Excédent brut d'exploitation

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L'excédent brut d'exploitation (EBE) d'une entreprise, également nommé bénéfice brut d'exploitation (en anglais GOP, gross operating profit, ou EBITDA [1]), est la ressource d'exploitation (après paiement des charges de personnel mais avant amortissement) dégagée au cours d'une période par l'activité principale de l'entreprise. Ce terme est utilisé en comptabilité privée mais aussi en comptabilité nationale, où il s'applique à tous les secteurs institutionnels résidents.

Selon Alain Broutin, l'EBE ne comprend que des flux susceptibles de générer un flux de trésorerie.

Description et usages[modifier | modifier le code]

Article principal : Soldes intermédiaires de gestion.

L'EBE permet à la fois de rémunérer et de verser aux apporteurs des capitaux (banquiers et actionnaires), en leur versant les dividendes et les intérêts bancaires de l'année, tout en développant l'entreprise en investissant[réf. nécessaire].

Le bénéfice net, lui, ne permet pas de mesurer la capacité d'autofinancement car ce n'est que le calcul du revenu des actionnaires, directement distribué dans l'année sous forme de dividende annuel ou affecté à la mise en réserve, les actionnaires acceptant de différer dans le temps la perception de leurs dividendes.

Pour mesurer l'entière capacité d'autofinancement des investissements, il faut prendre le bénéfice brut d'exploitation, qui inclut les provisions pour risque et l'amortissement, terme comptable désignant l'annualisation de ces investissements.

Une entreprise qui achète une grue pour 4 millions d'euros va par exemple l'amortir en huit ans, en déduisant chaque année de son bénéfice brut d'exploitation un huitième du coût à l'achat de la grue, soit un demi-millions d'euros par an.

L'ensemble des amortissements est déduit chaque année du bénéfice brut d'exploitation au moment du calcul du bénéfice net. Sont déduits aussi les intérêts bancaires et l'impôt sur les sociétés (qui est un pourcentage du bénéfice avant impôts), lorsque l'entreprise en paie.

Par égard aux principes comptables, il peut aussi être déduit une provision pour risque, à chaque fois que l'entreprise en constate un, même difficile à évaluer.

Les banquiers calculent aussi la capacité d'autofinancement en se référant à un autre indicateur, la marge brute d'autofinancement, qui est égale au bénéfice brut d'exploitation diminué des intérêts bancaires (et de l'impôt sur les sociétés).

Cette marge brute d'autofinancement présente l'inconvénient d'exclure le coût du crédit, lorsque celui-ci est lié aux investissements de l'entreprise. Son utilisation relève de l'approche patrimoniale des normes comptables, destinées à protéger les actionnaires minoritaires, en interprétant le coût du crédit comme le prix à payer pour limiter l'apport des actionnaires en capitaux propres, plutôt que comme l'un des coûts d'investissement assumés par toutes les parties prenantes de l'entreprise (fournisseurs, clients et salariés).

Certains financiers[Lesquels ?] calculent un excédent net d'exploitation en déduisant simplement l'impôt sur les bénéfices de l'excédent brut d'exploitation. C'est l'équivalent d'une marge brute d'autofinancement augmentée des intérêts bancaires et n'a rien à voir avec le résultat d'exploitation qui lui n'inclut pas l'amortissement des investissements.

Mode de calcul en comptabilité privée[modifier | modifier le code]

L'EBE est un des soldes intermédiaires de gestion calculé à partir du compte de résultat.

Directement[modifier | modifier le code]

L'excédent brut d'exploitation est le solde généré par l'activité courante de l'entreprise sans prendre en compte sa politique d'investissement et sa gestion financière[2]. Cet indicateur donne une vision objective de l'entreprise et permet de déterminer la rentabilité de son exploitation courante.

L'EBE se calcule en faisant la différence entre les produits encaissables et les charges décaissables relevant de l'activité principale de l'entreprise.

Pour que le calcul de l'excédent brut d'exploitation (EBE) soit pertinent, il faut pouvoir le comparer à d'autres indicateurs.EBE/capitaux investis pour financer l'exploitation en elle-même . Ce ratios vous permet d'obtenir la rentabilité économique du capital engagé et de savoir si vos investissements pour l'activité sont productifs ; EBE/CA. Ce ratio permet de savoir si vous maîtrisez vos coûts[3].

Notons qu'un produit encaissable est potentiellement générateur d'une recette et qu'une charge décaissable est potentiellement génératrice d'une dépense. À l'inverse, un produit calculé ou une dépense calculée n'engendrent pas de flux monétaire !

À partir de la valeur ajoutée[modifier | modifier le code]

On y ajoute les subventions d'exploitation et on en retranche les charges de personnel et les impôts, taxes et versements assimilés (ITVA).

Valeur ajoutée
+ Subventions d'exploitation
- salaires
- impôts sur la production
= EBE

En comptabilité nationale[modifier | modifier le code]

En comptabilité nationale, l'excédent brut d'exploitation est le solde du compte d'exploitation. Pour les sociétés, il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d'exploitation. Pour les entreprises individuelles, le solde du compte d'exploitation est le revenu mixte. L'excédent d'exploitation peut être calculé net, si l'on retranche la consommation de capital fixe[4].

Valeur ajoutée
+ Subventions d'exploitation[5]
- Salaires et traitements bruts
- Cotisations sociales effectives à la charge des employeurs
- Cotisations sociales imputées à la charge des employeurs
- Impôts sur la production (impôts sur les salaires et la main d'œuvre et impôts divers sur la production)
= EBE (ou « EBE et revenu mixte » pour les ménages)

L'EBE est, avec les salaires et traitements bruts et les revenus de la propriété, l'une des principales ressources du Compte d'affectation des revenus primaires.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Le projet de loi de finances 2014 crée un nouvel impôt sur l'excédent brut d'exploitation (EBE), dont la dernière version serait un "excédent net", calculé en déduisant l'amortissement comptable, pour ne pas taxer l'investissement des entreprises[6] et en exonérant les PME. Le nouvel impôt taxerait donc le bénéfice net mais aussi les provisions comptables et les intérêts versés aux créanciers, à une époque où les grandes entreprises cotées en Bourse ont tendance à s'endetter pour réduire leurs capitaux propres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://dictionnaire.reverso.net/business-francais-anglais/b%C3%A9n%C3%A9fice%20brut%20d'exploitation
  2. http://www.creer-gerer-entreprendre.fr/gestion-entreprise/pilotage-entreprise/lebe-lexcedent-brut-dexploitation
  3. Qu'est ce que l'excédent brut d'exploitation?[1]
  4. Insee Définition de l’excédent brut d’exploitation.
  5. Les subventions d'exploitation ne sont pas comptées en ressources du compte d'exploitation mais sont « comptées négativement » en emploi.
  6. "Taxe sur l'EBE : Bercy modifie ses plans", par Cyrille Pluyette dans Le Figaro du 02/10/2013 [2]

Articles connexes[modifier | modifier le code]