres précieuses », Libération, 9 avril 1998.
  14. « Entre Cèdre et Lion... Le chemin de Damas de Monsieur C. », REFLEXes, 24 août 2011 ; modifié le 21 mars 2012.
  15. Marine Turchi, Mathilde Mathieu, « La "GUD connection" tient les finances de Marine Le Pen », mediapart.fr, 17 octobre 2013.
  16. « Portrait : Michel Faci, alias Michel Leloup », REFLEXes, no 40, octobre 1993.
  17. Pierre Milza, L'Europe en chemise noire : les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Fayard, 2002, 480 p. (ISBN 978-2213613437) [EPUB] emplacement 2990 et suiv. sur 10314.
  18. Ariane Chebel Apollonia, L'Extrême Droite en France: de Maurras à Le Pen, Complexe, 1996, 519 p. (ISBN 978-2870275733) p. 352.
  19. Jean-Yves Camus, Le Front National: histoire et analyses, O. Laurens, 1997, 287 p. (ISBN 978-2911838057), p. 32 et 118.
  20. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde Éditions, 1992, 339 p. (ISBN 9782878990409) p. 28-29.

Bibliographie[modifier | modifier le code]