Ernst-Günther Schenck

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Ernst-Günther Schenck (3 octobre 1904, Marbourg21 décembre 1998, Aix-la-Chapelle), était un médecin allemand et un SS Standartenführer. Notamment connu pour sa présence dans le Führerbunker lors des derniers jours de Hitler, période sur laquelle il écrivit ses mémoires[1]. Son témoignage a notamment influencé les ouvrages Uwe Bahnsen et James O’Donnel et de Joachim Fest.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de médecine, Schenck rejoint la SS en 1933. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il travaille au camp de concentration de Dachau, où il est activement impliqué dans la création d’une plantation d’herbes médicinales, notamment destinée à fournir des suppléments de vitamines aux troupes de la Waffen SS En 1940, il est nommé responsable de l’alimentation de la SS. En 1943, il conçoit une saucisse à base de protéines, destinée aux unités de combat de la Waffen-SS : celle-ci est testée sur 370 détenus du camp de concentration de Mauthausen, dont certains décèdent suite à l’expérience. Shenck est également associé au développement d’une méthode holistique pour prévenir le cancer[2].

Muté à sa demande sur le front de l'est au sein de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, Schenck y fait preuve de valeur au combat et est décoré de la croix de fer de seconde classe[3]. Il rejoint Berlin en avril 1945 et se porte volontaire pour travailler dans un poste médical d'urgence installé dans les ruines de la chancellerie, à proximité immédiate du Führerbunker. Malgré son absence d'expérience en tant chirurgien, le manque de matériel et les problèmes d'approvisionnement, il pratique une centaine d'opérations majeures. Durant ses interventions, il est conseillé par Werner Haase, l'un des médecins personnels de Hitler, plus expérimenté que Schenck en chirurgie, mais qui est gravement affaibli par la tuberculose. Après guerre, lors de ses entretiens avec O'Donnel, Schenck ne parvient pas à retrouver la trace d'un seul blessé qui a survécu à ses opérations, ce qu'il attribue à son inexpérience et aux terribles conditions de travail.

Dans ses mémoires, Schenck résume son rôle au sein de la SS à celui d'un médecin qui n'est concerné que par l'amélioration de la nourriture des troupes et la lutte contre la famine. Cette analyse a posteriori est contredite par la procédure pénale engagée à son encontre à Munich en 1963, à l'issue de laquelle il est condamné pour avoir traité des êtres humains comme des animaux de laboratoires ; il est l'un des seuls médecins nazis à être interdit d'exercice de la médecine en République fédérale allemande[4]. Après s'être reconverti dans l'industrie pharmaceutique, Schenck meurt à Aix la chapelle le 21 décembre 1998.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schenck, HG, Sterben ohne Warde: das Ende von Benito Mussolini, Heinrich Himmler und Adolf Hitler, Ars Una, 1995.
  2. The Nazi War on Cancer, Robert N. Proctor
  3. Fischer, Thomas. Soldiers of the Leibstandarte, J.J. Fedorowicz Publishing, Inc. 2008, p 58.
  4. (en) David Cesarani, « The massaging of history », The Guardian, London,‎ 2005-04-07 (lire en ligne)