Evgueni Khaldei

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Evgueni Khaldei (10 mars 1917 - 6 octobre 1997) est un photographe renommé de l'agence Tass correspondant de guerre dans l’Armée rouge, très connu pour sa photographie d’un soldat russe plaçant le drapeau rouge de l’Union soviétique sur le Reichstag à Berlin le 2 mai 1945. Cette photographie est devenue un symbole de la chute du Troisième Reich.

Biographie[modifier | modifier le code]

Evgueni (en français Eugène, en anglais Yevgeny) Khaldei est né, en 1917, dans une famille juive de Donetsk, en Ukraine. Depuis l’enfance, il a pour obsession la photographie.

À dix-neuf ans, il commence à travailler avec l’agence de presse soviétique Tass. Khaldei est réputé pour ses photographies de la Seconde Guerre mondiale et du Procès de Nuremberg. Khaldei travaille avec Tass jusqu’en 1972, puis doit se retirer en raison de l’antisémitisme croissant de l’État soviétique.

Il travaille alors pour une revue d'art, mais il lui est interdit de photographier des musiciens juifs. Il expliquera ainsi, que comme beaucoup l'étaient, il prit beaucoup de photos de Rachmaninov et puis Khatchatourian[1].

La renommée internationale de Khaldei date de la dislocation de l'Union soviétique en 1991. Il meurt secrètement en 1997 dans un hôpital.

Travaux[modifier | modifier le code]

Photo du drapeau rouge sur le Reichstag[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Drapeau rouge sur le Reichstag.

La plus célèbre photographie de Khaldei est celle d'un soldat soviétique accrochant le drapeau soviétique sur le toit du Reichstag, à la chute de Berlin, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La photo représente un moment historique, la défaite de l'Allemagne nazie et sa capitale prise par l'Armée rouge après quatre années de pertes effroyables pour les Soviétiques. Le mois précédent, en avril, Evgueni Khaldei, qui a alors 28 ans, découvre la photographie de l'Américain Joe Rosenthal représentant les Marines plantant la bannière étoilée sur Iwo Jima[2]. Le photographe soviétique convainc alors sa hiérarchie de réaliser une photo similaire[2]. Alors que Berlin est sur le point d'être pris par les troupes soviétiques, il fait fabriquer à Moscou d'immenses drapeaux rouges dans des nappes[2] et part en avion pour Berlin.

La photographie qui fera le tour du monde est une reconstitution. En effet Mikhaïl Minine, un jeune soldat de 23 ans est monté sur le toit du parlement allemand et a accroché un drapeau sur l'une des statues, Germania, le 30 avril 1945, à 22 h 40. Mais du fait de l'obscurité, aucune photo ne put être prise. Le jour suivant, le drapeau fut enlevé par des soldats allemands qui résistèrent encore quelques jours dans le quartier du Reichstag. Finalement, le 2 mai 1945, Khaldei escalada le bâtiment dans le quartier désormais pacifié pour prendre la photo avec deux soldats accrochant le drapeau à un pinacle : le Géorgien Meliton Kantaria (pour plaire à Staline qui était lui-même georgien) et le Russe Mikhaïl Yegorov. Rentré à Moscou le soir même[2], il donne son travail à l'agence Tass. Mais il n'avait pas remarqué qu'un des soldats portait deux montres et dut l'effacer au montage, car ce détail pouvait symboliser le pillage de Berlin par les troupes soviétiques[2]. Les versions suivantes de la photo subirent encore d'autres modifications avec un rajout de fumée dans le ciel et un autre drapeau pour donner un aspect plus dramatique.

Ce n'est qu'après la chute du mur de Berlin qu'Evgueni Khaldei put montrer le cliché non retouché qu'il avait conservé[2].

Cette photographie, comme l'ensemble de l'œuvre de Khaldei, est protégée par le droit d'auteur.

Conférence de Potsdam[modifier | modifier le code]

Khaldei est l'auteur de la photo la plus connue de Staline, Churchill et Truman lors de la conférence de Potsdam. Il a expliqué que sur cette photo, la posture très altière est tout à fait fortuite[1]. Il n'avait ainsi que les autres photographes que 3 minutes pour réaliser la photo et Staline était penché dans ses papiers et aucun photographe n'osait l'interpeller. Alors que les photographes allaient partir, Molotov questionna Staline qui se redressa en pivotant et Khaldei prit la photo[1].

Autres[modifier | modifier le code]

Il fut l'un des reporters soviétiques accrédité au procès de Nuremberg[1].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d "Histoire - Photographe sous Staline", Le Point", 26 janvier 2007.
  2. a, b, c, d, e et f "Ces photos qui ont fait scandale", Le Point, 5 mars 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  • Alexander Nakhimovsky, Alice Nakhimovsky, Witness to History: the Photographs of Yevgeny Khaidei, photographies de Yevgeny Khaldei, Aperture, 1997, New York. (ISBN 0-89381-738-4)
  • Mark Grosset, Khaldei. Un photoreporter en Union soviétique, Éditions du Chêne (2004). (ISBN 2842775481)
  • Marc-Henri Wajnberg, Evgueni Khaldei, photographe sous Staline, film-documentaire réalisé en 1997