Eugénio de Andrade

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Eugénio de Andrade

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Peinture de Bottelho

Nom de naissance José Fontinhas
Activités Poète
Naissance 19 janvier 1923
Póvoa de Atalaia, Fundão, Drapeau du Portugal Portugal
Décès 13 juin 2005
Porto, Drapeau du Portugal Portugal
Langue d'écriture portugais
Distinctions Prix Camões (2001)

Eugénio de Andrade, de son vrai nom José Fontinhas (Póvoa de Atalaia, Fundão, né le 19 janvier 1923 à Fundão – mort à Porto le 13 juin 2005), est considéré par de nombreux critiques et spécialistes comme l'un des poètes majeurs de langue portugaise.

Marguerite Yourcenar a dit de ses poèmes : « Ce clavecin bien tempéré de vos poèmes. » Claude-Michel Cluny, dans Lire, écrit pour sa part : « Eugénio de Andrade n'appartient à aucune filiation sinon, par affinité, aux Italiens Sandro Penna ou Pier Paolo Pasolini. Mais le Pasolini chantre virgilien moderne de ses années frioulanes, des saisons et du parfum de l'heure, de l'éclat de la jeunesse agreste joueuse et pourtant mélancolique. C'est cela qu'Andrade partage, et la tiédeur sensuelle d'un soleil antique. » À son tour, André Velter, dans le journal Le Monde, considère qu'« Eugènie de Andrade est l’un des rares poètes portugais contemporains à avoir imposé sa singularité, à avoir traversé la galaxie Pessoa sans demeurer dans la dépendance de ce fabuleux champ d’extraction mentale. »

Eugénio de Andrade a reçu le Prix Camões de la littérature portugaise en 2001. Son œuvre a été traduite dans une dizaine de langues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugénio de Andrade écrivit ses premiers poèmes en 1936 et publia son Narciso (Narcisse) en 1939, à l’âge de seize ans. Après avoir vécu à Lisbonne de 1932 à 1943, il partit pour Coimbra afin d'y accomplir son service militaire, rencontrant à cette occasion Miguel Torga et Eduardo Lourenço. Enfin, il déménagea à Porto en 1950, où il vécut le restant de sa vie, travaillant en tant qu’inspecteur au ministère de la Santé.

En 1948, après la parution de As mãos e os frutos (Les Mains et les Fruits), il devint célèbre dans son pays, son œuvre ayant été très bien accueillie par des critiques tels que Jorge de Sena et Vitorino Nemésio. Auteur prolifique, il publia des dizaines de livres et aborda tous les genres littéraires. De son œuvre poétique, signalons Escrita da Terra (Écrits de la terre), 1974 ; Matéria solar (Matière solaire), 1980 ; O sal da língua (Le Sel de la langue), 1995 ; et O Peso da sombra(Le Poids de l’ombre). En prose, on peut d'abord retenir Os afluentes do silêncio (1968), Rosto precário (1979) et À sombra da memória (1993). Sans oublier ses contes pour enfants : História da égua branca (1977) et Aquela nuvem e as outras (1986).

Malgré sa renommée, qui dépassait les frontières du Portugal, Eugénio de Andrade est resté un homme solitaire, fuyant les mondanités ; il expliquait ses rares apparitions publiques par "cette faiblesse du cœur qu’on appelle l’amitié".

De son vivant, il reçut d’innombrables distinctions, parmi lesquelles le Prix de l’Association internationale des critiques littéraires (1986), le Grand Prix de poésie de l'Association portugaise des écrivains (1989) et le Prix Camões en 2001.

Il mourut le 13 juin 2005, à Porto, à la suite d’une très longue maladie neurologique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Vingt-sept Poèmes d'Eugénio de Andrade, trad. de Michel Chandeigne, Paris, 1983.
  • Une Grande, une Immense Fidélité, trad. de Christian Auscher, Paris, Chandeigne, 1983.
  • Le Poids de l'ombre, trad. de Mª Antónia Câmara Manuel, Michel Chandeigne et Patrick Quillier, Paris, La Différence, 1987.
  • Matière solaire (Matéria solar), trad. de Maria Antónia Câmara Manuel, Michel Chandeigne et Patrick Quillier, avant-propos de Michel Chandeigne, éd. bilingue, Paris, La Différence, 1986.
  • Écrits de la terre (Escritas da Terra), trad. de Michel Chandeigne, éd. bilingue, Paris, La Différence, 1988.
  • Femmes en noir, trad. de Christian Auscher, postface de João Fatela, photographies de Claude Sibertin-Blanc, Paris, La Différence, 1988.
  • L’autre nom de la terre (O outro nome da terra), trad. de Michel Chandeigne et Nicole Siganos, éd. bilingue, Paris, La Différence, 1990.
  • Versants du regard et autres poèmes en prose, trad. de Patrick Quillier, éd. bilingue, Paris, La Différence, 1990.
  • À l’approche des eaux, trad. de Michel Chandeigne, Paris, Phébus, 1991, rééd. La Différence, 2000.
  • Office de la patience (Ofício de paciência), trad. de Michel Chandeigne, éd. bilingue, Bruxelles, 1995.
  • Le Sel de la langue (O Sal da língua), trad. de Michel Chandeigne, Paris, La Différence, 1999.
  • Les Lieux du feu (Lugares do fogo), trad. de Michel Chandeigne, L’Escampette, 2001.
  • Matière solaire suivi de Le Poids de l'ombre et de Blanc sur blanc, trad. de Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antónia Câmara Manuel, préface de Patrick Quillier, Paris, Poésie/Gallimard, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Bibliomonde [1]
  • Le Portugal aux éditions de la Différence, p. 11, Paris, 1992