Échira (peuple)

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Les Échira (Eshira, Eschira, ou Sira) sont un peuple appartenant au groupe ethnique bantou d'Afrique centrale établi principalement dans les régions côtières du Gabon[1], dans la forêt et les prairie du sud de l'Ogooué et à l'ouest de son affluent, la Ngounié. Quelques communautés vivent également en République du Congo[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Échira migrèrent dans cette zone au XVIIIe siècle, après des guerres avec les Akélés et d'autres groupes. Durant le XIXe siècle, ils pratiquèrent le trafic d'esclave avec les Nkomi. Ils étaient appréciés pour leur tabac et leurs vêtements en fibres de raphia. Leur nombre fut drastiquement réduit par des épidémies de variole en 1865 et 1898.

Paul Belloni Du Chaillu, qui explora l'intérieur du Gabon entre 1855 à 1859, décrit son séjour en pays ashira dans plusieurs chapitres de son livre L'Afrique sauvage : nouvelles excursions au pays des Ashangos (1868)[3]. Paul du Chaillu rapporta que chaque clan contrôlait ses propres affaires. Mulenda, du clan Kamba, était le plus importants des chefs ; il possédait entre 300 et 400 esclaves. Il mourut de la variole en 1885. Les Spiritains établirent une mission dans la région en 1895.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on rencontre plusieurs variantes de l'ethnonyme : Achira, Ashango, Ashira, Chira, Échiras, Eschira, Eshira, Eshiras, Gesira, Gisira, Ichira, Ishira, Isira, Shira, Shiras, Shire, Sira, Yichira[4].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le sira[5] (ou échira), une langue bantoue.

Population[modifier | modifier le code]

Leur nombre est estimé à plus de 200 000[1]. Outre les Échira proprement dits, le groupe comprend plusieurs sous-groupes, tels que les Punu, Ngowe, Bavarma, Woumbou, Baloumbou, Babuissi et Massango[1], mais selon les auteurs, certains d'entre eux, tels que les Punu, sont considérés comme des ethnies à part entière[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) James Stuart Olson, « Eshira », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 169 (ISBN 9780313279188)
  2. a et b Philippe Moukoko, Dictionnaire général du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 1999, p. 112-113
  3. L'Afrique sauvage, nouvelles excursions au pays des Ashangos disponible sur Gallica
  4. Source RAMEAU, BnF [1]
  5. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Eshira », in Bibliographic surveys of African peoples, vol. 1, Department of Fine Arts, Indiana University, Bloomington, 1979, p. 73-76
  • (en) David E. Gardinier et Douglas A. Yates, Historical dictionary of Gabon, Scarecrow Press, Lanham, Md., Plymouth, 2006 (3e éd.), 455 p. (ISBN 9780810849181)
  • Philippe Moukoko, « Échira (ethnie) », in Dictionnaire général du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 1999, p. 112-113 (ISBN 9782296395121)
  • (en) David E. Gardinier, Historical Dictionary of Gabon, The Scarecrow Press,‎ 1994, 2e éd., p. 132
  • Ministère de l'Education Nationale de la République Gabonaise, Géographie et cartographie du Gabon : Atlas illustré, Paris, Edicef,‎ 1983, 135 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Paul Belloni Du Chaillu, « Le pays d'Ashira  et Maladie contagieuse dans le pays d'Ashira  », dans L'Afrique sauvage : nouvelles excursions au pays des Ashangos, Paris, Lévy frères,‎ 1868 (lire en ligne), p. 103-122
  • Hubert Deschamps, « Eshira  », dans Traditions orales et archives au Gabon. Contribution à l'ethno-histoire, Paris, Berger-Levrault,‎ 1962 (lire en ligne [PDF]), p. 21-23