Ernest Psichari

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Ernest Psichari (1883-1914)

Ernest Psichari (27 septembre 1883 - 22 août 1914) est un officier et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris, fils du philologue Jean Psichari (qui divorcera en 1913 de sa femme, née Cornélie Henriette Noémi Renan). Il est donc élevé par sa mère, le petit-fils du philosophe Ernest Renan et l'arrière petit-neveu du peintre Ary Scheffer, dans la demeure duquel il vécut à Paris avec ses frère (Michel) et sœurs (Henriette et Corrie) plusieurs années à partir de 1900.

Il commence à publier, au cours de ses études de philosophie, des poèmes d’inspiration symboliste dans diverses revues.

Engagé dans l’artillerie à l’âge de vingt ans, il sert d’abord au Congo, puis en Mauritanie, ce qui lui inspire des récits de voyages (Terres de soleil et de sommeil, 1908). Ayant choisi l’armée par idéal, il y éprouve la satisfaction d’appartenir à un corps dépositaire d’une longue tradition. Il se met également à soutenir les idées de Charles Maurras et de l'Action française.

En 1913, il publie L’Appel des armes, contre l’humanitarisme pacifiste et le déclin moral qui lui semble en être la conséquence, au profit d’un idéal de dévouement et de grandeur.

Cette attitude s’exprimera avec encore plus de force dans son second livre, publié à titre posthume, Le Voyage du centurion (1916). Il s’agit de la transposition (à peine masquée) de son expérience et de son évolution spirituelle. Longtemps à la recherche de certitudes intellectuelles, le jeune homme se tourne vers la foi catholique et la méditation, sous l'influence du RP Humbert Clérissac, un dominicain[1], et surtout de Jacques Maritain. De simple croyant, il devient pratiquant en 1912, puis décide d’entrer dans l’ordre des dominicains.

Tombe d'Ernest Psichari au cimetière de Rossignol. (Photo prise entre 1918 et 1919).

La guerre, qui éclate peu après, l’empêche de concrétiser son vœu. Sous-lieutenant au 2e régiment d'artillerie coloniale, il est tué à Rossignol en Belgique le 22 août 1914. Même s’il n’a pas laissé une œuvre très importante, Ernest Psichari est, par sa personnalité, ses préoccupations, ses aspirations morales et son engagement, emblématique d’une jeunesse exaltée dont font aussi partie Charles Péguy et Jacques Maritain, ses amis et contemporains. Les monarchistes de l'Action française, tels Henri Massis et Paul Bourget, mais aussi Maurice Barrès ont vu en Psichari un héros national et ont entretenu sa mémoire par diverses publications.

Une stèle puis un monument-autel ont été érigés à la mémoire de Psichari à Rossignol à l'initiative du poète Thomas Braun et de Henri Massis. En 1934, la rue Ernest-Psichari à Paris, près de l'École militaire, prend son nom en hommage.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Promenade dans l'été, Paris, C. Noblet, 1902.
  • Terres de soleil et de sommeil, Paris, Calmann Lévy, 1908.
  • L'Appel des armes, Paris, G. Oudin, 1913.
  • Le Voyage du centurion, préface de Paul Bourget, Paris, L. Conard, 1916.
    • Réédité par L. Conard, 1926 et illustré par Gustave Assire gravé par Victor Dutertre
    • Réédité en 2008, augmenté de la Vie d'Ernest Psichari par Henri Massis[2] (Paris, Éditions Saint-Lubin (ISBN 9782917302026)).
  • Les Voix qui crient dans le désert. Souvenirs d'Afrique, préface du général Charles Mangin, Paris, L. Conard, 1920.— Réédité en 2008 (Paris, Éditions Saint-Lubin (ISBN 9782917302019)).

Archives[modifier | modifier le code]

Musée de la vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris

Notes et sources[modifier | modifier le code]

  • Abbés Jos. Hubert et Jos. Neujean. Le drame de l'invasion allemande dans le Luxembourg belge. Rossignol. Imprimerie Duculot-Roulin, Tamines. 1929.
  • Thomas Braun Discours à Rossignol, première pierre de l'autel élevé à la mémoire d'Ernest Psichari. dans Amour de l'Ardenne, 1933, Editions Rex, pp. 40–49
  1. Frédérique Neau-Dufour (2001), Ernest Psichari : l'ordre et l'errance, Le Cerf, 2001, p. 239 sq.
  2. Publié par la Librairie de l'art catholique à Paris en 1916.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Duhamelet, Ernest Psichari. Le centurion. Foyer Notre-Dame (Coll. « Convertis du XXe siècle », 23), Bruxelles 1952.