Expédition de la baie d'Hudson (1686)

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Expédition de la baie d'Hudson
Pierre Le Moyne d'Iberville
Pierre Le Moyne d'Iberville
Informations générales
Date 1686
Lieu Baie d'Hudson
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Drapeau de l'Angleterre Royaume d’Angleterre
Commandants
Chevalier de Troyes
Pierre LeMoyne d'Iberville
Capitaine Eames
Capitaine Paxen
Forces en présence
1 navire 3 navires
Pertes
3 navires capturés
Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697)
Batailles
Baie d'Hudson

Baie d'Hudson (1686) · Fort Albany (1re) · Fort Albany (2e) · York Factory · Baie d'Hudson (1697)


Québec et New York
Lachine · Schenectady · Québec · La Prairie · Vallée Mohawk


Nouvelle-Angleterre, Acadie et Terre-Neuve

Dover · Pemaquid (1er) · Salmon Falls · Port Royal · Falmouth · Chedabucto · York · Wells · Oyster River · Baie de Fundy · Pemaquid (2e) · Chignectou · Fort Nashwaak · Terre-Neuve · Haverhill ·
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L’expédition de la baie d'Hudson de 1686 est un conflit opposant la France et l'Angleterre dans la baie d'Hudson. Elle désigne une expéditions menée par la Nouvelle-France contre les postes de traite de la compagnie de la baie d'Hudson dans la partie sud de la baie d'Hudson. Dirigée par Pierre de Troyes, chevalier de Troyes, l'expédition permet de capturer les postes de Moose Factory, Rupert House, Fort Albany ainsi que le Craven, navire de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Le conflit de la baie d'Hudson est un épisode de la guerre de neuf ans entre la France et l'Angleterre, commencée en 1689. Un des lieutenants du chevalier de Troyes, Pierre Le Moyne d'Iberville, entreprit d'autres expéditions qui culminèrent lors de la victoire navale de 1697. Vers la fin de la guerre, la Nouvelle-France contrôlait tous les ports de la compagnie sauf un.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1679, l'explorateur français Pierre-Esprit Radisson et un financier, Charles Aubert de La Chesnaye, se rencontrent à Paris ; ils établissent une compagnie, appelée Compagnie de la Baie du Nord, consacrée à la traite de la fourrure en Amérique du Nord où la compagnie de la baie d'Hudson a déjà réalisé d'importants profits[1]. La première expédition de la Compagnie permet d'établir le site de York Factory. Les profits de la compagnie sont grevés par les taxes des autorités de la Nouvelle-France ; Radisson entre alors au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et mène plusieurs expéditions profitables.

La compagnie du Nord persuade le gouverneur de la Nouvelle-France, Jacques-René de Brisay, Marquis de Denonville, d'organiser une expédition militaire contre les postes de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Il recrute Pierre de Troyes, un soldat français qui rassemble une petite force pour cette expédition. Elle consiste en 30 soldats français, 70 volontaires canadiens et quelques guides indiens[2]. Parmi les Canadiens il y a trois frères, Pierre Le Moyne d'Iberville, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène et Paul Le Moyne de Maricourt, qui seront, plus tard, reconnus pour ces exploits.

À partir de 1686, la Compagnie de la baie d'Hudson a établi plusieurs postes de traite sur les rives de la baie d'Hudson et de la baie James. Moose Factory et Rupert House sont établis sur des rivières qui se jettent dans la baie James. Outre York Factory, localisé à l’embouchure de la rivière Nelson, il existe des postes sur les rivières Albany et Severn qui se jettent dans la baie d'Hudson, à l'ouest. Toutes ces forteresses sont construites en bois et disposent de quelques canons ; Fort Albany est cependant le mieux défendu[3].

L'expédition[modifier | modifier le code]

L'expédition quitte Montréal au mois de mars 1686, et parcourt plus de 800 milles (1 287 km) en 82 jours. La route au nord du Fort Témiscamingue n'a encore jamais été explorée par les hommes blancs[4]. La route va de la rivière Outaouais au lac Témiscamingue et suit ensuite la rivière Abitibi et la rivière Moose. Lorsque l'expédition arrive à Moose Factory, elle y trouve 16 hommes ; la veille, son gouverneur, John Bridgar, s'est embarqué pour Rupert House. Au lever du soleil, les frères Pierre et Jacques Le Moyne mènent les troupes au fort, où ils attachent les trois canons avant d'attaquer la garnison endormie. Pierre Le Moyne réussit à entrer dans la redoute où se trouvent les défenseurs, mais la porte se ferme dernière lui et il doit se battre à l'épée jusqu'à l'ouverture de celle-ci[4]. Après avoir bataillé pendant deux heures, la garnison se rend.

De Troyes laisse ses 40 hommes pour garder le fort et part pour Rupert House, 75 milles (121 km) au nord-est de la baie James. Là encore, il attaque la garnison qui dort, gagne l'accès au fort grâce à une échelle abandonnée contre un des murs[3]. Les hommes de De Troyes s'emparent du vaisseau le Craven, qui a transporté le gouverneur Bridgar à Moose Factory. De Troyes emmène les prisonniers de Moose Factory, et envoie d'Iberville et le Craven, avec ses canons, depuis Rupert House, pour attaquer Fort Albany sur le côté ouest de la baie.

Fort Albany n'est pas visible de la mer, et De Troyes perd du temps à le trouver. Son emplacement est finalement reconnu lorsqu'un des canons du fort tire, ce qui révèle sa position[3]. Les troupes canadiennes et françaises débarquent les canons et les traînent jusqu'au fort. Après un tir sans riposte, les attaquants entendent, « Vive le Roi ! » depuis l'intérieur ; les défenseurs sont dans les cellules du fort[3]. Morton[5] décrit une résistance déterminée.

De Troyes envoie tous les prisonniers de la Compagnie de la Baie d'Hudson sur l'île Charlton, où un navire de la compagnie est susceptible de venir les récupérer. Il laisse d'Iberville avec 40 hommes pour tenir les postes, et retourne à Montréal[6].

Suites[modifier | modifier le code]

D'Iberville, après avoir hiverné dans le nord, retourne à Québec puis en France. Là, lui est donné le commandement du Soleil d'Afrique, avec lequel il retourne à la baie d'Hudson en 1687 pour recouvrer les fourrures saisies lors de l'expédition. Lorsqu'il est au Fort Albany, deux navires anglais arrivent. L'Angleterre et la France étant en paix, les Anglais s'établissent sur une île proche, sans attaquer. À l'inverse, d'Iberville attaque et capture les navires anglais, supérieurs en nombre, dans ce qui est appelé la bataille de Fort Albany[6].

Entretemps, Jacques II et Louis XIV ont négocié un Traité de Paix, une bonne attente, et la neutralité en Amérique pour régler leurs différends dans le conflit de la baie d'Hudson. Cela signifie que chacun peut conserver ses possessions. La France est au courant de l'affaire des forts mais pas l'Angleterre. En 1688, Jacques II est renversé, l'Angleterre et la France entrent en guerre et le traité de paix devint caduc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hudson Bay expedition (1686) » (voir la liste des auteurs)

  1. Newman 1985, p. 102, 111
  2. Newman 1985, p. 115
  3. a, b, c et d Newman 1985, p. 117
  4. a et b Newman 1985, p. 116
  5. Morton, Arthur S., 'A History of the Canadian West'
  6. a et b Newman 1985, p. 118

Source[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter C Newman, Company of Adventurers : The Story of the Hudson's Bay Company, Markham, Viking,‎ 1985 (ISBN 0-670-80379-0)