Ernest Archdeacon

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Ernest Archdeacon

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Ernest Archdeacon environ les 1890s

Naissance 28 mars 1863
Paris 9ème
Décès 1er avril 1950 (à 87 ans)
Versailles
Profession

Ernest Archdeacon (prononcer « Archdec ») (28 mars 1863 à Paris 9ème - 1er avril 1950 à Versailles), est un avocat de renom, d'origine irlandaise. Il se passionne pour tout ce qui vole. Par son action, son mécénat et les nombreux prix qu'il dote, son nom est associé à l'essor de l'aviation française avant la Première Guerre mondiale. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (3e division)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Chapelle des familles Gaillard Archdeacon au cimetière du Père-Lachaise.

L'Aéro-Club de France[modifier | modifier le code]

Destiné au barreau, Ernest Archdeacon s'oriente vers l'étude des sciences modernes, et tout particulièrement vers celle de l'aérostation et de l'aviation. En 1884, il effectue sa première ascension en ballon. Il fonde, le 20 octobre 1898, l’Aéro-Club de France avec le magnat du pétrole Henry Deutsch de la Meurthe. L'Aéro-Club, auquel il consacrera une partie de son activité jusqu'à sa mort, est l’autorité chargée officiellement de l’organisation du sport aérien en France. Parmi les autres membres fondateurs, l’ingénieur Gustave Eiffel, le marquis de Fonvielle, le comte Henry de La Vaulx et le comte Henri de la Valette y apportent leur caution. Le premier président de l’Aéro-Club, en 1900, est le marquis Jules-Albert de Dion.

L'automobile[modifier | modifier le code]

En octobre 1896, il termine 7e de la course automobile Paris-Marseille avec une Delahaye sur pneus Michelin.

En 1897, il rachète les cycles Rouxel et Dubois à Suresnes. Il est alors représentant des automobiles Delahaye[2].

En juillet 1897, il termine 21e de la course automobile Paris-Dieppe. Le 21 mars 1899, il termine 8e de la course Nice-Castellane-Nice.

Mécène de l'aviation française avec Deutsch de la Meurthe[modifier | modifier le code]

En avril 1900, Deutsch de la Meurthe offre un prix de cent mille francs à la première machine volante capable de parcourir le trajet aller-retour de Saint-Cloud à la Tour Eiffel et retour en moins de trente minutes, ceci avant octobre 1904. Fin septembre 1901, Alberto Santos-Dumont réussit l’exploit avec son dirigeable, en 30 minutes et 42 secondes. Il contribue à la création de la commission d'aviation en 1903.

Après avoir entendu Octave Chanute rapporter les exploits des frères Wright en 1904, Archdeacon souhaite favoriser l'essor du vol motorisé en France.

Dans un article intitulé « Un nouveau sport – Le vol plané », paru dans le no 280 de La Vie au grand air du 21 janvier 1904, le journaliste François Peyrey rapporte qu'un aviateur français, le capitaine Ferdinand Ferber, de la 17e batterie alpine, écrivait dès 1903 à Ernest Archdeacon : « Il ne faut pas laisser l’aéroplane s’achever en Amérique ». Archdeacon répond en formant, au sein de l’Aéro-Club de France, une sous-commission des expériences d’aviation en fondant les concours qui portent son nom, et qu’il dote immédiatement lui-même, en guise de première mise de fonds, d’une somme de 3 000 francs[3].

À Merlimont, près de Berck, il fait construire un aéroplane du type Wright, par M. Dargent, modeleur de l’usine aéronautique militaire de Chalais-Meudon. Il est constitué par deux plans parallèles, en bois de frêne, tendus de soie française, haubanés au moyen de cordes à piano. L'article de l'époque décrit ainsi l'aéronef : « Les deux plans, légèrement convexes d’avant en arrière, ont une envergure de 7,50 m, une largeur de 1,44 m et sont distants verticalement de 1,40 m. Surface totale : 22 mètres carrés. La surface portante est un peu moindre, car le brancard supportant l’expérimentateur couché sépare en deux parties égales le plan inférieur. Il comporte deux gouvernails : le gouvernail horizontal de l’avant, destiné à la direction verticale, et qui prépare l’atterrissage en diminuant progressivement la vitesse ; le gouvernail vertical de l’arrière, obtenant la direction dans le plan horizontal, c’est-à-dire la direction proprement dite. L’aéroplane est très robuste malgré un poids de seulement 34 kilogrammes. »[4].

Les premières expériences se déroulent au mois d'avril 1904 sur des dunes de 20 à 25 mètres de haut à Berck. Les expérimentateurs ont pour nom M. Gabriel Voisin, un jeune et hardi Lyonnais qui s’est dévoué corps et âme au « plus lourd que l’air », et M. le capitaine Ferdinand Ferber, l’aviateur bien connu[5].

Il essaye ces planeurs, tout d'abord sur les dunes et plages de Berck puis, munis de flotteurs, sur la Seine entre Boulogne-Billancourt et Sèvres, créant ainsi l'ancêtre de l'hydravion qui réussit plusieurs envols, tracté par un bateau entre les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres (environ 1,5 kilomètre).

L'Aéro-Club de France lance un prix pour le premier vol de plus de vingt-cinq mètres d'un plus lourd que l'air. Ce prix est remporté par Alberto Santos-Dumont le 12 novembre 1906 à Bagatelle, sur le biplan 14bis construit à Boulogne-Billancourt par Gabriel Voisin.

En octobre 1904, Ernest Archdeacon double le prix Deutsch de la Meurthe pour le premier kilomètre en circuit fermé réalisé par un plus lourd que l'air pour le porter à 50 000 francs, somme considérable pour l'époque puisqu'elle représente environ 20 fois les gains annuels d'un travailleur professionnel de l'automobile à Paris[6].

L'aéromotocyclette.

En mars 1905, Ernest Archdeacon procède à l'expérience consistant au remorquage d'un aéroplane, du type Wright, lesté de sable et reposant sur une glissière, par une automobile d'une puissance de 60 chevaux, à la façon d’un cerf-volant. La manœuvre qui se déroule au champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux s'achève par le chute de l'appareil qui est cependant parvenu à s'élever à une trentaine de mètres de hauteur[7].

En 1906, il effectue des essais d’hélice sur une motocyclette, l'aéromotocyclette avec Alessandro Anzani. Cette aéromotocyclette, empruntée à la maison Buchet, était équipée d'un moteur de 6 chevaux entraînant une hélice placée à l'avant d'un tube en acier d'1,5 m, lui conférant ainsi une vitesse chronométrée de 79,5 km/h lors d'un essai sur la route du champ d’épandage d’Achères[8],[9].

Le prix le plus important qu'il dote (de 50 000 francs) est le « Grand prix d'aviation », en partenariat avec Henry Deutsch de la Meurthe. Le prix Archdeacon-Deutsch de la Meurthe est remporté par Henri Farman le 13 janvier 1908 à Issy-les-Moulineaux.

Le 30 mai de la même année, Ernest Archdeacon devient le premier passager de l'histoire de l'aviation en accompagnant Henri Farman sur le biplan Voisin amélioré.

Avec la plupart des Français, Archdeacon restera très sceptique sur la réalité des vols des frères Wright jusqu'à ce que ceux-ci viennent répéter leurs démonstrations en France, en août 1908, près du Mans.

L'Espéranto[modifier | modifier le code]

Archdeacon parlait aussi l'espéranto, qu'il apprit en 1908. Il publie "Pourquoi je suis devenu espérantiste" (Paris: Fayard, 1910, 265p.), avec une préface d'Henri Farman. Élu président de la Société Française pour la Propagation de l'Espéranto en 1925, il fut jusqu'à la fin de sa vie un avocat fervent de cette langue internationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 58
  2. Le Véloce-sport, 11 mars 1897
  3. La Vie au grand air, no 280 du 21 janvier 1904
  4. La Vie au grand air, no 285 du 25 février 1904
  5. La Vie au grand air, no 293 du 21 avril 1904
  6. Emmanuel Chadeau, L'industrie aéronautique en France 1900-1950, de Blériot à Dassault, Paris, Fayard, 1987
  7. La Vie au grand air, no 342 du 30 mars 1905
  8. Collectif, Les Grands Dossiers de l'Illustration - L'épopée de l'Aviation - histoire d'un siècle 1843-1944, Sefag et l'Illustration, 1987
  9. La Vie au grand air, no 418, daté du 22 septembre 1906

Liens externes[modifier | modifier le code]