Eugène Lavieille

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Autoportrait, 1883.
Fusain (collection particulière).

Eugène Lavieille, né le 29 novembre 1820 à Paris où il est mort le 8 janvier 1889, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père tapissier à façon, et frère cadet du futur graveur sur bois Jacques Adrien Lavieille (1818-1862), Eugène Lavieille commence à travailler comme peintre décorateur. Attiré cependant par l'art, il se présente en 1841 à l’atelier de Corot, qui l’accepte, et dont il devient un des meilleurs et plus fidèles élèves, et, plus tard, un ami. Eugène Lavieille se consacre bientôt exclusivement à la peinture. Il se marie en 1847. Sa femme étant décédée en 1848, peu après la naissance de leur fils Adrien, il se remarie en 1852 et poursuit sa nouvelle carrière malgré les difficultés financières.

Amoureux de la nature, il peint en extérieur, sur le motif, et par tous les temps. Les sujets de ses tableaux sont les arbres, les forêts, les champs et les étangs, les fermes et les rues des hameaux, les bords de rivière, les bateaux sur la grève et les côtes plates de la région de Berck, certains sites comme le château de Pierrefonds (Oise), La Ferté-Milon. Il évoque la vie de la campagne, les paysans travaillant dans les champs ou conduisant des troupeaux, des vaches en train de paître ou traversant un gué, des biches et des chevreuils dans les bois. Il peint en hiver, ou la nuit, et on fera de lui un peintre des cieux tristes et de la neige, car, effectivement, il a un art remarquable pour rendre cette atmosphère des mois de décembre et de janvier, les arbres dépouillés, les cieux gris et les éclairages si particuliers de cette époque de l’année, - et un peintre des nuits, car il capte de façon saisissante les lumières de la nuit. Mais il peint aussi le printemps, les arbres en fleurs, les cieux bleus et clairs que parcourent de légers nuages. Sa palette est en fait très large, et très variée, évoluant au fil des années, et ses tableaux peuvent être très lumineux. Il faut aussi s'arrêter sur ses dessins, de grande qualité, de grande sûreté de trait, réalisés avec beaucoup de finesse.

Paysage de neige.
Peinture à l'huile, 1871 (collection particulière).

Vers 1847, Eugène Lavieille peint avec le Groupe de L'Isle-Adam. En 1852, il vient habiter à Barbizon, où il demeure environ quatre ans, et participe au mouvement très riche de l’École de Barbizon. Par la suite, il va peindre à La Ferté-Milon et ses environs, où il vit de 1856 à 1859 (et où il retournera), Ville-d'Avray, dans le Perche en Normandie, sur la côte Basque, en Seine-et-Marne près de Moret-sur-Loing et à la fin de sa vie à Courpalay. Il peint aussi à Montmartre, dès 1848, où il reviendra et s’installera.

Il est en relation étroite avec les peintres de son époque : en dehors de Corot, avec Millet, Rousseau, Daubigny, Diaz de la Peňa, Troyon, Dupré, Ziem, Chintreuil, Léon Brunel-Rocque, Frédéric Henriet, Daumier, et avec l’homme de lettres Charles Asselineau, avec les photographes Nadar et Carjat, qui tous les deux feront un portrait de lui.

La Chasse.
Peinture à l'huile (collection particulière).

Sa première participation au Salon remonte à 1844. Par la suite, il participe à de très nombreux Salons, ou expositions, notamment en province. Un certain nombre de ses tableaux sont acquis, de son vivant ou ultérieurement, par l’État ou des collectivités, et sont désormais dans des musées de la région parisienne ou de province (Marseille, Lille, Moulins, Dijon, Nantes, Melun, Guéret, Alençon, Rouen, Grenoble), et à l'étranger (Cambridge, Metropolitan Museum of Art de New York). Des critiques d’art comme Baudelaire et Théophile Gautier s’intéresseront de plus en plus à lui, et il est de plus en plus reconnu. Ainsi, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1878, après l'exposition de La Nuit à La Celle-sous-Moret, tableau qui sera acquis par l'État, désormais au musée de Melun. Il vit de la vente de ses tableaux, notamment lors de ventes qu’il organise.

Il paiera toutefois de sa santé le fait d’avoir peint à l’extérieur quel que soit le climat, et ses conditions de vie difficiles, et il meurt à l'âge de seulement 69 ans. À sa mort, il reste encore dans son atelier plus de 200 tableaux, une part en fait de toute son œuvre, qui est très vaste.

Sa vocation de peintre sera poursuivie par deux de ses enfants, son fils Adrien Lavieille (1848-1920), peintre paysagiste comme lui, sa fille Marie Ernestine, née en 1852, mariée plus tard au sculpteur Charles Georges Ferville-Suan, et ultérieurement sa petite-fille Andrée Lavieille.

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

  • s.d. - Paysage au moulin , hsp, Sbg, dim; 29,5 x 59,5 cm (vente Deburaux, Barbizon, le 3 juin 2007, lot no 91, p. 44 du catalogue:"L'école de Barbizon")
  • s.d. - Chemin vers Barbizon , hsp, Sbg, dim; 16,5 x 28,8 cm (vente Deburaux, Barbizon, le 3 juin 2007, lot no 92, p. 44 du catalogue:"L'école de Barbizon")
  • s.d. - Les Gorges de Franchard avec mon ami Corot, hst, Sbg, dim; 64,5 x 80,5 cm (vente Deburaux, Barbizon le 3 juin 2007, lot no 93, p. 45 du catalogue : "L'école de Barbizon")

Gravures, lithographies[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

  • Le Salon
    • 1844 : Paysage; site de Fontainebleau (première participation)
    • 1845 : Vue prise à Radepont, dans la vallée de l'Andelle (Eure)
    • 1848: Un soir : souvenir de la vallée de l'Andelle, Radepont (Eure) ; Verger, vue prise à Tancarville (Seine-Inférieure) ; Cabane de pêcheur, vue prise à Tancarville (Seine-Inférieure)
    • 1849 : Un soir (18 décembre 1848) ; Après l'orage; souvenir de Fontainebleau ; Vue prise au plateau de Marlotte
    • 1850 : Vue prise au plateau de Belle-Croix (forêt de Fontainebleau) ; Hangar à Savigny-sur-Orge  ; Vue prise au carrefour de l'Épine (forêt de Fontainebleau) ; Vue prise à Montmartre ; Étude; Gorge-aux-Loups (Fontainebleau)
    • 1852 : Intérieur de forêt; vue prise à Fontainebleau
    • 1853 : Entrée de Barbizon par la porte aux Vaches; forêt de Fontainebleau ; Intérieur de cour à Barbizon, près Fontainebleau
    • 1855 : Barbizon; paysage ; Barbizon; janvier 1855
    • 1857 : Soleil couchant; une crue en décembre ; Paysage; après-midi
    • 1859 : Un soir aux étangs de Bourcq (Aisne) ; L'étang et la ferme de Bourcq: lisière de la forêt de Villers-Cotterets (Aisne) ; Le hameau de Buchez; route de La Ferté-Milon à Longpont (Aisne) ; Les ruines du château de La Ferté-Milon ; À Précy-à-Mont (Oise)
    • 1861 : Une matinée des premiers jours de mai, lisière de forêt à Villers-Cotterets ; Octobre. La route de Waban à Berck (Pas-de-Calais) ; Décembre. Les derniers rayons à Précy-à-Mont (Oise)
    • 1863 : Souvenir de Pierrecourt (Seine-Inférieure) ; Une soirée d'octobre à Lardy (Seine-et-Oise)
    • 1864 : Matinée d'avril; souvenir d'un bois près La Ferté-Milon (Aisne) ; Soirée de janvier; souvenir du chemin de Pierrecourt à Nelle-Normandeuse
    • 1865 : Le printemps; souvenir des environs de La Ferté-Milon (Aisne) ; L’automne; souvenir de Normandie
    • 1866 : La pointe de l'île Saint-Ouen; effet du soir
    • 1868 : La route de Waban par un temps de neige ; Les bouleaux
    • 1869 : La fenaison; matin ; Vaches traversant un gué, le soir. Souvenir des marais de la Bresle, à Nesle
    • 1870 : Pacage normand ; Les fougères; forêt ; Pierrefonds en 1858, côté ouest; aquarelle ; Pierrefonds en 1858, côté nord; aquarelle
    • 1872 : La moisson à l'heure de midi
    • 1873 : Crépuscule, en hiver, à Arsy (Oise)
    • 1874 : Le château de Chamarande (Seine-et-Oise) ; Une soirée de septembre dans la forêt de Fontainebleau
    • 1875 : Un soir d'hiver
    • 1876 : L'aurore ; Le crépuscule
    • 1877 : Une matinée de mai; - forêt de Fontainebleau
    • 1878 : La nuit; - La Celle-sous-Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne)
    • 1879 : Bouleaux au rocher Besnard; - forêt de Fontainebleau ; La Maison-Rouge, au Perreux (Seine)
    • 1880 : Une nuit d'octobre, sur le pont de la Corbionne, à Moustiers-au-Perche (Orne) ; Au Libero (Perche)
  • Salon des artistes français
    • 1881 : Crue de la Corbionne à Bretoncelles (Orne)
    • 1882 : Entrée de la forêt de Voré au Libéro (Orne); automne ; Les Sablons près Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne); la nuit
    • 1885 : Nuit d'été, à Moret-sur-Loing
    • 1886 : L'hiver; - montée des Coulineries au Libero; - Moutiers-au-Perche
    • 1888 : La nuit; - à Courpalay (Seine-et-Marne) ; Le repos de la terre; - premières neiges, à Courpalay (Seine-et-Marne)
    • 1889 : Entrée de la forêt de Voré, par le Libero (Orne)
  • Exposition universelle
    • 1855 : Barbizon, paysage ; Barbizon, janvier 1855
    • 1862 (Londres) : Effet de neige à Pierrecourt (Seine-Inférieure)
    • 1867 (Paris) : Souvenir de Pierrecourt (Seine-Inférieure); effet de neige ; Souvenir de l’inondation de 1862
    • 1878 (Paris) : L'aurore ; Le crépuscule ; Une matinée de mai; - forêt de Fontainebleau
  • Salon à Dijon[1]
    • 1858 : Paysage, une crue en décembre
  • Salon à Lille
    • 1866 : Vue prise à La Ferté-Milon ; Matinée de juin
  • Salon à Lyon[2]
    • 1855-1856 : Barbizon, paysage
    • 1858 : Paysage, une crue en décembre
    • 1866 : Paysage
  • Salon à Marseille[3]
    • 1859 : Paysage
    • 1865 : Le printemps; souvenir de La Ferté-Milon

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1849 : médaille de 3e classe (Le Salon)
  • 1864 : rappel de médaille (Le Salon)
  • 1870 : rappel de médaille, et placé hors-concours (Le Salon)

Décoration[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

À l'étranger[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Sanchez. Les Salons de Dijon, 1771-1950. L'Échelle de Jacob, 2002
  2. Dominique Lucas. Salons et expositions à Lyon, 1786-1918, Tome 2. L'Échelle de Jacob, 2007
  3. Pierre Miquel. Le paysage français au XIXe siècle, 1840-1900. L’école de la nature, tome IV. Éditions de La Martinelle, 1985
  4. De l’école de la nature au rêve symboliste. L’esprit d’une collection. Donation Marie-Thérèse Laurenge au musée départemental de l’Oise. Somogy, 2004.
  5. J.-F. Mozziconacci. Répertoire des peintures du XIXe siècle. Collections du musée des Beaux-arts de Carcassonne, 1990.
  6. N. Garnier-Pelle. Chantilly. Musée Condé. Peintures des XIXe et XXe siècles. Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1997.
  7. É. Blanchegorge. Les musées de la ville de Compiègne. Les cahiers compiégnois, n° 2, 2009, p. 28-31.
  8. L. Starcky. Dijon. Musée Magnin. Les peintures françaises. Catalogue sommaire illustré. Éditions de la Réunion des musées nationaux, 2000.
  9. Catherine Chevillot. Peintures et sculptures du 19e siècle. La collection du musée de Grenoble. Paris, réunion des musées nationaux, 1995.
  10. Noël Coret. Autour de l’impressionnisme. Les peintres de la vallée de la Marne. La Renaissance du Livre, 2000.
  11. Musée de Melun. 150 œuvres, 1853-2003. Catalogue d’exposition, 2004.
  12. J.-M. Bruson, C. Leribault. Peintures du musée Carnavalet. Catalogue sommaire. Éditions des musées de la ville de Paris, 1999.
  13. M. Beau. Musée des Beaux-arts de Valence : nouvelles acquisitions. La Revue du Louvre et des musées de France, 1964, n° 4-5, p. 275-278.
  14. Oil paintings in public ownership in Cambridgeshire : The Fitzwilliam Museum (2006).
  15. C. Sterling, M. M. Salinger. French paintings. A catalogue of the collections of the Metropolitan Museum of Art. Vol. II. XIX century (1966).
  16. a et b Gérald Schurr et Pierre Cabanne. Dictionnaire des petits maîtres de la peinture, 1820-1920. Les Éditions de l'Amateur, 2008
  17. Dictionnaire Bénézit
  18. Émile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l’école française, Librairie Renouard, Paris, 1885.
  19. A-M de Bélina. Nos peintres dessinés par eux-mêmes. E. Bernard et Cie imprimeurs-éditeurs, 1883 (p. 476).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Janine Bailly-Herzberg, L'Art du paysage en France au XIXe siècle, Flammarion, Paris (2000)
  • Noël Coret, Les Peintres de la vallée de la Marne. Autour de l'impressionnisme, La Renaissance du Livre (2000)
  • Frédéric Henriet, « Eugène Lavieille » in L'Art, t. XLVI, p. 62-65 (1889)
  • Pierre Miquel, « Eugène Lavieille (1820-1889) » in Le Paysage français au XIXe siècle. 1840-1900. L’école de la nature, Éditions de la Martinelle, vol. IV, p. 85-127 (1985)
  • Georges Pillement, « Eugène Lavieille » in Les Pré-impressionnistes, Les clés du temps, Zoug (Suisse), p. 138-145 (1974)
  • Claude Royer, Eugène-Samuel Lavieille, paysagiste (1820-1889). Son attachement pour la région du Valois, Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie de l'Aisne, Mémoires, t. XLIII (L'Aisne et l'Art, destins d'artistes), p. 103-112 (1998)
  • Allgemeines Künstler-Lexikon. Band 83. De Gruyter, 2014.
  • Dictionnaire Bénézit
  • Répertoire Artprice