Eudocie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eudoxie.
Eudocie
Icone du Xe siècle
Icone du Xe siècle
Titre
Impératrice byzantine
474443
Impératrice byzantine
421515
Biographie
Titre complet Impératrice byzantine
Date de naissance vers 400
Date de décès 460
Lieu de décès Jérusalem
Père Léontias
Conjoint Théodose II empereur byzantin
Enfant(s) Licinia Eudoxia
Portrait d'Eudocie sur une monnaie.

Eudocie, parfois orthographié Eudoxie (° vers 400 - †460) est impératrice d'Orient et femme de lettres.

Fille du rhéteur athénien nommé Léontias, elle devient impératrice d’Orient par son mariage avec l’empereur Théodose II le 7 juin 421. Elle est la protégée de sa sœur, Pulchérie. Son nom véritable est Athénaïs, mais elle prend celui de Aelia Licinia Eudocia ou Eudocie lors de sa conversion au christianisme. Elle reçoit en 423 le titre d’Augusta.

Elle est la mère de Licinia Eudoxia, épouse de l'empereur romain d'Occident Valentinien III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son mariage impérial, elle prend l'ascendant sur son époux au détriment de la sœur de celui-ci, Pulchérie. Selon André Chastagnol, elle aurait peut-être inspiré la loi de 425 sur l'Université de Constantinople. Sa fille aînée Licinia Eudoxia est mariée à l'empereur d'Occident Valentinien III en 437. Dans la querelle du nestorianisme, elle prend partie avec son mari pour le patriarche Cyrille d'Alexandrie qui peut faire condamner Nestorius au concile d'Ephèse en 431. Depuis 435, elle aide Flavius Taurus Seleucus Cyrus, Égyptien originaire de Panopolis, à devenir préfet de Constantinople puis à cumuler la préfecture de la Ville et celle du prétoire à partir de 439[1].

En 438, elle fait un pèlerinage en Terre Sainte au cours duquel elle prononce un discours à Antioche qui eut un grand succès devant le peuple et le sénat, elle offre de nombreux cadeaux aux églises d'une valeur de plus de 20 000 livres d'or et les remplit de reliques[2]

En 439, de retour d’un pèlerinage à Jérusalem à l'invitation de Mélanie la Jeune, fondatrice de l'Apostoleion, elle est faussement accusée d’infidélité à la suite de la jalousie croissante de Pulchérie. Privée par Théodose II de ses attributions d’Augusta, elle se retire à Jérusalem en 443 et consacre la fin de sa vie à la méditation religieuse et à des œuvres de piété, sans renoncer à son amour des lettres. Témoignage touchant de sa venue en Terre sainte, une inscription dédicatoire comportant un poème en vers homériques a été récemment découverte à Hamat Gader, au sud du lac de Tibériade.

Elle est favorable aux monastères de Palestine qui, s'opposant au concile de Chalcédoine, deviennent suspects de monophysisme. Doutant du chemin à suivre, elle envoie des émissaires à Antioche, auprès de saint Siméon le Stylite qui lui rétorque : « Pourquoi cherches-tu une eau lointaine, alors que tu as une source près de toi ? Suis les enseignements d'Euthyme et tu seras sauvée. ». C'est en effet saint Euthyme le Grand qui la remet dans le chemin de l'orthodoxie chalcédonienne. Elle meurt en 460 et est canonisée par l'Église orthodoxe.

Ses restes sont ensevelis dans la crypte de la basilique Saint-Étienne et sont dispersés lors de l'invasion perse de 614.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Elle laisse quelques écrits :

  • un poème en l’honneur de Théodose II pour sa victoire sur les Perses,
  • trois livres sur le martyre de saint Cyprien,
  • un éloge d’Antioche,
  • un discours prononcé dans cette ville,
  • une paraphrase de l’Octateuque et des prophètes Zacharie et Daniel,
  • le complément des Centons homériques de Patricius.

Le poète vénitien Apostolo Zeno a tiré de l'histoire d'Eudocie la trame du livret d'Atenaïde, opera seria mis en musique par Antonio Vivaldi.

Liturgie[modifier | modifier le code]

Le calendrier liturgique de Jérusalem conserve sa mémoire à la date du 19 octobre, avec station dans l'une des nombreuses églises dont elle avait financé la construction, la basilique Saint-Étienne, aujourd'hui couvent dominicain et siège de l'École biblique et archéologique française.

Sources[modifier | modifier le code]

  • CPG 6020-6025
  • Certaines de ses œuvres se trouvent dans le volume Centons homériques de la collection des Sources chrétiennes no 427 (1998), dans une traduction de André-Louis Rey.
  • Ses historiens sont Nicéphore Calliste et surtout Cyrille de Scythopolis dans la Vie de saint Euthyme. On trouve aussi des éléments dans certains ouvrages conservés en syriaque du monophysite Jean Rufus, dont la Vie de Pierre l'Ibère ainsi que dans la Vie de sainte Mélanie par Gérontios.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Chastagnol, La fin du monde antique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1976, p. 62.
  2. « Les arts au Moyen âge: en ce qui concerne principalement le palais romain de ... par Alexandre Du Sommerard »

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :