Fédération anarchiste uruguayenne

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La Fédération anarchiste uruguayenne (Federación Anarquista Uruguaya, FAU) a été fondée en 1956. Dissoute en 1967 par le gouvernement de Pacheco Areco, elle dut entrer dans la clandestinité jusqu'à 1971. La FAU fut l'une des premières à promouvoir l'especifismo, qui promouvait l'organisation des anarchistes en une fédération, et prétend se distinguer du plateformisme.

Trouvant son origine en partie dans l'immigration italienne et espagnole en Uruguay, qui avait participé, dès 1905, à la création de la Fédération ouvrière régionale de l'Uruguay (FORU), la FAU comprenait de nombreux militants républicains de la guerre d'Espagne. Elle participa dès sa création aux luttes sociales, appuyant le renforcement des syndicats.

Années 1960-1970[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, elle participa à la structure du « Coordinateur », ancêtre des Tupamaros. Jorge Zabalza (FAU) intégra ainsi les Tupamaros. Ce sont aussi des militants de la FAU (dont Hugo Cores, Gerardo Gatti et Léon Duarte) qui créèrent, en 1975, le Partido por la Victoria del Pueblo (PVP), qui a subi des influences marxistes. De tendance anarcho-communiste, celui-ci fait partie aujourd'hui du Frente amplio.

Après le décret de dissolution de 1967, la FAU entra dans la clandestinité, développant en 1971 une structure armée, l'OPR-33 (Organización Popular Revolucionaria-33 Orientales), publiant un hebdomadaire clandestin, et créant un réseau d'infrastructures pour préparer ses actions et protéger ses militants. L'OPR-33 effectua plusieurs actions directes, telles que des sabotages, des « expropriations », des enlèvements de dirigeants politiques ou patronaux, l'appui armé à des grèves, des occupations d'usines, etc. Le 19 avril 1969, ils volent le drapeau des Trente-trois Orientaux au Musée historique national. Opposés à la participation électorale, ils prônent l'abstention lors des élections générales de 1971, refusant de soutenir le Front large.

Sous la dictature, une cinquantaine de ses membres furent victimes de disparitions forcées, de torture et d'assassinats aux mains des services de sécurité uruguayens et argentins, d'autres condamnés à de lourdes peines de prisons.

De la transition démocratique à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Avec la transition démocratique à partir de 1985, la FAU se réorganisa au début de 1986. Elle est active aujourd'hui dans les écoles, chez les parents d'élèves, dans les associations de quartiers, dans les syndicats, et dans l'édition, disposant d'une maison d'édition à part entière. Elle est aussi en charge de six radios communautaires et trois bibliothèques. Par ailleurs, elle a aidé d'autres militants à créer des organisations similaires au Brésil (la Federação Anarquista Gaúcha (es) (FAG), la Federação Anarquista Cabocla (pt) (FACA) et la plus récente Federação Anarquista do Rio de Janeiro (pt) (FARJ), ainsi qu'en Argentine (l'AUCA, aujourd'hui disparue).

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sharkey, Paul (ed., 2009), The Federacion Anarquista Uruguaya (FAU): Crisis, Armed Struggle and Dictatorship, 1967-1985, Kate Sharpley Library.