Exposition internationale du bicentenaire de Port-au-Prince

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Le président Jean Dumarsais Estimé organisateur de l'exposition internationale.

L'exposition internationale du bicentenaire de Port-au-Prince a été proposée et validée par le Bureau International des Expositions (BIE) comme exposition universelle pour l'année 1949. Elle a eu lieu du 1er décembre 1949 au 8 juin 1950 à Port-au-Prince à Haïti et commémorait le bicentenaire de sa fondation par les Français.

Contexte géopolitique[modifier | modifier le code]

C'est le président haïtien, Léon Dumarsais Estimé, qui organisa cette exposition universelle pour commémorer le bicentenaire de la fondation de la ville de Port-au-Prince en 1749 par les colons français de l'île de Saint-Domingue. Le président Dumarsais Estimé prolongeait ainsi la présentation et le dynamisme d'une capitale visionnaire et moderne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment par l'intensification des relations internationales, la promotion du tourisme, la présentation de la culture d'Haïti, ainsi que la défense de la langue française pour laquelle Haïti milita avec toute sa volonté lors de la création de l'Organisation des Nations unies en 1945 avec le maintien de la langue française comme langue de travail de l'ONU au côté de l'anglais grâce à la voix de son pays lors du vote pour ou contre l'usage du français au sein de l'organisation.

Volet culturel[modifier | modifier le code]

Cette exposition universelle propulsa Haïti sur la scène mondiale en faisant de Port-au-Prince la capitale culturelle des Amériques. Parmi les artistes internationaux invités, Dizzy Gillespie, Miles Davis, les chanteurs de la Scala de Milan, le grand opéra national de New York, la chanteuse cubaine de salsa, Celia Cruz, le chanteur portoricain Daniel Santos, le compositeur haïtien Frantz Casseus, le compositeur cubain Bebo Valdés[1].

Un concours artistique fut organisé. Le peintre haïtien Jacques-Enguerrand Gourgue remporta la médaille d'or, et son compatriote Gesner Abelard la médaille de bronze.

Organisation[modifier | modifier le code]

En mars 1948, commencèrent les travaux de construction de la "Cité de l'exposition", l'aménagement du parc des expositions avec ses bâtiments d'exposition sur une surface de 30 hectares. Le délai pour l'exécution des travaux était court avec à peine un peu plus d'une année. Les coûts de construction pour Haïti s'élevèrent au départ à plus de 4 millions de dollars pour un budget de l'État atteignant un total de 13,4 millions de dollars.

Parmi les sites mis en valeur, la baie bordée de palmiers autour du parc des expositions, la place des Nations Unies, l'installation notamment d'une grande roue, d'un aquarium, d'un cinéma, ainsi que l'organisation de combats de coqs et des représentations folkloriques dans le jardin paysager du "Théâtre de Verdure".

L'exposition fut inaugurée le 1er décembre 1949 par le président Dumarsais Estimé qui lut à l'occasion le message de soutien du président américain Harry S. Truman.

Participants[modifier | modifier le code]

Parmi les pays invités et participants à cette exposition universelle de 1949

Europe

La France qui soutint ce projet grâce à son Ministre des Affaires étrangères Robert Schumann[2], la Belgique, l'Espagne, l'Italie, Saint-Marin, le Vatican pour lequel on édifia une chapelle.

Asie

Le Liban, la Syrie, la Palestine,

Amériques

Le Canada, les États-Unis, le Venezuela, le Mexique, l'Argentine, le Guatemala, le Chili, Puerto Rico, Cuba, la Jamaïque

Organisations internationales

L'Organisation des Nations unies et l' Organisation des États américains.

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Le coût prévu de 4 000 000 dollars pour l'organisation de cette exposition universelle par le gouvernement d'Haïti atteindra la somme de 26 000 000 de dollars dont 10 000 000 échappant à toute justification[3]. Ce scandale entraîna de vives critiques dans ce pays pauvre. En mai 1950, un coup d'État organisé par une junte militaire renversa le gouvernement de Dumarsais Estimé afin de pousser son chef, Paul Magloire, à la tête du pouvoir et à être élu officiellement président en octobre 1950.

Les bâtiments ont été vendus après l'exposition et sont devenus partie intégrante de l'architecture de Port-au-Prince, en particulier le pavillon de la poste, l'office de tourisme, la Fontaine Lumineuse et le Théâtre de Verdure.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adrien Edouard, Au jardin du souvenir, éditions Publibook, Paris, 2011
  2. Arthus Wien Weibert, Machine diplomatique française en Haïti: (1945-1958), L'Harmattan, 2012
  3. Sauveur Pierre Etienne, Haïti, la république dominicaine et Cuba: état, économie et société (1492-2009), L'Harmattan, 2012