Eskil de Lund

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Eskil (mort en août ou septembre 1181) était archevêque de Lund de 1137 à 1177, dans la province de Scanie qui se trouvait alors au Danemark et devint depuis suédoise.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Eskil est né vers 1100. Son père, Christian Svendson (mort en 1140), descend d'une illustre dynastie de Jarl du Jutland liée à la famille royale. Lorsqu'il avait douze ans, Eskil fut reçu à l'école renommée de la cathédrale de Hildesheim. Alors qu'il s'y trouvait malade, on dit qu'il aurait reçu la vision de la « Mère de Dieu» qui le réprimanda sur sa conduite frivole; l'histoire raconte qu'elle l'aurait « sauvé de sa damnation imminente et ramené sa santé », demandant cinq mesures de différentes variétés de blé en paiement. Cette vision est interprétée pour signifier qu'Eskil atteindra un haut-rang dans l'Église et établira cinq confréries.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1131, son oncle Asser (Asger), première archevêque de Lund, le nomme doyen de la cathédrale. Trois ans plus tard, il est consacré évêque de Roskilde. Après la mort d'Asser en 1137, il lui succède comme archevêque. Il défend avec succès les droits de sa province ecclésiastique, en dépit des protestations de l'archevêque de Bremen (du nord de la ville de Brême). En 1139, il reçoit le pallium (ornement sacerdotal utilisé par le pape, les primats et les archevêques métropolitains) du pape Innocent II, à travers son légat, le cardinal Theodignus qui se trouvait dans la province de Lund. Eskil construit la nouvelle cathédrale dans le style roman et la consacre en 1145.

En 1144, il installe une première colonie de Cîteaux à Herrisvad, en Scanie[1]. Plus tard il en fonde d’autres dans diverses provinces suédoises, à Gotland et même en Poméranie, alors sous influence danoise. Deux autres ordres prennent pied en Scandinavie grâce à ses efforts, les Prémontrés et les Hospitaliers.

En 1152, il se rend en France où il rencontre Bernard de Clairvaux. Il ramène au Danemark d'autres religieux. Vers 1156, il se rend à Rome auprès du pape Adrien IV, qu'il a connu comme légat dans le Nord. Sur le chemin du retour, il est fait prisonnier à Thionville sans que l'empereur Frédéric Barberousse n'interviennent, malgré une lettre indignée du pape[2]. Libéré, il est de retour au Danemark en 1158[3].

Il se brouille avec Valdemar Ier de Danemark au sujet de la lutte du sacerdoce et de l'Empire. Valdemar soutient son suzerain Frédéric Barberousse, alors qu’Eskil refuse de reconnaître l’antipape Victor IV. Eskil est exilé (1161-1167)[4].

En 1177, il se retire à Clairvaux où il meurt trois ans plus tard[5].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les peuples scandinaves au Moyen Age, par Lucien Musset Publié par Presses universitaires de France, 1951
  2. Histoire universelle de l'Eglise Catholique, par René François Rohrbacher, Auguste-Henri Dufour
  3. The Letters of Peter of Celle, par Peter, Julian Haseldine
  4. Encyclopedia of the Middle Ages, par Andre Vauchez, Richard Barrie Dobson, Michael Lapidge, Adrian Walford
  5. Histoire de la langue française des origines à nos jours, par Ferdinand Brunot, Gérald Antoine