Eugène Goblet d'Alviella

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Eugène Goblet d'Alviella

alt=Description de l'image Eugène_Goblet_d'Alviella.jpg.
Naissance 10 août 1846
Ixelles
Décès 9 septembre 1925 (à 79 ans)
Nationalité Belge
Profession homme politique
Famille

Eugène Félicien Albert[1] Goblet d’Alviella (Bruxelles 10 août 1846 - 9 septembre 1925) est un homme politique belge et professeur d'histoire des religions à l'ULB, membre du parti libéral. Il est le fils de Louis Goblet et le petit-fils du général Albert Goblet d'Alviella. Il meurt à Bruxelles le 7 septembre 1925, renversé par une automobile avenue Louise.

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Bruxelles et au lycée Louis-le-Grand à Paris, d'Alviella fit des études universitaires à l'ULB de 1865 à 1870. Il est notamment docteur en droit, en philosophie et lettres et en sciences politiques.

Il fut initié en 1868 dans la loge "Les Amis philanthropes" à Bruxelles. Il en fut le Vénérable Maître de 1879 à 1882.

En 1894, après une querelle sur la création d'une "Université nouvelle", la loge des Amis philanthropes se scinde. Le 15 janvier 1895, d'Alviella est élu Premier Vénérable Maître de la nouvelle loge "Les Amis philanthropes n° 2" qui réunit les libéraux conservateurs tandis que les libéraux progressistes gardent le nom de loge des "Amis philanthropes". En 1900, il devient "Grand Commandeur du REAA

En 1875-1876, alors correspondant d'un journal bruxellois, il accompagne le Prince de Galles dans un voyage en Inde et profite de l'occasion pour confronter ses idées théoriques sur la religion à la réalité locale.

Le 5 mars 1909 il devient membre de la loge Quatuor Coronati à Londres.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Le couple Goblet-Packard en 1916.
  • Eugène est le petit-fils du Général Albert Goblet, le fils de Louis Goblet et de son épouse, Caroline Anne Charlotte, comtesse d'Auxy de Neufviles et de Watou[2].
Monument funéraire à Joseph Packard[3] et son épouse Katherine-Victoria Hilton[4], beaux-parents d'Eugène Goblet. Cimetière de Court-Saint-Étienne, à la droite de l'allée menant au Mausolée Goblet.

De formation catholique, il a épousé Margaret Alice Packard (1857-1946)[5],[6] et son mariage comme la naissance de ses enfants furent célébrés dans le rite chrétien protestant unioniste. Dans son testament philosophique il manifeste d'une part sa ferme volonté de mourir dans les principes du rite (maçonnique) écossais ancien accepté (REAA) et d'autre part il consent, si sa femme le désire, a ce que ses funérailles soient célébrées selon le rite protestant une fois sa dépouille incinérée[7]. Sa dépouille mortelle fut d'abord incinérée au crématorium du père Lachaise à Paris et ses cendres inhumées dans la crypte du mausolée Goblet d'Alviella au cimetière stéphanois, œuvre de l'architecte Adolphe Samyn et dont Eugène Goblet est le concepteur. Le rite funéraire protestant libéral fut accompli le 15 septembre 1925, après son incinération, à sa maison mortuaire, l'Hôtel Goblet de la rue Faider à Saint-Gilles-lez-Bruxelles[8].

Activité académique[modifier | modifier le code]

Signature d'Eugène Goblet en 1892[9].

De 1884 à 1914 il enseigne l'histoire des religions à l'Université libre de Bruxelles. De 1896 à 1898 il est recteur de cette même université. En 1919, il devient professeur honoraire et il est nommé membre permanent du conseil d'administration de l'ULB.

Il fut aussi président de la Société royale belge de géographie et publia un grand nombre d’ouvrages ayant pour thème le pacifisme, l’économie ou encore le symbolisme maçonnique (il est notamment à l'origine de nouveaux hauts-grades). On lui doit surtout la création des cours d’histoire des religions à l’Université libre de Bruxelles. Son ouvrage La Migration des symboles le rendit célèbre dans ce domaine. En 1892 Il fut invité à faire des exposés à l'université d'Oxford dans la cadre des Hibbert Lectures. Son intérêt pour les religions du monde ne l'empêcha pas de détruire en 1919 la chapelle forestière de la Quenique dit aussi Calvaire de la Quenique[10] érigée sur un tumulus en 1804 par Joachim Liboutton. Il s'y trouvait un christ en bois sculpté et des statues de la Vierge et de Saint Jean, objets d'une piété intense dans les jours de fête, de calamité ou de deuil[11].

La même année il doit affronter "l'Affaire Dwelshauvers" et la contestation liée à la présence d'Elisée Reclus au sein de l'ULB.

Il reçut le titre de docteur honoris causa des universités de Glasgow et d'Aberdeen.

Il y a siégé près de 40 ans dans la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique, en devenant président en 1897.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Eugène Goblet.
  • Grand Cordon de l'Ordre de Léopold[12]
  • Grand Cordon de l'Ordre de la Couronne d'Italie
  • Grand Cordon de l'Ordre du Medjiggé
  • Grand officier de l'Ordre de la Couronne de Belgique
  • Médaille du Roi Albert
  • Grand Officier de la Légion d'Honneur
  • Officier de l'Instruction Publique de France
  • Doctorat en Droit Honorifique des Universités de Glasgow et Aberdeen
  • Ministre d’État (Belgique)
  • L'Académie royale de Belgique décerne le prix quinquennal Eugène Goblet d'Alviella, créé en 1926, au meilleur travail de caractère strictement scientifique et objectif relatif à l’histoire des religions.
  • En 2011 la commune de Court-Saint-Étienne a donné son nom à la drève qui relie la rue Defalque au nouveau crematorium provincial.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il fut député et sénateur.

  • 1872 : élection au Conseil provincial du Brabant.
  • 1878 : élection à la Chambre des représentants.
  • Il entre au Sénat en 1892 ; il en est devenu vice-président en 1910.
  • Il est nommé ministre d'État le 3 août 1914.

Figure de proue du parti libéral, il s'est préoccupé de l'extension démocratique du droit de suffrage et du développement de l'instruction.

Autres activités et réalisations[modifier | modifier le code]

  • Il conçut et fit édifier au centre du cimetière de Court-Saint-Étienne, entre 1887 et 1889, le mausolée qui évoque les points communs des religions et porte son nom.
  • Il étend le domaine du château par des échanges de parcelles, des aménagements du parc, de ses rivières et ses pièces d'eau.
  • Il fit bâtir son hôtel particulier à Saint-Gilles-lez-Bruxelles en 1882 et y vécut un temps.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Croyances, rites et institutions Paris, 1911, 3 volumes.
  • L'Établissement des Cobourg au Portugal. Étude sur les débuts de la monarchie, 1869
  • L'Évolution religieuse contemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous, 1884
  • Introduction à l'histoire générale des religions, 1887
  • L'Histoire religieuse du feu, 1887
  • La Migration des symboles, Paris 1891
  • The migration of symbols 1894
  • De wereldreis der symbolen 1912
  • Eleusina, de quelques problèmes relatifs aux mystères d'Éleusis, 1903
  • Essai sur l'origine et l'histoire de la R.L. La Bonne Amitié à l'Or. de Namur (1909)
  • La Grande Loge Provinciale Anglaise des Pays-Bas Autrichiens et son Grand-Maître le marquis de Gages (1912)
  • Lectures on the origin and growth of the Conception of God as Illustrated by anthropology and history (1892),
  • The Contemporary Evolution of Religious Thought in England (1885),
  • L'idée de Dieu d'après l'anthropologie et l'histoire. Bruxelles Muquardt; 1892
  • La loi des progrès dans les religions Revue de Belgique 1894,
  • Ce que l'Inde doit à la Grèce: des influences classiques dans la civilisation de l'Inde. paris Leroux 1897.
  • L'évolution religieuse contemporaine chez les Anglais, les Américains et les Hindous. Paris, Baillière.1884.
  • Des préjugés qui entravent l'étude scientifique des religions. Bruxelles, 1885
  • Antiquités préhistoriques de Court-Saint-Étienne, Bruxelles, Hayez, 1897, 22p.
  • Antiquités protohistoriques de Court-Saint-Étienne, Bruxelles, Hayez, 1908, 39p.
  • Note sur un ouvrage en terre situé dans la vallée de l’Orne à Court-Saint-Étienne, dans Société Royale d’Archéologie de Bruxelles : Annales, 1891, t.V, fasc. 1, p.54-58.
  • Petit guide pratique de Court-Saint-Étienne et de ses environs, Bruxelles, Vromant, 1891, in-16°, 36p
  • Silex Néolithiques et paléolithiques de Court-Saint-Étienne, dans Bulletin de l’Académie Royale de Belgique, 3e série, t.XXXIII, 1897 – Bulletin de la Société d’anthropologie de Bruxelles, t.XXII, pl.II – Annales de la Société d’archéologie de Bruxelles, t.XIV, p.289.
  • Le Perron de Mont Saint Guibert d'après un manuscrit inédit (1921)[13].

Coauteur[modifier | modifier le code]

  • Préface à : Jérôme Becker, La Vie en Afrique, Ed. Lebègue, Paris-Bruxelles, 2ème édition : 1887. pp-7-13

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alain Dierkens Ed., Eugène Goblet d'Alviella, historien et franc-maçon, in "Problèmes d'Histoire des Religions" vol. 6, éd. ULB, Bruxelles, 1995, 216pp.
  • Jean-Pierre Hendrick Le château de Court-Saint-Étienne et ses propriétaires aux 19ème et 20ème siècles. Bulletin du Cercle d'Histoire et d'Archéologie (CHAF) 1995, pp 30-53
  • François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française 2008. p. 451
  • R. KREGLINGER, Notice sur la vie et les travaux du Comte Goblet d'Alviella, Rapport de l'Université libre de Bruxelles sur l'année académique 1924-1925, Bruxelles, 1926, p. 34.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prénoms repris de son avis de décès
  2. Le mariage de Louis Goblet et Caroline d'Auxy date de 1844. Source: Ch. Poplimont. La Belgique héraldique. Recueil historique, chronologique, généalogique de toutes les maisons nobles de Belgique. Tome V. Paris, imprimerie Walder 1866.
  3. Décédé en 1883 à l'âge de 68 ans
  4. Décédée à Vevey le 12/2/1911
  5. (née le 1 juillet 1857 à Albany (N-Y) USA et décédée le 12 décembre 1946 à Ixelles.)
  6. Fille de Joseph Packard et de Katherine Victoria Hilton (x - Vevey 1911)
  7. Eugène Goblet, Testament Philosophique (1921) cité par Emile Poulat, 1997.
  8. Avis nécrologique de Mr Eugène Goblet d'Alviella
  9. Extrait d'une lettre à Franz Cumont
  10. Située au milieu du bois de la Quenique à la croisée des routes Werchai-Ruchaux et et Ferme Blanche-Franquenies.
  11. Paul Pilloy. Curtis Sancti Stephani. Guide inventaire de Court-Saint-Etienne. pages 143 et 466.
  12. Source: Faire-part de décès de Mr Eugène Goblet. Imp. A. Jacob, Bxl
  13. Eugène Goblet a trouvé dans Gesta Abbatum Gemblacensium (La chronique de l'abbaye de Gembloux) un dessin du perron original de Mont-Saint-Guibert datant de 1547. Ce dessin permis de réaliser un nouveau monument en pierre qui a été installé dans le village en 1947. Source: Eric Davaux. Le perron Guibertin tient bon. Le Soir du 3 août 1991 p.23.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]