Estaires

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Estaires
L'hôtel de ville d'Estaires
L'hôtel de ville d'Estaires
Blason de Estaires
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Merville
Intercommunalité Communauté de communes Flandre Lys
Maire
Mandat
Bruno Ficheux
2014-2020
Code postal 59940
Code commune 59212
Démographie
Gentilé Estairois, Estairoises
Population
municipale
5 955 hab. (2011)
Densité 465 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 38′ 40″ N 2° 43′ 25″ E / 50.6444, 2.7236 ()50° 38′ 40″ Nord 2° 43′ 25″ Est / 50.6444, 2.7236 ()  
Altitude Min. 12 m – Max. 19 m
Superficie 12,82 km2
Localisation

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Estaires

Estaires (en néerlandais : Stegers[1]) est une commune française, située dans le département du Nord (59) en région Nord-Pas-de-Calais. Le nom jeté des habitants est les Baudets d'Estaires.

La ville a donné son nom à une race de poule créée dans les environs : la race d'estaires.

Géographie[modifier | modifier le code]

Estaires est située en Flandre, dans la vallée de la Lys, à une altitude de 16,4 m exactement. Elle se trouve à 30 kilomètres à l'ouest de Lille, à 25 kilomètres d'Hazebrouck et d'Armentières.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Estaires
Neuf-Berquin Le Doulieu Steenwerck
Merville Estaires Sailly-sur-la-Lys
La Gorgue

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville se situe sur l'emplacement d'une cité gallo-romaine appelée Minariacum, toponyme figurant sur l'itinéraire d'Antonin. Il s'agit exactement de l'actuel quartier du Pont d'Estaires situé sur la commune d'Estaires. Ce nom est peut-être celtique, mais son étymologie est obscure, en tout cas, on y reconnaît le suffixe de localisation et de propriété (-i)acum, d'origine gauloise. Elle était stratégiquement située sur la voie reliant Castellum Menapiorum (Cassel) à la capitale des Atrebates, Nemetacum Atrebatum (Arras). C'était le point le plus étroit pour traverser la Lys.

Evangélisée au IXe siècle par Saint Vaast, la cité prit le nom de Stegers (Stegras 765) issu du vieux bas francique *steger (ancien néerlandais steger) qui signifie « poste d'amarrage pour les bateaux ». Elle intégra le comté de Flandre dès sa création comme la majorité de la plaine de la Lys. Elle devint fief d'une seigneurerie.

La Lys était une frontière naturelle où l'on parlait au nord le flamand, et au sud le picard (Flandre romane), le toponyme est tout naturellement romanisé en Estaires. Les Estairois y subissent les deux influences. Au Moyen Âge, la cité estairoise se développe notamment autour de la production textile. Elle subit cependant de nombreuses dégradations lors des multiples combats qui ont lieu entre Flamands, Français, Anglais, mais aussi Bourguignons, Autrichiens ou Espagnols.

La Flandre et la plaine de la Lys étaient des zones très fortement influencées par la religion catholique. L'apparition de la pensée luthérienne au XVIe siècle engendra des troubles religieux dans la région. En 1566, la Révolte des Gueux éclata, n'épargnant pas Estaires. Les icônes catholiques furent saccagés par les calvinistes. A Estaires, le jour de la Fête-Dieu, les Gueux promenèrent en procession un âne sous le dais, à la place du curé, en guise de dérision. Cet épisode restera marqué dans la mémoire de la cité et c'est à partir de là que les Estairois se surnommèrent les Baudets.

La ville devient française en 1769, après l'échange de plusieurs enclaves avec les Pays-Bas. Elle est alors une florissante cité productrice de textile, tout comme Armentières.

L'élan industrielle de la ville sera brisé par la Première Guerre mondiale. Prise par les allemands au cours de la bataille des Flandres (1918), la ville fut reconquise par les alliés au cours de l'offensive de la seconde moitié de 1918. La quasi-totalité de la ville d'Estaires a été détruite par l'armée allemande lors de la Bataille de la Lys (9 avril 1918).

Détruite par la guerre avant d'être atteinte par la crise économique du secteur textile, la ville ne parviendra plus à retrouver son prestige d'antan.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Estaires

Les armes d'Estaires se blasonnent ainsi : « Coupé d'argent sur gueules, à une croix ancrée de l'un en l'autre. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation du canton et de la commune dans l'arrondissement

En 2011, la commune d'Estaires a été récompensée par le label « Ville Internet @@ »[2].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires d'Estaires.
Période Identité Étiquette Qualité
3 février 1985 25 juillet 1986 Jeanine Douche    
12 octobre 1986 14 février 1998 Georges Ficheux    
28 février 1998 28 septembre 2008 Josette Fruchart Union Pour le Nord Conseiller général du Canton de Merville
28 septembre 2008 en cours Bruno Ficheux DVD puis UDI  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 955 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6 102 5 754 5 913 6 175 6 504 6 657 6 825 6 890 6 863
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 950 7 113 7 120 6 915 6 949 6 731 6 823 6 745 6 569
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 635 6 610 6 625 3 869 4 665 4 565 4 682 4 418 4 633
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
4 934 5 003 5 350 5 317 5 434 5 691 5 842 5 899 5 992
2011 - - - - - - - -
5 955 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Estaires en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
1,2 
4,0 
75 à 89 ans
7,5 
10,0 
60 à 74 ans
12,6 
19,9 
45 à 59 ans
18,9 
22,3 
30 à 44 ans
21,7 
21,4 
15 à 29 ans
18,6 
22,2 
0 à 14 ans
19,7 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[6].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue du Beffroi d'Estaires.

Il ne subsiste pratiquement aucun bâtiment antérieur à 1918, la ville ayant été complètement détruite par les bombardements, allemands les 9 et 10 avril 1918, puis alliés jusqu'en octobre 1918.

L'église saint Vaast.
  • L'église Saint-Vaast, reconstruite entre 1927 et 1930 par l'architecte Georges Dumas, occupe le même emplacement que l'église précédente datant de 1858 qui avait été réalisée par Charles Leroy, célèbre architecte de la région. C'est une église-halle de style néogothique en forme de croix latine de 76 m x 29 m surmontée d'une flèche de 76 m de haut. Les tympans des portails et la frise intérieure ont été réalisés par le sculpteur Robert Coin. De nouveau très endommagée par les bombardements des 25 et 26 mai 1940, l'église a été rénovée après guerre. Les travaux terminés, elle est bénie par le Cardinal Liénart le 15 avril 1951. Depuis lors, la flèche du clocher a été restaurée en 1988.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les nombreux établissements scolaires font d'Estaires une cité scolaire importante sur le secteur :

  • Le collège Sacré-Cœur, fondé en 1622 par les pères Récollets, rue des Récollets, transféré en 1865 rue du Collège (anciennement rue du Bois) et le CREP.
  • Le collège Henri Durez et le Lycée polyvalent Val de Lys (rue Jacqueminemars).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jehan d'Estaires, seigneur médiéval.
  • (Mgr) Chrétien-César-Auguste Dehaisnes, né le 25 novembre 1825 à Estaires, décédé le 2 mars 1897 à Lille. -- Archiviste. Historien d’art.--Prélat du Diocèse de Cambrai (ordonné prêtre en 1853). - Conservateur des Archives de la ville de Douai (1863-1870). - Archiviste honoraire du Nord (1870-1883). - Secrétaire général (à partir de 1882) et vice-recteur (à partir de 1884) des Facultés catholiques de Lille. – Président de la Commission historique du département du Nord. Publia des textes latins du Moyen Âge. - Publia d’abord quelques ouvrages relatifs à l’histoire locale puis des ouvrages importants sur l’histoire de l’art dans les Flandres. Entre autres publications : Le testament de George Colveneere, chancelier de l’université de Douai (1864) - Les annales de Saint-Bertin et de Saint-Vaast, suivies de fragments et de chroniques… (1872)- Histoire des archives communales de Douai (1874) - Recherches sur l’art à Douai aux XIVe, Xve et XVIe siècles, et sur la vie et l’œuvre de Jean Bellegaucle (s.d.) - Histoire de l’art dans la Flandre, l’Artois et le Hainaut avant le XXe siècle (1886) (ouvrage en 3 vol. et qui a représenté 25 ans de recherches).
  • Joseph Candeille : compositeur et chanteur.
  • Émile Roche, homme politique, né à Estaires.
  • Dr Gérard Debuigne[7].

Folklore et tradition[modifier | modifier le code]

Le géant Aliboron représente un âne monté sur un char et tiré par deux chevaux. Il clôture la cavalcade du lundi de Pentecôte. Cela fait référence à l'épisode de la révolte des Gueux.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  2. N. G., « Villes Internet : 32 communes du Nord - Pas-de-Calais récompensées », La Voix du Nord,‎ 2011 (consulté le 14 janvier 2010)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  5. « Évolution et structure de la population à Estaires en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 juillet 2010)
  6. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 juillet 2010)
  7. Auteur de : Je veux guérir par les plantes, Éditions de Montsouris (1968), Dictionnaire des vins, Larousse (1969), Larousse des vins Larousse (1970), Dictionnaire des plantes qui guérissent Larousse (1973), Larousse des plantes qui guérissent Larousse (1975), Confessions d'un médecin de province (Éditions France-Empire, 1976)