Eugène Chavant

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Plaque commémorative Eugène Chavant à Grenoble

Eugène Chavant, né le 12 février 1894 à Colombe, mort le 28 janvier 1969 à Grenoble, est un résistant français, Compagnon de la Libération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mécanicien de formation, il étudie en Isère avant de partir pour travailler aux établissements Neyret-Beylier comme ouvrier, tout en suivant les cours par correspondance de l'école du Génie civil qui lui permettent de devenir agent de maîtrise. En février 1912, il s’engage pour trois ans au 11ème Dragon, puis est affecté à sa demande au 20e Bataillon de chasseurs en janvier 1917. Sergent et chef de section, il est gazé près de Soissons en 1918 et refuse de quitter le front. À la fin de la guerre, il est titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre et de quatre citations. Cette expérience combattante le marque profondément : en 1967 encore, il déclarait à Paul Dreyfus que « toute la Résistance, ça ne vaut pas huit jours de Verdun ».

Chavant reprend son métier de mécanicien après être démobilisé en août 1919. En étant militant SFIO, il se présente aux élections municipales de Saint-Martin-d'Hères, localisé près de Grenoble, et il est en suite élu conseiller municipal 10 ans après sa démobilisation, en 1929.

Il est réélu en 1935, et il devient premier adjoint au maire : Alexis Jourdan. Il devient le maire de la commune après la démission de Jourdan. Il quitte alors l'usine où il travaillait et devient propriétaire d'un café à Grenoble.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, combattant de l'ombre, il s'impose grâce à son courage, ses vues claires et ses conseils pertinents. Il participe au mouvement Franc Tireur (un mouvement  de résistance) en 1942 sous le pseudonyme de Clément, et il devient ainsi le chef civil du plateau du Vercors. Son attitude est celle d'un vrai chef en contrôlant toute la maintenance de la Résistance (ravitaillement, transport, sécurité, parachutages…).

En février 1941, Chavant est démis de ses fonctions de maire par le gouvernement de Vichy. Il participe à une réunion clandestine, en présence du docteur Léon Martin, qui était l'ancien maire de Grenoble, et de Aimé Pupin. Eugène Chavant prend donc part à la diffusion du journal clandestin du parti socialiste :" Le Populaire" et entre dans le mouvement Franc-Tireur au printemps de 1942.

Le 3 juillet 1944, puis le 14, il proclame la République du Vercors. Mais devant les attaques allemandes, s'estimant abandonné, il critique Alger sans hésiter, à la veille du débarquement pour leur dire « Alors quoi ?, est-ce que vous vous moquez de nous? ».

Militant socialiste entre les deux guerres, il est maire de Saint-Martin-d'Hères de février 1938 à février 1941. Un poste qu'il quitte pour entrer dans la clandestinité.

En septembre 1943, après l'arrestation d'Aimé Pupin, premier chef civil du Vercors, Eugène Chavant est choisi par ses camarades pour le remplacer alors que le commandant Le Ray est le chef militaire du Vercors.

En mai 1944, après une première tentative infructueuse, "Clément", via la Corse, se rend à Alger pour s'enquérir des chances de mise en application du plan "Montagnards" mis au point dès 1941 par Pierre Dalloz et Jean Prévost qui prévoit d'utiliser le plateau du Vercors comme point de parachutage massif de troupes et matériels aéroportés afin de couper la retraite des Allemands en cas de débarquement en Provence. Ce plan ayant obtenu en 1943 l'accord de Jean Moulin et du général Delestraint, chef de l'Armée secrète (AS). Chavant rencontre le général de Gaulle et les responsables de la France combattante et obtient des promesses d'aide au Vercors par parachutages.

De retour en France par une opération aérienne, il participe activement à la mobilisation du Vercors ; il assure, lors des combats des 15 et 16 juin qui se déroulent à Saint-Nizier, le ravitaillement en vivres et en munitions des survivants. Le 14 juillet, sous les bombardements, il réussit l'évacuation des femmes et des enfants de Vassieux-en-Vercors.

Le 21 juillet, lorsque deux divisions allemandes se lancent à l'assaut du Vercors, et que 400 parachutistes SS envahissent le plateau de Vassieux-en-Vercors et les hameaux environnants, Chavant envoie à Londres le télégramme suivant : « Si aucune aide, population et nous jugerons Alger des criminels et des lâches. Je répète : des criminels et lâches. »

Malheureusement deux jours plus tard, les Allemands réussissaient à déboucher sur le plateau et à percer les défenses des maquisards.

Membre du comité départemental de Libération de l'Isère, Eugène Chavant est nommé maire de Saint-Martin-d'Hères en septembre 1944. 

Le 5 novembre 1944, lors de sa première visite à Grenoble libéré, le général de Gaulle remet la Croix de la Libération à Eugène Chavant.

Après la guerre, il démissionne de son mandat de maire et se consacre à l'Amicale des Pionniers et des Combattants Volontaires du Vercors dont il est le président.

Eugène Chavant est décédé le 28 janvier 1969 à Grenoble. Chavant est inhumé dans la nécropole de Saint-Nizier du Moucherotte, Mémorial du Vercors (Isère).

Reconnaissance après-guerre[modifier | modifier le code]

Il est membre du Comité Départemental de Libération National de l'Isère. À la Libération, on lui propose le poste de préfet qu'il refuse. Il préfère se retirer dans une retraite digne et triste avec le sentiment d'avoir été abandonné par les Alliés, ce qui augmente encore son prestige.

Il a reçu une médaille militaire de la croix militaire et de quatre citations.

Le général De Gaulle le fait Compagnon de la Libération le .

À Grenoble, il est commémoré par le nom d'une station de tramway à proximité d'un mémorial en sa mémoire et par le nom d'un cinéma multiplexe appelé Pathé Chavant.

Il repose depuis 1969, date de sa mort, au Mémorial National de Saint-Nizier-du-Moucherotte, près de son homologue, chef militaire du plateau du Vercors, François Huet.

Références[modifier | modifier le code]

  • Les rues de Grenoble, Paul Dreyfus, Éditions Glénat, p. 61 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Vergnon, Eugène Chavant. Du "poilu" au chef de maquis, Editions du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, collection:"Parcours de Résistants" 2014
  • Colonel Pierre TanantVercors, Haut lieu de France, Arthaud [1948, 1950, 1957, 1964, 1966, 1971] et Lavauzelle [1983]

Liens externes[modifier | modifier le code]