Eustache Le Sueur
Eustache Le Sueur
Eustache Le Sueur
| Nom de naissance | Eustache Lesueur |
|---|---|
| Naissance | 19 novembre 1616 Paris |
| Décès | 30 avril 1655 (à 38 ans) Paris |
| Nationalité | Français |
| Activité(s) | Artiste peintre, dessinateur |
| Formation | Atelier du premier peintre du Roi : Simon Vouet |
| Maître | Simon Vouet |
| Élèves | Claude Lefèbvre et Jean Clermont |
| Mouvement artistique | baroque et atticisme parisien |
| Œuvres réputées | Le cycle "Vie de Saint-Bruno" |
| Influencé par | Nicolas Poussin |
Eustache Le Sueur ou Lesueur, né à Paris le 19 novembre 1616 et mort à Paris le 30 avril 1655, âgé de 39 ans, est un artiste peintre et dessinateur français de style baroque, considéré comme l'un des fondateurs de la peinture française classique et parfois surnommé « le Raphaël français ».
Sommaire |
Biographie [modifier]
Le Sueur naît à Paris en 1616. Fils d'un tourneur sur bois nommé Cathelin Le Sueur, il devient, à partir de 1632, l'élève de Simon Vouet, premier peintre du Roi, le plus réputé et apprécié des peintres parisiens de l'époque. Au cours de la dizaine d'années qu'il passe dans l'atelier de Vouet - où sont également élèves Charles Le Brun et Pierre Mignard, il apprend le métier de peintre et de décorateur.
Contrairement à ses condisciples, il n'a pas l'opportunité de se rendre en Italie pour parfaire sa formation, comme c'était alors la coutume pour les peintres qui entendaient acquérir un solide métier et faire carrière. C'est donc par la fréquentation des grands palais royaux tels que Fontainebleau et de collections privées parisiennes riches en peintures italiennes du XVIe siècle que le jeune Le Sueur a l'occasion d'étudier les grands peintres de la Renaissance et du début du XVIIe siècle.
Ses premiers tableaux sont exécutés d'après des dessins de son maître Simon Vouet et sous sa direction. On y décèle déjà son talent et l'élaboration d'un style personnel : il peint avec une facilité emprunte de lyrisme des compositions caractérisées par une rigueur et un dépouillement toujours plus marqués au fur et à mesure qu'il se détache de l'influence de son maître. À cet égard, si les premiers tableaux du cycle qu'il a peint sur le thème du Songe de Polyphile (cinq sont aujourd'hui conservés dans des musées) se caractérisent par une accumulation de figures et par l'absence d'un véritable souci de composition, les derniers sont moins opulents et plus équilibrés et manifestent une plus grande maîtrise de son art de la part de l'artiste. Cela ne l'empêche pas pour autant de réutiliser des compositions mises au point par Vouet, et qui ont fait sa célébrité, tels que des Vierges à l'enfant et des Saintes Familles, qu'il traite cependant avec plus de sobriété et de retenue.
En 1645, il entreprit son premier ouvrage conséquent, le cycle de la Vie de Saint-Bruno, commande de vingt-deux tableaux sur la vie du Saint destinés à décorer le cloître de la Chartreuse de Paris. Ces œuvres, achetées par Louis XVI, firent leur entrée dans les collections royales en 1776 et sont aujourd'hui conservées au musée du Louvre. Cette grande commande l'occupa, lui et quelques aides, pendant trois années. C'est avec ce cycle religieux que son style évolue vers plus de sévérité, les personnages de ses tableaux adoptant des attitudes nobles dans des scènes aux compositions très calculées. Les coloris s'éclaircissent et la perspective est particulièrement travaillée. C'est cette orientation, inspirée de l'exemple classique de Poussin (qui a travaillé à Paris de 1640 à 1642, avant de regagner Rome), qui se retrouve dans sa production ultérieure.
Dans les années 1640-1650, Le Sueur fut l'un des membres fondateurs ainsi que l'un des premiers professeurs de l'Académie royale de peinture et de sculpture, alors que le nouveau style classique s'impose dans la peinture parisienne de l'époque (les historiens parlent à cet égard d' un atticisme parisien, un style sobre et équilibré emprunt de références à l'antique). Au même moment, Le Sueur travaille également pour la riche clientèle parisienne privée, décorant plusieurs hôtels particuliers de la capitale. Les sujets qu'il traite sont le plus souvent issus du grand genre, la peinture d'histoire, qu'elle soit antique ou biblique. Artiste très apprécié, il est notamment retenu pour la décoration de l'hôtel Lambert, sur l'île Saint-Louis, où il avait déjà eu l'occasion de travailler quelque années auparavant. Il peint en particulier cinq tableaux représentant les Neuf Muses et un plafond, Phaëton demande à Apollon de conduire son char, pour la chambre des Muses. Toutes ces œuvres sont aujourd'hui conservées au Louvre. Il réalise également la décoration du Cabinet des Bains, conservée in situ. Avec la fin de la Fronde en 1653 et le retour de l'ordre, les commandes royales reprennent et Le Sueur participe à la rénovation du palais du Louvre. Il travaille dans l'appartement des bains d'Anne d'Autriche et à la chambre de Louis XIV, alors tout jeune roi de France. Des allégories à caractère politique qu'il réalise pour ces décors, il ne reste que quelques tableaux, dispersés entre divers musées. On conserve néanmoins plusieurs dessins préparatoires pour ces décors perdus. Le Sueur reçoit également des commandes de la part d'ordres religieux : en 1654 par exemple, il peint quatre tableaux pour l'abbaye bénédictine de Marmoutier-lès-Tours (aujourd'hui répartis entre le musée des Beaux-Arts de Tours et le musée du Louvre).
Son art reflète une volonté de dépouillement fort rare pour l'époque, afin, sans doute, de marquer la différence entre peinture décorative et académisante de ses contemporains. On le comparait parfois aux primitifs italiens. Il est aujourd'hui considéré comme un des peintres les plus personnels du XVIIe siècle, un de ceux qui surent échapper, du moins en partie, à l'empire de l'académisme issu du baroque italien.
Il a décoré les murs de l'église de Pont-sur-Seine dans l'Aube d'après de cartons de Philippe de Champaigne. En tant que dessinateur, il est connu entre autres pour ses illustrations du Songe de Polyphile. Eustache Le Sueur a eu notamment pour élèves Claude Lefèbvre et Jean Clermont.
Fortune critique [modifier]
Considéré comme l'un des fondateurs du classicisme français, aux côtés de Poussin et de Le Brun, celui que l'on surnommait le Raphaël français a été critiqué dès le XIXe siècle, où il passait pour un peintre pieux, mièvre et académique. Théophile Gautier, par exemple, n'appréciait pas vraiment Lesueur. Il le cite dans un poème dédié au peintre espagnol Francisco de Zurbaran :
- Tes moines, Lesueur, près de ceux-là sont fades.
- Zurbaran de Séville a mieux rendu que toi
- Leurs yeux plombés d'extase et leurs têtes malades,
La redécouverte par les historiens de l'art du XVIIe siècle français au XXe siècle a permis de rendre sa juste place à Le Sueur parmi les peintres majeurs de cette époque en montrant la variété de son art, toujours très réfléchi et en constante évolution.
Galerie [modifier]
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Présentation de la Vierge au Temple (vers 1640-45), Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.
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L'Annonciation (vers 1650).
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Les Muses : Clio, Euterpe et Thalia (vers 1652-55), Paris, musée du Louvre.
Œuvres [modifier]
(liste non exhautive)
Dessins, aquarelles [modifier]
Peintures [modifier]
- Le Songe de Polyphile (1636-1644), huile sur toile, 94 x 156,4 cm, Dijon, musée Magnin
- La Vierge et l'Enfant Jésus avec saint Jean-Baptiste (vers 1635-1645), huile sur toile, 111 x 95 cm, Paris, musée du Louvre
- Le Retour de Tobie (vers 1640), Paris, musée du Louvre
- Polyphile devant la reine Éleuthérilide (vers 1643-1644), huile sur toile, 97,5 x 117,5 cm, Rouen, musée des Beaux-Arts
- Mort de Saint Bruno, (1645-1648), sur toile, 193 x 130 cm, Paris, musée du Louvre (INV 8045)
- Agar et Ismaël secourus par l'ange (vers 1648), huile sur toile, 159 x 114 cm, Rennes, musée des Beaux-Arts
- La Prédication de saint Paul à Ephèse, (1649), huile sur toile, 394 x 328 cm, Paris, musée du Louvre
- Le Christ sur la Croix (vers 1650), huile sur toile, 184 x 119 cm, Dijon, musée des Beaux-Arts
- Résurrection du fils de la veuve de Naïm, 1640-1655, Paris, église Saint-Roch
- Les Muses Clio, Euterpe et Thalia (vers 1652-55), Paris, musée du Louvre
- Les Muses Melpomène, Erato et Polymnie (vers 1652-55), Paris, musée du Louvre
- La Muse Uranie, Paris, musée du Louvre
- La Muse Calliope, Paris, musée du Louvre
- La Muse Terpsichore (vers 1652-55), Paris, musée du Louvre
Gravures, lithographies [modifier]
Salons [modifier]
Expositions, galeries [modifier]
Prix, récompenses [modifier]
Musées, monuments [modifier]
Élèves [modifier]
(liste non exhaustive)
Iconographie [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Charles de Pougens, Galerie de Lesueur, ou Collection de tableaux représentant les principaux traits de la vie de S. Bruno, faisant suite au Cours de peinture, ou Musée de M. Filhol, dessinée et gravée par Georges Malbeste, accompagnée de sommaires descriptifs et de notices sur la vie de S. Bruno et sur celle de Lesueur (1825).
- Alain Mérot, Eustache Le Sueur, 1616-1655, 1987, éd. Arthena.
- Alain Mérot, Eustache Le Sueur 1616-1655, 2000, éd. Arthena (réédition, revue et corrigée de l'édition de 1987), (ISBN 2-903239-26-6).