Esprits animaux (Keynes)

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La notion d'esprits animaux, qui vient de la pensée médicale grecque (Galien), reprise au Moyen Âge et présente encore chez Descartes[1], a été mise en avant par John Maynard Keynes pour décrire les sentiments et les émotions humaines qui influencent le comportement des agents économiques (consommateurs, investisseurs, producteurs, etc.).

Les esprits animaux chez Keynes[modifier | modifier le code]

La première utilisation de cette notion en économie remonte à John Maynard Keynes, dans la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie :

"Outre la cause due à la spéculation, l'instabilité économique trouve une autre cause, inhérente celle-ci à la nature humaine, dans le fait qu'une grande partie de nos initiatives dans l'ordre du bien, de l'agréable ou de l'utile procèdent plus d'un optimisme spontané que d'une prévision mathématique. Lorsqu'il faut un long délai pour qu'elles produisent leur plein effet, nos décisions de faire quelque chose de positif doivent être considérées pour la plupart comme une manifestation de notre enthousiasme naturel (as the result of animal spirits) - comme l'effet d'un besoin instinctif d'agir plutôt que de ne rien faire -, et non comme le résultat d'une moyenne pondérée de bénéfices numériques multipliés par des probabilités numériques."[2]

Discussions postérieures[modifier | modifier le code]

La notion d'esprits animaux en économie a été reprise plus récemment lors de la résurgence des idées Keynésiennes, en particulier par Matteo Pasquinelli[3] et George Akerlof[4].

En 2010, Luzzetti and Ohanian, économistes à l'université UCLA, ont estimé à partir de données historiques américaines l'importance des esprits animaux dans les décisions d'investissement[5]. Contrairement à l'idée de Keynes, ces facteurs psychologiques n'auraient pratiquement eu aucune influence sur l'investissement, du moins après la seconde guerre mondiale. En revanche, sur les données couvrant la Grande Dépression, les investisseurs auraient été trop optimistes dans leur décisions d'investissement, mais ce résultat est contraire à ce que suggérait Keynes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les Principes de la philosophie, I, 60, René Descartes
  2. Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, Livre IV (L'incitation à investir), Chapitre XII (L'état de la prévision à long terme), partie VII, Paris, Payot, 1969, p. 175-176
  3. (en) Matteo Pasquinelli, Animal Spirits: A Bestiary of the Commons, Rotterdam: NAi Publishers, 2008. ISBN 978-90-5662-663-1
  4. George Akerlof, Robert Shiller Les esprits animaux, Comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie, Septembre 2009, Editions Pearson
  5. (en) Luzzetti, M and L Ohanian (2010), The General Theory of Employment, Interest, and Money After 75 Years: The Importance of Being in the Right Place at the Right Time, NBER Working Paper 16631, December, forthcoming in Keynes’ General Theory: Seventy-Five Years later, Tom Cate, editor, Edward Elgar: London.

Liens externes[modifier | modifier le code]