Eugen d'Albert

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Eugen d'Albert

Description de l'image  Eugen d'Albert.jpg.
Naissance 10 avril 1864
Glasgow, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Décès 3 mars 1932 (à 67 ans)
Riga, Drapeau de la Lettonie Lettonie
Activité principale compositeur, pianiste
Maîtres Ernst Bauer

Eugen d’Albert, né le 10 avril 1864 à Glasgow et mort le 3 mars 1932 à Riga, est un pianiste et compositeur allemand d'origine écossaise.

Le pianiste[modifier | modifier le code]

Eugen d’Albert s'initie d'abord à la musique en autodidacte, avant d'entrer à la National Training School de Londres — dont le directeur est le célèbre compositeur d'opérettes Arthur Sullivan — où il étudie le piano avec Ernst Bauer à partir de 1876. Trois ans plus tard, Anton Rubinstein lui prédit déjà un « succès mondial », et le chef d'orchestre Hans Richter emmène le jeune homme de seize ans à Vienne, où il est présenté à Franz Liszt et à Carl Tausig : c'est auprès d'eux qu'il parfait son éducation pianistique, tout en bénéficiant, pour la composition, des conseils de Johannes Brahms et du critique musical Eduard Hanslick. Ce sont ses premiers concerts à Berlin, au début des années 1880, qui lancent véritablement sa carrière ; et en 1883, il entame une gigantesque tournée en Europe et en Amérique. Ses interprétations des œuvres de Bach et de Beethoven le rendent bientôt plus célèbre, en tant que pianiste, que Ferruccio Busoni ou Max Reger. Brillant pédagogue, il transmet la tradition pianistique de Liszt à ses élèves, parmi lesquels on compte Wilhelm Backhaus ou encore Edwin Fischer.

Le compositeur[modifier | modifier le code]

Le premier opus d'Eugen d’Albert, une suite pour piano en ré mineur, qu'il compose à l'âge de 19 ans, révèle son admiration pour Bach, tandis que dans son premier concerto pour piano, écrit un an plus tard, apparaît l'évidente influence de Liszt — à qui l'œuvre est d'ailleurs dédiée. Mais rapidement, Eugen d'Albert acquiert son style propre, s'articulant autour d'une approche harmonique plus personnelle et une recherche formelle typique de la tradition brahmsienne, comme le montrent son second concerto pour piano (1893) et son concerto pour violoncelle (1899) ; ou encore ses deux quatuors à cordes, datés respectivement de 1888 et 1893, qui s'inscrivent dans la grande lignée germanique de la musique de chambre. C'est néanmoins dans la musique vocale que la créativité d'Eugen d'Albert trouve son plus grand épanouissement : outre ses 58 lieder — dont une grande partie est inspirée par Hermine Finck, une de ses six épouses successives — sa production ne compte pas moins de 20 opéras, composés entre 1893 et 1932. Hormis dans le genre de l'opéra-comique, où il s'émancipe de son aîné, d'Albert conserve dans ses œuvres dramatiques de nombreuses habitudes wagnériennes — à commencer par l'emploi du leitmotiv — tout en assimilant l'influence italienne et plus particulièrement celle du courant vériste. De cette œuvre abondante, on retiendra surtout Die toten Augen (1916) et Tiefland (1903), ses deux seuls opéras qui conservent aujourd'hui encore une certaine renommée.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Opus 1 : Suite pour piano en ré mineur
  • Opus 2 : Concerto pour piano en si mineur
  • Opus 3 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 4 : Symphonie en fa majeur
  • Opus 5 : Acht Klavierstücke
  • Opus 6 : Valse pour piano à quatre mains
  • Opus 7 : Quatuor à cordes n°1 en la mineur
  • Opus 8 : Ouverture d'Esther
  • Opus 9 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 10 : Sonate pour piano en fa dièse mineur
  • Opus 11 : Quatuor à cordes n°2 en mi bémol majeur
  • Opus 12 : Concerto pour piano n°2 en mi bémol majeur
  • Opus 13 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 14 : Der Mensch und das Leben
  • Opus 15 : Seejungfräulein, scène de concert pour voix et orchestre
  • Opus 16 : Vier Klavierstücke
  • Opus 17 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 18 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 19 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 20 : Concerto pour violoncelle en ut majeur
  • Opus 21 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 22 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 23 : Huit Lieder (1900)
  • Opus 24 : Wie wir die Natur erleben pour soprano (ou ténor) et orchestre
  • Opus 25 : Deux Lieder pour soprano (ou ténor) et orchestre
  • Opus 26 : Mittelalterliche Venushymne pour ténor et orchestre
  • Opus 27 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 28 : Lieder avec accompagnement de piano
  • Opus 29 : Cinq Bagatelles pour piano
  • Opus 30 : An den Genius von Deutschland pour chœur, soli et orchestre
  • Opus 33 : Suite pour orchestre
  • Opus 34 : Prélude symphonique pour l'opéra Tiefland
Opéras
  • Der Rubin, Karlsruhe, 1893
  • Ghismonda, Dresde, 1895
  • Gernot, Mannheim, 1897
  • Die Abreise, Francfort, 1898
  • Kain, Berlin, 1900
  • Der Improvisator, Berlin, 1902
  • Tiefland, Prague, 1903
  • Flauto solo, Prague, 1905
  • Tragaldabas, Hamburg, 1907
  • Izeyl, Hamburg, 1909
  • Die verschenkte Frau, Vienne, 1912
  • Liebesketten, Vienne, 1912
  • Die toten Augen, Dresde, 1916
  • Der Stier von Olivera, Leipzig, 1918
  • Revolutionshochzeit, Leipzig, 1919
  • Scirocco, Darmstadt, 1921
  • Mareike von Nymwegen, Hamburg, 1923
  • Der Golem, Frankfurt, 1926
  • Die schwarze Orchidee, Leipzig, 1929
  • Die Witwe von Ephesus, 1930
  • Mister Wu, 1932

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la Musique, sous la direction de M. Vignal, Vol. 1, Larousse, 1996, p. 25
  • (de) Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Vol. 1, Bärenreiter, 1982, pp. 293-295
  • (de) Spemanns goldenes Buch der Musik, Spemann, 1906, pp. 701-702

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