Etty Hillesum
Etty Hillesum
| Naissance | 15 janvier 1914 Middelburg, Pays-Bas |
|---|---|
| Décès | 30 novembre 1943 (à 29 ans) Auschwitz, Pologne |
| Nationalité | |
| Pays de résidence | Pays-Bas |
Esther « Etty » Hillesum, née le 15 janvier 1914 à Middelbourg, en Zélande, aux Pays-Bas et décédée le 30 novembre 1943 au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne, est une jeune femme juive connue pour avoir, pendant la Seconde Guerre mondiale, tenu son journal intime (1941-1942) et écrit des lettres (1942-1943) depuis le camp de transit de Westerbork.
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Biographie [modifier]
Esther Hillesum est née dans une famille juive libérale. Son père Louis Hillesum, est docteur ès lettres classiques et proviseur du lycée de Deventer. Sa mère, Rebecca Bernstein, a fui les pogroms russes en 1907. Etty Hillesum a deux frères. Elle obtient une maîtrise de droit en 1939 tout en poursuivant des études de russe. Elle gagne sa vie en donnant des cours particuliers de russe. Elle a des amants beaucoup plus âgés qu'elle. Le 3 février 1941, Etty Hillesum entreprend une thérapie avec Julius Spier. Ce juif berlinois, réfugié aux Pays-Bas pour fuir le nazisme est chirologue, c'est à dire qu'il tire des diagnostics de la lecture des mains. Il connaît aussi le travail de Jung. Spier est entouré d'un groupe d'admiratrices. Il devient son maître spirituel. Les motivations de cette thérapie ne sont pas clairement exprimées par Etty Hillesum. Le lecteur apprendra au fil des entrées de son journal qu'elle commence à tenir le 9 mars 1941, qu'elle pensait qu'il n'y avait de personne plus malheureuse qu'elle sur Terre, qu'elle manquait de confiance en elle et qu'elle avait des moments dépressifs.
Dans son journal intime, elle relate la spirale inexorable des restrictions des droits et des persécutions qui amènent en masse les juifs néerlandais vers les camps de transit, puis vers la mort en déportation.
D'innombrables notations font de ce texte, et de ses lettres de Westerbork, camp de transit proche d'Amsterdam, où elle séjourna à plusieurs reprises, des documents historiques de premier plan pour l'étude de l'histoire des Juifs des Pays-Bas pendant la guerre. Dans son journal, elle évoque aussi son évolution spirituelle qui, à travers la lecture, l'écriture et la prière, la rapproche du christianisme, jusqu'au don absolu de soi, jusqu'à l'abnégation la plus totale, tout en gardant, avec une admirable constance, son indéfectible amour de la vie, et sa foi inébranlable en l'homme, alors même qu'elle le voit journellement accomplir ses crimes parmi les plus odieux.
Le nom d’Etty Hillesum reste aussi associé à celui de l’homme qui l’initia à elle-même, Julius Spier, « l’accoucheur de mon âme », confie-t-elle. Ce juif allemand, héritier de la psychologie de Carl-Gustav Jung, s’était spécialisé dans la chirologie (diagnostic à partir de la morphologie et des lignes de la main). Etty entreprit une thérapie avec lui le 3 février 1941. Des relations complexes se tissèrent entre la jeune femme et le psychologue quinquagénaire : elle fut à la fois sa cliente, son élève, sa secrétaire et son amie de cœur, et ils ne cessèrent de se défier pour se faire grandir mutuellement. Douze mois plus tard, elle écrit « je suis venue au monde un 3 février » et fête ses un an et la « plus belle année » de sa vie.
Esther, surnommée Etty, était la fille de Louis Hillesum, docteur ès lettres classiques, proviseur du lycée de Deventer, et de Rebecca Bernstein, émigrante originaire de Russie, dont elle avait fui les pogroms, arrivée aux Pays-Bas en 1907. Une fois installée, Rebecca a vécu de cours particuliers de russe, et se maria en 1912. C'est bien sûr grâce à sa mère, (dont elle a hérité le caractère passionné et la vivacité d'esprit) qu'Etty lisait et parlait le russe, et, comme sa mère, elle vivait grâce aux leçons particulières de russe qu'elle donnait et qui lui permettaient de continuer ses études. De son père, issu de la bourgeoisie juive d'Amsterdam, grand érudit, Etty possédait la curiosité et la rigueur intellectuelles. Etty avait deux frères, Jaap (interne en médecine au moment de sa déportation) et Mischa (pianiste dont les dons exceptionnels firent un moment espérer à la famille Hillesum qu'il échapperait au sort des Juifs). Mischa et les parents d'Etty succomberont comme cette dernière à Auschwitz en 1943. Jaap ne survivra pas à l'évacuation de Bergen-Belsen en 1945. Ce sont les écrits d'Etty qui donneront une postérité à cette famille, par leur grande valeur historique, spirituelle mais aussi littéraire.
Citations [modifier]
« Je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la place de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes[1]. »
« La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, [...], il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes [...] il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse[1]. »
« Je suis de ceux qui préfèrent continuer à se laisser flotter sur le dos les yeux tournés vers le ciel[2]. »
« Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse intérieure est immense[3]. »
« Je vais T'aider mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance. Une chose cependant m'apparait de plus en plus claire : ce n'est pas Toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons T'aider - et ce faisant nous aider nous-mêmes[4]. »
« La vie est pleine de sens dans son absurdité.[5]. »
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Textes d'Etty Hillesum traduits du néerlandais
- Lettres de Westerbork, Seuil,125p, 1988 (ISBN 2020103583)
- Une vie bouleversée – Journal 1941-1943, Seuil,361 p, 1995 (ISBN 2020086298)
- Les Ecrits d'Etty Hillesum - Journaux et Lettres, 1941-1943,réunis par Klaas A D Smelik ,Seuil,2011,(ISBN 202056833)
- Études consacrées à d'Etty Hillesum
- Paul Lebeau, Etty Hillesum un itinéraire spirituel, Amsterdam 1941-Auschwitz 1943, Albin Michel, 2001
- Ingmar Granstedt, Portrait d'Etty Hillesum, Desclée de Brouwer, 2001
- Cécilia Dutter, Etty Hillesum une voix dans la nuit, Robert Laffont, 2010
- Yves Bériault, o.p., Etty Hillesum témoin de Dieu dans l'abîme du mal, Médiaspaul, 2010, 192p.
- Sylvie Germain, Etty Hillesum, Pygmalion, Gérard Watelet, 1999,
- Charles Juliet, Dominique Sterckx et Claude Vigée, Etty Hillesum, « histoire de la fille qui ne savait pas s’agenouiller ». Préface de Liliane Hillesum. Paris : Arfuyen, 2007.
- Catherine Chalier, Etty Hillesum, Rejoindre la vie que je portais en moi in Le désir de conversion, Seuil, Paris, 2011, pp. 229-276.
- Marie-Hélène Du Parc Locmaria, Tant souffrir et tant aimer selon Etty Hillesum, Éditions Salvator, Paris, 2011, 256p.
Film [modifier]
- Le convoi, documentaire, A. Bossuroy, 60 minutes, 2009 – Voyage initiatique de deux étudiants en Europe, inspirés par la lecture d'Etty Hillesum.
Notes et références [modifier]
- Une vie bouleversée, coll. Points, Paris, 1995
- Etty Hillesum, Une vie bouleversée, coll. Points, Paris, 1995, p. 177.
- Etty Hillesum, Une vie bouleversée, coll. Points, Paris, 1995, p. 23.
- Prière du dimanche matin, 12 juillet 1942, référence : Une vie bouleversée Seuil 1985 et 1988, p. 166.
- Etty Hillesum, Une vie bouleversée, coll. Points, Paris, 1995,
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- Etty Hillesum, aux éditions Arfuyen.
- Etty Hillesum, une vie bouleversante, Anne Ducrocq dans Nouvelles Clés.
- Association des amis d'Etty Hillesum
- Etty Hillesum : Le journal d'une âme Documentaire de 26min sur lejourduseigneur.com