Evguénia Guinzbourg

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Evguénia Sémionovna Guinzbourg

Activités écrivaine russe soviétique
Naissance 20 novembre 1904
Moscou
Décès 25 mai 1977
Moscou
Langue d'écriture russe

Evguénia Sémionovna Guinzbourg (Евгения Семёновна Гинзбург) (Moscou, 20 novembre 1904 - Moscou, 25 mai 1977) est une écrivaine russe soviétique, principalement connue pour avoir raconté son expérience des prisons du NKVD et du Goulag.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Moscou en 1904 dans une famille juive, elle quitte très jeune cette grande ville (qui n'est pas encore la capitale politique du pays) pour s'installer à Kazan, capitale de la province du Tatarstan (appelée aussi Tatarie). Elle obtient un diplôme de l'université de Kazan, avant de soutenir une thèse de doctorat en histoire à Léningrad.

Elle a donné des cours à l'université de Kazan où elle rencontre en 1932 son futur mari Pavel Axionov. Elle a aussi dirigé le département culturel du journal Tatarie rouge et a participé à la rédaction de l'ouvrage historique L'Histoire de la Tatarie. Son mari était membre du bureau politique du Parti communiste de l'Union soviétique et elle-même fut membre du secrétariat régional du parti communiste de Tatarie et du comité exécutif central des Soviets. Ensemble, ils eurent 2 enfants, Aliocha et l'écrivain Vassili Axionov.dit Vassia.

Les Grandes Purges, destinées à éliminer tous ceux qui auraient pu menacer ou seulement faire de l'ombre à Staline, les rattrapent au milieu des années 1930.

Inquiétée dès 1935, chassée de son poste à l'université puis exclue du Parti, elle est arrêtée le 15 février 1937. Après de longs mois d'instruction dans les prisons de Kazan et de Moscou, elle est condamnée en août 1937 à 10 ans de réclusion en cellule d'isolement pour « activité trotskiste contre-révolutionnaire ». Elle effectue les deux premières années de sa peine dans la prison politique de Iaroslavl ; en 1939, sa condamnation est commuée en dix ans de travaux forcés à la Kolyma, au camp d'Elguen. Envoyée au Goulag, elle sera libérée en 1947. Elle doit cependant attendre jusqu'en 1955 pour être réhabilitée, à la faveur du relatif « dégel » suivant la mort de Staline.

Elle écrit ses mémoires à partir de 1959. Le premier livre, intitulé Le Vertige et sous-titré Chroniques des temps du culte de la personnalité, relate le début de son calvaire jusqu'à son arrivée à la Kolyma. La suite est racontée dans le second livre, Le Ciel de la Kolyma. C'est grâce au samizdat que ses écrits ont été diffusés clandestinement en URSS, avant d'être publiés en Occident à la fin des années 1960.

Le Vertige[modifier | modifier le code]

Le premier tome de son autobiographie retrace sa vie depuis 1935 à 1940, à travers les différentes étapes de son arrestation.

Diplômée d'histoire à l'université de Kazan, elle participe à la création du journal Tatarie Rouge et à l'écriture de L'Histoire de la Tatarie. En 1935, après l'arrestation d'un de ses collègues, le professeur Elvov, elle est accusée de ne pas avoir signalé une de ses erreurs dans ces textes. Cet homme étant rapidement considéré comme un « contrebandier trotskyste », Evguénia est bientôt vue comme sa complice au sein de l'université et se voit alors gratifiée d'un blâme. De Charybde en Scylla, elle est démise de ses fonctions, avec interdiction d'enseigner, même après être allée plaider sa cause à Moscou, sûre de sa fidélité au parti. Emelian Iaroslavski l'accuse de connivence avec les ennemis du peuple et « activité contre-révolutionnaire » et l'exclut du parti communiste.

Arrêtée le 15 février 1937, elle est enfermée au sous-sol de la Direction régionale du NKVD, rue du Lac Noir, où elle restera durant 3 mois. Sa compagne de cellule, Lydia Chepel dite « Liama », est une kavejedinka de la Chine orientale. En avril 1937, elle est transportée à la Boutyrka de Moscou, puis la prison Lefortovo en attente de son procès. Celui-ci a lieu en août 1937, et la condamne à 10 ans de détention en cellule d'isolement, avec retrait des droits civiques pendant cinq ans. Son isolement durera en fait deux ans à Iaroslav, où l'y rejoindra quelques mois plus tard son amie Ioulia Karepova (l'efficacité des Grandes Purges staliniennes instaurées par Nicolaï Iejov oblige les prisons à admettre deux prisonniers dans chaque cellule d'isolement). En mai 1939, sa peine est convertie en dix ans de travaux forcés. Elle voyagera pendant un mois dans un wagon à bestiaux avec 77 autres détenues pour arriver le 7 juillet 1939 au camp de transit de Souzdal à Vladivostok, en attente de la Kolyma.

Evguénia embarque sur le Djourma pour la Kolyma en 1939. L'hiver 1939-40 étant particulièrement rude, elle effectue des travaux de bonification à une température de - 40 °C. En 1940, la « réparatrice » Véra, pour la récompenser d'un don, lui donne un peu de répit : on lui confie un travail à l'hôtel Magadan pendant un mois. Ensuite, elle est envoyée comme plongeuse au réfectoire masculin, au service du chef Achmet. Evguénia fait la rencontre d'un sourd allemand, Helmut.

En compagnie des autres personnes de la même accusation, elle est envoyée dans le sovkhoze d'Elguen, dans la taïga, dont le nom signifie « mort » en iakoute. Les prisonnières arrivent le 4 avril 1940. Avec une certaine Galia, elle abat des arbres à longueur de journée.

À la fin du livre, le médecin chirurgien Vassili Ionovich Pétouchov de Léningrad lui apprend qu'il a vu son fils Aliocha deux années auparavant. Elle est ensuite assignée comme infirmière à la maison d'enfance, donc sauvée dans un premier temps.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Préface à l'édition Seuil du Vertige, par Jean-Jacques Marie