Ernest de Blosseville

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Ernest de Blosseville
Image illustrative de l'article Ernest de Blosseville
Fonctions
Député
En fonction depuis le 1857
Biographie
Date de naissance 19 juillet 1799
Lieu de naissance Rouen
Date de décès 25 septembre 1886 (à 87 ans)
Lieu de décès Amfreville-la-Campagne
Nationalité Drapeau de la France France

Blosseville (Bénigne-Ernest Poret, 17991886, vicomte de), publiciste et littérateur français[1], s’occupa de politique tout au long du XIXe siècle. Il a notamment été député en 1857.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ernest de Blosseville est né à Rouen, le 19 juillet 1799. Fils aîné de de Bénigne Poret, marquis de Blosseville (1768-1845), député de l'Eure de 1815 à 1816, il effectua en 1823 une mission en Espagne à la demande du gouvernement. Il y rencontra Meissonnier de Valcroissant avec qui il collabora à la rédaction des mémoires du général Morillo[a], puis à la traduction de l’Histoire de la révolution d’Espagne de 1820 à 1823, de Sebastien Miñano[b].

Il devint plus tard conseiller de préfecture[c], refusa plusieurs postes pour ne pas s’éloigner de Paris, puis fut nommé sous-préfet de Pontoise l’avant-veille des ordonnances de Juillet, mais ne fut pas confirmé suite aux évènements qui en ont résulté. Il démissionna de ses fonctions en 1832[2].

Collaborateur ou directeur de différents journaux (La Quotidienne, Le Courrier de l'Europe, etc.), il professait des idées légitimistes. Cet érudit, qui collaborait à plusieurs sociétés savantes, se lança dans la politique sous le Second Empire en se faisant élire au conseil général dans le canton d'Amfreville-la-Campagne (Eure). Déjouant tous les pronostics, il fut élu député de la 2e circonscription de l'Eure en 1857, contre le candidat « officiel » du régime. Il ne fut pas réélu au renouvellement de 1863, le célèbre préfet Ernest Janvier de la Motte, ayant mis en œuvre tous les moyens pour le faire battre, cette fois, par le candidat officiel[4].

Blosseville se consacra dès lors à mettre en valeur son domaine agricole tout en participant aux travaux de diverses sociétés savantes. On lui doit notamment des publications estimées sur le patois normand de l'Eure, un dictionnaire topographique de l'Eure, ainsi qu'un livre sur l'histoire des colonies pénales de l'Angleterre en Australie, qui obtint le prix Montyon en 1832. Il fut président de la Société d'histoire de Normandie.

Il est mort à Amfreville-la-Campagne, le 25 septembre 1886.

Famille[modifier | modifier le code]

Son frère cadet, Jules de Blosseville (1802-1833), officier de marine, disparut lors du naufrage de son navire, la Lilloise, au large de l'Islande. Il est le grand-oncle de Charles Aubourg de Boury.

Travaux[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la colonisation pénale et des établissements de l'Angleterre en Australie, Évreux, A. Hérissey, 1859;
    prix Montyon 1832.
  • Dictionnaire topographique du département de l’Eure, Imprimerie Nationale, Paris, 1878.
  • Dictionnaire du patois normand en usage dans le département de l'Eure, par MM. Robin, Le Prévost, A. Passy et de Blosseville, publié par la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, Évreux, Charles Hérissey, 1882.

Il a également pris part à la rédaction de l’ouvrage de Meissonnier de Valcroissant intitulé : la Loi de justice et d’amour jugée par ses pères[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. lesquelles furent ensuite désavouées par l’intéressé[2].
  2. Blosseville et Meissonnier ont traduit les 361 premières pages du 1er tome, le reste par don Andrès Muriel. Le second volume est en grande partie tiré de l’Annuaire historique universel de Charles-Louis Lesur[3].
  3. Titre qui correspondrait aujourd'hui à celui de secrétaire général ou de directeur de service.

Références[modifier | modifier le code]

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  1. Pierre Larousse, « Blosseville (Bénigne-Ernest Poret, vicomte de) », Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 2e, Paris,‎ 1867, p. 837
  2. a et b Charles Léopold Louandre et Félix Bourquelot, « Blosseville (Bénigne-Ernest Poret, vicomte de) », La littérature française contemporaine. 1827–1844 : Le tout accompagné de notes biographiques et littéraire, vol. 2e, Paris, Daguin frères,‎ 1846, p. 16-18
  3. Joseph-Marie Quérard, Gustave Brunet et Pierre Jannet, « Histoire de la révolution d’Espagne de 1820 à 1823 », Les supercheries littéraires dévoilées : Le tout accompagné de notes biographiques et littéraire, vol. 1er, Paris, 2e, chez P. Daffis,‎ 1869, p. 1253
    cf. note de M. E. de Blosseville à M. De Manne.
  4. Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, p. 349-350.
  5. icône Wikisource Joseph-Marie Quérard, « Meissonnier de Valcroissant », La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique, vol. 6e, Paris, Firmin Didot frères,‎ 1834 (lire en ligne), p. 21