Eugène Cavaignac (homme politique)

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Eugène Cavaignac
Le général Eugène Cavaignac en 1848.
Le général Eugène Cavaignac en 1848.
Fonctions
Chef de l’État français
de facto
28 juin 184820 décembre 1848
Président du Conseil lui-même
Prédécesseur François Arago
Successeur Louis-Napoléon Bonaparte
26e président du Conseil des ministres français
(28e chef du gouvernement)
chargé du pouvoir exécutif
28 juin 184820 décembre 1848
(5 mois et 22 jours)
Chef de l'État lui-même
Gouvernement Cavaignac
Législature Assemblée constituante
Prédécesseur François Arago, président de la Commission exécutive
Successeur Odilon Barrot
Gouverneur d’Algérie
24 février 184829 avril 1848
Président du Conseil Jacques Dupont de l’Eure
Prédécesseur Duc d’Aumale
Successeur Nicolas Changarnier
Biographie
Nom de naissance Louis Eugène Cavaignac
Date de naissance 15 octobre 1802
Lieu de naissance Paris, France
Date de décès 28 octobre 1857 (à 55 ans)
Lieu de décès Ourne, Sarthe (France)
Nationalité française
Parti politique Républicain modéré (centre)
Conjoint Louise Odier
Enfant(s) Godefroy Cavaignac
Diplômé de École polytechnique
Profession Officier général

Eugène Cavaignac (homme politique)
Présidents du Conseil des ministres français

Louis Eugène Cavaignac, né le 15 octobre 1802 à Paris et mort le 28 octobre 1857 dans son château d'Ourne à Flée (Sarthe), est un général et homme politique français. Gouverneur d'Algérie (1848) puis président du Conseil des ministres chargé du pouvoir exécutif durant l'année 1848. Candidat à l'élection présidentielle de 1848, il est battu par Louis-Napoléon Bonaparte.

Famille - Descendance[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Baptiste Cavaignac[1], député à la Convention, et de Marie-Julie de Corancez et le frère cadet du républicain Godefroy Cavaignac. Son fils est le ministre de la IIIème République Godefroy Cavaignac (1853-1905) et son petit-fils, l'historien Eugène Cavaignac (1876-1969).

Stanislas Mangin (1917-1986) figure également au nombre de ses nombreux descendants.

Enfance et Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père ayant été nommé directeur des Domaines, de l'Enregistrement et des Eaux et Forêts du royaume de Naples auprès de Joseph Bonaparte puis de Joachim Murat, il y passe son enfance de 1808 à 1812. À la Restauration, son père doit quitter la France en tant que régicide. Il s’exilera à Bruxelles. Sa mère reste à Paris avec ses trois enfants, vivant dans une semi pauvreté[2]. Il entre au collège Sainte-Barbe où il se distingue, notamment en mathématiques.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il est admis à l'École polytechnique en 1820 puis poursuit sa formation de 1822 à 1824 à l’École d’application d’artillerie à Metz. Il entra dans le génie et était capitaine en second dans le deuxième régiment du génie, à la campagne de Morée.

La Révolution de 1830[modifier | modifier le code]

En 1830, Louis-Eugène Cavaignac se trouvait à Arras, et il fut l'un des premiers à se déclarer pour le peuple. Après la Révolution de 1830, il manifesta hautement ses tendances républicaines comme son frère aîné Godefroi. En 1831, il signa à Metz le projet d'association nationale. En conséquence de cette démarche, le gouvernement le mit en non-activité.

L'Algérie[modifier | modifier le code]

Il est éloigné en Algérie en 1832 dans l'armée d'Afrique où il se signala lors de plusieurs expéditions périlleuses. Après le succès de l'expédition de Mascara, à laquelle le capitaine Cavaignac avait pris part, le maréchal Clausel, songeant à rentrer à Oran, voulut laisser une garnison française à Tlemcen qu'il occupait à l'extrémité ouest de l'Algérie, à une distance considérable de tous secours, au milieu des Kabyles entreprenants et belliqueux. Cavaignac fut désigné. On lui adjoignit 500 hommes déterminés, avec le titre de chef de bataillon provisoire. C'était en janvier 1836.

Il résista pendant quinze mois dans le méchouar de Tlemcen à tous les efforts d'Abd el-Kader (1836-1837). Cavaignac fit tête à tout. Il repoussa les attaques réitérées de nombreuses troupes et il fit des approvisionnements au moyen de ses excursions chez les tribus voisines. Enfin, il fut relevé en mai 1837, et le 4 avril suivant, le grade de chef de bataillon lui fut conféré à la sollicitation du maréchal Bugeaud. Le commandant Cavaignac quitta bientôt l'Afrique et revint en France où l'appelaient de graves intérêts et où il fut retenu quelque temps par des problèmes de santé.

À peine rétabli, il retourna à Alger où il fut de nouveau abandonné avec son bataillon dans Cherchell, ainsi exposé à des dangers plus grands et plus continuels qu'à Tlemcen. Il s'en tira avec grande gloire et une blessure grave (1840). Blessé de nouveau devant Milianah, il fut nommé colonel de zouaves et continua à servir la France par ses faits d'armes. Il innaugure le 11 juin 1844 la pratique des enfumades : plusieurs centaines de Sbéhas sont asphyxiées dans les grottes où ils se sont réfugiés[3]. Il prendra part la même année à la bataille d'Isly, où il commanda l'avant-garde. On lui accorda enfin, en 1844, le titre de maréchal de camp.

La Révolution de 1848[modifier | modifier le code]

Après la Révolution de février 1848, un des premiers actes du gouvernement provisoire fut de l'élever au grade de général de division, en lui confiant le gouvernement de l'Algérie. Il revint cependant en métropole et se fit élire représentant du peuple dans les départements de la Seine et du Lot.

Plusieurs fois on lui offrit le portefeuille de Ministre de la Guerre, mais il s'obstina longtemps à le refuser. Il l'accepta une première fois du 20 mars au 5 avril, puis, à la suite de l'attentat du 15 mai contre l'Assemblée nationale, une deuxième fois du 17 mai au 28 juin 1848, lorsque le gouvernement provisoire eut cédé la place à une commission du pouvoir exécutif, composée de cinq membres.

Le 23 juin commence ce que l'on appelle les Journées de Juin, une révolte ou révolution par les partisans de la "République démocratique et sociale" à Paris. Cavaignac se dérobe aux demandes pressantes du gouvernement de faire sortir de leurs casernes la troupe. Le 24 juin, un décret de l'Assemblée nationale lui délègue tous les pouvoirs exécutifs. Il montre d'abord quelque hésitation sur les mesures à prendre, mais il déploie bientôt la plus grande énergie et parvint, après plusieurs jours (24, 25 et 26 juin) d'une lutte acharnée qui fit 1 600 tués côté gouvernemental et entre 3 000 et 5 000 morts du côté de l'insurrection, à prendre le contrôle.

Médaille commémorative du général Louis Eugène Cavaignac. Avers: Gal CAVAIGNAC - RÉPUBLIQUE - FRANÇAISE. Revers : HONNEUR AUX CITOYENS MORTS POUR LA LIBERTÉ - 23, 24, 25, 26 juin 1848.

Le 28 juin, l'Assemblée déclare qu'il avait bien mérité de la patrie, lui offre le bâton de maréchal de France qu'il refuse, et lui confie de nouveau le pouvoir exécutif avec le titre de président du conseil des ministres, qu'il conserve jusqu'au 20 décembre 1848. Investi de ces pouvoirs pour prévenir le retour du désordre, il ordonne la mise en état de siège, la suspension des journaux hostiles, la déportation des insurgés. En même temps, il refuse son concours à la propagande révolutionnaire, offrant un asile au Pape qui a quitté ses États et envoyant des troupes en Italie pour protéger sa retraite.

La popularité beaucoup trop rapide du général Cavaignac, l'engouement de la bourgeoisie pour tous ses actes sans exception, se sont usés bien vite. Après la promulgation de la nouvelle constitution du 4 novembre instaurant la deuxième République et l'élection du président de la République au suffrage universel, il se porte candidat à la présidence de la République, mais il ne peut guère réunir que le cinquième des suffrages.

La fin de carrière politique[modifier | modifier le code]

Il fut nettement battu par Louis-Napoléon Bonaparte, à qui il refusa de prêter serment après le coup d'État du 2 décembre 1851 (Bonaparte eut 5 434 000 voix, Cavaignac 1 448 000 voix et Lamartine 18 000 voix).

Élu député de Paris en 1852, réélu en 1857, il refusa de prêter serment à l'Empire et prit sa retraite, retiré dans la Sarthe. Il mourut subitement en octobre 1857, dans son château d'Ourne (Sarthe).

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Cavaignac est parfois confondu avec l'un de ses frères prénommé également Jean-Baptiste, qui fut baron mais ne porta pas la particule.
  2. Julie Cavaignac, Les Mémoires d'un inconnue, Plon, 1894. [lire en ligne]
  3. Jean-Jacques Tur, Ombres et lumières de l'Algérie française, Harmattan,‎ 2012 (ISBN 9782296969728, présentation en ligne)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la régence d'Alger, note sur l'occupation. – Paris : Victor Magen, 1839.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie ancienne[modifier | modifier le code]

Bibliographie contemporaine[modifier | modifier le code]

  • Général Pierre Ibos, Le Général Cavaignac : Un dictateur republicain, Paris, Hachette, 1930 (coll. « Figures du Passé »)
  • Frederick A. de Luna, The French Republic under Cavaignac, Princeton, N.J., University Press, 1969
  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • Pierre Givaudon, Chronique des Cavaignac, Vendôme, Editions du Cherche-Lune, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Source partielle[modifier | modifier le code]

Œuvre ayant un rapport avec Cavaignac[modifier | modifier le code]

François-Désiré Froment-Meurice : Coffret à épaulettes du Général Cavaignac, argent, Musée de la vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris