Esturgeon d'Europe

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L'esturgeon d'Europe (Acipenser sturio) est une espèce de poisson de la famille des Acipenseridae. Il s'agit du plus grand poisson migrateur anadrome de France.

Il a connu une forte régression (surexploitation par surpêche et peut-être aussi à cause de la pollution), qui l'a conduit au bord de l'extinction. Il fait depuis 2007 en France l'objet d'un plan de restauration (avec réintroductions d'alevins). Un projet de plan de restauration européen est également en préparation.

Description[modifier | modifier le code]

Ce poisson longiligne a un museau doté de barbillons sensitifs, se terminant par une longue pointe. Les nageoires dorsales sont situées très en arrière du corps, qui comporte cinq rangées longitudinales de grosses plaques osseuses. Le ventre est jaunâtre et le dos gris cendré à gris brun.

L'adulte mesure de un à deux mètre(s) de long (au maximum trois mètres et demi) et pèse environ 300 kilogrammes (jusqu'à 500). Il peut vivre plus de 80 ans avec une maturité sexuelle tardive, s'exprimant après 10 années pour les mâles et après 13 années pour les femelles[réf. nécessaire].

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Les esturgeons se nourrissent d’animaux benthiques et principalement d’invertébrés. En eau douce, ils s’alimentent de vers, de larves d’insectes et de crustacés ; en eau saumâtre, de vers et de crustacés ; en eau de mer, essentiellement de vers. Les poissons représentent une part notable de proies pour les adultes.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Esturgeon d'Europe

L'esturgeon est amphihalin potamotoque, c'est-à-dire qu'il effectue sa reproduction en eau douce ainsi qu'une partie de sa croissance. Quand il est encore jeune, il descend le fleuve pour vivre dans l'estuaire, puis sur la côte. Plus il vieillit et plus il vivra à des profondeurs importantes.

La reproduction naturelle a lieu de mai à juillet dans le cours moyen des fleuves sur le fond des graviers. Les adultes qui vivent dans les eaux littorales commencent à remonter le fleuve en avril (comportement migratoire). La femelle, chargée d’œufs, rase le fond. Elle s’aide du flux montant et pond en plusieurs fois, sur un emplacement profond et graveleux, entre 300 000 et deux millions d'œufs[réf. nécessaire] (ce qui représente 10 % de sa masse[réf. nécessaire]) ; Les mâles répandent ensuite leur semence à proximité. Vifs et alertes, ils sont capables de sauter par dessus les filets et les[Qui ?] défendent contre les prédateurs, tels les barbots et les anguilles.

Les frayères sont toujours caillouteuses et bien oxygénées. La profondeur (5 à 10 mètres) est généralement d'autant plus importante que la turbidité de l’eau est faible. La température de l’eau est de 13 à 16 °C, et le courant vif (5 km/h)[réf. nécessaire]. Si le courant est trop faible, les œufs s’agglutinent et si le courant est trop fort, les œufs sont entraînés.

Le temps d’incubation dépend de la température : à 14 °C, l’éclosion des œufs survient environ six jours après leur fécondation.

À la naissance, l’alevin mesure environ 10 millimètres de longueur[réf. nécessaire]. Son sac vitellin est de grande taille et richement vascularisé. À partir du dixième jour, les larves ont une alimentation mixte[réf. nécessaire]. Les larves plus âgées se déplacent pour chercher des proies benthiques — essentiellement des larves d’insectes —, qu'elles détectent grâce à leur goût, puis leur odorat[réf. nécessaire].

Cycle biologique[modifier | modifier le code]

Détail de la tête.

Le cycle de développement de cette espèce anadrome se caractérise par l'existence de deux migrations concernant les adultes et les juvéniles.

Phase juvénile dulçaquicole[modifier | modifier le code]

Après leur éclosion, les alevins demeurent sur les sites de frai jusqu'en décembre. Ils descendent ensuite progressivement vers la mer. L'alimentation et le comportement des juvéniles en eau douce sont encore très mal connus. Leur régime serait essentiellement constitué de macro-invertébrés comme les Oligochètes (vers de la famille du lombric) et les larves de Chironomidés (vers de vase).

Phase juvénile estuarienne[modifier | modifier le code]

À partir d'avril, pour une raison inconnue, les juvéniles et immatures remontent les eaux estuariennes et y demeurent jusqu'en septembre. Cette zone de migration est caractérisée par des profondeurs supérieures à cinq mètres, des fonds sableux et une température de l'eau proche de 20 °C.

En Gironde, cette migration est appelée « mouvée de la Saint-Jean ».

Phase (sub)adulte marine[modifier | modifier le code]

Durant l'hiver, les adultes et les immatures occupent les abords immédiats de l'estuaire, sur le plateau continental. Les individus les plus jeunes restent dans un rayon de 10 à 30 kilomètres autour de l'embouchure, alors que les adultes les plus âgés peuvent s'en éloigner de plus de 100 kilomètres. Cette zone est caractérisée par des fonds sableux de 20 à 80 mètres.

Phase reproductive dulçaquicole[modifier | modifier le code]

Dès avril, les géniteurs remontent le fleuve pour s'y reproduire. Selon leur position géographique, les frayères sont occupées de début mai à fin juin.

Détermination de l’âge[modifier | modifier le code]

Les esturgeons ne possédant pas d'écailles et la lecture de leurs écussons épais et opaques étant difficile, on détermine couramment leur âge en observant à la loupe binoculaire une coupe mince du premier rayon des nageoires pectorales. Cependant, cette technique atrophie la nageoire pectorale, ce qui peut déséquilibrer le poisson.

L’interprétation, fondée sur le postulat de proportionnalité entre la croissance de la pièce osseuse et celle du poisson (loi de LEA), peut être délicate pour les raisons suivantes :

  • étalement de la période de reproduction annuelle chez les espèces univoltines (une génération par an) ;
  • nombre de générations annuelles chez les espèces pluri-voltines ;
  • méconnaissance de la date d’éclosion du poisson par rapport à sa capture ;
  • méconnaissance de l’histoire du poisson que l’on détient : les structures osseuses peuvent aussi bien transcrire des épisodes de stress, des variations d’alimentation, des perturbations métaboliques — migration, métamorphose, etc. — que des rythmes saisonniers.

Répartition géographique et habitat[modifier | modifier le code]

L'esturgeon se rencontre ou se rencontrait du Golfe de Gascogne à la mer du Nord. Le dernier estuaire dans lequel une reproduction naturelle est encore observée est la Gironde (France).

Migrateur, l'esturgeon fréquente les eaux littorales et les estuaires.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Il était très recherché au début du XXe siècle pour la fabrication du caviar, constitué d'œufs d'esturgeon.

Protection[modifier | modifier le code]

L'esturgeon européen est protégé par la loi depuis 1982. C'est l'espèce de poisson européen la plus menacée : il ne resterait plus que quelques centaines d'individus. Sa dernière reproduction date de 1994 dans le bassin versant Gironde-Garonne-Dordogne. Les causes de sa disparition sont la surpêche, les barrages et la pollution. Deux centres de recherche travaillent actuellement sur cette espèce : l'IRSTEA (anciennement Cemagref) (de Cestas) et l'IGB (Institut de recherche sur l'eau douce de Berlin). Un plan de sauvegarde animé par le WWF (World Wide Fund) est actuellement en cours de création à échelle européenne et un plan de restauration a été initié en 2007 en France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]