Esprit Calvet

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Esprit Calvet

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Esprit Calvet, par Philippe Sauvan

Nom de naissance Esprit Claude François Calvet
Naissance 24 novembre 1728
Avignon
Décès 25 juillet 1810 (à 82 ans)
Avignon
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession Médecin
Activité principale collectionneur d'antiques, d'œuvres d'art et de livres
Autres activités
archéologue et naturaliste

Esprit Claude François Calvet, né le 24 novembre 1728 et mort en 1810, était un riche médecin à la fois physiocrate (économiste), archéologue et naturaliste, correspondant de l'Académie des inscriptions, collectionneur d'antiques, d'œuvres d'art et de livres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le musée Calvet dans l'hôtel de Villeneuve-Martignan

Esprit Calvet est né le 24 novembre 1728 à Avignon et y mourut le 25 juillet 1810, descendant d'une famille arrivée au XVe siècle dans la cité pontificale[1].

Il y fit toutes ses études, d'abord au Collège des Jésuites, puis à la Faculté de médecine dans laquelle il prit tous ses grades, baccalauréat, licence, doctorat et même l'agrégation qui était « fort au-dessus du simple doctorat ». Il alla cependant compléter sa formation médicale à Montpellier, puis à Paris. Il revint ensuite s'établir dans la vieille maison familiale de la rue Pugelle (appelée plus tard rue CALVET). Il y fut nommé professeur d'anatomie à la Faculté de médecine ; le succès de ses leçons lui valut, en 1756, la chaire de premier professeur de médecine, puis le titre de médecin en chef des hôpitaux de Sainte-Marthe et de Saint-Bénézet.

Esprit Calvet par Eugène Devéria

Mais il ne se laissait pas absorber par son métier et sa curiosité était universelle. Il s'intéressait à la médecine et à l'histoire naturelle, comme à la philosophie et à la poésie.

De bonne heure il s'était attaché à recueillir les monnaies anciennes ; à sa mort il en possédait 12.000 dont un grand nombre de pièces d'or. Ses cabinets d'antiquités et d'histoire naturelle s'étaient formés en même temps.

Le 10 janvier 1810, à 82 ans, il rédigea son testament en léguant, avec des charges importantes, à Avignon une riche bibliothèque Calvet – elle se composait d'environ 1400 volumes, une collection d'histoire naturelle et un beau cabinet d'antiquités, avec les moyens nécessaires pour les entretenir[2]. Il fut tout d'abord enterré dans le petit cimetière du rocher des Doms. Puis, lorsque celui-ci fut désaffecté en 1843, on le transféra dans le jardin du musée Calvet.

Après sa mort, un décret impérial (daté du 9 avril 1811 depuis le Palais des Tuileries) autorise le maire d'Avignon à accepter, au nom et pour commune d'Avignon, le legs universel fait à son profit, permettant ainsi de contourner la législation en vigueur[3].

La Fondation Calvet est créée à partir de ce don. Elle gère le Musée Calvet, nommé ainsi en son honneur, qui conserve nombre de ses objets d'arts ; ainsi que la bibliothèque Calvet qui constitue l'objet même de son testament[4] : "Appelé par goût à l'étude et au célibat, écrit-il dans son testament, je m'étais proposé dès l'âge de 15 ans, d'établir à perpétuité une bibliothèque publique dans ma patrie qui en manquait". La Fondation Calvet gère aujourd'hui cinq musées à Avignon et trois à Cavaillon. Parmi eux, le Musée Calvet, Lapidaire, Requien et Petit Palais.

Un père fondateur[modifier | modifier le code]

Grâce aux charges et conditions stipulées dans son testament, Esprit CALVET donnait à sa ville beaucoup plus que sa bibliothèque et ses cabinets de curiosités. Il fondait une institution unique en France, que ses contemporains nommèrent MUSEUM CALVET, bien que lui-même la désignait sous le nom de ma bibliothèque : « Mes cabinets de médailles [...] appartiendront à ma bibliothèque [...]. Ma nombreuse collection d'histoire naturelle appartiendra aussi à ma bibliothèque et y sera logée [...]. Je lègue à ma bibliothèque 1° mon buste de marbre [...], etc.. » Le décret impérial du 9 avril 1811 (cf. Ibid ) ayant « donné force et vie aux volontés de CALVET, impuissantes par elles seules à créer une personnalité juridique distincte de la personnalité communale » (Cour d'Appel de Nîmes, arrêt du 16 décembre 1903), l'établissement voulu par CALVET « constitue une personne civile capable de recevoir par donation ou testament ». (Ibid.) La pleine autonomie administrative du MUSEUM CALVET (que l'on appelle aujourd'hui FONDATION CALVET) inspira une grande confiance parmi les artistes, les collectionneurs et les chercheurs, surtout ceux originaires d'Avignon. Leurs très nombreuses libéralités, ajoutées aux achats effectués par l'administration de l'institution, firent de la bibliothèque CALVET une des plus riches bibliothèques provinciales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon-Honoré Labande, Esprit Calvet et le XVIIIe siècle à Avignon, mémoire lu à la séance publique de l'Académie de Vaucluse, le 19 décembre 1891, édition Seguin frères, 1892, 29 pages.
  • Joseph Girard, "Histoire du Musée Calvet" - Catalogue Illustre - 1924
  • Odile Cavalier, « Un sanctuaire de la mémoire : le cabinet de curiosités d'Esprit Calvet (1728-1810) », in Véronique Krings et Catherine Valenti (dir.), Les Antiquaires du Midi. Savoirs et mémoires (XVIe ‑ XIXe siècles), éd. Errance, Arles, 2011, p. 31-52.
  • Joseph Guérin, Vie d'Esprit Calvet, suivie d'une notice sur ses ouvrages et sur les objets les plus curieux que renferme le muséum dont il est le fondateur, Avignon, 1825

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]