Euphorbia esula

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L'euphorbe ésule ou euphorbe âcre (Euphorbia esula) est une plante herbacée de la famille des Euphorbiaceae.

Description[modifier | modifier le code]

Euphorbia esula

C'est une plante herbacée érigée, de taille moyenne, à tige lisse. Les bractées florales sont jaune acide. Plusieurs tiges partent généralement de la racine pivotante qui s'enfonce très profondément dans le sol.

La reproduction se fait par les graines, qui ont un fort taux de germination et peuvent rester vivantes dans le sol pendant au moins sept ans. Les capsules s'ouvrent en explosant, dispersant les graines jusqu'à 5 m autour du pied-mère. La dissémination peut se faire par voie aquatique ou animale. L'euphorbe se multiplie aussi de façon végétative et s'étend ainsi de plusieurs mètres par an.

Le système racinaire est complexe, peut atteindre 8 m de profondeur et s'étendre sur 5 m en largeur. Les racines peuvent porter de nombreux rejets.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • Euphorbia esula var. esula L.
  • Euphorbia esula var. orientalis Boiss.
  • Euphorbia esula var. uralensis (Fisch. ex Link) Dorn
Fleurs

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs
Graine
Habitat et répartition
  • Habitat type : ourlets basophiles médioeuropéens, xérophiles, occidentaux, planitiaires
  • Aire de répartition : eurasiatique

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Caractère invasif[modifier | modifier le code]

L'euphorbe ésule est une espèce invasive en Amérique du Nord. Originaire d'Europe et d'Asie, elle a été exportée vers l'Amérique vers le début du XIXe siècle, sans doute via des lots de semences agricoles.

La plante entre en compétition avec les plantes indigènes en accaparant l'eau et les nutriments, en produisant de l'ombre et en produisant des toxines qui inhibent la croissance des autres plantes autour d'elle.

En Amérique du Nord, elle peut former des colonies très vastes dans les prairies, posant de sérieux problèmes pour la biodiversité, notamment dans les parcs nationaux.

Elle pose aussi localement des problèmes en Europe, par exemple dans les prairies inondables du Val de Saône où elle menace une quinzaine de plantes protégées. L'ONCFS y a prescrit avec d'autres une lutte chimique en attendant de trouver des moyens de lutte biologique[1].

Du fait de la persistance des graines et de sa capacité à se régénérer à partir de petits fragments de racines, elle est très difficile à éradiquer. Des programmes de lutte biologique sont mis en place, en important des ravageurs européens. Il existe également des herbicides systémiques.

La réalité sur l'invasion par cette espèce est une contamination massive de la terre cultivée par les pesticides, qu'elle soit directe (épandage de pesticides) ou indirecte (épandage de matière organique polluée par les pesticides). La levée de cette plante ne fait que donner un avertissement et ne se fait pas au hasard, car ce sont ces polluants qui agissent sur la levée de dormance des graines de cette espèce qui vient dépolluer le sol. Porter toute son attention sur son caractère invasif c'est oublier son caractère bioindicateur pour l'état du sol : cela revient à pallier les conséquences d'un mal sans chercher sa cause. Utiliser encore plus de pesticides pour éliminer une plante qui pousse justement à cause de leur présence n'est pas très sérieux. C'est la source même de la levée de cette plante qu'il faut supprimer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue de l'ONCFS (Faune sauvage, avril 2008)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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