Exil de Napoléon Ier à Sainte-Hélène

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L'exil de Napoléon Ier à Sainte-Hélène désigne la situation dans laquelle se trouva le premier empereur des Français à la suite de sa seconde abdication[note 1] en 1815 au terme des « Cents-Jours » qui se termina par sa défaite militaire face aux forces de la Septième Coalition pendant la bataille de Waterloo, livrée dans la journée du 18 juin 1815.

Sainte-Hélène — rade de James-Town

Après avoir abdiqué et rejoint Rochefort, Napoléon Ier décide finalement de s'en remettre à l'honneur des Anglais, et ainsi pouvoir se rendre en Angleterre, plutôt que de tenter de rejoindre les États-Unis. Le gouvernement britannique avait déjà décidé de le faire prisonnier et de le déporter sur l'île Sainte-Hélène, au milieu de l'océan Atlantique, pour qu'il ne puisse plus « nuire au repos du monde ». Il meurt presque 6 ans après son arrivée dans l'île, le 5 mai 1821.

Le dernier voyage[modifier | modifier le code]

Sainte-Hélène — Habitation impériale de Longwood en 1858
Longwood Old House en 1913.

Après s'être livré aux Anglais le 15 juillet 1815 devant l'île d'Aix, Napoléon est mené à Torbay puis à Plymouth, sur la côte sud-ouest de l'Angleterre à bord du HMS Bellerophon. Après avoir appris sa déportation sur l'île de Sainte-Hélène le 31 juillet, Napoléon est transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland, qui le conduira à l'île de Sainte-Hélène, après une traversée de deux mois et une semaine. Un certain nombre de témoins ont relaté cette traversée, notamment Emmanuel de Las Cases dans son Mémorial de Sainte-Hélène et Denzil Ibbetson, commissaire anglais chargé des fournitures militaires, qui a laissé un journal, longtemps inédit, mis en vente fin 2010 (voir sources ci-dessous).

Sainte-Hélène est une terre du bout du monde situé à 1900 km à l'ouest de l'Afrique en plein Atlantique sud, île volcanique escarpée, avec très peu de lieux pour y accoster, ce qui la rend aisée à surveiller et défendre.

Le Northumberland mouille devant Sainte-Hélène le 15 octobre 1815 [1]. Napoléon débarque le lendemain. Parmi ceux qui l'accompagnent se trouvent le Grand Maréchal du Palais, Henri Gratien Bertrand, le général Gourgaud, Las Cases et le Général Montholon, Louis-Étienne Saint-Denis, dit le Mamelouk Ali, et son valet de chambre Marchand. Le 17 octobre, Napoléon s'établit au pavillon des Briars chez les Balcombe, en attendant que son lieu de détention définitif, Longwood, soit prêt à l'accueillir avec ses compagnons d'exil. Longwood, de par sa situation sur un plateau, permet une surveillance plus aisée mais s'avère exposé de façon constante aux vents alizés, souvent plongé dans le brouillard et l'humidité, avec des alternances soudaines de violentes pluies et de soleil ardent. Napoléon est enfin installé dans son ultime résidence le 10 décembre 1815 par le gouverneur provisoire, l'amiral Cockburn.

La solitude à Longwood[modifier | modifier le code]

Anonyme, Fleshy (le ventripotent) dessin fait d'après nature de Napoléon à Longwood le 5 juin 1820.

Enfermé à Longwood House, une habitation sans confort à l'image d'une ferme, surveillé en permanence par ses gardiens, Napoléon est soumis à des vexations de la part de Hudson Lowe, le nouveau gouverneur de l'Île en 1816. Les relations sont tendues entre Napoléon et Lowe : sur ordre du gouvernement britannique, ce dernier refuse à Napoléon le titre d'empereur et le nomme « général Bonaparte », acceptant seulement de supprimer le « u » de Buonaparte, son nom d'origine.

Ses armes sont confisquées, son courrier censuré, et toute liberté de mouvement restreinte. Cet exil forcé attise les susceptibilités, autorise les mesquineries de ceux qui partagent sa condition, la chaleur et l'humidité faisant le reste. L'Empereur revient sur sa vie et son règne, dictant ses mémoires à ses compagnons d'infortune. Pendant ce temps, les passagers en escale à Sainte-Hélène se succèdent et sollicitent de la part des geôliers de Napoléon de leur laisser apercevoir le captif[2].

À la fin de l'année 1816, Las Cases quitte l'île de Sainte-Hélène (il publiera, en 1823, le Mémorial de Sainte-Hélène). Début 1818, c'est au tour de Gourgaud, fâché avec Napoléon, de quitter Longwood. Puis, en juillet 1819, madame de Montholon retourne en Europe, avec tous ses enfants. Progressivement vidé, Longwood tombe dans une atmosphère d'attente et de langueur à peine supportable. L'arrivée en septembre 1819 d'une petite colonie de nouveaux compagnons, la plupart corses, envoyés d'Italie par la famille Bonaparte, permit de rompre la monotonie régnante, quoique les nouveaux venus ne fussent pas au niveau des espérances de Napoléon et de ses autres compagnons de captivité.

La fin de L'Aigle[modifier | modifier le code]

Sainte-Hélène — Mort de Napoléon. Tableau de Steuben.
Articles détaillés : Mort de Napoléon et Retour des cendres.

Dans les dernières années, Napoléon ne travaille plus, ou peu, mais continue ses habituelles lectures dont il est toujours passionné. Il reste cloitré à Longwood pendant plusieurs mois. François Antommarchi, son médecin, lui conseille de prendre plus souvent l'air, conseil que Napoléon ne respecte pas, supportant mal ce médecin dont il dit qu'« on a le droit d'être ignorant mais pas de manquer de cœur ». Le médecin rencontre Hudson Lowe : le gouverneur lui affirme que Napoléon n'est atteint que d'une « maladie diplomatique » malgré la douleur vive au côté droit dont se plaint régulièrement l'ancien empereur ; Antommarchi n'y diagnostique qu'une simple constipation et lui prescrit un émétique qui ne fera qu'accentuer son ulcère à l'estomac. Le 15 avril 1821, Napoléon rédige son testament. Malade, atteint de ce qui est sans doute un cancer de l'estomac, Napoléon refuse l'assistance des médecins anglais et après huit jours d'agonie rendra le dernier soupir le 5 mai 1821 à 17 h 49. Ses derniers mots prononcés sont « Armée », « tête de l'Armée », ou encore « Joséphine ».

Son autopsie, le 6 mai, a donné lieu à de nombreuses controverses depuis 1821 causées par les nombreux rapports, officiels et officieux, dont pas moins de trois, tous différents, pour le seul docteur Antommarchi[3].

Il est inhumé le 9 mai dans la vallée du Géranium, comme stipulé dans ses dernières volontés dans le cas où son corps ne devait pas être ramené en Europe. Sa tombe ne comportera aucune inscription car le gouverneur Lowe ne veut pas de la mention « Napoléon » ou « Empereur Napoléon », tandis que son acte de décès rédigé indépendamment dans le registre de la paroisse Saint James de Jamestown, capitale de l'île de Sainte-Hélène, indique à la même date « Napoleon Buonaparte, late emperor of France[4] ».

En 1840, sur l'ordre de Louis-Philippe Ier et en accord avec les Anglais, le corps est rapatrié en France par le prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe Ier. Il repose aux Invalides. La dépouille de son fils Napoléon II le rejoint en 1940 aux Invalides sur l' ordre d'Hitler. Longwood sera cédée à la France en 1858, sous Napoléon III par la Reine Victoria et fait partie des domaines français de Sainte-Hélène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Napoléon abdiqua une première fois en 1814.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, t. I, Paris, Ernest Bourdin,‎ 1842 (lire en ligne), p. 132
  2. Voir notamment « Le journal du pasteur Latrobe », sur L'autre Sainte-Hélène (consulté le 21 mai 2014)
  3. Albert Benhamou, L'autre Sainte-Hélène : la captivité, la maladie, la mort, et les médecins autour de Napoléon, 2010, voir chapitre Shortt pour l'analyse comparative de tous les rapports d'autopsie
  4. On trouve deux versions de l'acte de décès de Napoléon : l'original appartient aux Archives de Sainte-Hélène (image : http://www.napoleonprisonnier.com/images/lieux/sth/2009-41.jpg) et une copie ultérieure, d'une graphie plus soignée, est représentée sur le site de la British Librairy de Londres (image : http://www.bl.uk/reshelp/images/apacfamhist/large14922.html)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Voir le film anglais des années 70 (Eagle In A Cage)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dimitri Casali, Napoléon Bonaparte, ed. France Loisirs, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]