Expédition du Challenger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
HMS Challenger

L'expédition du Challenger fut la première grande campagne océanographique mondiale. Elle fut réalisée par une équipe de scientifiques à bord de la corvette britannique HMS Challenger entre décembre 1872 et mai 1876.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lancée par l'Écossais Sir Charles Wyville Thomson (18301882) — de l'Université d'Édimbourg — la Royal Society of London obtint l'usage d'un navire de la Royal Navy, le HMS Challenger, et, entre 1870 et 1872, le modifia pour le travail scientifique, l'équipant de laboratoires séparés pour l'étude de l'histoire naturelle et de la chimie, de cabines supplémentaires pour accueillir les scientifiques et d'une plateforme de dragage et chalutage.

Le navire, commandé par le capitaine George Nares, partit de Portsmouth le 21 décembre 1872. L'expédition était sous la supervision scientifique de Charles Thomson lui-même, aidé de William Benjamin Carpenter (1813-1885)[1] et accompagné de plusieurs scientifiques dont l'Écossais Sir John Murray (1841-1914) et le français Léopold de Folin (1817-1896). Le bateau parcourut plus de 120 000 km à travers les océans Atlantique, Austral, Indien et Pacifique[1], étudiant et explorant. Le but principal était d'étudier les animaux pélagiques (particulièrement représentatifs d'anciens groupes) et enfin de comprendre la circulation des eaux dans les océans[1].

Le résultat fut un rapport, Report Of The Scientific Results of the Exploring Voyage of H.M.S. Challenger during the years 1873-76, but started voyage in 1871 or 1872, qui parmi de nombreuses autres découvertes catalogua 4 000 espèces animales inconnues. John Murray, qui supervisa la publication, décrivit ce rapport comme « la plus grande avancée dans la connaissance de notre planète depuis les célèbres découverts des XVe et XVIe siècles ».

L'expédition du Challenger conduisit aussi à la découverte de nouvelles données sur l'océanographie. Elle ne réussit pas, malgré ce qu'espérait Carpenter, à découvrir les mécanismes de la circulation océanique mais recueillit de nombreuses données sur la température, la salinité et la densité de l'eau de mer durant les trois ans du voyage. William Dittmar (1833-1892), de l'université de Glasgow établit la composition de l'eau de mer. Murray et Alphonse Renard (1842-1903) dressèrent une carte des sédiments océaniques[1].

Elle donna une idée plus précise des fonds sous marin avec les grands bassins océaniques, découvrit la fosse des Mariannes ou prouva l'existence de la dorsale médio-Atlantique. L'expédition découvrit aussi les champs de nodules métalliques[2].

Certains de ses résultats sont dus aux 127 500 km couvert, 492 sondages en mer profonde, 133 dragages, 151 chalutages en pleine mer, 263 séries de relevés de températures de l'eau et environ 4 717 nouvelles espèce de vie marine furent répertoriées dont certaines à plus de 5 500 mètres de profondeur[1].

Trajet[modifier | modifier le code]

Sur les 1 290 jours du voyage, le Challenger fit 727 jours de mer[3] Le navire traversa l'Atlantique via les Canaries vers les Antilles puis remonta jusqu'à Halifax en Nouvelle-Écosse. Il redescendit le long de la cote américaine, retraversa l'Atlantique vers les côtes africaines, repartit vers le Brésil dont il longea la côte puis traversa l'Atlantique Sud vers le Cap. Il descendit ensuite vers les mers australes, s'arrêtant aux îles Crozet et aux îles Kerguelen (1874). Une partie de la toponymie actuelle des Kerguelen sont des noms donnés par l'expédition du Challenger. On y retrouve ainsi une vingtaine de nom de membres de l'équipage du navire. Ce dernier s'aventura ensuite plus au sud dans l'océan Antarctique puis remonta vers la Tasmanie, l'Australie puis la Nouvelle-Zélande. Passant entre l'île du Nord et l'île du sud, il se dirigea ensuite vers les îles Fidji, repartit vers l'ouest, traversa la mer de Corail, le détroit de Torres, l'Indonésie, les Philippines, franchit mer de Chine méridionale pour atteindre Hong Kong. Il repartit vers l'est en longeant la côte nord de Nouvelle-Guinée, remonta vers les îles Mariannes où l'expédition découvrit l'existence de la fosse des Mariannes (un relevé à plus de 8 000 mètres). Le navire prit la direction du Japon. Il fit ensuite un périple dans le Pacifique Nord avant de descendre vers Hawaii et redescendre vers le Pacifique Sud et l'île de Pâques. Il rejoignit la côte chilienne, franchit le Cap Horn, les Malouines avant de rejoindre la côte brésilienne. Il prit alors plein est, traversant la moitié de l'Atlantique sud vers Sainte-Hélène avant de remonter plein nord, jusqu'au côtes de la Guinée puis repartit de nouveau vers le milieu de l'Atlantique Nord avant de revenir vers l'Espagne puis l'Angleterre. Durant ses traversées de l'Atlantique, l'existence d'une chaine élevée au milieu de l'Atlantique est confirmée.

Durant ces 3 années, le navire perdit 10 hommes, ce qui est peu pour un voyage de cette durée à cette époque sur un équipage et passagers de 243 personnes. 61 personnes désertèrent, soit pour rester en Australie (le navire ayant alors servi de transport gratuit), soit lassés par les longues journées monotones en mer de sondages et dragages.

Noms[modifier | modifier le code]

Donnés en l'honneur de l'expédition et du navire :

  • Le Challenger Deep, point océanographique le plus profond jamais mesuré, 10 923 m (mais pas par Challenger), situé dans la fosse des Mariannes.
  • La navette spatiale Challenger a été nommée en l'honneur du HMS Challenger [1].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Challenge sur l'Encyclopédie canadienne
  2. « Nodules polymétalliques » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) sur Quid.fr.
  3. « Expédition Challenger » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) sur Quid.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]