Esther Stanhope

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Esther Stanhope

Lady Esther (ou Hester) Stanhope (née en 1776, morte dans la nuit du 23 au 24 juin 1839) est une riche aristocrate britannique devenue aventurière au Proche-Orient. Elle fut proclamée « reine de Palmyre » par des tribus de bédouins[1] avant de devenir une sorte de « prophéteresse » dans le pays Druze, au Liban. La Revue des Deux Mondes de 1845 la décrit comme "reine de Tadmor, sorcière, prophétesse, patriarche, chef arabe, morte en 1839 sous le toit délabré de son palais ruineux, à Djîhoun, dans le Liban"[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Esther Stanhope est la nièce du premier ministre britannique William Pitt. « jeune, belle et riche », selon Lamartine dans son Voyage en Orient, elle a voyagé en Europe à partir de 1806 avant de visiter le Proche-Orient : Jérusalem, Damas, Alep, Koms, Balbeck et Palmyre. Lamartine écrit : « ce fut les nombreuses tribus d'Arabes errants qui lui avaient facilité l'accès de ces ruines, réunis autour de sa tente, au nombre de quarante ou cinquante mille, et charmés de sa beauté, de sa grâce et de sa magnificence, la proclamèrent reine de Palmyre, et lui délivrèrent des firmans par lesquels il était convenu que tout Européen protégé par elle pourrait venir en toute sûreté visiter le désert et les ruines de Balbeck et de Palmyre, pourvu qu'il s'engageât à payer un tribut de mille piastres. » Reine de Palmyre, elle est considérée comme une nouvelle Zénobie.

Après de nombreux voyages et aventures, lady Esther se fixe ensuite dans le pays druze. Selon Lamartine, le pacha de Saint-Jean-d'Acre, Abdala-Pacha, lui concède le village de Joun / Dgoun, où elle se fait construire, dans les hauteurs solitaires des montagnes du Liban, un palais jardin. Elle s’y ruine, mais acquiert auprès des Druzes une réputation de « prophéteresse »[3]. Lamartine relate son dialogue avec elle, au cours duquel elle décrit sa foi mêlant christianisme et traditions proche-orientales.

Elle soutient la guérilla druze lors de la violente révolte du Hauran en 1837/1838 et aide le chef Chibli El-Arian dans sa lutte contre l'Égypte de Méhémet Ali[4].

Elle meurt dans la misère en juin 1839 de la phtisie.

Mémoire de lady Stanhope[modifier | modifier le code]

Lady Ester Stanhope est la source d’inspiration explicite du personnage d’Althestane Orlof dans le roman de Pierre Benoit La Châtelaine du Liban (1924).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lamartine, Le Voyage en Orient, 1835
  2. Philarète Chasles, Revue des Deux Mondes, tome 11, 1845
  3. Le Dictionnaire Robert des Noms propres, article Stanhope
  4. Jérôme Louis, « La crise du Proche-Orient de 1840 », Champs de bataille, no 45,‎ 9 mars 2010, p. 47 (ISSN 1767-8765)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignage de première main[modifier | modifier le code]

  • Charles Lewis Meryon, Memoirs of the Lady Hester Stanhope, as relaled by herself in conversations with her physician, comprising her opinions and anecdotes of some of the most remarquable persons of her lime, 3 volumes, Londres, H. Colburn, 1845. Sur Googlebooks
  • Charles Lewis Meryon, Travels of Lady Hester Stanhope, forming the completion of her memoirs'', London, H Colburn, 1846. Sur Googlebooks
  • Alphonse de Lamartine, "Visite à lady Esther Stanhope", in Voyage en Orient, 1835.
  • Philarète Chasles, compte rendu du livre du médecin de lady Esther Stanhop, in Revue des Deux Mondes, tome 11, 1845.

Ouvrages d'étude[modifier | modifier le code]

  • William Chambers, Robert Chambers, Chambers's Pocket Miscellany, 1854.
  • Cortambert Richard, Les Illustres voyageuses, ed. E. Maillet, 1866.
  • Catherine Lucy Wilhelmina Powlett Cleveland, The life and letters of Lady Hester Stanhope, London, J Murray, 1914.
  • Paule Henry-Bordeaux, Lady Hester Stanhope en orient, Paris, Plon, 1924-1926.
  • Martin Donisthorpe Armstrong, Lady Hester Stanhope, London; G Howe, 1927.
  • Martin Armstrong, Lady Hester Stanhope, New York ; 1928.
  • Basil Williams, Stanhope : a study in eighteenth-century war, Oxford, Clarendon Press ; 1932.
  • Joan Haslip, Lady Hester Stanhope, London, Cobdon Sanderson, 1934.
  • Maria Josepha von Fischer Poturzyn Kruck, Lady Hester Stanhope, Stuttgart, Deutsche Verlagsanstalt, 1936.
  • Michael Bruce, The nun of Lebanon, London, Collins, 1951.
  • Charles Roundell, Lady Hester Stanhope, London, Murray, 1909.
  • Aubrey Newman, The Stanhopes of Chevening : a family biography, London : Macmillan et New York, St. Martin's P., 1969.
  • Doris Leslie, The desert queen, London, Heinemann, 1972.
  • John Basil Watney, Travels in Araby of Lady Hester Stanhope, London, Gordon Cremonesi, 1975.
  • Maha Kheir Halabi, The life and travels of Lady Hester Stanhope, thèse de l'AUB (American university of Beirut), 1981.
  • Alice Heneine, Lady Esther Stanhope et le Liban, série Les Voyageurs d'Orient (deux tomes), Dar Lahad Khater, 1983.
  • Hartwig A Vogelsberger, The unearthly quest : Lady Hester Stanhope's legacy, Universität Salzburg ; 1987.
  • Johannes Mayer, Philip Henry Lord Stanhope : der Gegenspieler Kaspar Hausers, Stuttgart, Urachhaus, vers 1988.
  • Virginia Childs, Lady Hester Stanhope, London, Weidenfeld & Nicolson, vers 1990.
  • T. Boissel, La vie extraordinaire de lady Stanhope, la vraie châtelaine du Liban, 1993.

Romans inspirés d'Esther Stanhope[modifier | modifier le code]

  • Pierre Benoit, La Châtelaine du Liban, Paris, Albin Michel, 1924.
  • Mary Stewart, The Gabriel hounds, New York, 1967 (roman inspiré de Hester Stanhope).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]