Esthétisme
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L'esthétisme est un courant artistique et littéraire anglais du dernier quart du XIXe siècle, repris en France vers 1890-1900.
L'esthétisme désigne aussi une conception superficielle de la beauté, une prédominance accordée à l'effet esthétique sur la réflexion esthétique, ou encore la tendance à évaluer les choses et les êtres du seul point de vue esthétique. La notion d'esthétisme a alors un sens péjoratif.
L'« esthétisme » n'est en aucun cas un synonyme de « beauté » ni de « esthétique ».
Mouvement [modifier]
À la fin du XIXe siècle, une nouvelle sensibilité se développe en réaction contre le naturalisme. Ce mouvement s'intéressait à décrire la réalité jusque dans sa trivialité. Les esthètes, quant à eux, préfèrent s'adonner à la recherche du raffinement, de la beauté, de l'art. Ils adhèrent à la religion du beau et le trouvent dans des formes inconnues du « vulgaire » : l'art primitif (le préraphraélisme) ou naïf, les mobiliers et vêtements anciens se retrouvant dans les arts décoratifs de William Morris, les formes de langages ésotériques, etc. « Tout art est complètement inutile » (préface de Dorian Gray)
Trois œuvres explorent au même moment les possibilités de cette philosophie :
- Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde
- A rebours de Joris-Karl Huysmans
- Hedda Gabler de Henrik Ibsen
L'accueil est enthousiaste au sein des petits cercles, coteries et revues littéraires. Depuis des années, Théophile Gautier et le mouvement « l'art pour l'art » avaient préparé la voie (préface à Mademoiselle Maupin, 1835). Ce mouvement sera les prémices de l'Art nouveau[1].
L'esthétisme, le décadentisme, voire le symbolisme, sont des recherches pour échapper à un même malaise : la fin du XIXe siècle se partage, d'une part, entre la foi dans la science et la modernité ; d'autre part, l'anxiété, le pessimisme devant des valeurs remises en cause par le matérialisme. Le culte de la beauté pour elle-même a semblé à certains une issue.
On notera toutefois que contrairement à l'opinion communément admise dans la définition de l'esthétisme, ce courant implique une profonde réflexion philosophique, et n'est par là aucunement superficiel. Pour les véritables esthètes, être superficiel revient à être criminel, car il convient non seulement d'être beau extérieurement, mais aussi d'être beau intérieurement. La Beauté se veut absolue, s'imposant comme un style de vie - un précepte à appliquer.
Notes et références [modifier]
- Bruno Remaury, Dictionnaire de la mode au XXe siècle, Éditions du Regard, 1994 (ISBN 2-84105-048-3), p. 20