Ievgueni Primakov

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Ievgueni Primakov
Ievgueni Primakov
Ievgueni Primakov
Fonctions
5e président du gouvernement russe
11 septembre 199812 mai 1999
Président Boris Eltsine
Prédécesseur Viktor Tchernomyrdine
Successeur Sergueï Stepachine
Ministre des Affaires étrangères
10 janvier 199611 septembre 1998
Président Boris Eltsine
Prédécesseur Andreï Kozyrev
Successeur Igor Ivanov
Biographie
Nom de naissance Евгений Максимович Примаков
Date de naissance 19 octobre 1929 (84 ans)
Lieu de naissance Kiev (République socialiste soviétique d'Ukraine, URSS)
Nationalité Russe

Ievgueni Primakov
Présidents du gouvernement russe

Ievgueni Maksimovitch Primakov, plus souvent orthographié Evgueni Primakov (en russe : Евгений Максимович Примаков), né le 19 octobre 1929 à Kiev, est un ancien président du gouvernement de la Fédération de Russie.

Ancien haut responsable du KGB à l'époque soviétique[citation nécessaire], il a été ministre des Affaires étrangères russe de janvier 1996 à septembre 1998, et président du gouvernement de cette date jusqu'au 12 mai 1999.

En tant que ministre des Affaires étrangères, il a opéré un changement de diplomatie vis-à-vis des États-Unis, passée d'un soutien inconditionnel à l'affirmation de l'intérêt national. Fin connaisseur du monde arabe, il demeure actuellement un émissaire actif du Kremlin au Proche-Orient[citation nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Primakov est né à Kiev, en Ukraine et a grandi à Tbilisi, en république socialiste soviétique de Géorgie. Il a étudié à l'Institut d'État d'études orientales de Moscou où il devint l'ami de Julian Semenov. Il en sort diplômé en 1953. Il effectue ensuite des travaux à l'Université d'État de Moscou. De 1956 à 1970, il a été journaliste pour la radio soviétique et correspondant au Moyen-Orient pour la Pravda. De 1970 à 1977, il est directeur adjoint de l'Institut d'économie et de relations internationales de l'Académie des sciences. Parlant couramment arabe, il est directeur de l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de 1977 à 1985. Durant cette période, il a dirigé la rédaction de nombreuses thèses universitaires, dont celle de Mahmoud Abbas, actuel président de l'Autorité Palestinienne. De 1985 à 1989, il retourne à l'Institut d'économie et de relations internationales en tant que directeur.

Les débuts politiques (1989-1991)[modifier | modifier le code]

Il entame une carrière politique en 1989, en tant que Président du Soviet de l'Union, l'une des deux chambres du Parlement soviétique. De 1990 à 1991, il est membre du Conseil présidentiel de Mikhaïl Gorbatchev. Il est l'envoyé spécial de ce dernier en Irak et s'entretient avec Saddam Hussein alors que se prépare la Guerre du Golfe.

À la direction des renseignements extérieurs[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État manqué d'août 1991 contre Gorbatchev, Primakov est nommé Premier Président adjoint du KGB.

Le 26 décembre 1991, il est nommé Directeur du Service des renseignements extérieurs de Russie, le SVR, un poste qu'il occupe jusqu'en 1996.

Oukase n°316 du 26.12.1991 de nomination de Primakov au poste de directeur du SVR

Ministre des Affaires étrangères (1996-1998)[modifier | modifier le code]

De janvier 1996 jusqu'à septembre 1998, il occupe le poste de ministre des Affaires étrangères. Il y jouit d'une certaine estime en tant que défenseur farouche des intérêts de la Russie, et en tant qu'opposant à l'expansion de l'OTAN dans l'ancien Bloc soviétique, bien que le 27 mai, après cinq mois de négociations avec le secrétaire général de l'OTAN Javier Solana, la Russie signe l'Acte fondateur, qui marque la fin des hostilités de la Guerre froide.

Il se fait l'avocat du multilatéralisme, en tant qu'alternative, après l'effondrement de l'URSS, à l'hégémonie mondiale des États-Unis. Il défend une politique étrangère fondée sur des médiations peu coûteuses et l'expansion au Moyen-Orient ainsi que dans les anciennes républiques soviétiques. Il soutient le « triangle » stratégique Russie, Chine, Inde pour contrebalancer l'influence américaine.

Président du gouvernement (1998-1999)[modifier | modifier le code]

La tentative échouée pour reconduire Viktor Tchernomyrdine comme président du gouvernement (la Douma s'y opposa en septembre 1998) conduit Eltsine à se tourner vers Primakov, susceptible de réaliser le compromis. Primakov met en œuvre des réformes difficiles mais réussies pour la plupart (réforme fiscale notamment)[citation nécessaire]. Son opposition à l'unilatéralisme américain lui vaut une grande popularité en Russie, mais la posture défiante vis-à-vis de l'Occident adoptée lors des frappes au Kosovo empêche la Russie de peser sur l'évolution de l'ex-Yougoslavie.

Alors que le Parti communiste de la Fédération de Russie prépare une procédure de destitution du président Eltsine, Primakov refuse de renvoyer les ministres communistes du gouvernement. Le 12 mai 1999, il est congédié par Eltsine et remplacé par Sergueï Stepachine.

Avec le soutien du parti La Patrie/Toute la Russie, Primakov s'oppose à Vladimir Poutine et au Parti de l'Unité russe. Les élections législatives de décembre 1999 donnent finalement l'avantage à ce dernier, et dans un message télévisé du 4 février 2000, Primakov abandonne la campagne présidentielle et finit par se rallier à Poutine. Il est l'émissaire de la Russie auprès de Saddam Hussein en mars 2003, pour tenter de prévenir l'invasion de l'Irak.

En novembre 2004, il a témoigné en faveur de l'ancien président de la République fédérale de Yougoslavie Slobodan Milošević, jugé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Président de la Chambre de commerce et d'industrie (2001 - 2011)[modifier | modifier le code]

De décembre 2001 à 2011, Evgueni Primakov préside la Chambre de commerce et d'industrie de la Fédération de Russie. Il a obtenu en 2006 le limogeage des ministres des Finances et du Commerce extérieur et imposé une rupture avec les dogmes utra-libéraux[citation nécessaire].

Sous son influence, le Fonds de stabilisation abondé par les exportations de gaz et de pétrole a été affecté au développement du territoire et à la relance de la consommation intérieure, au risque de provoquer une poussée inflationniste.

Il quitte ses fonctions en 2011 et se retire de la vie publique.

Décorations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]