Eugène Goüin

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Eugène Goüin
Image illustrative de l'article Eugène Goüin
Fonctions
Président de la Caisse des dépôts et consignations
188831 mai 1909
Prédécesseur Charles Duclerc
Successeur Maurice Rouvier
Sénateur inamovible
15 décembre 187531 mai 1909
Député d'Indre-et-Loire
8 février 187115 décembre 1875
Maire de Tours
1866novembre 1875
Prédécesseur Louis-René Auvray
Successeur Antoine-Dieudonné Belle
Biographie
Date de naissance 18 septembre 1818
Lieu de naissance Saint-Symphorien, Naval Ensign of the Kingdom of France.svg Royaume de France
Date de décès 31 mai 1909
Lieu de décès Paris, Drapeau de France France
Parti politique Conservateur libéral
Père Alexandre Goüin
Profession Banquier
Religion Catholicisme

Eugène Goüin (18 septembre 1818, à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire) - 31 mai 1909, à Paris), est un banquier et homme politique français. Surnommé le Pereire tourangeau, il était un des plus remarquables financiers français de l'époque moderne et traitait avec les plus grosses fortunes. Il fut un des fondateurs de la Banque de Paris puis de la Banque de Paris et des Pays-Bas[1] dont il deviendra Président du conseil d'administration de 1895 à sa mort.

Sommaire

Biographie [modifier]

Famille [modifier]

Issu d'une des plus célèbres dynasties Tourangelles, Eugène Goüin naquit le 18 septembre 1818 à Saint-Symphorien, il est le fils d'Alexandre Goüin (1792-1872), banquier et ministre du Commerce et de l'Agriculte. Il épousa en 1842, Louise Christin (1825-1905), fille du baron Antoine-Gabriel, colonel du Génie et officier d'ordonnance de Napoléon Ier, et de sa cousine Henriette-Jenny Gondouin ; ils eurent quatre enfants :

Vie Tourangelle [modifier]

Après des études au Lycée Louis-le-Grand, il reprit les affaires familiales et devint co-directeur de la Banque Goüin frères à Tours[2]. Capitaine de la Garde nationale avant février 1848, il assiste avec sa compagnie aux Journées de juin à Paris. Il assura la charge, transmise entre membres de la famille, de juge dès 1848, puis de président du Tribunal de commerce de 1856 à 1879. Il sera Président de la Chambre de commerce de 1858 à 1879. En 1856, il devient censeur de la Caisse d'Épargne de Tours[3]. En 1857, il fonde avec Henri Goüin, Charles de Montgolfier, Hettere et Alfred et Ernest Mame, la papeterie de La Haye-Descartes[4]. Il fut Président du conseil d'administration de la Colonie pénitentiaire de Mettray, un des principaux actionnaires du Journal d'Indre-et-Loire et de la Papeterie Marray (avec les Mame), membre du Conseil d'administration de la prison de Tours. Il était membre de la Société archéologique de Touraine et de la Société Tourangelle d'Horticulture. Il fut, en 1890, un des présidents d'honneur, avec Alfred Mame et Monseigneur Meignan, du comité conservateur formé pour l'érection d'une statue à Jeanne d'Arc.

Conseiller municipal de Tours en 1848, réélu en 1865, conseiller général de 1867 à 1892. Maire de Tours en novembre 1866, il se présenta comme « le défenseur des idées d'ordre et de stabilité » et conserva la mairie jusqu'en 1874. Il fut par la suite maire de Fondettes de 1884 à 1892, petite commune où il résidait dans son château de la Plaine, ancienne propriété familiale qui brûla en 1871, et où Eugène prit l'initiative en 1873 de construire l'actuelle château.

En 1863, il obtient un décret impérial autorisant l'établissement de magasins généraux à Tours.

En janvier 1871, alors maire de Tours, il se rendit en délégation auprès des troupes prussiennes pour solliciter l'arrêt des bombardements, et organisa des quêtes et des secours; il empêcha, grâce à son courage et à son sang-froid, que Tours, qui n'est qu'une ville ouverte, fût bombardé par les armées allemandes d'invasion, ainsi qu'à préserver la ville de charges ruineuses. Lors d'une rencontre avec un général prussien, il lui tenu ses paroles : « Général, j'ai deux fils au service : l'un est sous les murs de Paris ; l'autre se bat dans l'armée de Chanzy, mais je ne suis plus jeune et ma vie n'a plus assez de charme pour que j'y tienne beaucoup. Vous pouvez donc me faire fusiller ». Il ajouta froidement que cette fin serait propre à honorer sa famille, et que, si on préférait le faire prisonnier, il était, de même, tout prêt à marcher. Devant un tel sang-froid, le général s'inclina. Eugène Goüin demeura libre et Tours n'eut à subir que les conditions les plus modérées du vainqueur. Sa courageuse conduite lui valut d'être promu officier de la Légion d'honneur, sur la proposition du ministre de la guerre.

En 1874, il l'engage le projet du tramway de Tours.

Carrière politique [modifier]

Il se présenta (candidat officiel), le 22 décembre 1867, pour succéder à son père, nommé sénateur, comme député de la 1re circonscription d'Indre-et-Loire au Corps législatif ; mais il n'obtint que 7 625 voix contre 10,980 à l'élu, candidat indépendant, Houssard. Aux élections du 8 février 1871, Eugène Goüin fut élu représentant d'Indre-et-Loire à l'Assemblée nationale[5], Le 8 octobre de la même année, il fut réélu également conseiller général du département pour le canton de Tours-nord. À l'Assemblée, il siégea au centre monarchique, il se fit inscrire aux deux réunions du centre droit et du centre gauche, et vota tour à tour avec l'un et l'autre groupe. Après avoir donné son suffrage à la conclusion de la paix, aux prières publiques, à l'abrogation des lois d'exil, au pouvoir constituant de l'Assemblée, il soutint le gouvernement de Thiers dans son évolution vers la République conservatrice, ce qui ne l'empêcha pas d'approuver la plupart des actes des ministères qui suivirent le 24 mai 1873. La même année, il est de ceux acquis au retour de la monarchie traditionnelle. En 1874, il est pressenti pour le ministère des finances[6], sans finalement l'obtenir.

Son adhésion au gouvernement se manifesta de nouveau lors de l'adoption des lois constitutionnelles, auxquelles il se rallia ; elle lui valut d'être porté sur la liste des gauches, le 15 décembre 1875, quand il s'agit de nommer les 75 sénateurs inamovibles. Il siégea au centre de la Chambre haute, avec une tendance à se rapprocher de la gauche, mais sans rien abandonner de ses sentiments conservateurs. Goüin s'abstint dans le scrutin sur la demande de dissolution de la Chambre des députés (juin 1877) et se montra très réservé à l'égard du gouvernement du Seize-Mai. Aux côtés d'Ernest Picard et Émile Labiche, il dépose sur le bureau du Sénat une proposition ayant pour objet la nomination d'un Conseil supérieur chemins de fer. Partisan du ministère Dufaure, il vota dès lors le plus souvent avec la fraction la plus modérée du centre gauche, s'abstint, par exemple, de prendre part au vote sur l'article 7 de la loi sur l'enseignement supérieur, et se prononça contre l'expulsion des princes. Goüin s'est prononcé, en dernier lieu : pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889), pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse ; il s'est abstenu sur la procédure à suivre devant le Sénat contre le général Boulanger.

Il s'est occupé surtout de questions administratives et financières, qu'il traita plusieurs fois à la tribune sénatoriale ; il a presque toujours fait partie des Commissions des Finances (dont il fut vice-président) et du Budget, dont il a été à plusieurs reprises le rapporteur général. Rapporteur du compte de liquidation de la guerre, il fut également rapporteur du projet de réforme des pensions, et se fit une spécialité des questions concernant les grands organismes financiers de l'État. Il fut président des commissions relative au privilège de la Banque de France, aux caisses de dépôts des crédits agricoles, aux Caisses d'épargne, aux Sociétés coopératives de production, de crédit et de consommation et de contrat de participation aux bénéfices, portant réglementation nouvelle de la fonction des agents de change, aux sociétés et aux banques locales de crédit agricole mutuel. Il présida également la commission de vérification des comptes des ministres et fut membre de la Commission supérieure des Caisses d'assurance. Goüin fut président de la commission de surveillance de la Caisse d'amortissement et de la Caisse des dépôts et consignations de 1888 à 1909.

Mort vice-doyen du Sénat, il avait présidé la même année la séance au Sénat comme doyen d'âge. « Son grand âge, disait de lui le président Antonin Dubost, n'était qu'un charme de plus par la vivacité de son esprit et la jeunesse persistante de son caractère et de son activité. » Il a apporté au Parlement une aide efficace dans toutes les matières qui touchaient à la vitalité économique du pays.

Un important financier [modifier]

La banque Goüin, qu'il dirigeait, était correspondant des Rothschild, en relation avec les banques Fould et Mallet à Paris, Guérin à Lyon, Luce et Regnard à Marseille, etc.

En 1869, Eugène Goüin participe à la création de la Banque de Paris, puis en 1872, il est l'un des fondateurs de la Banque de Paris et des Pays-Bas, et fait partie du premier Conseil d'administration.

Il assura le lien entre la Banque de Paris et des Pays-Bas et la Société de construction des Batignolles de son cousin Ernest Goüin, pour former en 1875 la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma. En 1895, il devient Président du Conseil d'administration de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Il le présida jusqu'à son décès et la guida vers un voie de prospérité brillante[7]. En 1902, à la demande de Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères, la Banque de Paris et des Pays-Bas accorde une avance au roi du Maroc. Goüin, qui imposa au ministre français ses conditions participa de ses fonds propres à ce prêt.

En 1898, il fut le représentant avec Alphonse de Rothschild, du groupe Les Banques Françaises.

Il fut également président de la Société générale des chemins de fer économiques et de la Société russo-française d'entreprises industrielles et de travaux publics, vice-président de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée et du Conseil Supérieur des habitations à bon marché, administrateur de la Banque de l'Indochine, de la Compagnie générale du gaz pour la France et l'étranger, de la Caisse d'Épargne et de plusieurs compagnies d'assurance.

Il prit également part à la création de la Compagnie minière et métallurgique de l'Horcajo en 1882, de la Banco Español de Crédito en 1902,

Eugène Goüin décéda dans son hôtel de la rue de Lisbonne à Paris le 31 mai 1909.

Hommage et distinctions [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. 1872 - 1920 Banque de Paris et des Pays-Bas, sur BNP Paribas
  2. La Banque Goüin de Tours fut fondée par son ancêtre, Henri-François Goüin, en 1714.
  3. La caisse d'épargne et de prévoyance de Tours avait été fondée par sa famille en 1832. Il restera censeur jusqu'en 1877, où il laissera la place à son fils Louis.
  4. Site officiel de la ville de Descartes.
  5. le 2e sur 6, par 57,931 voix (73,000 votants, 96,790 inscrits)
  6. Le Figaro du 22 mai 1874
  7. Dr Eugen Kaufmann, La banque en France : (considérée principalement au point de vue des trois grandes banques de dépôts), 1914.

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Jean Marie Mayeur, Alain Corbin, Arlette Schweitz, Les Immortels du Sénat, 1875-1918, Publication de la Sorbonne, 1995
  • Rang-Ri Park-Barjot, La société de construction des Batignolles: Des origines à la première guerre mondiale (1846-1914), 2005
  • Ménier Grégoire, Le rôle d'Eugène Goüin, maire de Tours, lors de la Guerre de 1870 –1871, 2006
  • Jean-François Chanet, Vers l'armée nouvelle: république conservatrice et réforme militaire, 1871-1879, 2006

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]