Expédition De Rays

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Carte utopique de la Nouvelle-France proposée par Charles du Breil de Rays
Publicité du marquis de Rays pour la Nouvelle-France, Port-Breton, publiée dans le journal la Nouvelle France en 1879
Archipel Bismarck (province de Nouvelle Irlande), Port Breton se situait près de l'actuelle Kavieng
Côte de Nouvelle-Bretagne (Papouasie-Nouvelle-Guinée) : le mont Tavurvur, Rabaul
Point de départ initial de l'expédition : Le Havre peint par C. Monet en 1872, Impression soleil levant (Musée Marmottan Monet)
Escale de Singapour (le port vers 1870)
Danse Duk-duk, archipel de Bismarck, aquarelle de Joachim Graf Pfeil (Friedrich Vieweg und Sohn) 1899, page 161
Carte postale des danseurs de Nouvelle Irlande (tout début XXe siècle, éd. Sydney)
Masques de Nouvelle-Irlande (Musée ethnologique de Berlin)

Sous la IIIe République (Gouvernement Charles de Freycinet), l’expédition de Rays en Nouvelle-Guinée, est restée tristement célèbre dans le monde entier. Elle est en fait la troisième expédition du marquis de Rays, gentilhomme français qui tente d'établir une colonie libre française en Océanie - en Nouvelle-France.

Pour les Européens, l'époque est encore aux découvertes autour du vaste bassin Pacifique et avant que toutes les terres ne soient annexées par les puissances européennes à ce genre d'établissements. La concurrence entre pays est certaine et si la France vient juste d'obtenir le Royaume de Tahiti, elle est aussi dans l'après défaite de la guerre contre la Prusse. L’île volcanique de Nouvelle-Irlande, dans l’archipel de Papouasie Nouvelle Guinée, qui couvre 9 600 km2 découverte par un explorateur hollandais en 1616 est le théâtre des opérations. D'abord Nova Hibernia en 1767, elle devient avec le début des missions en 1880, Neu Mecklenburg alors que les Prussiens commencent sa colonisation de l'archipel Bismarck. L'Australie en prend le contrôle en 1916 et la rebaptise Nouvelle-Irlande. L’archipel est indépendant depuis 1975.

Le marquis de Rays, empereur d'Océanie[modifier | modifier le code]

Charles-Bonaventure Marie du Breil de Rays nait à Lorient en janvier 1832, il est le fils de Charles Gabriel du Breil, comte de Rays et de Marie-Désirée Prévost son épouse, et le dernier héritier du château de Quimerc'h à Bannalec.

Avant de se lancer dans l'entreprise océanienne, Charles du Breil de Rays est un aventurier voyageant avant 1870 en Amérique, au Sénégal et en Indochine, etc. Chaque fois, il a de nouvelles ambitions et il propose par exemple à Napoléon III un projet de commerce à Madagascar[1]. Des territoires de son projet de colonie en Océanie, il ne connaît que les cartes et les récits des voyageurs tels que William Dampier et Louis Antoine de Bougainville et la tradition familiale est ouverte sur le long cours : le grand-oncle de Charles, Hilarion-du-Breil-de-Rays-Port-Briand fit le tour du monde avec Lapérouse en tant que second sur la Boussole[2].

Ainsi, le marquis a été l'instigateur d'une tentative malheureuse de colonie libre en Océanie. Une importante littérature et les journaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle relatent les épisodes tragiques de l'expédition et le procès qui s'ensuivit dans un contexte politique opposant républicains et royalistes légitimistes, conservateurs cléricaux et progressistes laïques. Le marquis a été condamné en 1884 à Paris pour escroquerie, les charges d'homicides ayant été abandonnées[3].

Après quatre années de prison ferme et 3 000 francs d'amende, Charles du Breil de Rays meurt au manoir de Coataven en Melgven en 1893 (les versions sur sa vie, sa mort et sa culpabilité divergent).

Rêveur dangereux ou escroc, le marquis a en tête de « rendre la gloire à la France » ; l'utopique Nouvelle-France devait inclure la Nouvelle-Irlande et, une grande partie de la Nouvelle-Guinée et des îles Salomon. En 1880, le marquis se donne le titre de Charles 1er, empereur d'Océanie. Après avoir été éleveur, courtier en arachides et colon dans diverses régions du monde, il rentre en Bretagne, quasi ruiné, en 1869. Membre du Parti légitimiste, il rêve d'une colonie tropicale où la fortune serait vite assurée aux investisseurs et aux colons et, qu'il conquerrait au nom de Dieu et de la France. Le choix de l'établissement est d'abord porté sur la baie des Requins, une région inhospitalière d'Australie occidentale où selon la brochure qu'il produit alors « les vastes plaines vides de l'Australie du Nord-Ouest, proche de notre établissement (Port-Breton), n'appartiennent à personne. Aucun gouvernement n'a revendiqué ces vastes terres, partiellement découvertes par la nation française ; aucun sauvage et aucun colon ne cultivent le sol »[4]. L'ambassadeur australien à Paris lui fait prendre pied dans la réalité territoriale. Charles du Breil de Rays déplace alors son projet de colonie à Port-Praslin en Nouvelle-Irlande, baie reconnue et nommée par L.A. de Bougainville (1768) et visitée par L.I. Duperrey (1823) notamment.

Les expéditions[modifier | modifier le code]

Les expéditions du marquis de Rays avaient pour objectif de tenter d'établir une colonie libre en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans une portion de l'archipel Bismarck baptisée pour le projet par le marquis breton de Rays la Nouvelle-France (sans lien avec les territoires de même appellation en Amérique), l'île est désormais connue comme la Nouvelle-Irlande.

Après le terrible échec de l'implantation, le marquis est largement soupçonné d'avoir délibérément induit en erreur les colons potentiels, distribuant une documentation sur une colonie nommé Port-Breton (près de l'actuelle Kavieng) vantant bâtiments publics, routes et riches terres arables.

La colonie libre de Port-Breton n'a pas été la première tentative d'implantation en Nouvelle-Guinée avant son partage en 1884. En 1793, le capitaine Jean Foins de la Compagnie des Indes Orientales installe la Nouvelle Albion, établissement éphémère et semi officiel dans l'Ouest de l'île. En 1828, les Hollandais dispose d'un poste dans la baie des Tritons, abandonné en 1895 après la disparition d'une centaine de fonctionnaires hollandais, de soldats indonésiens et de leurs familles. Plusieurs autres projets d'installation échouent également par la suite.

Les investisseurs[modifier | modifier le code]

Au début de 1879, quelque 3000 personnes ont acheté pour un demi million de francs de terres dans la colonie de Charles du Breil de Rays. Dans le contexte politique anticlérical de l'époque, le marquis recherche le soutien de l'Église catholique romaine et le gouvernement laïque refuse de donner son soutien à la colonie. Lors d'un congrès à Marseille en avril 1879, le marquis détaille son projet : un sol cadastré et des titres de propriété. Chinois, Indiens et Malais fourniraient la main d'oeuvre nécessaire. Les indigènes de Nouvelle-Guinée seraient christianisés par les moines expulsés de la vieille France.

La Société des fermiers généraux de la Nouvelle-France est créée. Tout propriétaire d'actions peut y acquérir, avec un supplément de cinq francs, un hectare de terre productive avec des travailleurs indigènes. La Société des sucreries, distilleurs et exploitation agricole et la Société franco-océanienne de commerce et de navigation destinée au transport entre l'Australie et la Chine et, la Société franco-océanienne des mines de Nouvelle-France pour l'exploitation des gisements de cuivre de la Nouvelle-Irlande complètent l'organisation potentielle de la colonie et l'attraction pour les investisseurs.

En 1884, le quotidien du soir Le Petit Parisien dans un article à charge relate après le procès que le marquis et ses amis offraient « pour cinq francs, un hectare de terrain à la Nouvelle-Irlande, devenue Nouvelle-France » et qu'il « y eut des amateurs en assez grand nombre. C'était en 1878. Au commencement de 1879 une deuxième émission de bons d'achat de terrains à Port-Breton eut lieu ; l'hectare valait alors quinze francs. A la troisième émission, l'hectare valait cinquante francs »[5].

La Nouvelle France, journal marseillais[modifier | modifier le code]

La Nouvelle France. Journal de la colonie libre de Port-Breton et Océanie paraît pour la première fois à Marseille le 15 juillet 1879. Pendant sept ans, le mensuel comptera huit à douze pages vantant les colonies océaniennes et assurant la publicité des souscriptions puis plus tard, la défense du marquis de Rays.

Les illustrations de la revue comme les articles promettent un territoire prêt à l'accueil des colons et porteur de promesses de prospérité.

Le Petit Parisien à nouveau, explique que le marquis « dans le but de faire marcher les diverses émissions, le marquis de Rays avait fondé à Marseille un journal intitulé la Nouvelle France. C'était là-dedans qu'on publiait les boniments. On y parlait de Port-Breton comme de la merveille des merveilles on n'avait qu'à se baisser pour cueillir des pommes de terre et des paillettes d'or; légumes par-ci, minerais précieux par-là, il y avait de quoi tenter l'avidité du "public gobeur" »[5].

Outre l'outil de propagande qu'est la Nouvelle France, ce seront des centaines d'articles qui relateront cette triste aventure et le procès qui suivit.

Les pionniers[modifier | modifier le code]

Les premiers colons partent en janvier 1880 et l'évacuation finale a lieu en février 1882.

Quelque 340 colons essentiellement italiens s'embarquent à bord du navire à voile de l’Inde et quittent de difficiles conditions de vie en Italie, ils naviguent depuis Barcelone en 1880 pour rejoindre la promesse d'une nouvelle terre et d'une nouvelle vie. 123 colons meurent avant d'être secourus par les autorités australiennes[6].

Les affrètements[modifier | modifier le code]

L'expédition se prépare malgré une circulaire ministérielle de Pierre Tirard, ministre de l'Agriculture et du Commerce, qui interdit aux agences d'émigration « d'engager des émigrants à destination de la colonie libre de Port-Breton » et que si cette injonction était contournée, celles-ci seraient passibles de poursuites et « être contraintes de supporter les frais de rapatriement des individus qu'elles auraient engagés »[7].

Charles du Breuil se s'arrête pas à cette injonction : « à l'abri d'un pavillon étranger, nous vous offrons notre propre drapeau, drapeau de la Bretagne, berceau de notre œuvre commune, celui de la France nouvelle ! ». Ainsi le Chandernagor retardé par des tracas administratifs à Marseille, partira du port d'Anvers le 12 août 1879 et sera suivi d'un navire à vapeur en septembre, annonce-t-il[8].

Le Journal du Havre du 26 juillet 1879 dans un article d'Émile Prat annonce le départ du Chandernagor le 25 juillet 1879 pour Anvers et relate les « entraves administratives » et l'absence de « génie colonisateur » de la France, une « réglementation poussée à l'excès (qui) paralyse les forces vives d'une nation ». Les émigrants embarqueront à Anvers et le navire changera de pavillon. En rappelant les opinions légitimistes du marquis de Rays dont il ne faut pas tenir compte, l'auteur salue l'entreprise privée et économique. Le Courrier du Havre du 29 juillet, 1879 publie et critique la circulaire du ministre Tirard et, une lettre de W. Cailleux, capitaine au long cours, qui relate le préjudice tant pour les navigants, les émigrants que les souscripteurs, commerçants industriels[8].

Le voilier Chandernagor embarque soixante-six colons et, arrive à Port-Praslin le 20 janvier 1880 après avoir auparavant débarqué dix-sept colons sur les Îles Laughlan. Le 31 janvier, la communauté se déplace à l'est de Port-Praslin, à Liki-Liki (Metlik) après un violent orage violent.

Le deuxième navire, le vapeur le Génil, atteint la Nouvelle-Irlande fin août 1880 sans colons à bord qui avaient tous déserté à Singapour en protestation aux méthodes disciplinaires du capitaine Gustave Rabardy. Le Génil atteint Port-Praslin avec un équipage de vingt-cinq coolies malais de Singapour mais ne décharge pas sa cargaison jusqu'à l'arrivée du troisième navire, l'India, le 14 octobre qui a à son bord 340 colons italiens dont la moitié sont des femmes et des enfants. Cette expédition mieux organisée pouvait réussir comme le suppose le capitaine du HMS Beagle, qui s'y arrête le 2 novembre et, trouve les colons en bonne santé et déterminés.

L'implantation manquée[modifier | modifier le code]

Colonies prussiennes en 1885

Les comptes-rendus de Bougainville et Duperrey sur lesquels s'appuie Charles du Breil de Rays, évoquent la clémence du climat et la douceur des indigènes. La réalité sera différente avec un taux de précipitations de quelque 5 000 mm par an, l'île Lambom fait barrière au flux de l'alizé du sud-est et l'empêche de balayer la baie. En saison sèche, de septembre à mars, la montagne qui surplombe l'anse concentre les précipitations orographiques. Le sol y est particulièrement ingrat et l'espace plan manque. Les forêts de cocotiers annoncées se transformeront en terres vierges et marécages. Dans une lettre du 5 octobre 1880, le capitaine Rabardy explique que le climat de Liki-Liki est malsain mais que dans une plaine au Nord-Ouest, un établissement serait possible[9].

Un colon belge raconte : « nous arrivâmes à Port-Breton le 15 août 1881, et quelle déception ce fut, notre paradis devint un enfer plutôt qu'une terre promise. Certains passagers étaient si consternés qu'ils pleuraient de désespoir lors de notre entrée dans la rade, on ne vit que la pluie, et quelle pluie. Cette pluie dura quarante-huit heures avant qu'elle ne s'arrête et nous vîmes que nous étions arrivés dans un entonnoir avec si peu de terres arables, pas plus de 50 hectares au bout desquels la colline montait très droit jusqu'au ciel. Nous voyions quelques bâtiments, des taudis, le long du rivage. Un des colons nommé Pitoy était presque fou car il se demandait où se trouvaient les 1800 hectares qu'il avait achetés »[10].

Les registres médicaux de l'époque (Nouvelle-Calédonie) et divers documents anglais font le compte des morts en 1880[11].

Après le procès, dans son pastiche de 1890, Port-Tarascon, Alphonse Daudet reprendra les annonces de la Nouvelle France : « Un climat paradisiaque, une température océanienne, très modérée malgré sa proximité de l’équateur, ne variant que de deux à trois degrés, entre 25 et 28 ; pays très fertile, boisé à miracle et merveilleusement arrosé, s’élevant rapidement à partir de la mer, ce qui permettait à chacun de choisir la hauteur convenant le mieux à son tempérament. Enfin les vivres abondaient, fruits délicieux à tous les arbres, gibiers variés dans les bois et les plaines, innombrables poissons dans les eaux. Au point de vue commerce et navigation, une rade splendide pouvant contenir toute une Flotte, un port de sûreté fermé par des jetées, avec arrière-port, bassin de radoub, quais, débarcadères, phare, sémaphore, grues à vapeur, rien ne manquerait ».

Le sauvetage[modifier | modifier le code]

L'arrivée à Sydney[modifier | modifier le code]

Les navires de l'époque : au centre le HMS Beagle (centre) lors d'un voyage en Australie (aquarelle d'Owen Stanley, 1841)
La rade de Port-de-France (devenue Nouméa en 1866)
Sir Henry Parkes et son ministère
La fin du voyage pour les survivants : le port de Sydney en 1897 peint par Tom Roberts (Art Galery de Nouvelle Galles du Sud)

Le navire India met le cap vers Nouméa alors colonie française pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie. Les colons italiens souhaitent rejoindre Sydney et demandent l'aide du consul britannique. Sir Henry Parkes, le secrétaire colonial de la Nouvelle-Galles du Sud et ils embarquent sur le James Patterson. A l'arrivée à Sydney, il reste 217 colons sur 340. La liste de survivants (James Paterson list) est dressée par les autorités australiennes le 7 (9 ?) avril 1881[12],[13].

La colonie de Nouvelle Italie[modifier | modifier le code]

En 1882, les immigrants italiens fondent finalement la Nouvelle Italie en Nouvelle-Galles du Sud près de Woodburn sur la Richmond river[14]. En 1885, quarante familles sont installées et cultivent le secteur.

Le procès[modifier | modifier le code]

Le procès s'ouvre en 1884 dans un contexte politique tendu. Le comte de Chambord (qui aurait accordé son soutien aux entreprise de de Rays) meurt en 1883. Les Légitimistes sont divisés et la querelle avec les Républicains se poursuit. Par ailleurs, l'explosion du Krakatoa (Indonésie) en 1883 attire sans doute l'attention du public sur les difficultés de colonisation de cette région lointaine et inhospitalière du monde.

Assez ironiquement, le quotidien du soir Le Petit Parisien dans un article intitulé Le Roi de la Nouvelle-France relate que « les portes de la prison de la Conciergerie viennent de s'ouvrir devant le très-noble Charles-Bonaventure du Breil, se disant marquis de Rays, qui a largement mérité, (...), l'honneur de prendre dans une cellule quelconque la place due aux malfaiteurs de haut rang » ; en effet, le marquis présentait « Port-Breton comme un véritable paradis, comme une source de richesses agricoles et minières, il offrait, pour cinq francs, un hectare de terrain à la Nouvelle-Irlande, devenue Nouvelle-France » il a trompé le public : « la colonie, qu'on leur avait annoncée comme une terre fertile, n'était qu'un rocher inculte et inhabitable. Alors, il y eut des scènes terribles ! Les Infortunés, ainsi transportés de leur patrie dans une île aride et déserte, se livrèrent au plus profond désespoir. Les uns moururent de faim d'autres, qui cherchaient un coin où ils auraient pu s'établir, tombèrent au milieu d'une bande de sauvages qui les tirent prisonniers, ils furent tous mangés »[5].

Le marquis a été condamné en 1884 à Paris pour escroquerie, à quatre années de prison ferme et 3 000 francs d'amende ; les charges d'homicides ayant été abandonnées. Douze prévenus, notaires, marins, etc. se trouvent ainsi relaxés, condamnés ou en fuite. Les versions anglaises, australiennes et hollandaises de l'affaire sont totalement à charge[3].

Le marquis fait appel du jugement de la Huitième chambre correctionnelle. Maître Louchet est l'avocat du marquis de Rays. Le 14 mai 1884, la Cour accepte et examine les comptes dont l'examen avait été refusé en première instance et prononce que « le marquis de Rays a tout payé » ; effectivement, il est totalement ruiné. Le verdict est le rejet en pourvoi du marquis.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Daudet s'inspirera de cette très malheureuse affaire au retentissement mondial pour le dernier épisode des aventures de Tartarin de Tarascon dans un court roman intitulé Port-Tarascon (1890). Tartarin à l'arrivée dans la colonie promise est bien embarrassé « pour si farceur qu’on soit, on n’escamote pas une ville, un port, des bassins de carénage ». En effet, « à la longue-vue, on apercevait bien sur la côte quelque chose comme une baraque ; mais les récifs de coraux ne permettaient pas au navire d’approcher davantage, et, à cette distance, tout se perdait dans le vert noir des feuillages »[15]...
  • Jean Lucas-Dubreton, L'Eden du Pacifique (1929). Ed. NRF Gallimard, coll. Les histoires extraordinaires.
  • Daniel Raphalen publie en 1986, L'Odyssée de Port-Breton, le rêve océanien du Marquis de Rays. Les gazettes de 1877 publient une annonce de Monsieur du Breil de Rays, consul de Bolivie, château de Ouimerc'h en Bannalec (Finistère) à propos d'une première souscription pour des terres à 5 francs l'hectare dans la colonie libre de Port-Breton. En trois ans, depuis son agence espagnole, il expédie quatre navires et plus de six cents colons en terre tropicale inhospitalière de Papouasie. L'échec dramatique des colons français, belges, italiens, espagnols et allemands vaut au marquis un procès et une condamnation alors que la presse et l'opinion publique se passionnent pour cette aventure.
  • Jean-Michel Barrault, dans son roman Port-Eden (2013), raconte une expédition de colonisation en Nouvelle-Guinée en 1879 à l'instigation du marquis de Rays. L'auteur reprend la même folle entreprise océanienne qu'il fait raconter par son héros, un jeune reporter au Républicain, Corentin Bonaventure, embarqué avec les colons sur le vapeur Stella Maris et qui connaîtront déceptions, climat difficile, fièvres et malnutrition, conflits avant d'être pour quelques rares survivants secourus successivement par les Papous, les missionnaires anglo-saxons puis des marins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. de Valamont, 1889 [1], page 9
  2. P. de Valamont, 1889 [2], page 8
  3. a et b George Brown, 1908 - A pioneer-missionary and explorer, an autobiograpgy. Hodder and Stoughton, London & Y. Cocoual, Charles-Bonaventure-Marie du Breil marquis de Rays et l'affaire de Port-Breton, colonie libre de la Nouvelle-France in Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient [3]
  4. A.W du Prel, 1996 - Tahiti-Pacifique magazine 59, mars 1996 [4]
  5. a, b et c Gallica, BNF, Le Petit Parisien, 1884 : Le Roi de la Nouvelle-France
  6. George Brown, 1908 - A pioneer-missionary and explorer, an autobiograpgy. Hodder and Stoughton, London, p. 353- 366 in Y. Cocoual, Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient [5]
  7. Gallica, BNF, Colonie libre de Port-Breton : [au sujet de la circulaire ministérielle interdisant aux agences d'émigration d'engager des émigrants à destination de ladite colonie, 1879/ signé : Ch. du Breil, marquis de Rays [6]
  8. a et b Gallica, BNF, Colonie libre de Port-Breton [7]
  9. P. de Valamont, 1889 [8], page 44
  10. Cité par A.W. du Prel, 1996 - Tahiti-Pacifique magazine 59, mars 1996 [9]
  11. Liste des Italiens morts en Nouvelle Irlande [10]
  12. James Paterson list [11]
  13. [12]
  14. Histoire de la Nouvelle Italie [13]
  15. Livres en ligne : Alphonse Daudet, 1890 - Port-Tartarin [14]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. van der Laat, La colonie libre de Port-Breton, Océanie. Louvain, Ch. Peeters, imprimeur-libraire, 1880
  • P. de Groote, Nouvelle colonie libre de Port-Breton (Océanie), OEuvre de Colonisation agricole, chrétienne et libre, de Monsieur Charles du Breil, marquis de Rays, Société générale de librairie catholique, Paris, Bruxelles, 1880
  • Consulat général de Bruxelles, Belgique, Dotation temporelle et perpétuelle des missions de la Nouvelle-France rétablies dans le vicariat de la Mélanésie et de la Micronésie. Bruxelles, Consulat général, 1881, 3 p.
  • A. Baudouin, L’aventure du Port-Breton et la Colonie libre dite Nouvelle France, Souvenirs personnels et documents (Médecin de la quatrième expédition), Maurice Dreyfous Editeur, Paris, 1882
  • Charles du Breil, Le procès du Marquis de Rays : une tentative de colonie chrétienne devant la justice Française : les plaidoiries. Typographie Blanc et Bernard, Marseille, 1884, 192 p.
  • M.H. Vermont, Le Procès de Marquis de Rays. Marseille, 1884
  • P. de Valamont, La vérité sur la colonie de Port-Breton et sur le Marquis de Rays. Extrait de la sténographie du jugement du Marquis de Rays et du journal « la Nouvelle France », Impr. de Lafare frères, Nîmes, 1889 in Gallica, BNF [15]
  • Frederick Chudleigh Clifford, New Italy : a brief sketch of a new and thriving colony, founded and established by the Italian immigrants who were sufferers by the Marquis de Ray's New Ireland colonization scheme. Sydney, C. Potter, Govt. Printer, 1889, 30 p.
  • Alphonse Daudet, Port-Tartarin. Dernières aventures de l'illustre Tartarin. Dentu, Paris, 1890, 392 p. (plusieurs éditions en 1930 dont Ed. Ernest Flammarion, Paris)
  • Marc de Villiers du Terrage (baron), Conquistadors et roitelets, Rois sans couronne, du roi des Canaries à l’empereur du Sahara, Perrin et Cie, Paris, 1906, pages 373-395
  • George Brown, An Autobiography, Hodder and Stoughton, London, 1908, 353-370 : récit du sauvetage des colons du marquis de Rays, entre le 31 mars 1880 et le 7 avril 1881
  • Breil de Pontbriand (vicomte du), Vertu de nos pères, Champion Éditeur, 1913
  • J. Lucas-Dubreton, L'Eden du Pacifique. Gallimard, NRF, Coll. Les Histoires extraordinaires, Paris, 1929, 164 p.
  • A. Dupeyrat, Papouasie : Histoire de la Mission, 1885-1935. Paris, 1935
  • Josephine Hyacinthe Niau, The phantom paradise : the story of the expedition of the Marquis de Rays. Sydney, Halstead Printing Company, 1936
  • Prime Minister's Dept, Commonwealth of Australia, Official Handbook of the Territory of New Guinea. Canberra, 1937
  • Hugh Laracy, Rays, Marquis de (1832–1893). Australian Dictionary of Biography, 6, MUP, 1976 [16]
  • Yves Cocoual, Charles-Bonaventure-Marie du Breil marquis de Rays et L'affaire de Port-Breton, Colonie libre de la Nouvelle-France in Société d’Archéologie et d’Histoire du Pays de Lorient [17]
  • Daniel Floch, Port-Breton, la colonie tragique. Ed. Ouest-France, 1987
  • Daniel Raphalen, L'Odyssée de Port-Breton : le rêve océanien du Marquis de Rays, éditions Les Portes du Large, coll. Bretons à travers le monde,‎ 2006, 288 p. (ISBN 2914612028) ; première édition : Imprimerie régionale, Bannalec, 1986
  • Jean-Michel Barrault, Port-Eden, Ed. Arthaud, Paris, 2013, ISBN 2081292505
  • Diamond, Jared, Guns, Germs and Steel: the Fate of Human Societies
  • M. L.I. Duperrey, Voyage autour du monde exécuté par ordre du roi, sur la corvette de Sa Majesté, La Coquille, pendant les années 1822, 1823, 1824 et 1825, sous le ministère et conformément aux instructions de S.E.M. le Marquis de Clermont-Tonnerre… et publié sous les auspices de son Excellence Mgr le Cte de Chabrol …', 8 volumes in 4° et 5 volumes in-folio, Paris, Ed. Arthus-Bertrand, 1826-1830 (Imprimerie Firmin Didot)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • La Nouvelle France bibliothèque numérique Gallica [18]
  • National Library of Neew Zealand, Alexander Turnbull Library, trois illustration de New Ireland [19]
  • The Marquis de Ray's colonizing expedition in The Sydney Morning Herald (NSW : 1842 - 1954), Jeudi 9 septembre 1880, page 8 [20]
  • The collapse of the Marquis de Ray's colonizing expedition, in The Brisbane Courier (Qld. : 1864 - 1933), Lundi 28 mars 1881, page 3 [21]
  • The Marquis de Rays' Sentence in Star, 03 January 1884. Alexander Turnbull Library, Wellington, New Zealand [22]
  • Marquis de Ray in Evening Post, 31 May 1929. Alexander Turnbull Library, Wellington, New Zealand [23]
  • The Marquis de Rays in Inangahua Times, 01 February 1884. Alexander Turnbull Library, Wellington, New Zealand [24]
  • Arrest of Marquis de Ray in Grey River Argus, 02 February 1883. Alexander Turnbull Library, Wellington, New Zealand [25]
  • L'Impartial, jeudi 14 juin 1883, n°756 - L'affaire de Port Breton : pdf [26]
  • Alex W. du Prel, 1996 - Charles 1er, empereur d'Océanie. Folie et escroquerie aux antipodes in Tahiti-Pacifique magazine 59, mars 1996 [27]
  • History and Passenger Lists of the Marquis de Ray Expedition to New Ireland in 1880 in Family History and Genealogy Research and Data [28]
  • Stone grinding wheel from Marquis de Rays' doomed New Ireland settlement Rabaul, New Britain (meule de la colonie de Port Breton) [29]
  • New Italy [30]
  • A Tourism Guide to Papua New Guinea, New Ireland province [31]