Expédition Donner

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Le monument de l'expédition Donner au parc d'État Donner Memorial.

L'Expédition Donner (Donner Party en anglais) est le nom donné à un groupe de 81 pionniers américains en route pour la Californie, pendant la « Fièvre de l'Ouest » des années 1840. Bloqués par la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-1847, 36 membres ont péri de famine et de maladie. Certains des survivants auraient recouru au cannibalisme, bien que cet aspect soit à vérifier.

Les chariots partent en mai 1846. Encouragés à essayer une nouvelle route plus rapide à travers l'Utah et le Nevada, ils optent pour prendre le raccourci Hastings (en) proposé par Lansford Hastings (en), qui n'a jamais fait le voyage avec des chariots. Ce raccourci oblige les chariots à traverser les Montagnes Wasatch de l'Utah et le grand désert salé de Salt Lake, ce qui ralentit le convoi et mène à la perte de chariots, de chevaux et de bétail. Prévus pour être dans la Vallée Sacramento avant septembre, ils sont bloqués dans la Sierra Nevada début novembre.

Histoire de l'expédition[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Le noyau de l'expédition était composé des familles Donner et Reed, 87 personnes en tout[1], qui quittèrent Springfield, Illinois en avril 1846, pour la Californie. Ils arrivèrent à Independence, Missouri en mai où ils rejoignirent un plus grand train de chariots qu'ils accompagnèrent jusqu'à la Little Sandy River, dans ce qui devint le Wyoming. À ce point, le groupe se sépara : certains décidant de suivre une nouvelle route, appelée le « raccourci Hastings » d'après son défricheur Lansford Hastings, un nouveau train fut formé. George Donner fut alors élu chef de l'expédition qui portera alors son nom.

Le raccourci Hastings[modifier | modifier le code]

Le groupe continua sa route vers l'ouest, rencontrant énormément de difficultés lors de la traversée des Wasatch et du désert du Grand Lac Salé. Quand ils retrouvèrent finalement la piste vers la Californie, ce « raccourci » leur avait fait perdre trois semaines, retard qui s'allongea encore lors du difficile parcours le long de la rivière Humboldt, dans le Nevada.

Bloqués dans la Sierra Nevada[modifier | modifier le code]

Lorsqu'ils atteignirent la Sierra Nevada, une tempête de neige bloqua la passe. Démoralisés et presque sans réserve, la majorité des émigrants campèrent près d'un lac (désormais nommé Lac Donner), pendant que les familles Donner et quelques autres bivouaquèrent environ dix kilomètres plus loin, à Alder Creek.

Survie et recherche de secours[modifier | modifier le code]

Les émigrants abattirent leurs bœufs, mais il n'y avait pas assez de viande pour nourrir tant de monde pendant bien longtemps. Vers la mi-décembre, quinze des émigrants ainsi pris au piège formèrent une expédition de secours (appelée plus tard expédition Forlorn Hope, « sans espoir ») et partirent sur des raquettes avec l'intention de chercher de l'aide à Fort Sutter, à environ 160 kilomètres. Quand l'un d'eux renonça et dut être abandonné à l'arrière, les autres continuèrent mais, bientôt, ils se perdirent et se retrouvèrent sans vivres. Pris dans le blizzard sans pouvoir s'abriter, quatre autres membres de l'expédition moururent. Les survivants durent recourir au cannibalisme. Trois autres moururent encore et furent également mangés avant que, finalement, presque nus et à deux doigts de la mort, sept des quinze qui étaient partis initialement fussent enfin sauvés : le 18 janvier 1847, ils atteignirent des habitations sur le versant occidental des montagnes.

Secours[modifier | modifier le code]

Les Californiens s'organisèrent pour sauver l'expédition Donner et mirent sur pied quatre expéditions de sauvetage. Quand la première arriva, les sauveteurs constatèrent que 14 des émigrants étaient morts et les autres extrêmement affaiblis. Il ne restait plus de viande et ils avaient survécu en mangeant du cuir bouilli, mais il n'y avait pas eu de cannibalisme. La première expédition de secours se remit en route le 22 février avec 21 réfugiés. Quand le deuxième secours arriva, une semaine plus tard, on constata que certains des 31 émigrants qu'il avait fallu laisser dans les campements avaient commencé à manger les morts. La deuxième expédition prit 17 émigrants avec elle, et la troisième 4. La quatrième expédition ne trouva plus à son arrivée qu'un seul homme vivant. Le dernier membre de l'Expédition Donner arriva au Fort Sutter le 29 avril.

Décompte[modifier | modifier le code]

Des 89 pionniers présents au départ (44 adultes, dont 29 hommes et 15 femmes, et 45 enfants), 41 moururent et 48 survécurent. Les deux-tiers des femmes survécurent, tandis que les deux-tiers des hommes moururent.

Bibliographie, Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Brecht(fr), et Christophe Bec(fr), ont adapté en deux albums l'histoire de cette expédition au format bande dessinée en langue française:Death Mountains / Tome 1 / Mary Graves - Editions Casterman - 2013, Death Mountains / Tome 2 / La Cannibale - Editions Casterman - 2013
  • France Bequette (fr), franco-américaine et petite-fille de Mary Ann Graves, une des femmes faisant partie du convoi, a écrit un récit en langue française : Ma Grand-mère Cannibale - Editions Prisma - 2012
  • Eliza Donner Houghton(en), survivante, a raconté son épopée: The Expedition of the Donner Party And Its Tragic Fate
  • Rodman Philbrick(en) a écrit une recréation romancée: The Journal of Douglas Allen Deeds: The Donner Party Expedition
  • De nombreux auteurs ont publié des enquêtes, études, chronologies, dont George R. Stewart(en): Ordeal by Hunger), édité en français sous le titre Le convoi maudit (1967)
  • Ric Burns(en) fit un documentaire sur cet évènement : The Donner Party
  • Dans Shining de Stanley Kubrick, Jack Torrance - le personnage interprété par Jack Nicholson - évoque l'incident en présence de sa femme et de son fils alors qu'ils sont en route pour l'Hôtel Overlook.
  • Le film Vorace est inspiré de cette histoire.

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Perspectives on the making of America" par Melinda Tims, Ellipses, p. 58