Éverard t'Serclaes

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t'Serclaes mourant, Bruxelles

Éverard t'Serclaes, seigneur de Wambeek, Bodenghem et de Ternat est échevin de Bruxelles né vers 1320 et mort à Bruxelles le 31 mars 1388. Il est entré dans l’histoire de sa ville en contribuant de façon décisive à sa libération lors de la Guerre de succession du duché de Brabant le 24 octobre 1356.

Libération de Bruxelles en 1356[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bataille de Scheut.

Bruxelles était occupée par le comte de Flandre, suite au siège du 17 août 1356. Dans la nuit du 24 octobre 1356, Éverard t'Serclaes escalada les murs de la ville à la tête de patriotes bruxellois et permit aux troupes de Jeanne de Brabant de reprendre la ville.

Activité politique[modifier | modifier le code]

Éverard t'Serclaes sera 5 fois échevin de la ville de Bruxelles, en 1365, 1372, 1377, 1382 et 1388.

Domaines[modifier | modifier le code]

En 1380, Éverard t'Serclaes achète la seigneurie de Cruykenbourg à Jean, sire de Wesemael ; celle-ci inclut les villages Ternat, Wambeek et Lombeek-Sainte-Catherine. Le 9 mai 1381, il acquiert la seigneurie de Sirenbeke (à Schepdael).

Opposition à Sweder d'Abcoude[modifier | modifier le code]

Cul-de-lampe de l'hôtel de ville : le diable emportant l'âme du seigneur de Gaesbeek

Le différend[modifier | modifier le code]

L'agression[modifier | modifier le code]

Éverard t'Serclaes, qui avait défendu les droits de la cité contre l'appétit de Sweder d'Abcoude, fut agressé à Lennik le 26 mars 1388, par Guillaume de Gaasbeek (fils naturel de Sweder) et Melys Uten Enghe, bailli de Gaasbeek. Il est ramené à Bruxelles par Jean de Stalle (doyen de Hal) et Jean Cooreman (son clerc[1]) où Jeanne de Brabant vient encore à son chevet. Albert Dithmar[2] déclara les blessures incurables, et Éverard t'Serclaes décéda le 31 mars 1388. Il fut enterré sur ses terres à Ternat.

Le cul-de-lampe - ci-contre - de l'aile gauche de l'Hôtel de ville de Bruxelles, représente le Diable emportant l'âme du seigneur de Gaasbeek et rappelle cet assassinat.

Famille[modifier | modifier le code]

Un aperçu[3] de la famille d'Éverard t'Serclaes permet d'en percevoir l'attachement à la cour de Brabant.

Éverard était le fils d'Éverard t'Serclaes (père) et de Barbe Van Ursel.

Son frère, Jean t'Serclaes, chanoine de Saint-Gudule, évêque et comte de Cambrai de 1378 à 1389.

Jean t'Serclaes, neveu d'Éverard, le remplaça à sa charge d'échevin de Bruxelles. Il prêta serment le 4 avril 1388, durant le siège même du château de Gaasbeek.

Éverard t'Serclaes était marié en premières noces à Beatrix van Eessene, dont il eut 5 enfants.

Devenu veuf, il épousa Élisabeth Van der Meeren.

Les t'Serclaes sont au nombre des Lignages de Bruxelles - établis en 1375.

Éverard est l'ancêtre de Jean t'Serclaes, comte de Tilly, commandant en chef des armées de la Ligue Catholique et du Saint-Empire romain pendant la première partie de la guerre de Trente Ans ; d'Émile de t'Serclaes de Wommersom, diplomate et acteur de la Révolution belge de 1830 ; et de Nathalie de T' Serclaes, femme politique bruxelloise.

Monument[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monument à Éverard t'Serclaes.

Un monument à Éverard t'Serclaes sculpté par Julien Dillens est installé rue Charles Buls, près de la Grand-Place de Bruxelles.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Clerc à Hal puis curé à l'église Saint-Servais de Schaerbeek jusqu'en 1413, date à laquelle il devient chanoine de la collégiale Saints-Pierre-et-Guidon d'Anderlecht. En 1418, il est à cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, comme pléban d'abord puis comme doyen à partir de 1422.
  2. Médecin réputé attaché à la cour de Brabant, originaire de Braine-l'Alleud. Sa pierre tombale, visible à la Collégiale Saints-Pierre-et-Guidon d'Anderlecht, porte le texte suivant : Hic iacet egregius singularis.... vir Albertus cognomine dithmari de civilate brenien oriundus arcium et medecine mgr eximius illustrisimoru quonda principu ac ducu brabancie anthonii iohannis et philippi phisicus electus nec non venerabiliu ecclesiarum monten senogien anderlechten canonicus dignissimus qui decessit ab humanis anno domini millesimo q dragetesimo tricesimo nono die prima mensis septembris cuius memoria ut benedictioni permaneat animaque cum sanctis in gloria perenniter requiescat (Ici repose le recommandable et célèbre Albert Dithmar originaire de la ville de Braine maître ès arts et médecin renommé des trois illustres ducs de Brabant Antoine, Jehan et Philippe et leur physicien d'élection ; digne chanoine des églises de Mons, Soignies et Anderlecht ; qui sortit de ce bas monde l'an de notre seigneur 1439 le premier jour de septembre afin que sa mémoire et son âme soient bénies qu'il repose dans la gloire avec les saints.). Epitaphes et inscriptions dans les églises, in Messager des sciences historiques de Belgique, L. Hebbelynck, 1835, p. 343-344.
  3. Jules de Saint Genois, Notice sur Everard t'Serclaes, Hebbelynck, 1835, p. 259-269.
  4. Au sujet des troubles politiques de l'époque, voir F. Favresse, Le Conseil de Bruxelles (1282-1421), Revue belge de philologie et d'histoire, 1930, vol. 9, n° 1, p. 139-148 et cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Sergio Boffa, Le différend entre Sweder d'Abcoude et la ville de Bruxelles : la chute du château de Gaesbeek (mars-avril 1388), in : Les Pays-Bas bourguignons, histoire et institutions (Mélanges André Uyttebrouck), Bruxelles, 1996, p. 83-104 (disponible sur Academia.edu).

Cet article, très érudit, présente le grand mérite de se baser sur des sources primaires et de les critiquer si nécessaire ; ce travail permet donc d'approcher la vérité historique, parfois éloignée des légendes et interprétation véhiculées et reproduites.

Articles connexes[modifier | modifier le code]