Europe latine

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Langues romanes
Langues d'origine latine
  •      Pays où une langue néo-latine est la langue officielle
  •      Zones où une langue néo-latine est une langue officielle entre autres
  •      Pays où l'usage d'une langue néo-latine est important, mais non-officiel
  •      Zones où l'usage d'une langue néo-latine est significatif, mais non-officiel


L’Europe latine est une notion géopolitique principalement basée sur un critère linguistique qui s'applique aux nations et aux régions d'Europe où les populations majoritaires parlent une langue romane, c'est-à-dire une langue issue du latin. L'Europe latine comprend des pays de tradition principalement catholique (Italie, France, Espagne, Portugal essentiellement) et des pays de tradition principalement orthodoxe (Roumanie, Moldavie). En prenant en compte les deux critères que sont la langue et le catholicisme, l'Europe latine inclut la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, ainsi que quatre petits pays et principautés : Saint-Marin, le Vatican, Andorre et Monaco. Elle comprend aussi les régions francophones de Belgique et de Suisse (Suisse romande), ainsi que le Tessin (italophone) et les Grisons, unique canton à parler également le romanche (quatrième langue nationale). En ne tenant compte que d'un seul critère, la langue, on y ajoute la Roumanie et la Moldavie. Cette vision géopolitique s'exprime dans l'Union latine, dont beaucoup de ces pays sont membres.

D'un point de vue géographique, l’Europe latine se situe à l'ouest et au sud-ouest de l'Europe (France, Italie, Portugal, Espagne) et au sud-est de l'Europe (Roumanie, Moldavie). La Roumanie et la Moldavie sont séparés géographiquement des pays de langue romane à l'ouest et au sud, par des régions de langue slave (pays de l'ex-Yougoslavie) mais ont néanmoins réussi à préserver leur langue et leur originalité (non sans difficultés face à l'hégémonie des empires voisins, notamment austro-hongrois et russe). Ces 2 pays (où le roumain, langue romane, est la langue officielle) ont montré leur volonté de faire partie de l'Europe en introduisant l'alphabet roman latin en 1860.

La notion d’Amérique latine constitue un parallèle en Amérique, mais elle désigne uniquement les pays de langue néo-latine en Amérique centrale et en Amérique du Sud, elle exclut donc le Canada francophone situé en Amérique du Nord.

Critique de la notion d'Europe latine[modifier | modifier le code]

Cette opposition Europe latine et Europe non latine n'est qu’une manière de déterminer un ensemble parmi d'autres ensembles. Elle dépend notamment d'un point de vue que l'on adopte. Hormis le caractère indiscutable de l'origine commune des langues romanes, rechercher des traits culturels communs qui distingueraient les Latins des non Latins s'avère beaucoup plus complexe étant donné l'histoire des pays en question et les interactions culturelles de tout type. Aussi, même si l'importance du catholicisme dans l'histoire des pays de langues néo-latines est une réalité, elle l'est tout autant pour d'autres pays de langues diverses comme la Pologne ou l'Irlande, où il est plus profondément ancré qu'en France par exemple. De même, la France est le seul pays « latin » où le protestantisme s'est développé avec une telle ampleur au XVIe siècle.

En France même, on peut se poser la question de la pertinence de cette notion, puisque la langue vernaculaire d'une partie des habitants de l'hexagone n'est pas une langue romane, mais une langue germanique (Alsace, Lorraine thioise, Flandre néerlandophone), celtique (Bretagne de l'ouest), voire non indo-européenne comme le Basque.

En outre, comme le fait remarquer Pierre Fougeyrollas en 1968 : « Alors qu'il est facile de montrer en quoi les Provençaux, les Gascons, les Limousins, les Auvergnats, les Languedociens participent à la latinité, précisément parce que ce sont des Occitans, il est malaisé de l'établir pour les Normands, les Picards, les Angevins, les Bourguignons, les Champenois ou les Lorrains. Ces derniers parlent bien une langue latine, mais leur phonétique, leur mode de vie et de pensée diffèrent des normes de la latinité[1]. »

D'un point de vue géopolitique, la France, la Belgique et la Suisse ne font pas partie de l'Europe du Sud, selon les critère retenus par l'ONU, qui se compose en revanche des trois autres grands pays de langue romane, à savoir : l'Italie, l'Espagne et le Portugal, auxquels on ajoute parfois la Roumanie et la Moldavie en raison de leur langue romane en situation d'isolement géographique, alors qu'elles sont classés en Europe centrale par l'ONU. La France, la Belgique et la Suisse sont considérées comme des pays de l'Europe de l'Ouest toujours par l’ONU et ce, avec les pays de langue germanique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Fougeyrollas, Pour une France fédérale, Denoël, Paris, 1968, p. 138 - 139.

Voir aussi[modifier | modifier le code]