Eugénie Éboué-Tell

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Eugénie Éboué-Tell
Fonctions
Conseillère de la République puis sénatrice de la Guadeloupe
15 décembre 194618 mai 1952
Élection 15 décembre 1946
Réélection 7 novembre 1948
Députée de la 5e circonscription de la Guadeloupe
aux Ire et IIe Assemblées nationales constituantes
6 novembre 194527 novembre 1946
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
Biographie
Date de naissance 23 novembre 1891
Lieu de naissance Cayenne (Guyane française)
Date de décès 20 novembre 1972
Lieu de décès Pontoise (Val-d'Oise)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique SFIO (1944-1947)
RPF (1947-)
Conjoint Félix Éboué

Eugénie Éboué-Tell, née le 23 novembre 1891 à Cayenne (Guyane française) et décédée le 20 novembre 1972 à Pontoise (Val-d'Oise), est une femme politique française. Elle est successivement députée, conseillère de la République et sénatrice de Guadeloupe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et Résistance[modifier | modifier le code]

Eugénie Telle naît à Cayenne, en Guyane. Son père s'appelle Hypollite Herménégilde Tell est directeur du bagne. Elle effectue une partie de ses études au lycée de jeunes filles de Montauban (Tarn-et-Garonne), et obtient le certificat d'aptitude pédagogique[1]. Elle devient institutrice, profession qu’elle exerce en Guyane[2], à Saint-Laurent-du-Maroni[1].

Elle épouse Félix Éboué le 14 juin 1922 et part en 1923 vivre avec lui en Oubangui-Chari, l'actuelle Centrafrique où ils resteront jusqu'en 1931. Au cours de cette période, elle lui apportera tout ses talents de musicienne pour l'aider à déchiffrer les langages tambourinés et sifflés des populations Banda et mandja. Puis elle le suivra en Martinique ( 1932 à 1934) au Soudan (1934-1936) et en Guadeloupe (1936-1938). Lorsqu'il est nommé par Mandel gouverneur du Tchad français en 1938, elle le suit de nouveau. A l'Appel du 18 juin, Félix Eboué se rallie au général de Gaulle dès août 1940, contre la décision de son supérieur, Pierre Boisson, gouverneur général de l'A.E.F ; ce qui lui vaut d’être nommé à sa place gouverneur général de l'Afrique équatoriale française le 12 novembre1940[2]. De son côté, Eugénie Tell s’engage dans les Forces françaises libres féminines et devient infirmière à l'hôpital militaire de Brazzaville[1], ce qui justifie l’attribution de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance[2]. Son époux décède le 17 mai 1944 au Caire.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Députée[modifier | modifier le code]

Elle adhère à la SFIO en 1944. Est elle nommée déléguée à l'Assemblée consultative provisoire puis devient députée de Guadeloupe des deux Assemblées nationales constituantes entre 1945 et 1946[2]. Lors des élections législatives de 1945, elle est élue dans la première circonscription de Guadeloupe, par 14 441 voix sur 25 020, puis réélue à celles de juin 1946, par 12 490 sur 18 815[1]. Elle échoue néanmoins à se faire réélire au sein de la Ire législature de la Quatrième République française, lors des élections législatives de novembre 1946[1] : elle est troisième sur une liste dont seulement le premier nom devient député.

Conseillère de la République et sénatrice[modifier | modifier le code]

Elle est élue, en mai 1945, conseillère municipale de Grand-Bourg (Guadeloupe)[1]. Lors des élections sénatoriales de 1946, le 15 décembre, elle est élue conseillère de la République (ce qui équivaut, sous les IIIe et Ve Républiques, et à partir de 1948 sous la IVe, au mandat de sénatrice), par 20 voix contre 30[1]. Clovis Renaison, deuxième sur la liste SFIO est également élu[1]. Elle est membre du groupe parlementaire socialiste ; elle fait partie de la Commission à l’Éducation nationale et de la Commission à l’Intérieur[2].

Sa première action est d’approuver la motion

« invitant le Conseil de la République à ne pas se prononcer sur la demande de levée d’immunité parlementaire des élus malgaches avant d'avoir entendu les intéressés (mai 1947) »[1]. Elle intervient publiquement pour la première fois en juillet 1947, alors qu’elle discourt sur Madagascar[2]. Elle soutient le transfert des cendres de Victor Schœlcher au Panthéon (Paris)[1].

En 1947, elle adhère au RPF, parti récemment fondé par le général de Gaulle[2] Elle est réélue sous cette étiquette aux élections municipales d’octobre 1947. Au Conseil de la République, elle rejoint alors le groupe parlementaire « Action démocratique et républicaine »[1]. Elle est réélue conseillère de la République lors des élections sénatoriales de 1948, qui reprend alors le nom de « Sénat », faisant d’Eugénie Éboué-Tell et de ses consœurs du palais du Luxembourg des « sénatrices ». Elle conduisait le liste RPF, qui pourvoit les deux sièges de sénateur ; elle l’emporte par 231 voix sur 583[1]. Elle devient membre de la Commission des douanes mais intervient essentiellement en séance publique sur des questions liées à l’Outre-mer. Elle est vice-présidente de la Commission de la France d'outre-mer à partir de janvier 1951[1]. Son mandat prend fin en 1952 (elle ne s’était alors pas représentée[1]).

Autres engagements[modifier | modifier le code]

Eugénie Éboué-Tell devient vice-présidente de l'Assemblée de l'Union française ; elle est ensuite vice-présidente du groupe parlementaire des « Républicains sociaux », au sein de cette assemblée[1]. Elle est aussi membre du comité directeur de l’Alliance Internationale des Femmes. Elle échoue lors des élections législatives françaises de 1956, alors candidate dans la 5e circonscription de la Seine ; elle était troisième sur la liste des Républicains sociaux, un seul siège étant pourvu par cette liste[1]. En 1958, elle est élue conseillère municipale d'Asnières[2] sous la houlette de Maurice Bokanowsky jusqu'en 1972.

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Malade, elle meurt le 20 novembre 1972 à Pontoise et est inhumée au cimetière de Pantin.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]