Expert

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L'expert n'est pas simplement celui qui sait, sur un champ délimité de savoir. Son expérience reconnue lui permet d'apporter une réponse argumentée à une demande d'expertise. Il faut le différencier du savant et aussi du spécialiste.
Une notion nouvelle, dérivée du concept d'expert, apparaît qui est l'« expertise citoyenne », qui peut éventuellement mobiliser une contre-expertise scientifique.
Des chercheurs tentent aussi depuis la fin du XXe siècle de développer et affiner des systèmes experts généralement basés sur des logiciels conçus pour en quelque sorte « imiter » la démarche d'analyse d'experts d'un domaine donné (ex : assistance au diagnostic médical).

Certains penseurs comme Howard Zinn, pensent que les experts sont un danger pour la démocratie[1].

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Le savant est réputé maîtriser la connaissance d'un domaine donné, et cette connaissance, censée avoir une réalité en soi.

Qualités attendues[modifier | modifier le code]

On attend généralement d'un expert plusieurs qualités :

  • Posséder une connaissance qui ne soit pas surpassée par celle du savant.
  • Avoir la capacité du fait de son expérience et d'une intégration de savoirs variés, d'exprimer des jugements pertinents (sagacité)
  • Se révéler apte à communiquer et à participer à des débats ouverts avec des décideurs et des non-experts.
  • Honnêteté, indépendance et compétence.

La neutralité de l'avis de l'expert peut être contrainte par des engagements (signatures de clauses de confidentialité, devoir de réserve), des conflits d'intérêt ou des pressions de la part de certains d'autres de ses employeurs. Pour limiter les risques de ce type, de nombreuses agences internationales ou nationales se voulant "indépendantes", conformément à leurs statuts, demandent maintenant à leurs experts scientifiques de déposer et signer une « déclaration d’intérêt ». De plus chaque expert devra établir une « déclaration spécifique d’intérêt » pour chaque réunion et en relation avec « tout mandat donné ». L'EFSA a prévu un examen des déclarations visant à détecter d'éventuels conflits potentiels d’intérêt et à agir en conséquence[2]. Les intérêts pris en compte sont directs ou indirects : ce sont par exemple les conflits d'intérêt qui pourraient être induits un emploi (actuel ou ancien, dont en sous-traitance), des investissements, tout type d'honoraires, une participation au capital d'une entreprise, une bourse, un parrainage ou n'importe quel type de prestation ainsi que des intérêts découlant des activités professionnelles de l'expert ou de ses proches ou parents proches ; l’appartenance ou l’affiliation à une organisation ou un à organisme ayant des intérêts dans les travaux de l’EFSA. L'expert doit notamment fournir un curriculum vitæ détaillé, ce qui peut poser problème dans le cas d'experts ayant fait des travaux relevant de la confidentialité imposée par contrat, ou relevant de la défense. Cette transparence répond à quelques scandales liés à une expertise partiale, mais aussi au fait que dans certains domaines émergents (certains domaines du génie génétique ou des nanomatériaux par exemple, où il est difficile de trouver des experts qui ne soient pas peu ou prou liés à des entreprises ou à des intérêts privés ou publics). Malheureusement en cette année 2012 l'EFSA est au centre même de la question en matière non seulement concernant l'indépendance de ses membres mais de conflits majeurs concernant des conflits d'intérêts et financements par les industries alimentaires parties à leurs travaux.((http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,institutions,union_europeenne,l_efsa_rattrapee_par_conflits_interets,137481.jsp))


L'expert reconnu dans une profession, une spécialité, qui fait référence de fait ne peut être qu'un spécialiste en conflit quasi permanent d'intérêt selon la définition la plus répandue dans le monde des amphithéâtres, des centres de recherches, de l'enseignement, car cet expert, ces experts se doivent d'être connus, reconnus de tout professionnel, tout technicien, tout spécialiste en la matière, être un référent. De fait être au sein de ses pairs et connu de chacun qui lui accorde confiance. Par ailleurs un élément déterminant reste à connaître concernant l'expert qui engage ses avis, son expertise vis-à-vis de tiers a-t-il souscrit à une assurance en responsabilité civile professionnelle venant en couverture d'erreurs éventuelles, dommages provoqués, pertes de pièces, retard en sa mission. N'est-il pas de même en relation d'affaires en concomitance avec l'une des parties !

Critiques[modifier | modifier le code]

Certains penseurs dont Howard Zinn[3] pensent qu'il existe deux idées fausses à propos des experts : 1- Les experts seraient plus lucides et plus intelligents que les citoyens ordinaires. Ce n'est pas toujours le cas selon lui. 2- Ces experts seraient dignes de confiance et pourraient agir au nom des citoyens car ils auraient les mêmes intérêts, les mêmes valeurs, les mêmes désirs. Bref, les experts seraient objectifs. Or, la sociologie a démontré que tous les êtres humains sont influencés par leur histoire personnelle, leur groupe social (s'ils sont riches ou pauvres, cela influe sur leur façon de penser), leur sexe, leur couleur de peau, leurs mœurs, etc.

Même lorsqu'il se livre à une observation scientifique, le savant sait que ce qu'il observe sera affecté par son point de vue. Le scientifique allemand Werner Heisenberg devint célèbre grâce à son "principe d'incertitude". Dans son livre de 1959, From Plato to Planck, il écrit qu'en "science on n'a pas affaire à la nature elle-même mais à la science de la nature - c'est-à-dire à la nature qui a été pensée et décrite par l'homme"[4]. Selon Howard Zinn, "s'en remettre aux grands penseurs, aux autorités et aux experts est [...] une atteinte à l'esprit même de la démocratie. Toute démocratie repose sur l'idée que hormis certains détails techniques à propos desquels les experts peuvent être utiles, les décisions importantes pour l'ensemble de la société sont à la portée de n'importe quel citoyen ordinaire." [5].

Types d'expert[modifier | modifier le code]

L'ANPE définit dans son répertoire opérationnel des métiers et des emplois un certain nombre de métiers ayant pour titre « expert », comme « expert / experte en art » ou « expert / experte UNIX ».

Article détaillé : expert judiciaire.

Dans le secteur immobilier[modifier | modifier le code]

Dans ce secteur, il existe deux types d'experts :

  • Les « experts immobiliers » qui sont chargés d'évaluer la valeur des biens, qu'il s'agisse d'une valeur vénale, valeur locative, d'un cout de reconstruction, valeur à la casse, etc. Il s'agit de techniciens combinés du droit (de l'urbanisme, de la construction, fiscal, etc.) et du bâtiment (type de matériaux, etc.), mais il est à noter qu'ils ne sont pas systématiquement agréés auprès des tribunaux[6].
  • Les « experts en diagnostic immobilier », également appelés diagnostiqueurs immobilier, qui analysent le bien pour mesurer sa surface exacte, identifier la présence ou non de plomb, d'amiante, de parasites, mesurer les performances thermiques ou en matière d'isolation sonore, etc. En France, depuis le 1er novembre 2007, pour prétendre exercer, les diagnostiqueurs immobiliers doivent être certifiés par le COFRAC.

D'autres types d'experts peuvent cependant être connexes avec l'immobilier. C'est le cas d'un géomètre-expert ou encore d'un « expert en bâtiment ». Il est différent des experts immobiliers de par le but de sa mission, beaucoup plus orienté sur les problèmes du bien immobilier que sur sa valeur. Il peut cependant avoir à se prononcer sur une valeur générale de l'immeuble, par exemple dans le cadre d'un problème d'assurance où la valeurs des dégâts seraient plus importantes que la valeur vénale du bien.

Dans le secteur comptable[modifier | modifier le code]

Il s'agit de missions légales d'experts comptables.

La plupart des interventions d'un expert, réglementées par le code du travail, sont financées par l'entreprise elle-même :

  • analyse des comptes annuels
  • contrôle de la participation et de l'intéressement
  • procédure d'alerte

Dans le secteur des assurances[modifier | modifier le code]

  • Expert en assurances : il est chargé par les sociétés et mutuelles d'assurances, d'établir le montant du préjudice subi par un assuré aux fins de l'indemniser à sa juste valeur.

Il existe autant d'expert en assurances que de spécialités pour couvrir tous les domaines de la technicité : bijoux et œuvres d'art, mobilier, immobilier, automobile etc...

Lorsqu'au cours de son estimation l'expert en assurance a un doute sur les circonstances du sinistre, il en réfère à son mandant (la société ou la mutuelle) qui mandate alors un inspecteur ou un enquêteur d'assurances, également dénommé "expert-enquêteur".

Son rôle consiste à déterminer les circonstances d'un sinistre qu'il soit automobile, un vol, un incendie ou autre.

L'expert enquêteur ou "enquêteur d'assurances" entendra les parties, recherchera les témoins, tentera de comprendre éventuellement les causes d'un sinistre (par exemple en matière de circulation un dysfonctionnement des feux tricolores, en matière d'incendie la présence de produits inflammables...).

Son rôle, à cheval entre le "détective" et l'expert en assurances" sera primordial pour assurer la défense de l'assuré face à un adversaire de mauvaise foi qui conteste et tente de dégager sa responsabilité.

Il peut donc être amené à conclure sa mission par une fraude ou une tentative de fraude à l'assurance lorsqu'un adversaire (parfois un assuré) utilise de fausses factures, présente de faux préjudices etc...

Le rapport permet alors à la compagnie de dégager la responsabilité de son assuré poursuivi devant les Tribunaux et, dans les cas les plus graves, à déposer une plainte avec constitution de partie civile pour escroquerie ou tentative s'il y est donné une suite pénale.

  • L'expert d'assuré a pour fonction de défendre le client (entreprise ou particulier) face à l'expert d'assurance en cas de sinistre. Il permet aussi à une entreprise ou à un particulier d'évaluer ses biens afin de les assurer, de les vendre ou d'optimiser leur gestion.

Dans les secteurs de la propriété industrielle, intellectuelle, artistique, droits d’auteurs, presse, droit à l’image[modifier | modifier le code]

  • Domaines artistiques, de création, de la communication et de la publicité,
  • Informatique, atteintes aux droits du numérique, sites miroirs, noms de domaines
  • contrefaçon, copies des dessins et modèles, produits et contrefaçons dangereux pour la sécurité et la santé,
  • contrats de licence, droits dérivés, marques, brevets, droits d’auteur, litiges clients-fournisseurs, évaluations diverses, préjudice,
  • traçabilité des réseaux, concurrence déloyale, recherches des filières
  • avis technique et métiers afin de résolution amiable des litiges

Dans le secteur des traductions[modifier | modifier le code]

Il y a aussi des experts traducteurs (ou bien traducteurs experts ou bien traducteur assermentés) et interprètes, qui traduisent des documents officiels (certificats, par exemple)[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie, Agone, collection « Éléments », Marseille, 2010, 550 pages.
  2. Communiqué EFSA du 9 octobre 2007 Lire le communiqué
  3. Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie, Agone, collection "Eléments", Marseille, 2010, p. 10.
  4. Werner Heisenberg, cité par Paul Mattick, "Marxism and the New Physics", in Philosophy of Science, octobre 1962.
  5. Howard Zinn, op. cit., Introduction : "L'idéologie américaine", P. 10 et suiv.
  6. par exemple dans le cadre d'une simple expertise pour le compte d'une banque dans le cadre d'une prise d'hypothèque.
  7. [1]
  8. [2]

Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie, Agone, collection "Elements", Marseille, 2010, 550 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B.Peckels, J.Hureau, "Essai de définition de l'expertise et des experts", Experts, n°78, mars 2008, p.79
  • Dimitri Kitsikis, Le rôle des experts à la Conférence de la Paix, Ottawa, Editions de l'Université d'Ottawa, 1972, 227 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]