Etsaut

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Etsaut
La mairie d’Etsaut
La mairie d’Etsaut
Blason de Etsaut
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Arrondissement Oloron-Sainte-Marie
Canton Accous
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée d'Aspe
Maire
Mandat
Élisabeth Médard
2014-2020
Code postal 64490
Code commune 64223
Démographie
Gentilé Etsautois ou Etsautais
Population
municipale
78 hab. (2011)
Densité 2,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 54′ 48″ N 0° 34′ 09″ O / 42.9133, -0.56916666666742° 54′ 48″ Nord 0° 34′ 09″ Ouest / 42.9133, -0.569166666667  
Altitude Min. 560 m – Max. 2 606 m
Superficie 34,95 km2
Localisation

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Etsaut

Etsaut est une commune française, située en Béarn, dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine.

Le gentilé est Etsautois ou Etsautais[1] (les deux appellations sont utilisées dans les textes administratifs).

Géographie[modifier | modifier le code]

l'église consacrée à saint Grat.
L'ancienne gare de Etsaut reconvertie en centre pour le parc national.
Vue sur Etsaut depuis le GR 10, au-dessus de Borce
Ligne de chemin de fer Pau Canfranc.
Le panneau de l'entrée dans Etsaut en béarnais et en français.

La commune se situe dans la haute vallée d'Aspe, à 70 km de Pau et à 10 km du tunnel du Somport, à 15 du col du Somport et de la frontière franco-espagnole. Etsaut s'étend sur 3495 hectares, en zone centrale et périphérique occidentale du Parc national des Pyrénées, de l'adret du Massif de Sesques jusqu'à proximité des lacs d'Ayous. Son territoire est limité au nord par la chaîne des Soum d'Ypy (1 608 m) et de l'Escarpu ou Pic de Sesques (2 606 m), à l'est par la chaîne issue de l'Escarpu, et suivant le Soum de Moundaut (2 526 m), le Capéran de Sesque (2 410 m), le Pic Gaziés (2 456 m), le Turon Garié (2 381 m), le Soum d'Aas (2 406 m) et le Pic d'Ayous (2 288 m), et au sud par le Soum de la Mourouette de Larry (2 208 m) et le Soum de Lagaube (1 985 m) avant le longer les limites du Bosc det Pacq (Bois de Pacq) jusqu'au fort du Portalet, ouvrage militaire fortifié qui surplombe le gave Sescoué lorsqu'il rejoint le gave d'Aspe par les gorges du Pont de l'Enfer. Celles-ci sont surmontées du chemin de la Mâture, dont le début, creusé à même la roche en surplomb de hautes falaises, permettait au XVIIIe siècle d'acheminer les troncs des plus hautes futaies de France, afin d'en faire les mâts de la marine royale.

Situé au confluent du gave d'Aspe et du gave Sadum, issu du massif de Sesques, le bourg signalé par un édifice militaire du XIVe siècle, la Tour des Maures, est traversé par l'ancienne route nationale 134 et l'ancienne ligne ferroviaire Pau-Canfranc.

Les randonneurs s'y croisent sur le GR 10 (sentier de grande randonnée, qui longe d'est en ouest la chaîne des Pyrénées), et le GR 653 (Voie d'Arles du chemin de Saint-Jacques, vers le col du Somport, Jaca et Saint-Jacques-de-Compostelle.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par les affluents du gave d'Aspe suivants :

  • le ruisseau de Bouscagne
  • le ruisseau de Lucharry
  • le ruisseau de Sadum
  • le ruisseau le Sescoué et ses affluents :
    • le ruisseau de l'Esterous
    • le ruisseau de Pétraube
    • le ruisseau le Pour-Mourt
    • le ruisseau de Yèse

Lieux-dits et hameaux[modifier | modifier le code]

  • Bourg
  • Quartiers Seberry, Lares
  • Bois du Pacq, bois de Busteigts
  • Pont de Cebers (gave d'Aspe), gorges d'Enfer (gave Secoue), pont du bourg (gave Sadum)
  • Estives de la Baigt de Sencours et des cabanes de Licoué, Yèse, Salistre, Caillou, Cap de Guerren

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Etsaut apparaît sous les formes Etsaut (1250[2], for d'Aspe[3]), Atsaut (vers 1360[2], titres de Came[4]), Adsaut (1385[2], censier de Béarn[3]), Atssaut (1397[2], notaires de Navarrenx[5]), Sent Grat deu Saut (1620[2], insinuations du diocèse d'Oloron[6]).

Le nom d'Etsaut vient du gascon pyrénéen eth saut (le bois), lui-même issu du bas latin saltus (bois profond et sauvage) précédé de l'article eth caractéristique du béarnais des hautes vallées.

Son nom gascon est Eth Saut.

Aas désigne un mont présent sur les communes de Laruns et Etsaut. Ce toponyme apparaît sous la forme lo port et montanhe aperat Haas (1487[2], notaires d'Ossau[7]).

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle, Etsaut est un étape relais de Gratus (saint Grat, évêque de Oloron et Jaca) entre les deux cités béarnaise et aragonaise.
Au XIIe siècle, traité de la Vesiau sur le partage des pacages au col du Somport.
Relais diplomatique au Moyen Âge (cf patrimoine civil), et notamment en 1289, lors des entretiens de Peyranère.
En 1385[2], Etsaut comptait 43 feux et dépendait du bailliage d'Aspe. Bien que situé près de Borce, le village n'a pas été incendié en 1569, lors des guerres de religion.
Prison d'État sous le régime de Vichy, le fort du Portalet a accueilli quelque temps Maurice Gamelin, Georges Mandel, Paul Reynaud et Léon Blum, avant qu'ils ne soient emprisonnés en Allemagne. Après la Libération, Philippe Pétain y est enfermé quelques mois après son procès à l'été 1945, avant son internement définitif au fort de Pierre-Levée à l'île d'Yeu.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé: au 1er de gueules à la montagne isolée de trois pics de sable, mouvant du flanc dextre, les pics décroissant vers senestre et chargée en pointe de l’inscription d’or « 2606 », au 2e d’or à deux vaches de gueules passant l’une au-dessus de l’autre, au 3e d’or à deux ours de sable contournés passant l’un au-dessus de l’autre, celui de la pointe plus petit, au 4e de gueules au fort crénelée d’or, ajouré de deux rangées de six fenêtres, les droites et gauches plus grandes et plus basses, surmonté de deux échauguettes, mouvant de la pointe et ouverte de sable[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2008 Marcel Minvielle    
2008 2014 Élisabeth Médard PS  
2014   Élisabeth Médard PS Présidente de la communauté de communes

Conseil municipal[modifier | modifier le code]

  • Maire : Élisabeth Médard
  • Premier adjoint : Jean-Yves Olympie

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de cinq structures intercommunales[9] :

  • la communauté de communes de la Vallée d'Aspe ;
  • le syndicat d’énergie des Pyrénées-Atlantiques ;
  • le syndicat intercommunal d'aide matérielle à la scolarisation en vallée d'Aspe ;
  • le syndicat mixte des gaves d’Oloron - Aspe - Ossau et de leurs affluents ;
  • le syndicat mixte du Haut-Béarn.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 78 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
392 358 360 396 430 461 438 623 439
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
426 432 410 389 391 365 356 352 358
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
371 321 342 492 318 298 222 203 183
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
158 141 125 104 92 105 84 77 78
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune est essentiellement orientée vers l'agriculture et l'élevage (bovins, ovins et ânes des Pyrénées). La commune fait partie de la zone d'appellation de l'ossau-iraty.

La mise en place en 2004 du haut débit sur le village, dans le cadre du projet expérimental du programme PR@I de l'Europe et de la délégation aux nouvelles technologies du conseil régional d'Aquitaine, grâce au satellite et aux courants porteurs en ligne (CPL) dans le cadre d'une convention avec EDF, a fait d'Etsaut le premier village de montagne français disposant d'Internet. Depuis, l'association Haute Aspe Haut Débit[12] gère le projet et propose un accès aux technologies numériques en encourageant des acteurs économiques ou culturels à y intervenir ou s'y installer.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Fort du Portalet

Patrimoine civil et militaire[modifier | modifier le code]

  • Maisons des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
  • Maison forte du XIVe siècle.
  • Une maison du Parc national des Pyrénées est présente au village à l'emplacement de l'ancienne gare SNCF, sur la ligne Pau-Canfranc, fermée au trafic depuis 1970.
  • Le fort du Portalet (dit fort d'Urdos), XVIe siècle, rénové au XIXe siècle (fort, prison), partiellement édifié également sur les communes de Borce (entrée du pont d'accès, octroi, poste de garde) et de Urdos (ouverture canonnière couvrant le sud de la route d'Espagne et du Somport - RN 134).
  • La tour des Maures. Édifice militaire du XIVe siècle.
  • La maison de l'Ours dite maison d'Arudy[13] ainsi nommée depuis le XIIe siècle, quand elle appartenait au Seigneur de la haute vallée d'Aspe. Elle a servi de « relais » à Aliénor d'Aquitaine, épouse d'Henri Plantagenêt (Henri II d'Angleterre), qui y retrouvait son cousin le roi d'Espagne. On remarque des bas-reliefs ou figurent notamment la vache et le léopard, symboles du Béarn et de l'Angleterre, et la tête d'un ours en surplomb d'un mur de façade.
Article détaillé : Fort du Portalet.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Saint Grat est né au Ve siècle à Lichos, dans la basse vallée du Saison. Son nom de baptême, Gratus, signifie en latin « agréable, charmant » et aussi « reconnaissant ». Sa jeunesse a été marquée par les persécutions des catholiques par le roi wisigoth Euric (466-485), dont le successeur, Alaric II (485-507), fut tolérant envers les catholiques, permettant la création du diocèse d'Oloron. Gratus en est le premier évêque. Il participe à la tenue du concile d'Agde en 506, qui réunit 34 évêques catholiques du royaume wisigoth, sous la présidence de saint Césaire, évêque d'Arles. En 507, les Wisigoths sont battus par Clovis à Vouillé, à coté de Poitiers. Mais à la mort de Clovis en 511, les Wisigoths sont encore très présents au sud de la Garonne (Aquitaine). C'est pendant cette période que saint Grat serait mort à Jaca, d'où son corps aurait été amené à Oloron pour y reposer définitivement.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Équipements[modifier | modifier le code]

La commune possède une école primaire.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

La famille du chanteur et acteur Marcel Amont est originaire de ce village.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur habitants.fr
  2. a, b, c, d, e, f et g Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque - Paul Raymond
  3. a et b Manuscrit du XIVe siècle - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  4. Registres de la commune de Came - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  5. Manuscrits des notaires de Navarrenx - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  6. Manuscrits du XVIIe siècle - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  7. Notaires d'Ossau - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  8. [1]
  9. Cellule informatique préfecture 64, « Base communale des Pyrénées-Atlantiques - Intercommunalité » (consulté le 7 juin 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  12. Site de Haute Aspe Haut Débit
  13. maison d'Arudy

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]