Eugène Maës
| Eugène Maës | ||
| Biographie | ||
| Nom | Eugène Maës | |
|---|---|---|
| Nationalité | ||
| Naissance | 15 septembre 1890 | |
| Lieu | Paris | |
| Décès | 30 mars 1945 | |
| Lieu | Ellrich |
|
| Poste | Attaquant | |
| Parcours amateur | ||
| Saisons | Club | |
| 1905-1910 | ||
| 1910-1914 | ||
| 1919-1934 | ||
| Sélections en équipe nationale 2 | ||
| Années | Équipe | M. (B.) |
| 1911-1913 | 11 (15) | |
| 2 Matchs officiels. |
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Eugène Maës est un footballeur français, né le 15 septembre 1890 à Paris 11e et décédé en camp de concentration à Ellrich (Allemagne) le 30 mars 1945[1].
Sommaire |
Biographie [modifier]
L'apprentissage du football [modifier]
Il découvre le football en 1902 dans le jardin du Luxembourg à Paris avec ses amis[2]. Il rejoint le Patronage Olier, un patronage paroissial parisien affilié à la FGSPF de la rue d'Assas en 1905 où il occupe déjà le poste d'avant centre[2]. Il remporte avec son club son premier trophée en 1908 : la deuxième édition du trophée de France contre le SM Puteaux. Il inscrit le troisième et dernier but de son équipe[3]
L'arrivée au Red Star et l'équipe de France [modifier]
Il rejoint le Red Star en 1910. Jeune prodige d'une génération disloquée par la Première Guerre mondiale, particulièrement réputé pour son jeu de tête[4] Maës est le premier « vrai » buteur de l'équipe de France. Sans une grave blessure au combat lors de la Grande Guerre qui l'oblige à mettre un terme à sa carrière de footballeur de haut niveau à 24 ans, Maës aurait certainement fait partie des meilleurs buteurs tricolores de tous les temps, puisqu'en à peine plus de deux ans de carrière internationale (et 11 sélections) il inscrit 15 buts. Son jour de gloire en Bleu remonte au 17 mars 1912 à Turin contre l'Italie où, après être arrivé à cinq heures du matin à la faveur d'une permission, il réussit un triplé qui permet aux Français de s'imposer pour la première fois de l'autre côté des Alpes (4-3)[5]. Le buteur du Red Star inscrit également un quintuplé face au Luxembourg en 1913 (8-0), exploit que seul Thadée Cisowski rééditera sous le maillot bleu en 1956. Il reçoit la médaille d'or de la fédération française de football en 1933 au titre d'ancien joueur[6].
Sa reconversion à Caen [modifier]
Arrivé à Caen en convalescence après sa blessure lors des combats de la première Guerre mondiale, il joue au Stade Malherbe dès la reprise des compétitions et jusqu'au début des années 1930. De par son talent et son expérience, il s'impose très vite comme le capitaine de l'équipe, tenant lieu d'entraîneur à une époque où ce poste n'existe pas[7]. C'est lui qui invente le « cri de guerre du Stade Malherbe » au milieu des années 1920[8]:
« Rik - Rik - Rik - Di -Dik - La hioup - La hioup - La hé - aki - aka - kaï - kaa - SMC - SMC
Hip - Hip - Hip - Hourra
Hip - Hip - Hip - Hourra
Hip - Hip - Hip - HourraNon, non, non, non, l'Stade Malherbe n'est pas mort (bis)
Car il gagne encore (bis)[9] »
.
Parallèlement à sa carrière de footballeur, il reprend une école de natation sur les bords de l'Orne à Caen le lido[10] en 1924. Il pratiquait lui-même le plongeon et était professeur de natation[11].
Durant de la seconde Guerre mondiale, Eugène Maës est dénoncé par Marie-Clotilde de Combiens[12] pour propos anti-allemands. Son école de natation fait face au château de la Motte qui est le siège local de la gestapo. « forte personnalité », il ne supporte pas l'attitude de Marie-Clotilde de Combiens qui est la maîtresse du responsable caennais de la gestapo et lui fait savoir en personne. Quelques jours après cette déclaration, un agent en civil conseille à Eugène Maës de surveiller son langage vis-à-vis de mademoiselle de Combiens. Cette dernière aurait alors dit « je n'ai qu'un mot à dire pour faire arrêter Maës »[12]. L'arrestation est effectuée le 21 juin 1943[13]. Sa dénonciatrice s'en vante auprès d'une voisine en août 1943 : « Maës s'en va comme travailleur de force, ça lui fera les pieds et ça lui fermera la gueule »[12]. Déporté, il meurt le 30 mars 1945 au camp de concentration de Dora-Mittelbau à Ellrich.
Une rue porte son nom à Caen dans le quartier du stade de Venoix depuis le 29 octobre 1952[10].
Carrière de joueur [modifier]
Statistiques en équipe de France [modifier]
| Date | Adversaire | Lieu | Score | Buts |
|---|---|---|---|---|
| 1er janvier 1911 | Hongrie | Dom. | 0-3 | |
| 23 mars 1911 | Angleterre | Dom. | 0-3 | |
| 9 avril 1911 | Italie | Dom. | 2-2 | 2[14] |
| 23 avril 1911 | Suisse | Ext. | 5-2 | 1[15] |
| 30 avril 1911 | Belgique | Ext. | 7-1 | 1[16] |
| 28 janvier 1912 | Belgique | Dom. | 1-1 | 1[17] |
| 18 février 1912 | Suisse | Dom. | 4-1 | 1[18] |
| 17 mars 1912 | Italie | Ext. | 3-4 | 3[19] |
| 12 janvier 1913 | Italie | Dom. | 1-0 | 1[20] |
| 16 février 1913 | Belgique | Ext. | 3-0 | |
| 20 avril 1913 | Luxembourg | Dom. | 8-0 | 5[21] |
Notes et références [modifier]
- Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 11/4231/1890, avec mention marginale du décès (consulté le 19 juin 2012)
- « Un grand nom du football français : Eugène Maës, avant-centre de l'équipe de France 1911-1914 », Ouest Éclair, 10 août 1938 [texte intégral]
- François-Xavier Valentin, « Red Star Story : Eugene Maes », sur Site officiel du Red Star, 29 septembre 2011
- Galerie des grands joueurs du Red Star, Lettre M, sur allezredstar.com
- Eugène Maës, allezredstar.com
- « Petits potins caennais », Ouest Éclair, no 13504, 27 octobre 1933 [texte intégral]
- « Echo caennais », Ouest Éclair, 9 juillet 1919 [texte intégral]
- Michel Le Néel, Les plus belles pages du Stade Malherbe Caen, 1994
- Sur l'air de saint Éloi n'est pas mort
- « Une rue pour le sportif Eugène-Maës - Caen », Ouest-France, 20 juillet 2011 [texte intégral]
- « Les régates », Ouest Éclair, 14 juillet 1923 [texte intégral]
- Lecouturier Yves, 1944, l'épuration en Normandie, Ouest-France, 2011 (ISBN 978-2-7373-5147-1)
- Christophe Pecout, Les Chantiers de la Jeunesse et le revitalisation physique et morale de la jeunesse française (1940-1944), éditions L’Harmattan, 2007, 268 p. (ISBN 978-2-296-02578-3)
- Feuille du match France-Italie, sur fff.fr
- Feuille du match Suisse-France, sur fff.fr
- Feuille du match Belgique-France, sur fff.fr
- Feuille du match France-Belgique, sur fff.fr
- Feuille de match France-Suisse, sur fff.fr
- Feuille de match Italie-France
- Feuille de match France-Italie, sur fff.fr
- Feuille de match France-Luxembourg, sur fff.fr