Expulsion des Allemands d'Europe de l'Est

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L’expulsion des Allemands d'Europe de l'Est désigne le transfert des populations allemandes vers l'Allemagne et l'Autriche actuelles. Ce mouvement de population commença à la fin de la seconde Guerre mondiale. Les déplacements de populations dont traite cet article se répartissent en trois vagues qui se sont partiellement chevauchées. La première correspond à la fuite spontanée ou à l'évacuation plus ou moins organisée des populations effrayées par l'avancée de l'Armée rouge de la mi-1944 au début 1945. La seconde phase correspond à des expulsions locales, immédiatement après la défaite de la Wehrmacht. Les expulsions systématiquement organisées ont eu lieu après les accords de Potsdam signés le 2 août 1945 par Staline, Attlee et Truman et qui permirent l'expulsion des populations allemandes considérées comme une menace pour la stabilité future de l'Europe.

Les expulsions eurent principalement lieu en Pologne (7 millions de personnes) et en Tchécoslovaquie (3 millions de personnes) mais touchèrent la plupart des pays d'Europe centrale et orientale. Ces déplacements touchèrent entre 12 et 16 millions de personnes. Ce fut l'un des plus grands transferts de populations parmi ceux qui eurent lieu à la fin de la guerre et probablement de toute l'histoire contemporaine[réf. nécessaire]. Cet exode a été qualifié de différentes manières : déplacements de population, nettoyage ethnique, démocide voire de génocide[réf. nécessaire]. Au moins 500 000 civils sont morts lors de ces transferts des suites de mauvais traitements, de maladies et de privations. Les expulsions se terminèrent au début des années 1950 et à ce moment il ne restait plus que 12 % des populations allemandes d'avant-guerre dans ces territoires.

Cet événement de l'histoire, qui, à quelques exceptions près (Saxons de Transylvanie) a mis fin à mille ans de colonisation allemande vers l'Est, reste encore mal connu y compris en Allemagne même, car les atrocités nazies et la Shoah ont longtemps occulté les souffrances des populations allemandes ; sur le plan diplomatique, il a longtemps « pollué » les relations entre l'Allemagne et ses voisins, jusqu'à ce que divers traités aient, après 1990, fini par en régler les séquelles.

Sommaire

Populations allemandes d'Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Volksdeutsche.

Les migrations qui eurent lieu entre le Xe et XXe siècles ont mené à la création de zones de peuplement allemandes à l'est de l'Europe jusqu'en Russie. À partir du XVIe siècle, la Poméranie, la Prusse, la région des Sudètes, la Bessarabie, la Galicie, le Sud-Tyrol, la Carniole et la Basse-Styrie possédaient de nombreuses villes et villages à majorité allemande. À partir du XIXe siècle, chaque ville moyenne d'Europe centrale possédait un quartier allemand et un quartier juif.

Régions de langue allemande vers 1925, sans les Germano-Baltes, les Allemands de la Volga ni les anciennes colonies d'outre-mer

La montée du nationalisme en Europe à partir du milieu du XIXe siècle a répandu le concept de « peuple » dont les membres sont liés au delà de la race, de la religion, de la langue et de la culture et qui ont le droit de créer leur propre État. Dans ces circonstances, de nombreuses situations pouvaient mener à un conflit :

  • lorsqu'une nation réclamait des droits territoriaux à l'extérieur de ses frontières sur la base d'un lien commun avec les populations vivant sur ce territoire ;
  • lorsqu'un groupe ethnique majoritaire ou non souhaitait faire sécession d'un État pour former une nation indépendante ou pour en rejoindre une autre avec laquelle il possédait des liens ;
  • lorsqu'une nation souhaitait expulser les populations qui ne partageaient pas de liens avec elle.

Revendications territoriales des nationalistes allemands[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, il existait des populations allemandes jusque dans le Caucase et le long de la Volga. Après la guerre, les pertes territoriales de l'Allemagne, la désintégration de l'Autriche-Hongrie et la montée du communisme en Union soviétique signifiaient que de nombreux allemands se trouvaient en minorité dans les nouveaux États.

Les nationalistes allemands utilisèrent l'existence de larges minorités allemandes dans les pays voisins comme base pour leurs revendications territoriales. La propagande nazie contre la Tchécoslovaquie et la Pologne prétendait que les allemands (Volksdeutsche) de ces territoires étaient persécutés. Hitler utilisa ces prétextes pour mener une politique agressive envers ses voisins.

Les nazis négocièrent des transferts de population avec Joseph Staline et Benito Mussolini pour que les pays puissent accroître leur « homogénéité ethnique ». Cependant, ces transfert n'étaient pas suffisants pour apaiser les nazis.

Soutien des populations allemandes à l'invasion nazie[modifier | modifier le code]

Comme l'Allemagne annexait la Tchécoslovaquie puis la Pologne et d'autres nations européennes, certains membres des minorités allemandes aidèrent les forces d'invasion et l'occupation qui suivit. Ces actes provoqueront l'inimité des autres populations et seront ensuite utilisés pour justifier les expulsions de l'après-guerre.

Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

Les populations allemandes de Tchécoslovaquie se trouvaient principalement dans la région des Sudètes à la frontière avec l'Allemagne. Ces Allemands habitaient la région depuis le Moyen Âge et représentaient un quart de la population totale. La région des Sudètes était également la principale zone industrielle du pays. D'après la constitution de 1920, les droits de la minorité allemande et sa culture étaient protégés en fonction de la proportion d'Allemands dans la population. L'opposition entre les Allemands et les Tchèques est latente tout au long des années 1920. Cependant, pour des raisons de sécurité, les territoires frontaliers furent expropriés et les soldats tchèques furent stationnés dans des zones uniquement habitées par des Sudètes. De plus, les Allemands souffrirent plus de la Grande Dépression du fait de la dépendance de leur économie avec l'Allemagne.

Les sentiments nationalistes jouèrent un rôle important dans leur politique durant les premières années de la république et les partis allemands pratiquaient couramment l'obstruction parlementaire. En 1926, le Chancelier allemand Gustav Stresemann conseilla aux sudètes de coopérer avec le gouvernement de Prague. Par conséquent, la plupart des partis acceptèrent de participer à la vie politique et ils acceptèrent des postes de ministres. En 1929, seul un petit nombre de députés des sudètes, la plupart membres du Parti nazi des sudètes restaient dans l'opposition.

La région des Sudètes (zones en noir) peuplée par des populations allemandes en Bohême et en Moravie au début du XXe siècle.

Le 1er octobre 1933, Konrad Henlein créa une nouvelle organisation politique, le Front patriotique des Sudètes qui déclarait sa loyauté à l'état tchécoslovaque mais souhaitait une large décentralisation. Il absorba la plupart des partis nationalistes dont le parti nazi. En 1935, il devint le Parti allemand des Sudètes (Sudetendeutsche Partei, SdP) et commença une campagne de propagande active. Aux élections de mai, il reçut 60 % des suffrages allemands aux dépens des chrétiens-sociaux et des sociaux-démocrates qui perdirent la moitié de leurs représentants.

Le SdP devint le pivot des forces nationalistes. Le parti se présentait comme œuvrant pour un règlement équitable des revendications allemande des Sudètes, dans le cadre de la démocratie tchécoslovaque. Heilein maintint cependant des contacts secrets avec l'Allemagne nazie et reçut une aide financière de Berlin. Le SdP souscrit à l'idée d'un führer et adopta les méthodes nazies avec des bannières, des slogans et des partisans en uniforme. Les concessions offertes par le gouvernement comme une plus grande décentralisation et la participation du SdP au gouvernement furent refusées. En 1937, la plupart des dirigeants du SdP soutenaient les objectifs pangermanistes d'Hitler[1].

À partir de 1938, Heilein suivit les instructions d'Hitler en soumettant des demandes inacceptables au gouvernement tchécoslovaque comme l'autonomie complète. Des altercations entre des paramilitaires du SdP et l'armée déployée dans la région aggravèrent les troubles dans le but de justifier une intervention militaire allemande. Finalement la France et le Royaume-Uni forcèrent la Tchécoslovaquie à accepter les revendications allemandes et à signer les accords de Munich le 29 septembre 1938. Le 15 mars 1939, l'Allemagne annexe ce qui reste de la Tchéquie et crée le Protectorat de Bohême-Moravie. L'occupation allemande reste relativement douce jusqu'en 1941 mais les objectifs de destruction de la culture tchèque sont clairement affichés.

Pologne[modifier | modifier le code]

À la suite de la Première Guerre mondiale, la Pologne a reçu des territoires autrefois occupés par l'Allemagne. Lors du recensement de 1931, il y avait moins de 3 % d'Allemands dans la population totale. Cependant dans les territoires frontaliers du corridor de Dantzig, la proportion atteignait 20 % et la ville de Dantzig abritait 96 % d'Allemands. Les activistes des groupes Deutscher Volksverband et Jungdeutscher Partei s'opposaient à toute forme de coexistence avec l'État polonais allant jusqu'à condamner les Allemands parlant polonais ou ayant des contacts avec la culture polonaise.

Les historiens estiment cependant que seuls 25 % des Allemands de Pologne appartenaient à des organisations qui soutenaient l'invasion allemande. Le Selbstschutz (auto-défense) et les organisations nationalistes allemandes créées en Pologne prirent une part active dans les actions (sabotage, etc.) qui visaient la population polonaise. Le Selbstschutz participa en particulier à l'élimination de l'élite polonaise dans le cadre de l'opération Tannenberg qui fit près de 60 000 morts. Cette organisation aurait compté jusqu'à 80 000 militants soit 10 % des Allemands polonais[2].

Transferts de population entre les nazis et les Soviétiques[modifier | modifier le code]

L'évacuation des Allemands de Bessarabie en août 1940, conformément au pacte Hitler-Staline, après l'annexion de la Bessarabie par l'URSS.

Les populations allemandes habitant les territoires occupés par l'Union soviétique en 1939-1940 à la suite du Pacte germano-soviétique comme la Bessarabie ou les Pays baltes furent transférées en Allemagne et en Pologne occupée. La majorité des Germano-Baltes fut transférée avant l'occupation soviétique des États baltes. Ces Volksdeutsche furent réinstallés en Pologne sur des territoires dont les populations polonaises avaient été expulsées (lire à ce sujet l'article Generalplan Ost au paragraphe traitant du Reichsgau Wartheland.)

Évacuation et fuite[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, des populations allemandes furent installées sur les territoires de l'est dans le cadre du Lebensraum. Cependant les défaites successives de la Wehrmacht ont amené l'Armée rouge aux portes de l'Allemagne. Les plans d'évacuation des populations allemandes des territoires d'Europe de l'est furent préparés par les autorités nazies à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, dans de nombreuses zones, l'évacuation fut retardée jusqu'au dernier moment, lorsqu'il fut trop tard pour la réaliser de manière ordonnée. Le gros des évacuations commença en janvier 1945 lorsque les troupes soviétiques approchèrent de la Pologne occupée.

Politiques d'évacuations allemandes[modifier | modifier le code]

Les plans d'évacuation avaient été préparés par les autorités nazies mais beaucoup furent retardés jusqu'à ce que l'Armée rouge entre dans ces territoires ou furent tout simplement annulés par les autorités nazies. En dépit des avancées rapides de l'armée soviétique, les autorités allemandes interdisaient souvent aux habitants de quitter leurs habitations sans permis ou raison officielle valide. Des millions d'Allemands furent donc bloqués dans ces zones du fait des mesures draconiennes prises par les nazis pour lutter contre les attitudes « défaitistes » (comme suggérer l'évacuation) et du fanatisme des fonctionnaires appliquant à la lettre les ordres interdisant la retraite. Lorsque les autorités permirent aux populations d'évacuer, il n'y avait généralement plus de moyens de transport et les populations devaient fuir à pied. Dans le cadre des marches de la mort, des dizaines de milliers de déportés de camps de concentration et de prisonniers de guerre durent évacuer dans des conditions inhumaines.

Atrocités de l'Armée rouge et propagande nazie[modifier | modifier le code]

Affiches posées dans les rues de Dantzig en février 1945 avertissant les soldats que s'enfuir avec les civils serait considéré comme de la désertion.

Lors de leur avancée, les soldats de l'Armée rouge commirent de nombreuses atrocités dont des viols, des meurtres et des pillages[3]. La propagande soviétique (Ilya Ehrenbourg) encourageait une attitude violente et vengeresse à l'encontre des Allemands. Il ne faut cependant pas oublier que le Front de l'Est a causé la mort de plus de 26 millions de Soviétiques dont près de 15 millions étaient des civils victimes de l'occupation allemande ce qui semble expliquer l'attitude agressive des soldats soviétiques envers les civils allemands. Les officiers comme Lev Kopelev qui s'opposèrent à ces exactions furent condamnés pour manque de combativité et condamné au goulag.

De son côté, la propagande nazie publiait largement les descriptions des atrocités soviétiques, comme le massacre de Nemmersdorf, pour donner aux soldats des raisons de continuer le combat, et occulter toute possibilité de reddition. Cependant, cela provoqua la panique de milliers de civils qui fuirent vers l'ouest en 1945 à la recherche de territoires plus sûrs à l'intérieur de l'Allemagne[3]. Dans cette panique, beaucoup d'Allemands choisirent le suicide, comme les 900 civils de la ville poméranienne de Demmin[4] (sur une population de 16 000 à 17 000 habitants). Les civils qui fuyaient étaient souvent victimes d'atrocités lorsqu'ils étaient rattrapés par l'Armée rouge[5].

Russie[modifier | modifier le code]

Les Allemands de la Mer Noire furent les premiers évacués en 1943, vers la Grande-Pologne et l'Allemagne[6].

Slovaquie[modifier | modifier le code]

Entre 70 000 et 120 000 Allemands furent évacués pendant l'hiver 1944-1945[7].

Prusse-Orientale[modifier | modifier le code]

Réfugiés de Prusse-Orientale

La Prusse-Orientale était un territoire allemand séparé du reste de l'Allemagne par le corridor de Dantzig dont la population avait choisi à une écrasante majorité de rester sous contrôle allemand et non polonais. À la suite de l'occupation de la Pologne, le reichsgau de Prusse-Orientale acquit des territoires purement polonais jusqu'à Varsovie.

L'évacuation de la Prusse-Orientale eut lieu entre le 20 janvier et mars 1945. Cette évacuation qui avait été retardée pendant de longs mois, fut initiée à la suite des avancées de l'Armée rouge dans le cadre de la campagne de Prusse-Orientale. Elle concernait les civils mais également les industries et le bétail[8].

Initialement, le Gauleiter de Prusse-Orientale, Erich Koch refusa l'évacuation de civils (jusqu'au 20 janvier 1945) et ordonna l'exécution de tous ceux qui voulait fuir sans autorisation. Toute tentative de préparation de l'évacuation faite par les civils était considérée comme une action défaitiste visant à saper le moral des troupes. Cela n'empêcha pas Koch et d'autres dignitaires nazis d'être parmi les premiers à fuir l'avancée soviétique. Cependant, des millions de réfugiés s'enfuirent durant l'hiver 1945. Ces réfugiés étaient principalement des femmes et des enfants qui faisaient route vers l'Allemagne de l'Ouest jugée plus sûre. Comme tous les véhicules à moteur avaient été réquisitionnés par la Wehrmacht, les réfugiés utilisaient des chariots pour transporter leurs biens. Lorsque l'Armée rouge atteignit la mer Baltique à Elbing le 23 janvier, elle coupa la route terrestre entre la Prusse-Orientale et le reste de l'Allemagne[9]. Le seul moyen de s'échapper était de traverser la lagune de la Vistule gelée pour rejoindre les ports Dantzig et Gdingen et être évacué par mer dans le cadre de l'opération Hannibal. Mélangés aux troupes allemandes se repliant et ne disposant d'aucun camouflage, les réfugiés étaient constamment bombardés par l'aviation soviétique et la glace cédait souvent sous le poids des chariots.

Volkssturm en Prusse-Orientale

Tous les hommes compris entre 16 et 60 ans furent incorporés dans les unités de Volkssturm. Sans armement lourd et souvent sans entraînement militaire, ces unités étaient envoyées à l'abattoir face aux troupes soviétiques[10]. De nombreux membres de ces formations s'échappèrent malgré les risques qu'ils encouraient pour tenter de survivre. Les trains de réfugiés étaient également bondés et les très basses températures firent de nombreuses victimes. Le dernier train de réfugiés quitta Kœnigsberg le 22 janvier 1945[11].

L'écrivain militaire Antony Beevor écrivit dans Berlin the Downfall[12] :

Martin Bormann, le Reichsleiter du parti nazi, dont les Gauleiters avaient pour la plupart stoppé l'évacuation des civils jusqu'à ce qu'il fût trop tard, ne mentionna jamais dans ses carnets ceux qui s'enfuirent paniqués des régions orientales. L'incompétence avec laquelle la crise des réfugiés fut gérée est effrayante même si dans la cas de la hiérarchie nazie, il est souvent difficile de dire où finit l'irresponsabilité et où commence l'inhumanité.

Opération Hannibal[modifier | modifier le code]

Article principal : Opération Hannibal.
Réfugiés sur un navire près de Pillau

L'opération Hannibal fut une opération militaire lancée le 21 janvier 1945 sur les ordres de l'amiral Karl Dönitz destinée à rapatrier les troupes et les civils de Prusse-Orientale. Le flux de réfugiés transforma l'opération en l'une des plus grandes opérations d'évacuation d'urgence par mer de l'histoire. Durant 15 semaines, plus de 900 000 civils et 350 000 soldats[13] furent transférés à travers la mer Baltique à destination de l'Allemagne et du Danemark. Entre 494 et 1 080 navires de toutes tailles furent utilisés dont les plus grandes unités navales de la Kriegsmarine[14]. Cette évacuation fut l'une des réussites les plus significatives de la flotte de guerre allemande[15].

Les plus grands désastres maritimes civils de cette période eurent lieu lors de cette opération. Le paquebot Wilhelm Gustloff fut touché par trois torpilles tirées par le sous-marin soviétique S-13 dans la nuit du 30 janvier 1945 et coula en moins de 45 minutes. Le nombre de morts varie selon les sources de 5 300[16] à 7 000[17],[18] ou 7 400 voire 9 400[19]. Les 949 survivants[20] furent secourus par des navires de la Kriegsmarine menés par le croiseur Admiral Hipper[18]. Le 14 février, le Steuben fut coulé par le même sous-marin alors qu'il quittait le port de Pillau. Près de 2 000 passagers moururent[21]. Le Goya coulé le 16 avril emporta 6 000 passagers.

Königsberg[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de Königsberg.

Le 24 janvier 1945, le troisième front biélorusse mené par le général Tcherniakhovski, encercla la capitale de la Prusse-Orientale, Königsberg. La Troisième Armée de Panzer et environ 200 000 civils furent piégés dans la ville[22]. En réponse, le général Georg-Hans Reinhardt, commandant du Groupe d'armées Centre avertit Hitler de la menace soviétique mais le Führer refusa d'ordonner le repli. Du fait de l'avancée rapide du deuxième front biélorusse de Constantin Rokossovski, les autorités allemandes de Königsberg décidèrent d'envoyer des trains remplis de réfugiés vers Allenstein sans savoir que la ville était déjà prise par les soviétiques[23].

Durant l'assaut soviétique, le cordon littoral de la presqu'île de la Vistule devint la dernière voie d'évacuation vers l'ouest. Cependant, les civils qui tentaient de s'échapper par le cordon étaient souvent interceptés et tués par les patrouilles soviétiques[24]. Environ 2 000 civils quittaient la ville chaque jour pour rejoindre la ville déjà bondée de Pillau. L'assaut final commença le 2 avril avec un bombardement de la ville. La route terrestre vers Pillau fut une nouvelle fois endommagée et de nombreux civils furent tués. La garnison allemande se rendit finalement le 9 avril et Beevor écrivit « les viols des femmes et des jeunes filles eurent lieu de manière incontrôlée dans la ville en ruine[25]. »

Finalement, seuls 800 000 des 2 490 000 habitants d'avant-guerre restèrent en Prusse-Orientale[26].

Poméranie[modifier | modifier le code]

L'évacuation de la Poméranie, également retardée, fut compliquée par l'afflux massif des réfugiés de Prusse-Orientale. À la fin de février 1945, le parti nazi ordonna la suspension de l'évacuation[27]. Les routes d'évacuations furent donc rapidement bloquées par les forces soviétiques. La ville de Kolberg, le principal port de la poche fut déclaré « forteresse » et devint la principale base d'évacuation maritime de Poméranie orientale. Les Allemands évacués étaient transférés en Allemagne à l'ouest de l'Oder ou au Danemark, où des camps d'internement furent mis en place par les Danois après la guerre[28]. Près de 2,2 millions de personnes furent évacués par cette voie

Silésie[modifier | modifier le code]

Réfugiés de Haute-Silésie, janvier 1945

L'évacuation des 4,7 millions d'habitants de Silésie commença le 19 janvier 1945. Les premiers ordres concernaient les personnes âgées, les femmes et les enfants de Haute-Silésie.

Une grande partie de la population de Basse-Silésie fut évacuée en traversant l'Oder vers la Saxe ou la Bohême. Cependant, de nombreux Silésiens ignorèrent les ordres d'évacuation, croyant que leur connaissance du polonais et leur origine polonaise pourrait leur épargner les horreurs craintes par les Allemands[29].

En février 1945, l'Armée rouge approcha de la ville de Breslau. Le Gauleiter Karl Hanke déclara que la ville serait défendue jusqu'au dernier homme et par conséquent l'évacuation fut stoppée. Lorsqu'il autorisa la reprise des évacuations, il était presque trop tard et durant les évacuations mal organisées du début mars 1945, 18 000 personnes moururent de froid.

Au total, entre 6[30] et 8.35[31] millions d'allemands ont fui ou furent évacués des zones à l'est de la ligne Oder-Neisse avant que l'Armée rouge ne prenne le contrôle de la région[30]. De nombreux réfugiés tentèrent de retourner chez eux après la fin des combats. Au 1er juin 1945, 400 000 d'entre eux avaient franchi l'Oder et la Neisse vers l'est avant que les autorités communistes ne ferment la frontière ; 800 000 autres retournèrent en Silésie depuis la Tchecoslovaquie[32].

Expulsions suivant la fin de la guerre[modifier | modifier le code]

Préludes[modifier | modifier le code]

Comme il devint évident que les Alliés allaient gagner la guerre, la question de la modification des frontières d'Europe de l'est fut soulevée. Le problème était de savoir ce qu'il adviendrait des minorités à l'intérieur des nouvelles frontières.

Winston Churchill était convaincu que la seule façon d'apaiser les tensions entre deux populations était le transfert de l'une d'entre elles pour correspondre aux frontières nationales. Il déclara en 1944 à la Chambre des communes, "L'expulsion est la méthode qui, d'après ce que nous en savons, sera la plus satisfaisante et durable. Il n'y aura plus de mélange de population causant des troubles sans fin... Nous devons faire table rase. Je ne suis pas inquiet par ces transferts qui sont parfaitement possibles dans les conditions actuelles[33]."

La décision finale concernant le déplacement de la Pologne vers l'ouest fut prise lors de la conférence de Yalta. Le tracé précis des frontières restait cependant en suspens. Ils s'accordèrent sur le principe selon lequel la rivière Oder serait la future frontière occidentale et sur le fait que des transferts de population étaient nécessaires pour éviter de futurs différends frontaliers. La question était de savoir si la frontière devait suivre la Nysa Kłodzka ou la Neisse et sur le devenir de Stettin.

Initialement, l'Allemagne devait conserver Stettin tandis que les Polonais annexeraient la Prusse-Orientale avec Königsberg. Cependant, Staline souhaita conserver cette ville pour y posséder un port qui ne serait jamais bloqué par les glaces pour la Marine soviétique.

Les anciennes et les nouvelles frontières de la Pologne
En bleu, les exodes des Allemands d'Europe de l'Est par application du pacte germano-soviétique et à la suite de la défaite du troisième Reich.

À la conférence de Potsdam, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union soviétique placèrent les territoires à l'est de la ligne Oder-Neisse sous le contrôle polonais. Le gouvernement polonais désignait ces zones comme les « territoires reconquis » (Ziemie Odzyskane) bien qu'historiquement ils ne furent jamais sous contrôle polonais. Ainsi, la Pologne reçut 112 000 km² des anciens territoires allemands tandis qu'elle cédait les 187 000 km² situés à l'est de la ligne Curzon à l'Union soviétique. Le tiers nord de la Prusse-Orientale fut directement annexée par l'Union soviétique pour former l'oblast de Kaliningrad, toujours contrôlé par la Russie.

Les Alliés s'accordèrent également sur l'occupation conjointe de l'Allemagne et l'expulsion des Allemands de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Hongrie vers l'Allemagne dans les accords de Potsdam[34],[35]. L'article XII de l'accord concerne les expulsions et il y est écrit :

Les trois gouvernements, après avoir considéré la question sous tous les aspects, reconnaissent que le transfert vers l'Allemagne des populations allemandes restantes en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie doit être entrepris. Ils s'accordent sur le fait que ces transferts devront se faire de manière ordonnée et humaine[36],[37].

L'accord appelait également une répartition égale des réfugiés entre les zones d'occupation américaines, britanniques, françaises et soviétiques formant l'Allemagne d'après-guerre[38].

Les expulsions qui eurent lieu avant que les Alliés ne s'accordent sur les détails à Potsdam sont appelées expulsions "sauvages" (allemand : Wilde Vertreibungen). Elles furent conduites par les autorités civiles et militaires soviétiques occupant la Pologne et la Tchécoslovaquie durant le printemps et l'été 1945[35],[39]. La déclaration de Potsdam demandait à ces pays de cesser temporairement les expulsions[35]. Si les expulsions de Tchécoslovaquie ralentirent, ce ne fut pas le cas pour la Pologne et les anciens territoires allemands[38]. Sir Geoffrey Harrison, un des rédacteurs de l'article XII, déclara que « l'objectif de cet article n'était pas d'encourager ou de légaliser les expulsions mais plutôt de fournir une base pour discuter avec les États « expulseurs » et leur demander de coordonner les transferts avec les puissances occupant l'Allemagne[40],[41]. »

Expulsés allemands, 1946

Après Potsdam, une série d'expulsions d'Allemands eurent lieu à travers les pays occupés par l'URSS[42],[43]. Les propriétés et les biens ayant appartenu à l'Allemagne ou aux Allemands furent confisqués et transférés en Union soviétique, nationalisés ou redistribués aux habitants. De toutes les migrations forcées d'après-guerre, la plus importante fut l'expulsion des Allemands d'Europe de l'Est et du centre. Les zones d'expulsions étaient la Tchécoslovaquie (en particulier la région des Sudètes) et les territoires cédés à la Pologne jusqu'à la ligne Oder-Neisse[35].

Les expulsions d'autres nationalités eurent lieu en même temps que celles des Allemands. Les Allemands et les Italiens furent expulsés de la Yougoslavie dirigée par Tito[44]. De même que pour les Allemands, la Pologne expulsa 482 000 des 622 000 Ukrainiens vivant en Pologne dans le cadre de l'opération Vistule[43]. En Tchécoslovaquie, la minorité hongroise fut expulsée de Slovaquie[43] durant l'ocysta. La Lituanie et l'Ukraine expulsèrent à la fois les Allemands et les Polonais[43].

Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

Avant l'annexion de la région des Sudètes par l'Allemagne nazie, la majorité des habitants de ces régions était allemande, soit 22,3 % de la population tchécoslovaque[45]. En 1945, environ 3 000 000 d'Allemands vivaient encore en Tchécoslovaquie[46],[47].

Les demandes d'expulsion de ces populations furent adoptées par le gouvernement provisoire tchécoslovaque alors en exil, avec des nuances : opposants au nazisme et couples mixtes en étaient exclus. Toutefois entre 700 000 et 800 000 Allemands furent touchés, dans le contexte de l'épuration antinazie d'après-guerre, par les « expulsions sauvages », effectuées sans base juridique par l'armée et des milices populaires[48] entre mai et août 1945[46],[49]. Ces expulsions furent tolérées et même encouragées par le gouvernement tchécoslovaque. Des civils sont morts pendant ces expulsions comme lors du massacre d'Ústí ou de la marche forcée de Brno[50]. Les estimations concernant le nombre de morts varient de 10 000 à 250 000 personnes[51]. En 1995, une commission germano-tchèque a révisé les estimations antérieurs et estima qu'il y eut entre 15 000 et 30 000 victimes. Ces chiffres incluent les lynchages de l'épuration, les suicides, les personnes mortes de faim ou de maladies, les morts des camps de travail communistes et les morts naturelles[52].

Les « expulsions légales », en accord avec les décisions de Potsdam eurent lieu entre janvier et octobre 1946, basées juridiquement sur les décrets Beneš. Plus de 2 millions d'Allemands furent alors expulsés vers l'Allemagne[53]. Environ 250 000 opposants au nazisme et spécialistes non-nazis nécessaires au fonctionnement de l'économie, furent autorisés à rester en Tchécoslovaquie[54] : leur descendance actuelle est évaluée à au moins 500 000 personnes ; ainsi, l'actuel président Václav Klaus et l'ancien premier ministre Jan Fischer de la République tchèque et le second président de la Slovaquie, Rudolf Schuster ont des noms de famille allemands. Le machisme de l'époque généra des situations étranges et discriminatoires : les Allemands ayant une épouse tchèque furent expulsés avec elle, tandis que les femmes allemandes ayant un mari tchèque furent autorisées à rester.

Hongrie[modifier | modifier le code]

La Wehrmacht en retraite, Hongrie, mars 1945
Monument des Allemands expulsés à Elek, Hongrie

L'expulsion des allemands de Hongrie fut ordonnée par le commandant en chef soviétique et commença dès le 22 décembre 1944. Environ 3 % de la population allemande d'avant guerre (soit 20 000 personnes) avaient déjà été évacuées. Ils furent emmenés en Autriche mais beaucoup revinrent au printemps. Dans l'ensemble, environ 60 000 Allemands avaient fui[42]. En janvier 1945, 32 000 d'entre eux furent arrêtés et envoyés en Union soviétique comme travailleurs forcés en particulier dans le Donbass[42]. Beaucoup y moururent des suites des mauvais traitements et de la pénibilité du travail. En tout entre 100 000 et 170 000 Allemands furent envoyés en Union soviétique[55].

En 1945, les documents officiels hongrois faisaient état de 477 000 locuteurs allemands en Hongrie dont 303 000 avaient déclaré posséder la nationalité allemande[55]. Parmi ceux-là, 33 % étaient des enfants de moins de 12 ans et des personnes âgées de plus de 60 ans, 51 % étaient des femmes.

Le 29 décembre 1945, le Parti communiste hongrois, alors au gouvernement, ordonna l'expulsion de quiconque s'était déclaré allemand au recensement de 1941 ou avait été membre de la SS ou de toute autre organisation militaire allemande. La population rurale fut plus touchée que la population urbaine du fait des besoins en travailleurs qualifiés[56],[57]. Les Allemands, hommes et femmes, qui s'étaient mariés à des Hongrois ne furent pas expulsés[58]. Environ 180 000 Hongrois de langue allemande furent privés de leur citoyenneté, de toutes leurs possessions et furent expulsés vers l'ouest de l'Allemagne[59]. La plupart des réfugiés trouvèrent refuge dans la province de Bade-Wurtemberg[60], mais également en Bavière et en Hesse. 38 000 autres furent transférés dans l'est de l'Allemagne. D'autres sources indiquent qu'entre 1945 et 1950, 150 000 Allemands furent expulsés en Allemagne de l'Ouest, 103 000 en Autriche et aucun en Allemagne de l'Est[54]. Contrairement à ce qui se passa dans la plupart des autres pays, il y eut de nombreuses manifestations de soutien à la minorité allemande[61]. La récupération des terres pour les redistribuer aux réfugiés hongrois était l'une des principales raisons de l'expulsion des Allemands[57] et la mauvaise gestion de cette redistribution fut la source de nombreuses tensions sociales[57].

À la fin des expulsions, environ 200 000 Allemands restaient en Hongrie[42] (Overy parle de 270 000[54]), mais lors du recensement de 1949, seuls 22 445 personnes se déclarèrent comme tels[57]. Un décret du 15 juin 1948 mit fin aux expulsions et un autre du 25 mars 1950 déclara que les ordres d'expulsions étaient annulés, autorisant les expulsés à revenir s'ils le souhaitaient mais sans leur rendre leurs biens[57]. Après la chute du communisme, les victimes des expulsions et des travaux forcés en Union soviétique furent réhabilités[60]. Les lois publiées depuis autorisent les expulsés à réclamer des compensations[62]. Il n'y a aucune tension entre les deux pays concernant les expulsés[62].

Les Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le gouvernement hollandais décida d'expulser les 25 000 Allemands vivant sur son sol[63]. Les Allemands, même mariés avec des Hollandais et ayant des enfants furent considérés comme « sujet hostile » (néerlandais : vijandelijke onderdanen)[63]. L'opération portant le nom de code Tulipe Noire commença le 10 septembre 1946 à Amsterdam lorsque les Allemands et leurs familles furent arrêtés au milieu de la nuit et autorisés à n'emporter que 50 kg de bagages. Ils furent autorisés à ne prendre avec eux que 100 florins. Le reste de leurs possessions fut saisi par l'État. Ils furent emmenés dans des camps à la frontière allemande dont le plus grand était celui de Mariënbosch près de Nimègue. Au total, environ 3 700 Allemands furent expulsés soit 15 % des Allemands des Pays-Bas. Les forces alliées occupant l'Allemagne de l'Ouest étaient opposées à ce transfert car ils estimaient que la situation économique de l'Allemagne ne lui permettait pas d'accueillir d'autres réfugiés. L'opération prit fin en 1948 et les Allemands ne furent plus considérés comme des ennemis d'État.

Pologne et anciens territoires allemands[modifier | modifier le code]

La Pologne est sans doute le pays qui a le plus souffert de l'occupation allemande. Près de 16 % des Polonais sont morts et seuls les juifs ont connu un sort plus dramatique. L'objectif de long terme des Allemands était la destruction du peuple et de la culture polonaise pour permettre l'installation de colons allemands.

Cependant l'avancée de l'Armée rouge en 1944 met fin à ce projet. En 1945, les anciens territoires allemands de l'est (la Silésie, la Poméranie, le Neumark et la Prusse-Orientale) ainsi que les territoires polonais annexés par l'Allemagne comme les Reichsgau Danzig-Westpreußen et Wartheland furent occupés par l'Armée rouge et l'armée polonaise. Les premières expulsions furent réalisées par les autorités polonaises[64] sans attendre que la conférence de Potsdam ne statue sur leur sort. Les Polonais souhaitaient avant tout expulser ces populations pour créer une Pologne ethniquement homogène : « Nous devons expulser tous les Allemands car les nations sont construites sur des lignes nationales et non multinationales[65],[66],[67] » Près de 1,1 million[68] d'Allemands dont l'ascendance slave avait été vérifiée ne furent pas expulsés[69]. Néanmoins, la plupart choisirent de rejoindre l'Allemagne au cours des années 1950.

Organisation prévue des nouveaux territoires (en jaune, "Okreg I-IV") en mars 1945
Poste frontière polonais sur la ligne Oder-Neisse en 1945.

À la conférence de Potsdam, les territoires à l'est de la ligne Oder-Neisse furent officiellement cédés à la Pologne. Toutes les possessions allemandes furent confisquées. Le gouverneur de Silésie, Aleksander Zawadzki expropria tous les Allemands par décret du 26 janvier et émit le 6 mai un autre décret selon lequel toute possession « abandonnée » appartenait au gouvernement polonais[70]. De plus, les Allemands ne furent pas autorisés à posséder de la monnaie polonaise autre que celle issue de leur salaire[71]. Les Allemands restants étaient de facto privés de tous leurs droits et durent faire face aux pillages, aux vols et dans certains cas à des viols et des meurtres de la part de la milice polonaise, ces actes n'étaient pas sanctionnés par la justice polonaise[72] .

De nombreux Allemands furent employés comme travailleurs forcés dans des camps de travail administrés par les autorités communistes comme ceux dirigés par Salomon Morel et Czesław Gęborski. Ces camps incluaient d'anciens camps de concentration et d'exterminations utilisés par les nazis comme ceux de Zgoda et de Jaworzno anciens sous-camps d'Auschwitz ou celui de Lambinowice. À côté de ces camps principaux, il existait une multitude de camps plus petits ou des prisons[73]. Certains Allemands jugés indispensables à l'économie polonaise ne furent libérés qu'au début des années 1950[73]. D'après Reichling[74], sur 520 000 Allemands transférés en Union soviétiques comme travailleurs forcés, 185 000 moururent.

Réfugiés de Poméranie et de Prusse arrivant à Berlin en 1945

L'attitude des civils polonais, dont beaucoup avaient soufferts de l'occupation allemande associée au fait que les Allemands avaient expulsé plus d'un million de Polonais des zones annexées, était ambiguë. Certains se livrèrent au pillage, au lynchage ou au meurtre contre les Allemands. D'un autre côté, les cas où les Allemands étaient déguisés en Polonais par d'autres Polonais pour leur éviter des représailles n'étaient pas rares. De plus, dans la région d'Oppeln en Haute-Silésie, les citoyens se déclarant polonais étaient autorisés à rester. En fait, certains (pas tous) se considéraient comme allemands. Leur statut de minorité leur fut accordé en 1955, en même temps que les aides gouvernementales pour l'éducation ou l'économie[75]. L'attitude des soldats soviétiques est également ambiguë. Beaucoup commirent des atrocités dont des viols et des meurtres et ne faisaient pas toujours la distinction entre les Allemands et les Polonais, les maltraitant de la même façon[76]. D'autres soldats se révoltaient contre les exactions et tentaient de les protéger[77].

Tomasz Kamusella en:Tomasz Kamusella fait état de 7 millions d'expulsés issus des nouveaux territoires polonais lors des expulsions « sauvages » et « légales » entre 1945 et 1948 plus 700 000 de la Pologne d'avant-guerre[73]. Overy cite des totaux approximatifs des évacués, des personnes ayant fui ou expulsés entre 1944 et 1950 : De Prusse-Orientale : 1,4 million en Allemagne de l'Ouest, 600 000 en Allemagne de l'Est ; de Prusse-Occidentale : 230 000 en Allemagne de l'Ouest, 61 000 en Allemagne de l'Est ; des anciens territoires allemands dont la Silésie, la Poméranie et le Neumark : 3,2 millions en Allemagne de l'Ouest, 2 millions en Allemagne de l'Est[78].

Roumanie[modifier | modifier le code]

Les Allemands de Roumanie, hétérogènes par leurs origines, dates d'arrivée dans le pays, religions et dialectes, ont eu des attitudes divergentes pendant la guerre : une minorité (menée par Andreas Schmidt) constitua une filiale locale du parti nazi, demanda et obtînt d'être considérés comme ressortissants du Reich et d'être enrôlés dans la Wehrmacht et non dans l'armée roumaine ; une autre minorité, surtout parmi les mineurs du Haut-Jiu et les bûcherons de Transylvanie et de Bucovine, de tradition socialiste, s'y refusa et rejoignit l'opposition au régime fasciste, mais la plupart se tint dans une prudente expectative[79]. La fuite des premiers vers l'Allemagne commença à partir du 23 août 1944 lorsque la Roumanie déclara la guerre à l'Allemagne[42]. Les décrets émis en septembre 1944 par le gouvernement allié Sanatescu considéraient les ressortissants du Reich comme des ennemis, civils ou militaires, à interner ou traiter en prisonniers de guerre, leur cas devant être éclairci ultérieurement, mais l'Armée rouge exigea que tous les Allemands de Roumanie sous uniforme allemand lui soient livrés, ce qui fut fait : la plupart finirent leurs jours au Goulag[80]. Simultanément, les forces soviétiques commencèrent les expulsions de leurs familles, mais le gouvernement roumain protesta que ces expulsions handicapaient l'économie, sans pour autant s'y opposer. De toute manière, après le coup d'état communiste du 6 mars 1945, le nouveau gouvernement roumain approuva toutes les exigences soviétiques et 213 000 Allemands de Roumanie furent expulsés sous divers prétextes, le plus fréquent étant celui de "collusion avec le fascisme"[81].

Après la guerre, au début de la période communiste, il restait dans le pays 384 708 Allemands sur les 786 000 d'avant-guerre, disposant d'écoles, journaux et théâtres dans leur langue[82], contrôlés bien sûr par le PC mais autorisés à tisser des liens culturels avec l'Allemagne de l'Est. Néanmoins, c'est vers l'Allemagne de l'Ouest que 210 000 d'entre eux demandèrent à émigrer durant cette période, quitte à payer des taxes au gouvernement roumain au prorata des études effectuées. Le mouvement d'émigration connut un pic après la Libération de 1989 (chute de la dictature communiste) de sorte qu'en 2002, il restait 60 000 Allemands sur les 179 000 d'avant 1990[42],[54].

Union soviétique[modifier | modifier le code]

Évacuation des civils et des troupes allemandes de Courlande, octobre 1944

Les Allemands habitant les territoires envahis par l'Union soviétique à la suite du Pacte germano-soviétique furent réinstallés dans les territoires de la Grande Allemagne comme le Wartheland. Certains d'entre eux retournèrent dans leurs anciennes habitations à la suite de l'invasion de l'URSS et furent utilisés pour établir un lien entre les autorités nazies et les populations locales[83].

Après l'attaque allemande, Staline décida en septembre d'organiser l'expulsion des Allemands considérés comme une population potentiellement hostile. Les 400000[84] Allemands de la Volga et environ 80 000 autres[84] de zones différentes furent transférés en Sibérie, au Kirghizistan et au Kazakhstan où ils durent rester après la guerre[44],[84]. Beaucoup d'entre eux moururent lors des transferts[84]. Les plus aptes furent condamnés aux travaux forcés[84].

Les Allemands restés en Union soviétique malgré les transferts et dont les territoires furent libérés par l'avancée allemande furent autorisées à rester sur place et y restèrent jusqu'à la retraite de la Wehrmacht en 1943[84]. Ils furent alors relogés en Silésie ou en Pologne[85]. Entre 250 000 et 320 000 avaient rejoint l'Allemagne à la fin 1944[86]. À leur arrivée, ils furent placés dans des camps et « évalués racialement » par les autorités nazies qui envoyèrent ceux « racialement corrects » en Pologne et ceux « de valeur raciale discutable » furent envoyés en Allemagne[87]. Lorsque l'Armée rouge s'empara de ces zones en 1945, 200 000 Allemands de Russie n'avaient pas encore été évacués par les autorités allemandes toujours occupées par leurs « évaluations raciales[88] ». Ils furent considérés par les Soviétiques comme citoyens soviétiques et transférés dans des camps spéciaux en Union soviétique[85]. 80 000 d'entre eux qui se trouvaient dans la zone libérée par les Alliés occidentaux furent transférés en Union soviétique conformément aux accords[85]. Le taux de décès durant ces transferts avoisinait les 25 %[85]. Les « implantations allemandes » étaient sous le contrôle direct du commissaire aux affaires internes et leurs habitants durent réaliser des travaux forcés jusqu'en 1955[85]. À ce moment, les 1,5 million d'Allemands en Union soviétique étaient en détention[85]. Ils furent libérés après la mort de Staline par un décret d'amnistie du 13 septembre 1955[85] et les actes d'accusations concernant la collaboration avec les nazis furent révoqués[89]. Leurs anciennes possessions ne leur furent cependant pas rendues[85],[89].

Colonne de réfugiés, lagune de Courlande, Nord de la Prusse-Orientale, mars 1945

La région de Königsberg fut annexée par l'Union soviétique et rattachée à la RSFS de Russie. Le territoire de Memel annexé par l'Allemagne fut transféré à la RSS de Lituanie. De nombreux Allemands avaient fui ou avaient été évacués lors de l'opération Hannibal. À la fin de la guerre, la plupart des Allemands restant furent expulsés[42] et remplacés par des Russes et des familles de militaires. En juin 1946, 114 070 Allemands et 41 029 citoyens soviétiques étaient enregistrés comme vivant dans l'oblast de Kaliningrad mais de nombreux Allemands ne furent pas enregistrés. Cependant entre juin 1945 et 1947, environ 500 000 Allemands furent expulsés[90]. Entre le 24 août et le 26 octobre 1948, 21 convois ont rapatrié 42 094 Allemands de l'oblast de Kaliningrad vers la zone d'occupation soviétique en Allemagne. Des milliers d'enfants allemands furent abandonnés ou rendus orphelins lors de l'hiver 1945. Nombre d'entre eux, plus tard surnommés enfants-loups (Wolfskinder), émigrent à la recherche de nourriture vers la Lituanie voisine, où ils sont contraints d'abandonner leur identité allemande. Près de 600 000 citoyens soviétiques s'installèrent dans l'oblast entre 1945 et 1947[91].

Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, la majorité des 500 000 locuteurs allemands en Yougoslavie furent chassés vers l'Autriche et l'Allemagne de l'Ouest[42]. Après 1950, grâce à la loi sur les personnes déplacées de 1948, ils purent émigrer aux États-Unis. Du fait du soutien de certains d'entre eux aux nazis en particulier de leur engagement dans la 7e division SS de volontaires de montagne Prinz Eugen, tous les Allemands souffrirent de persécutions[42]. Beaucoup d'entre eux subirent des représailles de la part des populations locales et des partisans qui avaient également souffert de la guerre[42] et furent envoyés dans des camps de concentration[42] .

À la fin 1944, les Soviétiques envoyèrent entre 27 000 et 30 000 Allemands dans le Donbass, dont 90 % de femmes pour du travail forcé ; 16 % y sont morts[42].

En Slovénie, la population allemande était concentrée en Basse-Styrie, plus précisément à Maribor, Celje et dans la région autour de Apače. En 1931, le nombre total d'Allemands en Slovénie était de 28 000. En avril 1941, le sud de la Slovénie fut occupé par les Italiens. Au printemps 1942, les Allemands du sud de la Slovénie furent transférés en Styrie rattachée à l'Allemagne d'où 50 000 Slovènes furent expulsés. Lorsque les forces allemandes se replièrent à cause des partisans yougoslaves, la plupart des Allemands s'enfuirent à cause de la peur des représailles. En mai 1945, seuls quelques Allemands restaient sur place principalement en Styrie. Le Front de libération du peuple slovène expulsa la plupart des Allemands après la prise de contrôle de la région.

Le gouvernement nationalisa leurs possessions sur la « décision de transfert des propriétés ennemies vers l'État, sur l'administration étatique des biens des personnes absentes et sur la séquestration des possessions saisies de force par les autorités d’« occupation » du 21 novembre 1944 par le conseil anti-fasciste pour la libération du peuple yougoslave[92] ».

Après mars 1945, les Allemands furent placés dans des prétendus « camps villages[93] ». Des camps séparés existaient pour ceux capables de travailler et les autres[93]. Dans ces camps où se trouvaient principalement des vieillards et des enfants, la mortalité pouvait atteindre 50 %[94]. La plupart des enfants de moins de 14 ans furent pris en charge par des institutions étatiques mais l'usage de l'allemand était interdit[94]. Ces enfants furent par la suite confiés à des familles yougoslaves et les recherches menées par les parents dans les années 1950 ne furent pas toutes couronnées de succès[94].

La situation s'améliora en 1947, lorsque la torture fut officiellement interdite, et les gardiens du rang des partisans remplacés par les soldats de l'armée régulière[94]. Les autorités des camps se montrèrent également plus tolérantes vis-à-vis des internés arrêtés lors des tentatives de fuite[94]. Les prisonniers purent également bénéficier de l'aide provenant de la Croix-Rouge, du Vatican, du gouvernement français et d'autres organisations caritatives[94].

Le système de camps fut arrêté en mars 1948[94]. 48 447 personnes sont mortes dans ces camps, 7 199 furent abattus par des partisans et 1 994 furent envoyés dans des camps soviétiques[95]. Les Allemands restants encore considérés comme citoyens yougoslaves furent employés dans l'industrie mais pouvaient se libérer de la nationalité yougoslave pour l'équivalent de trois mois de salaire[94]. En 1950, 150 000 d'entre eux partirent pour l'Allemagne, 150 000 autres vers l'Autriche, 10 000 vers les États-Unis et 3 000 vers la France[94]. Il restait 82 000 Allemands en Yougoslavie en 1950[54].

Démographie[modifier | modifier le code]

Réfugiés allemands dans le Nord-Ouest de l'Allemagne

Durant la période 1944-1950, environ 14 millions d'Allemands[96],[97] ont fui, furent évacués ou expulsés par les actions de la Wehrmacht, de l'Armée rouge ou des milices et par les actions des gouvernements d'Europe de l'Est. Selon Rudolph Joseph Rummel, ce nombre se monte probablement à 15 millions[98]. Entre 1944 et 1948, au moins 12 millions d'Allemands furent expulsés, la plupart d'entre eux le furent des anciens territoires polonais et de Tchécoslovaquie[99]. Environ 3 millions d'allemands restèrent dans les zones d'expulsions mais beaucoup émigrèrent pendant la guerre froide[100]. Les territoires que les Allemands quittèrent furent graduellement repeuplés par les populations des nouveaux États dont beaucoup avaient été expulsés de territoires plus à l'est.

Allemagne de l'après-guerre et Autriche[modifier | modifier le code]

Camp de réfugiés en Bavière, 1945

Le 29 octobre 1946, l'Allemagne occupée accueillait déjà 9,5 millions de réfugiés et d'expulsés : 3,6 millions dans la zone britannique, 3,1 millions dans la zone américaine, 2,7 millions dans la zone soviétique, 100 000 à Berlin et 60 000 dans la zone française[101] .

Ces nombres augmentèrent par la suite avec l'arrivée de 2 millions d'autres expulsés. L'Allemagne de l'Ouest comptait 7,9 millions de réfugiés en 1950[102] soit 16,3 % de la population[101],[103].

Enfants allemands dans un camp de réfugiés en Allemagne de l'Ouest en 1945.

Dans la zone soviétique, ce nombre atteignait 4,4 millions (24,2 % de la population) au moment de la création de l'Allemagne de l'Est[102] vers 1950[103],[104].

Ainsi, un total de 12,3 millions de Heimatvertriebene (réfugiés en allemand) habitaient dans les territoires allemands, ce qui représentait 18 % de la population allemande au moment de la création des deux Allemagnes et 500 000 autres trouvèrent refuge en Autriche et dans d'autres pays[103]. Grâce à cet afflux, la population des territoires allemands d'après-guerre avait augmentée de 16 % soit 9,3 millions de personnes entre 1939 et 1950 malgré les pertes dues à la guerre[102].

Après la guerre, la zone ouest de la nouvelle frontière orientale de l'Allemagne était bondée de réfugiés, certains vivant dans des camps, d'autres étant à la recherche de proches et d'autres simplement perdus. Au contraire, la zone d'occupation française comptait assez peu de réfugiés. De nombreux réfugiés quittèrent l'Allemagne de l'Est pour l'Allemagne de l'Ouest. Près d'un millions de réfugiés sur un total de trois émigrèrent entre 1949, lors de la création des deux États et 1961, lors de la fermeture de la frontière intérieure allemande[105].

Pertes[modifier | modifier le code]

Le nombre de civils allemands morts varie de 500 000[106],[107] à un maximum de 3,2 millions. Bien que les statistiques officielles allemandes aient rapportés pendant des décennies, le chiffre de 2,2 millions de morts liées aux expulsions, des études plus récentes ont ramené ce chiffre à un intervalle de 500 000 à 1,1 million de décès. Les chiffres les plus élevées incluent généralement tous les civils morts pendant la guerre. Le nombre de morts reste un sujet de débat et de tension pour les historiens.

Voici une compilation de différentes études sur le nombre de morts liées aux expulsions, aux évacuations et à la fuite des Allemands d'Europe de l'Est.

Année Estimation Source Référence Commentaires
1950 3 000 000 Gouvernement ouest-allemand Il s'agit d'une première estimation des pertes mais n'est considérée comme valide.
1953 3 140 000 Gotthold Rhode La première tentative de chiffrage des pertes fut réalisée par le spécialiste allemand Gotthold Rhode qui estima les pertes militaires et civils et les disparus dans les zones d'expulsions à 3 140 000. Cette estimation n'est plus considérée comme valide[108].
1954–1961 2 300 000 Commission Schieder Dokumentation der Vertreibung der Deutschen aus Ost-Mitteleuropa Detail par pays : Pologne, 2 000 000 ; Tchécoslovaquie, 225 600 ; Yougoslavie : 69 000 ; Roumanie : 20 000 ; Hongrie : 11 000C[109] Cette étude fut supplantée par l'étude démographique du gouvernement allemand de 1958.
1958 2 225 000 Statistisches Bundesamt
German Federal Statistics Office
Die deutschen Vertreibungsverluste, 1939–50 (Pertes allemandes dues aux expulsions, 1939–50)
Bureau des statistiques fédéral allemand.
C'est le rapport officiel du gouvernement allemand. N'inclut pas les allemands-soviétiques.
1965 2 379 000-473 000 Service de recherche de l'Église allemande Gesamterhebung zur Klärung des Schicksals der deutschen Bevölkerung in den Vertreibungsgebieten, (Compilation générale sur le destin des populations allemandes des zones d'expulsions), Munich, 1965 Le rapport fait état de 473 000 morts confirmées et de 1 906 000 disparus
1974 600 000 Archives fédérales allemandes Vertreibung und Vertreibungsverbrechen, 1945-1948 : Bericht des Bundesarchivs vom 28. Mai 1974 : Archivalien und ausgewählte Erlebnisberichte Le rapport inclut uniquement les morts confirmées et provoquées par des actes de violence et exclut les pertes dues à la famine et aux maladies
1982 2 800 000 Heinz Nawratil Schwarzbuch der Vertreibung 1945 bis 1948 (Le livre noir des expulsions de 1945 à 1948) (Universitas Verlag, Munich, 9e édition 2001, p. 75) D'après Martin Broszat, ce chiffre n'est pas fiable car il inclut les pertes militaires et civiles.
1995 2 020 000 Gerhard Reichling "Die deutschen Vertriebenen in Zahlen" (Les Expulsés allemands en chiffres) , Teil 1, Bonn 1995, Tabelle 7, page 36 Ce rapport reçu l'approbation du gouvernement. Il inclut les pertes dues aux travaux forcés en Union soviétique et les 310 000 Allemands-soviétiques non inclus dans le rapport de 1958.
2006 500 000 à 600 000 Ingo Haar Chiffres du service de recherche de l'église allemande et des archives allemandes mentionnées plus haut[110].

L'article anglophone regroupe de nombreuses autres études.

Conditions des expulsés dans l'Allemagne d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Ancien camp pour les réfugiés à Eckernförde, photographie prise en 1951.

Ceux qui arrivaient étaient en mauvais état, particulièrement durant le dur hiver 1945-1946 lorsque les trains transportaient les « morts et les mourants dans chaque wagon (d'autres morts avaient été jetés du train le long du trajet)[77] ». Après avoir subi les atrocités de l'Armée rouge, les expulsés durent subir les représailles des populations locales de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Yougoslavie[100]. Les lynchages, les viols et les meurtres accompagnaient souvent les expulsions[77],[100]. Des Allemands furent massacrés comme à Ústí ou enfermés dans des camps particulièrement rudes[100]. En plus de ces atrocités, les expulsés souffraient de la faim, de la soif, des maladies, de la séparation de leurs proches, de la perte de leurs droits et parfois de travaux forcés[100]. Les traumatismes psychiques étaient nombreux et en particulier chez les enfants.

Une fois arrivés, ils découvraient un pays ravagé par la guerre. Le manque de logements dura jusque dans les années 1960, ce qui associé aux autres pénuries mena à des conflits avec les populations locales[96],[111]. La situation s'améliora seulement avec le Wirtschaftswunder dans les années 1950 qui ramena le taux de chômage à moins de 1 %[112].

La France n'avait pas participé à la conférence de Potsdam et se sentait donc libre d'appliquer les dispositions qu'elle souhaitait. Elle maintenait sa position selon laquelle elle n'avait pas approuvé les expulsions et par conséquent n'était pas responsable du relogement et de l'approvisionnement des expulsés dans sa zone. Si l'administration militaire s'occupait des Allemands arrivés avant juillet 1945, elle tenta de refouler les nouveaux arrivants en provenance de l'Est. La Grande-Bretagne et les États-Unis protestèrent contre les actions françaises mais n'avaient aucun moyen de forcer la France à appliquer la politique d'expulsion décidée à Potsdam. La France continua de distinguer clairement les réfugiés de guerre et les expulsés de l'après-guerre. En décembre 1946, elle accueillit dans sa zone les 250 000 réfugiés allemands se trouvant au Danemark car ceux-ci avaient été évacués durant la guerre. Les Danois d'origine allemande ne furent jamais expulsés. La France sauva ainsi de nombreuses vies compte tenu du fort taux de décès dans les camps danois[113] .

Jusqu'à l'été 1945, les alliés ne s'étaient pas mis d'accord sur la façon de gérer les expulsés. La France suggéra l'émigration en Amérique du Sud et en Australie et l'implantation des « éléments productifs » en France, tandis que les soviétiques privilégiaient la réinstallation de millions de réfugiés en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale[114] .

Les soviétiques, qui encourageaient et participaient en partie aux expulsions, ne se préoccupaient pas des conditions de vie des expulsés et demandaient aux américains et aux britanniques d'absorber les réfugiés dans leurs zones d'occupation. En contradiction avec les accords de Potsdam, les soviétiques ne fournirent pas beaucoup de ravitaillement aux expulsés. À Potsdam, il fut accepté[115] que 15 % des équipements industriels de la zone occidentale, en particulier dans le domaine sidérurgique et chimique, seraient transférés aux soviétiques en échange de produits alimentaires, de charbon, de potasse (pour la production d'engrais), de bois et de pétrole. Les livraisons occidentales commencèrent en 1946 mais les livraisons soviétiques, désespérément nécessaires pour ravitailler les réfugiés et relancer la production agricole, ne se réalisèrent pas. Par conséquent, les États-Unis stoppèrent leurs livraisons le 3 mai 1946[116], tandis que les réfugiés de la zone soviétique étaient déportés à l'ouest jusqu'à la fin 1947.

Camp de réfugiés à Espelkamp, 1945
Camp de réfugiés à Taunusstein, 1952.

Dans les zones britanniques et américaines, la situation s'aggrava considérablement, particulièrement dans la zone britannique. Du fait de sa localisation sur la mer du Nord et sur la mer Baltique, un grand nombre de réfugiés arrivèrent par mer et les rations déjà modestes durent être réduites d'un tiers en mars 1946. À Hambourg par exemple, la surface de logement disponible par personne déjà réduite par les bombardements aériens de 13,6 m² en 1939 à 8,3 m² en 1945 fut encore réduite à 5,4 m² du fait de l'arrivée massive de réfugies[117] . En mai 1947, les syndicats de Hambourg organisèrent des grèves contre la faiblesse des rations et les manifestants se plaignaient de l'arrivée rapide des expulsés[118] .

Les États-Unis durent importer de la nourriture dans leurs zones et même le Royaume-Uni financièrement épuisé et dépendant des importations alimentaires dut contracter un nouvel emprunt auprès des États-Unis pour financer l'acheminement de produits alimentaires en Allemagne. Les alliés se tournèrent vers une politique d'"assimilation", considérée comme la meilleure façon de stabiliser l'Allemagne et d'empêcher la création d'une population marginalisée qui pourrait se révolter[114]. Ainsi tous les expulsés qui possédaient autrefois la nationalité polonaise, tchécoslovaque, hongroise, yougoslave, roumaine... reçurent automatiquement la nationalité allemande.

Manifestation d'expulsés à Bonn, capitale de l'Allemagne de l'Ouest 1951

Après la fondation de la République fédérale allemande, la loi du 24 août 1952 fut destinée à améliorer la situation économique des expulsés. La loi, nommée Lastenausgleichsgesetz ou loi sur l'indemnisation garantissait une compensation financière partielle et un accès au crédit plus facile pour les expulsés ; La perte de leurs possessions fut estimée à 299,6 milliards de deutschemarks[119]. Des organisations furent créées pour faciliter l'intégration des expulsés dans la société allemande d'après-guerre tandis qu'à l'est, de telles organisations étaient interdites[120]. La plus importante, encore active aujourd'hui, est la Fédération des expulsés (allemand : Bund der Vertriebenen (BdV)). Il s'agit d'une association à but non lucratif créée pour représenter les intérêts des allemands chassés de leurs régions d'origine à l'est de l'Europe. Elle représente les expulsés allemands et leurs descendants soit actuellement environ 15 millions de personnes. L'actuelle présidente est Erika Steinbach membre de la CDU.

Raisons et justifications pour les expulsions[modifier | modifier le code]

Étant donné l'histoire complexe des régions affectées et les intérêts divergents des puissances alliées, il est difficile de donner une liste définitive des motifs d'expulsions. Le paragraphe des accords de Potsdam à ce sujet est assez vague : « Les trois gouvernements, après avoir considéré la question sous tous les aspects, reconnaissent que le transfert vers l'Allemagne des populations allemandes restantes en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie doit être entrepris. Ils s'accordent sur le fait que ces transferts devront se faire de manière ordonnée et humaine ». Les principales raisons sont :

  • La vue des minorités allemandes comme une source potentielle de troubles : Les soviétiques et les administrations communistes du bloc de l'Est considéraient les minorités allemandes restantes comme une potentielle cinquième colonne qui pourrait interférer avec la soviétisation de ces pays[127]. En général, les alliés occidentaux espéraient obtenir une paix plus durable en éliminant les minorités allemandes, qui selon eux, devait se faire de façon humaine[121],[128]
  • Les considérations politiques soviétiques. Staline a vu dans les expulsions un moyen de créer de l'antagonisme entre les pays satellites de l'Union soviétique et leurs voisins. Ces États auraient donc eut besoin de la protection de l'URSS[133].

Le désir de créer des États ethniquement homogènes[modifier | modifier le code]

Nationalités majoritaires en Pologne vers 1931 d'après l'historien polonais Henryk Zieliński.

La création de nations ethniquement homogènes en Europe centrale et orientale[122] fut présentée comme la raison principale des décisions de Potsdam et des expulsions qui suivirent[123]. Le principe selon lequel toute nation doit habiter son propre État-nation a donné lieu à une série d'expulsions et de réinstallation des Allemands, des Polonais, des Ukrainiens et d'autres nationalités qui, après la guerre se sont retrouvés en dehors de leurs pays d'origine[124]. Les échanges de populations entre la Turquie et la Grèce ont apporté de la légitimation à ce concept. Churchill cita l'opération comme un succès dans un discours concernant les expulsions d'Allemands[134],[135].

Dès le 9 septembre 1944, le dirigeant soviétique Khrouchtchev et le polonais communiste Osóbka-Morawski du Comité polonais de libération nationale signèrent un traité à Lublin sur les échanges de populations ukrainiennes et polonaises vivant du « mauvais côté » de la ligne Curzon[124]. La plupart des 2,1 millions de Polonais expulsés de Kresy annexé par les Soviétiques furent réimplantés dans les nouveaux territoires polonais à l'ouest[132] Le tchécoslovaque Edvard Beneš, dans les décrets Beneš du 19 mai 1945, qualifie les Hongrois et les Allemands de « traîtres à la patrie », ouvrant la voie aux expulsions et aux confiscations[136].

Les minorités allemandes en tant que source potentielle de troubles[modifier | modifier le code]

Méfiance et hostilité[modifier | modifier le code]

Votes pour le parti nazi lors des élections législatives de 1933

Une des raisons données par Staline pour les transferts de populations allemandes des territoires de l'est de l'Allemagne fut que ces régions étaient des places fortes du mouvement nazi[137]. Cependant, ni Staline ni les partisans de cet argument n'exigeaient que l'on vérifie les orientations politiques ni les activités des expulsés. Même dans les rares cas où cela arriva, les expulsés qui démontrèrent leur rôle de suiveurs, d'opposants ou même de victimes du régime nazi furent rarement épargnés par les expulsions[138]. La propagande polonaise utilisait et manipulait la haine des allemands pour intensifier les expulsions[125].

Avec des communautés allemandes vivant à l'intérieur des frontières avant-guerre de la Pologne, il y avait une peur de la déloyauté des Allemands en Poméranie orientale et en Silésie du fait des activités nazies durant la guerre[139]. Créée sur ordre d'Heinrich Himmler, une organisation appelée Selbstschutz composée d'Allemands polonais fut créée pour participer à l’Intelligenzaktion. Cette opération visait à liquider l'élite polonaise et les Allemands agirent en soutien des autorités militaires et de la police en identifiant les personnalités à exécuter[140]. Pour les Polonais, les expulsions des Allemands étaient vues comme un moyen d'éviter que de tels événements ne se reproduisent dans le futur et les autorités polonaises en exil proposèrent le transfert des Allemands dès 1941[140].

Prévention des violences ethniques[modifier | modifier le code]

Les participants à la conférence de Potsdam avancèrent que les expulsions étaient le seul moyen de mettre un terme à la violence ethnique. Comme Winston Churchill le déclara en 1944 à la Chambre des communes, « L'expulsion est la méthode qui, d'après ce que nous en savons, sera la plus satisfaisante et durable. Il n'y aura plus de mélange de population causant des troubles sans fin... Nous devons faire table rase. Je ne suis pas inquiété par ces transferts qui sont parfaitement possibles dans les conditions actuelles[141]. » De ce point de vue, cette politique a atteint son objectif : les frontières de 1945 sont stables et les conflits ethniques ont quasiment disparu.

Punition pour avoir provoqué la guerre et soutenu les crimes nazis[modifier | modifier le code]

Les expulsions ont également été provoquées par un désir de châtiment, étant donné la manière brutale dont les allemands avaient traités les populations civiles durant la guerre[123],[129]. Le président tchécoslovaque Edvard Beneš, dans un discours du 28 octobre 1945, justifia les expulsions en déclarant que la majorité des Allemands avait agi en soutien total à Hitler. Durant une cérémonie de commémoration du massacre de Lidice, il accusa les Allemands d'être responsables des actions de l'État allemand[130]. En Pologne et en Tchécoslovaquie, des journaux[142], des tracts[142] et des politiques de tout l'échiquier politique demandaient une compensation pour les activités militaires allemandes durant la guerre[142],[143]. La responsabilité de la population allemande dans ces crimes commis en son nom fut également avancée par les officiers de la fin et de l'après-guerre[142]. Karol Świerczewski, commandant de la 2e Armée polonaise ordonna à ses soldats d’« agir contre les Allemands de la même manière qu'ils avaient agi contre nous, alors ils vont fuir par leurs propres moyens et grâce à Dieu, ils auront la vie sauve[142] ». En Pologne, qui avait perdu 6 millions d'habitants dont son élite et la quasi-totalité des juifs, les Allemands furent vus comme des nazis qui devaient être collectivement punis pour leurs actes passés[132]

Considérations politiques soviétiques[modifier | modifier le code]

Staline, qui par le passé avait dirigé de nombreux transferts de populations en Union soviétique, soutenait fortement les expulsions qui avantageraient l'URSS de plusieurs manières. Les États satellites ressentiraient à présent le besoin d'être protégés par les soviétiques contre la colère allemande[133]. Les biens abandonnés par les expulsés en Pologne et en Tchécoslovaquie furent utilisé pour récompenser les nouveaux gouvernements et le soutien aux communistes était particulièrement fort dans les zones d'expulsion. Les colons de ces territoires accueillirent les opportunités offertes par leurs sols fertiles et par les entreprises et habitations désertés, ce qui accru leur loyauté[144].

Héritage des expulsions[modifier | modifier le code]

Avec au moins 12 millions[99],[34],[145],[146] d'Allemands directement touchés voire 14 millions[96],[97], ou plus[98], il s'agit du plus grand mouvement ou transfert d'une unique population de l'époque contemporaine[146],[147],[148], et le plus grand parmi les transferts de populations qui suivirent la fin de la guerre (qui touchèrent plus de 20 millions de personnes au total)[145].

Le nombre exact d'Allemands expulsés après la guerre est encore inconnu, de même que le nombre de morts dues à ces expulsions.

Les recensements vers 1950, après la fin des expulsions massives, rapportent qu'environ 2,6 millions d'Allemands vivaient encore en Europe de l'Est, soit 12 % de la population d'avant-guerre[54].

Les expulsions sont communément qualifiées de transferts de population[149], ou de nettoyage ethnique[150]. Selon Rudolph Joseph Rummel, il s'agit de démocide[98], et certains vont jusqu'à parler de génocide[151].

L'impact psychologique et social fut tellement immense que même aujourd'hui, les expulsions sont entrées dans le vocabulaire allemand simplement comme « la Fuite » ou « l'Expulsion » sans avoir besoin de précisions tout comme la référence à la Seconde Guerre mondiale est simplement « la Guerre ». Le fait que les organisations d'extrême-droite furent quasiment les seules à se rallier publiquement à la cause des expulsés dans les années 1950 en Allemagne de l'Ouest a fait de ce sujet un thème tabou. Toute personne soulignant les injustices vécues par les expulsés était taxée de révisionniste ou d'ultra-nationaliste.

Les expulsions provoquèrent des bouleversements sociaux dans les zones d'accueil qui durent fournir un logement et un emploi à ces réfugiés. L'Allemagne de l'Ouest mit en place un ministère consacré à ce problème et de nombreuses lois furent votées pour fournir un cadre légal. Les expulsés créèrent de nombreuses organisations dont certaines demandaient des compensations. Leurs demandes, parfois controversées, furent intégrés au débat public. La dislocation de l'URSS et la réunification allemande ouvrirent la voie à une réévaluation des expulsions à la fois dans les milieux intellectuels et politiques[152].Un facteur déterminant dans le caractère permanent de la question est la forte proportion de citoyens allemands expulsés et descendants d'expulsés qui se monte à 20 % en 2000[153].

Relations germano-polonaises[modifier | modifier le code]

Bien que les relations entre la Pologne et l'Allemagne soient cordiales depuis 1991, le souvenir de la guerre, des expulsions de Polonais par les nazis et d'Allemands par la Pologne devenue communiste, reste présent. Quelques divergences subsistent sur le traitement et la conservation de l'héritage culturel allemand dans l'Ouest et le Nord de la Pologne. La restauration récente du château de la famille Moltke à Krzyżowa est un exemple réussi de coopération germano-polonaise.

Depuis 1990, des événements historiques ont été examinés par l'Instytut Pamięci Narodowej (institut de la mémoire nationale). Son rôle est d'enquêter sur les crimes du passé sans se préoccuper de la nationalité des victimes ou des bourreaux. En Pologne, les crimes motivés par la nationalité des victimes ne peuvent pas être prescrits. Dans certains cas, les crimes commis contre des Allemands furent examinés : à titre d'exemple, Salomon Morel, accusé de crimes sur des civils allemands expulsés, dut quitter le pays pour Israël qui refusa les demandes d'extradition polonaises.

Les tentatives de certaines organisations allemandes pour construire un centre contre les expulsions dédié aux expulsés allemands de l'après-guerre, a provoqué de fortes réactions en Pologne qui considéraient que le centre voulait montrer les Allemands comme des victimes de la guerre qu'ils avaient déclenchée. Une proposition de politiques polonais selon laquelle l'Allemagne devrait plutôt construire un centre pour la mémoire de la souffrance de la nation polonaise, fut rejetée par les politiques allemands qui considéraient que ce sujet avait déjà été traité dans de nombreux centres et musées, contrairement aux expulsions d'Allemands[154].

Reconnaissance de la frontière germano-polonaise[modifier | modifier le code]

La ligne Oder-Neisse en tant que frontière entre l'Allemagne et la Pologne fut officiellement reconnue par le gouvernement est-allemand lors de la signature des accords de Görlitz en 1950. La frontière fut même appelée « frontière de la paix » par la propagande communiste. Cette reconnaissance fut initialement considérée comme inacceptable par tous les partis ouest-allemands à l'exception du parti communiste.

À partir des années 1960, cette opposition s'adoucit en particulier au sein du SPD et du FDP. L'un des éléments clé de l'Ostpolitik du chancelier Willy Brandt fut le traité de Varsovie dans lequel l'Allemagne de l'Ouest et la Pologne se sont engagées dans la non-violence et dans l'acceptation d'une frontière de facto, la ligne Oder-Neisse. Le sujet était assez sensible à l'époque car la Pologne s'inquiétait d'une possible revendication des territoires perdus durant la guerre par un futur gouvernement allemand. Brandt fut vivement critiqué par son opposition conservatrice CDU/CSU au Bundestag. Ils privilégiaient en effet une telle revendication sur les territoires polonais et accusèrent Brandt et son parti d'abandonner les intérêts allemands.

La ligne Oder-Neisse fut formellement acceptée par le traité de Moscou de 1990.

Restrictions sur la vente de propriétés aux étrangers[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, Der Spiegel publia un sondage de l'Institut Allensbach selon lequel 61 % des Polonais interrogés croyaient que les Allemands tenteraient de récupérer leurs anciens territoires ou qu'ils demanderaient des réparations[155],[156].

Il y a également des inquiétudes sur le fait que de riches descendants d'Allemands expulsés voudraient acheter des terrains dans les territoires qui furent accordés à la Pologne en 1945, et que cela provoquerait une forte montée des prix. Cela amena les Polonais à limiter la vente de propriétés aux étrangers dont les Allemands. Ces restrictions, qui devront être révisées en 2016, sont cependant assez peu contraignantes et ne concernent pas les entreprises et certains types de propriétés.

Demandes d'indemnités[modifier | modifier le code]

La politique officielle des Heimatvertriebene n'est pas de répéter les expulsions de l'après-guerre avec de nouvelles expulsions, annexions et transferts de population. La plupart des expulsés acceptent les changements territoriaux de 1945 et considèrent les Polonais vivant dans les anciens territoires de l'Est comme des amis et des voisins dans l'Union européenne. Cependant, certains d'entre eux demandent une compensation de la part des Polonais.

À la fin août 2004, un débat houleux eut lieu dans la Diète polonaise sur un projet de loi appelant le gouvernement polonais à exiger le paiement par l'Allemagne de réparations pour les dommages infligés à la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. La question des réparations fut soulevée en réponse à des procédures légales visant à demander des compensations pour les propriétés abandonnées par les expulsés. Les politiciens polonais ont affirmé que seule une réponse sous la forme de revendications par la Pologne de réparations pourrait supprimer les efforts de certains citoyens allemands et de leurs défenseurs politiques qui tentent de réclamer une indemnité de la part de citoyens polonais dans les procédures civiles. La majorité des Polonais n'ont reçu aucune indemnisation ni de l'Union soviétique ou de l'Allemagne pour les pertes subies pendant la Seconde Guerre mondiale. La Cour européenne des droits de l'homme a déclaré le dossier déposé par une association d'expulsés concernant des réparations comme irrecevable[157].

Relations germano-tchèques[modifier | modifier le code]

Le 25 décembre 1989, Václav Havel, à ce moment candidat à la présidence de la Tchécoslovaquie (il sera élu un jour plus tard), suggéra que son pays devrait s'excuser pour l'expulsion des Allemands après la guerre. Il utilisa alors le mot d'expulsions au lieu de transferts comme cela était la règle[158],[159]. Le soutien de l'opinion fut plutôt faible et en 1996, un sondage d'opinion montra que 86 % des Tchèques ne soutiendraient pas un parti qui ferait de telles excuses[160]. Par la suite, le président allemand Richard von Weizsäcker s'excusa auprès de la Tchécoslovaquie durant sa visite à Prague en mars 1990, après que Václav Havel eut répété ses excuses en déclarant que les expulsions furent les « erreurs et les péchés de nos pères ». Les décrets Beneš sont cependant toujours en vigueur et continuent d'empoisonner les relations entre la République tchèque et ses voisins dont la Hongrie.

Le sujet fut fermé par la déclaration germano-tchèque de 1997 dont l'un des articles précisait que les deux parties ne devaient pas polluer leurs relations avec des questions politiques et sociales passées.

Cependant, certains Sudètes expulsés et leurs descendants demandent le retour de leurs anciennes propriétés qui furent confisquées après la guerre. Plusieurs cas de ce type furent étudiés par des tribunaux tchèques. Comme les propriétés confisquées ont de nouveaux propriétaires dont certains y vivent depuis moins de 50 ans, ceux-ci s'inquiètent de possibles réparations et rétrocessions. D'après un sondage de l'institut Allensbach de novembre 2005, 38 % des Tchèques pensent que les Allemands veulent récupérer leurs anciens territoires ou obtenir des réparations.

En octobre 2009, le président tchèque Vaclav Klaus déclara que la République tchèque devrait demander une exception de la Charte européenne des droits fondamentaux pour s'assurer que les descendants des Allemands expulsés ne puissent pas faire des demandes de compensations auprès de la République[161].

Reconnaissance des allemands anti-nazis[modifier | modifier le code]

En 2005, le premier ministre tchèque Jiří Paroubek annonça une initiative pour attirer l'attention du public et reconnaitre officiellement les actes des Allemands des Sudètes anti-nazis. Bien que cette décision fut bien accueillie par la minorité allemande, les critiques pointèrent que l'initiative se limitait aux anti-nazis qui combattirent activement pour l'État tchécoslovaque mais pas aux anti-nazis en général ou aux non-nazis. Certains attendaient également des réparations pour leur mauvais traitements après la guerre[162].

Statut de la minorité allemande en République tchèque et en Slovaquie[modifier | modifier le code]

Il reste environ 40 000 Allemands en République tchèque. Leur nombre a constamment baissé depuis la Seconde Guerre mondiale. D'après le recensement de 2001, il reste 13 communes avec plus de 10 % d'Allemands.

La situation en Slovaquie est différente car le nombre d'Allemands était déjà faible avant la guerre et les Allemands des Carpates furent quasiment tous évacués lors de l'avancée de l'Armée rouge. Seul ceux qui retournèrent en Slovaquie après la guerre furent expulsés en même temps que les Allemands de République tchèque.

La minorité allemande en Hongrie[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la minorité allemande de Hongrie possède les droits d'une minorité avec des organisations, des écoles et l'assimilation spontanée est en bonne voie. De nombreux expulsés ont pu visiter leurs anciennes maisons depuis la chute de l'Union soviétique en 1991.

Statut dans les lois internationales[modifier | modifier le code]

Les lois internationales sur les transferts de populations ont connu une évolution considérable au cours du XXe siècle. Avant la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de transferts de populations furent le résultat de traités bilatéraux et avaient le soutien d'organismes internationaux comme la Société des Nations. Cette situation changea lorsque la Charte du procès de Nuremberg contre les dirigeants nazis déclara que la déportation forcée de populations civiles était à la fois un crime de guerre et un crime contre l'humanité et cette opinion fut progressivement adoptée depuis. La tendance à attribuer des droits aux individus limitait la possibilité des États d'accuser un ensemble de personnes. Cependant, Jean-Marie Henckaerts du CICR explique que les expulsions conduites par les Alliés après la guerre sont la raison pour laquelle le problème des expulsions fut intégré dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et dans la Convention européenne des droits de l'homme de 1950. Selon lui, si les expulsions furent interdites par Nuremberg, elles furent utilisées par les mêmes puissances comme une « mesure de temps de paix[163] ». Le premier traité international condamnant les expulsions massives est un document du Conseil de l'Europe du 16 septembre 1963 intitulé Protocole No 4 à la Convention pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales reconnaissant certains droits et libertés autres que ceux figurant déjà dans la Convention et dans le premier Protocole [sic!][163], qui établit à l'article 4 : « Les expulsions collectives d'étrangers sont prohibées[164] ». Le protocole entra en vigueur le 2 mai 1968 et en 1995, il était ratifié par 19 États[164].

Il y a aujourd'hui peu de débats sur le statut des transferts non volontaires de populations : « Là où les transferts de populations était acceptés comme un moyen de résoudre des conflits ethniques, les déplacements forcés sont aujourd'hui considérés comme des violations des lois internationales[165] ». Aucune distinction légale n'est faite entre les transferts dans un seul sens et ceux à double sens.

Bien que les signataires des accords de Potsdam et les pays expulseurs aient considéré ces expulsions comme légales du point de vue du droit international à l'époque, des historiens et des intellectuels avancent que ces expulsions doivent maintenant être considérées comme du nettoyage ethnique en violation des droits de l'homme. Par exemple, Timothy V. Waters argumente dans De la construction légale du nettoyage ethnique que « si des circonstances similaires apparaissent dans le futur, le précédent des expulsions d'Allemands sans recours légal permettrait le nettoyage ethnique d'autres populations[166] ». Dans les années 1970 et 1980, l'avocat formé à Harvard et historien Alfred de Zayas publia Nemesis at Potsdam et A Terrible Revenge, deux best-sellers en Allemagne[167]. Selon De Zayas, les expulsions furent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité même dans le droit international de l'époque établissant que « les seuls principes applicables étaient ceux des conventions de La Haye et en particulier les articles 42-56 qui limitent les droits des puissances occupantes qui n'ont bien sur pas le droit d'expulser des populations locales et que par conséquent les expulsions étaient en violation flagrante des conventions de la Haye[167],[168],[169] ». Elles avaient également violé les principes de Nuremberg.

De nombreux experts des droits de l'homme ont soutenu que toutes les victimes méritent de la compassion et qu'il est inacceptable de hiérarchiser les victimes ou d'appliquer les principes de culpabilité collective à des populations civiles innocentes. Le premier haut commissaire chargé des droits de l'homme à l'ONU, José Ayala Lasso (Équateur) approuva la création d'un Centre contre les expulsions à Berlin. Il reconnut les expulsés allemands comme les victimes de violations grossières des droits de l'homme[170].

Sources et Références[modifier | modifier le code]

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  15. Hastings, p. 331
  16. Irwin J. Kappes évoque 5 348. Il ne cite pas ses sources mais recommande : A. V. Sellwood, The Damned Don't Drown: The Sinking of the Wilhelm Gustloff (un roman sur la tragédie); et Alfred-Maurice de Zayas, A Terrible Revenge: The Ethnic Cleansing of the East European Germans 1944-1950.
  17. Hastings, p. 331.
  18. a et b Beevor, (Ro) p. 101
  19. Jason Pipes, citant Heinz Schon (pas de numéro de page) qui avançait le nombre de 9 343
  20. Hastings, p. 341.
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  22. Beevor, (Ro) p. 68
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  27. Nitschke, Wysiedlenie ..., p. 48
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  32. Ulf Brunnbauer, Michael G. Esch, Holm Sundhaussen, Definitionsmacht, Utopie, Vergeltung, p. 85
  33. Texte original : "Expulsion is the method which, insofar as we have been able to see, will be the most satisfactory and lasting. There will be no mixture of populations to cause endless trouble... A clean sweep will be made. I am not alarmed by these transferences, which are more possible in modern conditions."
  34. a et b Peter H. Schuck, Rainer Münz, Paths to Inclusion: The Integration of Migrants in the United States and Germany, Berghahn Books, 1997, p.156, ISBN 1-57181-092-7
  35. a, b, c et d US Department of State, Under Secretary for Public Diplomacy and Public Affairs, Bureau of Public Affairs, Bureau of Public Affairs: Office of the Historian, Timeline of U.S. Diplomatic History, 1937-1945, The Potsdam Conference, 1945 State.gov
  36. Texte original : The Three Governments, having considered the question in all its aspects, recognize that the transfer to Germany of German populations, or elements thereof, remaining in Poland, Czechoslovakia and Hungary, will have to be undertaken. They agree that any transfers that take place should be effected in an orderly and humane manner.
  37. *Agreements of the Berlin (Potsdam) Conference
  38. a et b Anna Bramwell, Refugees in the Age of Total War, Routledge, 1988, p. 25, ISBN 0-04-445194-6
  39. Manfred Kittel, Horst Möller, Jiri Peek, Deutschsprachige Minderheiten 1945: Ein europäischer Vergleich, 2007 ISBN 3-486-58002-7, 9783486580020:
  40. Texte Original : "purpose of this article was not to encourage or legalize the expulsions, but rather to provide a basis for approaching the expelling states and requesting them to co-ordinate transfers with the Occupying Powers in Germany."
  41. Anna Bramwell, Refugees in the Age of Total War, Routledge, 1988, p. 24, ISBN 0-04-445194-6
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  49. Les Tchèques eux-mêmes se réfèrent à cet épisode regrettable de leur histoire en parlant de « déplacement sauvage » (divoký odsun).
  50. Jiřina Dvořáková:Bedřich Pokorný – vzestup a pád
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  62. a et b (en) Ann L Phillips, Power and influence after the Cold War: Germany in East-Central Europe, Lanham, Rowman & Littlefield,‎ 2000, poche (ISBN 978-0-8476-9523-2, lien LCCN?, lire en ligne), p. 87
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  65. Texte original : "We must expel all the Germans because countries are built on national lines and not on multinational ones".
  66. Naimark, Russian in Germany. p. 75 reference 31: "Une citation issue du séance du comité central du Parti des travailleurs polonais (parti communiste) du 20 mai 1945"
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  68. Philipp Ther, Deutsche und polnische Vertriebene: Gesellschaft und Vertriebenenpolitik in SBZ/DDR und in Polen 1945-1956, Vandenhoeck & Ruprecht, 1998, p.306, ISBN 3-525-35790-7
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  75. Rocznik Polsko-Niemiecki Tom I "Mniejszość niemiecka w Polsce w polityce wewnętrznej w Polsce i w RFN oraz w stosunkach między obydwu państwami" Piotr Madajczyk Warszawa 1992
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  78. Overy, ibid.
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  86. Isabel Heinemann, "Rasse, Siedlung, deutsches Blut": das Rasse- und Siedlungshauptamt der SS und die rassenpolitische Neuordnung Europas, 2e édition, Wallstein Verlag, 2003, p.469, ISBN 3-89244-623-7: Heinemann écrit que 250 000 est le nombre donné par des sources primaires et rejette le chiffre de 320 000 donné par Ingeborg Fleischmann qu'il juge trop élevé, Die Deutschen, p. 284-286.
  87. Isabel Heinemann, "Rasse, Siedlung, deutsches Blut": das Rasse- und Siedlungshauptamt der SS und die rassenpolitische Neuordnung Europas, 2e édition, Wallstein Verlag, 2003, p. 469,470, ISBN 3-89244-623-7
  88. Isabel Heinemann, "Rasse, Siedlung, deutsches Blut": das Rasse- und Siedlungshauptamt der SS und die rassenpolitische Neuordnung Europas, 2e édition, Wallstein Verlag, 2003, p. 470, ISBN 3-89244-623-7
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  104. Philipp Ther in Dierk Hoffmann, Michael Schwartz, Geglückte Integration?: Spezifika und Vergleichbarkeiten der Vertriebenen-Eingliederung in der SBZ/DDR, Oldenbourg Wissenschaftsverlag, 1999, p. 140,141, ISBN 3-486-64503-X Google.de
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  114. a et b Philipp Ther, Deutsche Und Polnische Vertriebene, p.137
  115. Cf. section III. Reparations from Germany, paragraph 4 Agreements of the Berlin (Potsdam) Conference
  116. Lehmann, Hans Georg, Chronik der Bundesrepublik Deutschland 1945/49 bis 1981, München: Beck, 1981, (Beck'sche Schwarze Reihe; Bd. 235), ISBN 3-406-06035-8, p. 32seq.
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  118. Bake, Rita, »Hier spricht Hamburg«. Hamburg in der Nachkriegszeit: Rundfunkreportagen, Nachrichtensendungen, Hörspiele und Meldungen des Nordwestdeutschen Rundfunks (NWDR) 1945-1949, Hamburg: Behörde für Bildung und Sport / Amt für Bildung / Landeszentrale für politische Bildung, 2007, ISBN 978-3-929728-46-0, p. 7
  119. Manfred Görtemaker, Geschichte der Bundesrepublik Deutschland: Von der Gründung bis zur Gegenwart, C.H.Beck, 1999, p.171, ISBN 3-406-44554-3 Google Books
  120. Dierk Hoffmann, Michael Schwartz, Geglückte Integration?: Spezifika und Vergleichbarkeiten der Vertriebenen-eingliederung in der SBZ/ddr, 1999, p.156, ISBN 3-486-64503-X, 9783486645033
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  123. a, b, c et d Ulf Brunnbauer, Michael G. Esch, Holm Sundhaussen, Definitionsmacht, Utopie, Vergeltung, p.91
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  126. a et b The Expulsion of 'German' Communities from Eastern Europe at the end of the Second World War, Steffen Prauser and Arfon Rees, European University Institute, Florence. HEC No. 2004/1. p.6
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  128. a et b The Expulsion of 'German' Communities from Eastern Europe at the end of the Second World War, Steffen Prauser and Arfon Rees, European University Institute, Florence. HEC No. 2004/1. p.5
  129. a et b Zybura, p. 202
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  131. Karl Cordell, Andrzej Antoszewski, Poland and the European Union, 2000, p.166, ISBN 0-415-23885-4, 9780415238854 (Situation en Pologne) « Presque tous les Allemands furent tenus pour personnellement responsables des politiques nazies »
  132. a, b et c Arie Marcelo Kacowicz, Pawel Lutomski, Déplacements de populations dans les conflits internationaux : une étude comparative, Lexington Books, 2007, p. 101, 102, ISBN 978-0-7391-1607-4
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  136. Ulf Brunnbauer, Michael G. Esch, Holm Sundhaussen, Definitionsmacht, Utopie, Vergeltung, p. 87
  137. Bogdan Musiał: "Niechaj Niemcy się przesuną". Stalin, Niemcy i przesunięcie granic Polski na Zachód Arcana nr 79 (1/2008)
  138. Le destin des allemands juifs de Tchécoslovaquie est particulièrement dramatique. 85 % d'entre eux moururent des suites de l'occupation nazie mais les survivants furent également expulsés s'ils avaient déclaré être allemands dans le recensement de 1930. Cf. Assor, Reuven, '«Deutsche Juden» in der Tschechoslowakei 1945-1948', In: Odsun: Die Vertreibung der Sudetendeutschen; Dokumentation zu Ursachen, Planung und Realisierung einer 'ethnischen Säuberung' in der Mitte Europas, 1848/49 - 1945/46, Alois Harasko and Roland Hoffmann (eds.), Munich: Sudetendeutsches Archiv, 2000, p. 299seqq.
  139. Wojciech Roszkowski : "Historia Polski 1914-1997" Warsaw 1998 PWNW page 171
  140. a et b "Polacy - wysiedleni, wypędzeni i wyrugowani przez III Rzeszę", Maria Wardzyńska, Warsaw 2004".
  141. (en) « Text of Churchill Speech in Commons on Soviet=Polish Frontier », The United Press,‎ 15 décembre 1944
  142. a, b, c, d et e Detlef Brandes in Ulf Brunnbauer, Michael G. Esch, Holm Sundhaussen, Definitionsmacht, Utopie, Vergeltung: "ethnische Säuberungen" im östlichen Europa des 20. Jahrhunderts, LIT Verlag Berlin-Hamburg-Münster, 2006, p. 93, ISBN 3-8258-8033-8, [2], extrait d'une source allemande : « Jetzt werden die Deutschen erfahren, was das Prinzip der kollektiven Verantwortung bedeutet', hatte das Organ der polnischen Geheimarmee im Juli 1944 geschrieben. Und der Befehlshaber der 2. Polnischen Armee wies seine Soldaten am 24. Juni 1945 an, mit den Deutschen 'so umzugehen, wie diese es mit uns getan haben', so daß 'die Deutschen von selbst fliehen und Gott danken, daß sie ihren Kopf gerettet haben'. Politiker jeglicher Coleur, Flugblätter und Zeitungen beider Staaten riefen nach Vergeltung für die brutale deutsche Besatzungspolitik. », traduction française : «Maintenant les Allemands vont découvrir le principe de responsabilité collective', écrivit l'armée secrète polonaise en juillet 1944. Le commandant de la 2e Armée polonaise ordonna à ses soldats de 'traiter' les Allemands 'comme ils nous ont traités' forçant les Allemands à 'fuir par leurs propres moyens et grâce à Dieu, ils auront la vie sauve' ». Les politiciens de tous les partis appelaient à une revanche pour la politique brutale d'occupation.
  143. Timothy Snyder, Journal of Cold War Studies, Volume 5 Issue 3, Forum on Redrawing Nations: Ethnic Cleansing in East-Central Europe, 1944-1948 edited by Philipp Ther and Ana Siljak, Harvard Cold War Studies Book Series, Lanham, MD: Rowman & Littlefield, 2001, Cite : "Dès 1943, par exemple, des politiques polonais et tchèques de tous bord furent convaincus de la nécessité des expulsions d'allemands dans l'après-guerre. Après 1945, le gouvernement démocratique tchécoslovaque et le gouvernement communiste polonais ont poursuivi des politiques globalement similaires à l'égard de leurs minorités allemandes. (...) Dans l'ensemble, et en comparaison avec les chapitres sur l'expulsion des Allemands de Pologne, ces essais nous rappellent l'importance de la politique dans la décision de s'engager dans le nettoyage ethnique. Il ne faut pas expliquer les politiques similaires des deux pays par une occupation comparable. L'occupation de la Pologne a été incomparablement plus dure, mais la politique tchécoslovaque a été (le cas échéant) plus vengeresse. (...) La vengeance est un ensemble vaste et complexe de motivations et peut faire l'objet de manipulations. Les formes de vengeances personnelles prises à l'encontre des personnes identifiées comme des Allemands ou des collaborateurs ont été justifiées par une définition juridique vague de ces groupes ...FAS.harvard.edu
  144. (en) Matthew J. Gibney, Randall Hansen, Immigration and asylum: from 1900 to the present, Santa Barbara, ABC-CLIO,‎ 2005, 2e éd. (ISBN 978-1-57607-796-2, lien LCCN?, lire en ligne), p. 182
  145. a et b Jürgen Weber, Germany, 1945-1990: A Parallel History, Central European University Press, 2004, p.2, ISBN 963-9241-70-9
  146. a et b Arie Marcelo Kacowicz, Pawel Lutomski, Déplacements de populations dans les conflits internationaux : une étude comparative, Lexington Books, 2007, p. 100, ISBN 978-0-7391-1607-4 : "...plus grand mouvement de peuple européens de l'histoire moderne" Google.de
  147. Bernard Wasserstein, Barbarism and civilization: a history of Europe in our time, Oxford University Press, 2007, p.419: "plus grand mouvement de populations en Europe du XXe siècle et l'un des plus grand de toute l'histoire." ISBN 0-19-873074-8
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Sources[modifier | modifier le code]

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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


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