Ernest Fenollosa

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Ernest Fenollosa

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Ernest Fenollosa

Naissance 18 février 1853
Drapeau des États-Unis Salem, Massachusetts, États-Unis
Décès 21 septembre 1908 (à 55 ans)
Drapeau du Royaume-Uni Londres, Royaume-Uni
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession
Professeur d'université, orientaliste, philosophe, japonologue, conseiller étranger au Japon
Formation
Distinctions
Conjoint
Elizabeth Goodhue Millett (1re femme)
Mary McNeill Scott (2e femme)
Page titre de Cathay, poème d'Ezra Pound, 1915, basé sur des traductions de Fenollosa.

Ernest Fenollosa, né le 18 février 1853 à Salem dans le Massachusetts et décédé le 21 septembre 1908 à Londres, est un universitaire, orientaliste, philosophe et japonologue américain qui fut conseiller étranger au Japon pendant l'ère Meiji. Professeur de philosophie et d'économie politique à l'université impériale de Tokyo, Fenollosa fit beaucoup pour préserver l'art japonais traditionnel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fenollosa est le fils d'un pianiste espagnol, Manuel Francisco Ciriaco Fenollosa (né à Málaga en 1818), et de sa femme Mary Silsbee (Fenollosa). Il fut éduqué à la Hacker Grammar School à Salem dans le Massachusetts, puis dans le lycée de la ville, et enfin il étudia la philosophie et la sociologie au Harvard College, où il sortit diplômé en 1874. Après un an à l'école d'art du musée des beaux-arts de Boston, où il se maria avec Elizabeth Goodhue Millett, il se rendit au Japon en 1878 sur invitation du zoologiste et orientaliste américain Edward Sylvester Morse pour enseigner l'économie politique et la philosophie à l'université impériale de Tokyo. Il en profita pour étudier le patrimoine historique de ce pays, les anciens temples, sanctuaires et les œuvres d'art avec son assistant Okakura Kakuzō.

Durant son séjour au Japon, Fenollosa participa à la création d'un style de la peinture japonaise appelé nihonga avec les peintres Kanō Hōgai (1828–1888) et Hashimoto Gahō (1835–1908). En mai 1882, il fit une conférence intitulée « Une explication de la vérité de l'art » qui circula largement et fut citée à de nombreuses reprises par la suite[1].

Après huit ans passés à l'université, il aida à fonder l'université des Arts de Tokyo et la musée impérial de Tokyo où il devint le directeur en 1888. Durant cette période, il aida à réaliser le texte de loi sur la préservation des temples, sanctuaires et œuvres d'art[2].

Fenollosa se convertit ensuit au bouddhisme et reçut le nom de Teishin. Il prit aussi le nom de Kano Eitan Masanobu, le plaçant ainsi dans la lignée de l'école Kanō, institution d'où étaient issus les peintres des shoguns Tokugawa. Fenollosa réalisa le premier inventaire des trésors nationaux du Japon menant à la découverte d'anciens rouleaux chinois rapportés du continent par des moines itinérants et sauva de la destruction de nombreuses œuvres bouddhistes (à cause du mouvement Haibutsu kishaku). Pour ses actes, l'empereur Meiji le décora de l'ordre du Soleil levant et de l'ordre du Trésor sacré.

Fenollosa accumula beaucoup d'œuvres d'art japonaises pendant son séjour au Japon. En 1886, il vendit sa collection au médecin américain Charles Goddard Weld (en) (1857–1911) à la condition qu'elle aille au musée des beaux-arts de Boston, et en 1890 il retourna à Boston pour devenir conservateur du département des arts orientaux. Fenollosa réussit à faire en sort que l'art japonais soit exposé à l'exposition universelle de 1893 de Chicago. Il organisa aussi la première exposition de peinture chinoise à Boston en 1894. En 1896, il publia Masters of Ukioye, un compte-rendu historique sur les peintures et estampes japonaises exposées au musée des beaux-arts de New York. Néanmoins, son divorce public et son remariage immédiat en 1895 avec l'écrivaine Mary McNeill Scott (1865–1954) scandalisent la société de Boston menant à sa démission du musée en 1896.

Il retourna au Japon en 1897 pour accepter un poste de professeur de littérature anglaise à l'école normale de Tokyo. Lafcadio Hearn était ami avec Fenollosa et venait même un peu trop souvent au domicile du professeur[3].

En 1900, il retourna aux États-Unis pour donner des conférences sur l'Asie. Son ouvrage en deux volumes sur l'art avant 1800 proposait des estampes de Hokusai mais l'art japonais était devenu trop moderne pour le goûts de Fenollosa : « Hokusa est un grand dessinateur, comme Kipling et Whitman sont des grands poètes. Il est considéré comme le Dickens du Japon ».

Après sa mort à Londres en 1908, les notes non publiées de Fenollosa sur la poésie chinoise et le théâtre japonais furent confiées par sa veuve au poète Ezra Pound qui, avec William Butler Yeats, les utilisa pour renforcer l’intérêt grandissant de l'Extrême-Orient chez les écrivains modernistes. Pound termina ensuite les travaux de Fenollosa avec l'aide d'Arthur Waley, un fameux sinologue britannique.

Le corps de Fenollosa fut incinéré à Londres, et ses restes furent retournés au temple Mii-dera (où il s'était converti au Bouddhisme) pour être enterrés. Sa pierre tombale fut financée par l'université des Arts de Tokyo.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lectures annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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